HP w w sA&sr\ji&s^ L'ILLUSTRATION HORTICOLE Gand, Imprimerie Eug. Vander Haeghen. L'ILLUSTRATION HORTICOLE JOURNAL POPULAIRE L'HORTICULTURE DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. LINDEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDIGE PAR EMILE RODIGAS MAX GARNI ER (numéro paraissant LE 15 DU mois) (numéro paraissant LE 30 DU mois) QUARANTE-DEUXIEME VOLUME OU DEUXIÈME DE LA SIXIÈME SÉRIE BRUXELLES RUE EELLIARD, N° ÎOO 1895 É"*** 1 ifa* 6 me Série. TOME 2' 1 1C Livraison. 15 Janvier 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N D EN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATION HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIRE Chronique horticole 5 Piaules nouvelles ou recommandables ... 12 Rosa rugosa var. calocarpa 14 Légumes de grande culture 17 Le jardin fruitier et le potager 19 Pages. Melon japonais 20 TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE. PL 25. Datura comucopia (1. pi il Fig. 1. Rosa rugosa var. calocarpa. l i PRIX DE L'ABONNEMENT : 1£5 FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. Vander Haegben . TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) > ■*♦ — < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. Utf. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces tas les 2 journaux combinés : Tour ravinée entière Pour 1 insertion Tour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 » 180 « 300 Un tiers de page . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 )> 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . » 6 » 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées & l'un de ces journaux. CHRONIQUE HORTICOLE 15 Janvier 1895. Plantes à parfum. — L'industrie des parfums prend une extension croissante en France et en Espagne. La surface cultivée en plantes à parfum a triplé en dix ans, bien qu'en Algérie cette culture ait aussi prospéré. Les plan- tations de l'île de la Réunion ont fait diminuer toutefois les cultures algé- riennes de Pelargonium. L'essence de Pelargonium, produite en France, est cependant considérée comme étant de loin la meilleure. Un journal anglais recommande vivement la culture d'un grand nombre de plantes à parfum dans le sud de l'Inde où elles croîtraient sans difficulté. Société néerlandaise d'horticulture. — Dans les meetings du 8 sep- tembre, du 13 octobre et du 17 novembre 1894, des certificats de l re classe ont été décernés à MM. E. H. Krelage et fils, à Haarlem, pour des nouveautés de Dahlia et un Anthohjza panimlata ; à MM. Groenewegen et C ie , à Amsterdam, pour des Dahlia nouveaux, un Lobelia cardinalis rosea, un Polygonum ample- xicaule var. oxyophgllon ; à MM. A. Glym, De Vos et G ie , pour Aglaonema costata, Adiantum macrophyllum cdbo striatum, Pteris ludens, Tropaeolum Lobbianum fol. var., Anthurium Sclierzeriwium rotundiflorum, Pteris serridata densa et Pteris serrulata gracilis; à MM. Y. Schertzer et fils, à Haarlem, pour Hippeastrum reticidatum flore albo; à M. J. H. Sciiober, à Putten, pour des Orchidées; à M. Onderwater, à Heemstede, pour un Chrysanthème (the Puritain) greffé sur Anthémis frutescens. Société nationale d'horticulture de France. — M. D. Bois, assistant au Muséum d'histoire naturelle à Paris, a été appelé aux fonctions de Secrétaire- rédacteur de la Société devenues vacantes par le décès de M. Duchartre. Monument à P. E. Planchon. — L'inauguration du monument élevé par les viticulteurs français au professeur Planchon, qui découvrit le phylloxéra, a eu lieu à Montpellier le dimanche 1G décembre, en présence de M. Viger, ministre de l'agriculture en France. Plusieurs discours ont été prononcés dans lesquels les orateurs ont fait ressortir successivement les services rendus à la — G — science et à la viticulture par P. E. Planchon dont l'œuvre scientifique est considérable et qui débuta, il y a quelque quarante ans, dans la Flore des serres et des jardins de l'Europe. Il fut un des professeurs de l'École d'horticul- ture de Gand, lors de la fondation de celle-ci. Aster trinervius var. ovatus. — Cette jolie plante a été signalée dans la Bévue Horticole de 1892, p. 396. C'est une excellente espèce vivace qui, cultivée en bonne terre franche de jardin, forme rapidement une belle touffe et dont les inflorescences, d'un beau violet velouté, se produisent très tard. Cette année encore, dit la Bévue Horticole, on en a vu en décembre de gra- cieuses touffes fleuries. Le crapaud. — Les services rendus par les crapauds et les grenouilles commencent à être appréciés. Dans nos serres, ils font la chasse aux cancrelats, ces ennemis acharnés des plus belles plantes. Nulle part le crapaud n'est apprécié comme à Cuba, où il a un libre accès dans les maisons. En Angleterre, on le voit presque dans toutes les serres. « * Origine de quelques fruits. — D'après le Bulletin de la station expéri- mentale du Michigan, les variétés américaines de framboises proviennent du Bubus idaeus ou Framboisier d'Europe, du Bubus strigosus. Framboisier d'Amérique, et du Bubus occidentalis , Framboisier d'Occident. Les variétés de ces trois espèces, groupées en framboises noires, framboises rouges et fram- boises purpurines, sont tellement nombreuses qu'elles remplissent par leur description soixante pages du Bulletin. Quant aux grosses fraises, elles ne proviennent pas du Fraisier de Virginie, Fragaria virginiana, mais, d'après le professeur L. H. B aile y, elles sont de s formes du Fragaria chiloensis } origi- naire du Chili et répandu sur une partie notable de la zone côtière. Champignons et métaux. — Un botaniste suédois, M. J. Elfring, a découvert que certains métaux exercent une attraction puissante sur des champignons se trouvant à quelques centimètres de ces métaux. Le fer agit avec le plus d'énergie. Le fer poli a une influence moindre que le fer brut. Ce phénomène n'est pas encore expliqué. Les plantations de café au Mexique sont attaquées par un parasite qui a donné lieu aux craintes les plus vives. C'est le Dactijlopius destructor, d'après Riley. Les planteurs se sont vivement émus et ils se sont adressés immédiatement à M. J. C. Segura, directeur de l'École nationale d'agriculture. — 7 — Celui-ci a recommandé une demi douzaine de remèdes dans lesquels le pétrole, le savon noir, la potasse, la chaux vive, la soude, le soufre, la térébenthine, le sel, sont appelés à jouer tour à tour un rôle. Ces remèdes ont eu des résultats excellents; aussi M. le directeur Segura a-t-il été l'objet d'une manifestation des plus flatteuses de la part de ses anciens élèves et des planteurs intéressés. Bibliographie des sciences naturelles. — MM. J. B. Baillière et fils, libraires, 19, rue Hautefeuille, à Paris, publient, par fascicules mensuels, une Bibliographie des sciences naturelles, qui rendra de grands services à tous les naturalistes. Le fascicule de décembre contient la bibliographie des ouvrages et brochures anciens et modernes sur la Botanique cryptogamique {Foncières, I.i/copodinées, Lquisétinées, Mousses et Hépatiques, Algues, Diatomées, Bacté- riacées, Lichens). Cette brochure de 32 pages, comprenant l'indication de plus de quinze cents titres, sera adressée gratis et franco à ceux qui en feront la demande à MM. J. B. Baillière et fils. Plantes et fleurs à Burford Lodge. — Un de nos confrères, M. J. O'Brien, fait ressortir, dans un des derniers numéros du Gardeners' Chronicle, la richesse florale que l'on admire généralement dans les serres de Burford Lodge. L'honorable président de la Société royale d'horticulture de Londres n'est pas seulement un orchidophile éminent ; c'est aussi un amateur de tout ce que la flore présente de plus varié et de plus beau. A la fin d'octobre on pouvait y voir des spécimens de l'élégant Lotus peliorgnchus, de Fuchsia procumbens, de diverses espèces d'Asparagus, et d'autres, à un haut degré de perfection. Les Lapageria étendaient à profusion au-dessus du tout leurs fleurs blanches et rouges ; des corbeilles renfermaient de superbes Bégonia tubéreux ; tandis que les Nerine, aux fleurs écarlates, ainsi que les Bégonia fleuris produisaient un vif contraste parmi les feuillages d'ornement. Tulipiers en Belgique. — L'importation du Tulipier de Virginie en Europe date, non pas du milieu du siècle dernier, mais de l'an 1G60 environ. On en voit en Belgique des exemplaires remarquables, tels que ceux de Haeren, Laeken, Machelen, etc., dont la circonférence à la base dépasse 3 mètres et dont la hauteur atteint plus de 30 mètres. Dans le parc du château de Bothey, province de Namur, il existe six Tulipiers plantés en hexagone régulier ayant déjà une hauteur de 20 mètres. L'âge de ces arbres est évalué par M. H. Lemaire, dans le Bulletin de la Société centrale forestière, à une quaran- taine d'années. Le feuillage si caractéristique du Tulipier et la beauté de ses grandes fleurs font de cet arbre un réel ornement. Victoria Park. — Depuis quelque temps les Américains ont pris à tâche de conserver dans leur état naturel des parties de forêts vierges et d'offrir à leurs concitoyens des paysages d'une rare beauté. Le parc Victoria auprès de la ville de Truro est le second de la Nouvelle Ecosse. Le premier est le parc Mount Pleasant à Halifax. Le parc Victoria a une étendue d'environ 50 hectares; il provient de dons particuliers. C'est un ravin boisé avec de larges pelouses et des bois ombreux offrant une succession de six chutes d'eau dont l'une a plus de dix mètres d'élévation. Bois de Santal. — Ce bois, de couleur rouge clair, léger, fibreux, aroma- tique, résistant aux attaques des insectes, à la corruption de l'eau et aux alternatives du froid et du chaud, est comparable au bois de Teck et occupe un des premiers rangs dans la menuiserie. La Bévue des Sciences naturelles signale l'existence de l'arbre de Santal à file de Juan Fernandez. C'est une espèce décrite par M. F. Philippi, sous le nom de Santalum Femandezianum. Malheureusement les habitants de l'ile emploient ce beau bois odoriférant comme combustible et le livrent aux bâtiments de la marine chilienne qui l'utilisent de la même manière. Exposition florale à Berlin. — La Société pour l'avancement de l'hor- culture en Prusse tiendra du 11 au 18 avril 1895 une exposition de plantes bulbeuses fleuries, Amaryllis, Jacinthes, Tulipes, Narcisses, Scilla, de plantes tubéreuses et de plantes vivaces ainsi que de fruits tardifs. Le programme comprend 112 concours. * * Jardin alpin à Montreux. — La Société de botanique de Montreux a fondé au sommet des roches de Naye un jardin pour les plantes alpines. Il diffère des jardins du même genre en ce qu'il est installé sur le sommet d'une montagne. C'est une heureuse innovation qui permettra de faire une série d'expériences. Musée du Caire. — L'herbier de ce Musée renferme des échantillons de plantes qui ont été extraites des sarcophages. Ces plantes datent d'il y a 5000 ans. C'était l'usage chez les anciens Égyptiens d'entourer les momies de feuilles et de fleurs. Les plantes qu'on a trouvées le plus souvent dans les tombeaux sont : le Lotus blanc ou bleu, le Pavot rouge, les feuilles et fleurs du Grenadier, du Crocus, du Céleri, de l'Oignon, du Poireau et les fleurs du Chrysanthemum coronatum. La culture du Chrysanthème remonte donc à la plus haute antiquité. Beaucoup des fleurs retrouvées possèdent encore leurs couleurs. Chalcedony Park. — C'est le nom donné à une vaste étendue de terre mesurant au moins un millier d'hectares, près des stations de Corrizo et Adamana, dans l'Arizona et portant les restes de forêts pétrifiées. Les troncs sont couchés pèle mêle, les uns plus grands que les autres. Il y en a qui mesurent trois mètres de diamètre. Les touristes, les Indiens et l'action de la température en ont détaché des fragments luisants, et le voyageur y rencontre à chaque pas des mosaïques d'agate, de jaspe, de topaze, d'onix et d'améthyste. Un tronc de 50 mètres de long qui sert de passerelle, est désigné sous le nom de pont d'agate, Agate Bridge. * Les Hannetons. — Dans la région alpine, la limite extrême de l'altitude à laquelle séjournent ces insectes était considérée comme ne dépassant pas 1200 mètres. Le printemps dernier on a constaté leur présence dans une forêt du canton de Vaud à 1520 mètres. A cette altitude on a trouvé un grand nombre de vers blancs et des insectes parfaits. * + Abeilles empoisonnées. — Sur les frontières des cantons suisses de Zurich et de Zug, les apiculteurs constatèrent l'été dernier que les abeilles, à l'entrée des ruches le soir, tombaient à terre et périssaient. Ce fait a été attribué aux champignons qui se développent sur les feuilles des sapins blancs. C'est un véritable empoisonnement. * Flore des montagnes. — M. H. Correvon a fait paraître, chez M. Paul Klinksieck, à Paris, une flore à l'usage du touriste voyageant dans les mon- tagnes de la Suisse, de la Savoie, du Dauphiné, des Pyrénées, etc. Le petit volume comprend 180 espèces de plantes figurées en couleur et il contient la description de 660 espèces de plantes alpestres et alpines. Exposition horticole au Casino de Gand en avril 1895. — En attendant que la Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand organise sa XIV me Exposition Internationale, qui aura lieu au mois d'avril 1898, elle annonce son exposition ordinaire des 21, 22 et 23 avril 1895 dont le programme vient de paraître. Il renferme 217 concours. Ce programme a soin de men- tionner qu'aucune plante, aucun objet ne pourra être exposé hors concours, à moins de motifs exceptionnels sur lesquels le Conseil d'administration se réserve de statuer. Ainsi se perpétuent les anciens errements. Poids et volume des graines. — Le professeur B. T. Galloway a donné à l'association américaine pour l'avancement des sciences, à Brooklyn, une — 10 — conférence ayant pour sujet l'influence du poids et du volume des graines sur le développement des radis. L'expérience a prouvé que l'emploi de grosses graines a donné 90 fois sur 100 un produit d'un volume également remar- quable. En outre, les plantes provenant de grosses graines étaient complète- ment développées au bout de 35 à 40 jours, tandis que les graines en mélange, non choisies, ne donnaient que 50 p. 100 de plantes bien développées dans le même espace de temps. * ¥ * Arbre vénérable. — Le Kauri du commerce ou simplement Karri est un des bois les plus utiles qui existent au monde. Il est fourni par l'Agatbis ou Dammara australis dont il existe en Nouvelle Zélande des forêts d'une étendue considérable et des exemplaires d'un développement énorme. D'après la Forest Flora de M. Kirk, l'âge d'un exemplaire de deux mètres de diamètre peut être évalué à 1260 ans. M. James H. Veitch en a vu un exemplaire croissant à Mercury Bay, mesurant 21 mètres de circonférence et plus de 3 mètres de diamètre. L'âge de ce colosse devait dépasser plus de deux mille ans. Un autre mesurant près de 20 mètres de circonférence devait avoir une existence de 1500 ans. La résine solidifiée de l'Agathis constitue la gomme Kauri du com- merce. Des compagnies détruisent actuellement les forêts de ces beaux arbres. Des scieries sont établies sur un grand nombre de points et cet excellent bois a si peu de valeur sur les lieux d'origine que des roues, des fenêtres, des portes entières sont simplement coupées d'une seule pièce. Des hectares de forêts ont été vendus à raison de 7 à 14 francs l'hectare. Exposition internationale d'horticulture à Paris en 1895. — La Société centrale d'horticulture de France a décidé de transformer son exposition annuelle pour 1895 en une exposition internationale. Cette solennité aura lieu du 22 a» 28 mai prochain. Elle sera ouverte aux produits de l'horticulture et des diverses industries qui s'y rattachent directement. * Société d'horticulture et d'agriculture dans le Duché de Limbourg. — Cette Société annonce qu'elle ouvrira une exposition internationale d'horti- culture à Maastricht, vers la fin du mois de mai 1895 à l'occasion de la visite de S. M. la Reine Wilhelmine et de S. M. la Reine-Régente. Le programme comprend 125 concours avec allocation de 300 médailles. Ém. Rodigàs. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. XXV ■fcl DATURA CORNUCOPIA fl. pl. /'. De Pannemaeker chrom. et pinx. — 11 — PL XXV DATIRA CORXICOPIA fl. il. BRUGMANSIA CORNUCOPIA L'esthétique florale doit-elle considérer les fleurs doubles comme défectueuses, doit-elle admettre que les fleurs simples répondent mieux aux exigences des règles? La réponse peut être affirmative dans un grand nombre de cas; elle ne l'est pas toujours. La fleur double que nous mettons sous les yeux des lecteurs de L'Illustration Horticole est pour le moins aussi élégante que celle de la forme type dont cette variation est issue ; l'amateur le plus diflicile ne saurait en contester la beauté. Le Datura comucopia fi. pi. a été trouvé par un des collecteurs de MM. Pitcher et Manda qui était à la recherche d'Orchidées dans une des régions sauvages de l'Amérique du Sud. A la vue de cette fleur aux proportions gigantesques, au gracieux coloris, au superbe feuillage, l'explorateur se trouva comme ébloui, aussi eut-il soin d'en envoyer à ses commettants un stock considérable. Voici comment la plante est décrite par MM. Pitcher et Manda : « La plante a un port très robuste; la tige est épaisse, d'un pourpre brun foncé et luisante comme si elle était recouverte d'un vernis. Les branches sont nom- breuses, se dirigeant symétriquement dans toutes les directions sur une lon- gueur d'un mètre à l m 30. Les feuilles sont grandes et vert foncé. Les fleurs, en forme de trompette, mesurent de m 20 à m 25 de long et le limbe a de m 08 à m 15 de diamètre ; il est d'une blancheur délicate, agréablement lavé et marbré de pourpre extérieurement. Les fleurs sont produites en grande abondance; une seule plante en donne en une saison jusqu'à 300. Elles exhalent le plus agréable parfum et sont suivies par des capsules pendantes, hérissées d'aiguillons. » Notre confrère anglais The Garden, qui décrit et figure cette superbe plante, ne pense pas qu'elle puisse être cultivée avec succès en plein air dans nos régions, bien que les horticulteurs américains précités considèrent cette culture comme très facile et conseillent de planter le Datura comucopia à — 12 — bonne exposition à la fin de mai. D'après eux, il peut être traité comme un spécimen isolé ou bien groupé en masse et dans tous les cas l'effet produit est considérable. Cultivée en pot, sous châssis, ou en serre froide et en plein soleil, la plante atteint m 30 de hauteur et produit en succession lente ses énormes trompettes. Em. R. PLANTES NOUVELLES OU R ECO M M AN DA BLES Polygonum baldschuanicum. — Cette espèce croît dans le Turkestan à une altitude moyenne de 1500 mètres, où elle fut découverte par M. A. Regel. M. Max Cornu en donne la description dans le journal de la Société nationale d'horticulture de Paris. La plante est vivace; ses tiges s'élèvent jusqu'à 5 mètres de hauteur; les feuilles sont cordiformes ou hastées, d'un coloris blanc ou rosé, les fleurs sont disposées en longues masses d'un réel effet. Les achaines ailées, d'abord blanches, deviennent rose foncé et sont un bel ornement du jardin. Hydrangea hortensis var. Lindleyana. — M. G-. Nicholson, curateur des jardins royaux de Kew, recommande dans un récent numéro du Garden l'emploi de cette variété qui possède le grand avantage de se développer et de fleurir parfaitement à mi-ombre, ce qui n'est pas le cas pour l'espèce type. La nouvelle venue réussit à toutes les expositions, aussi bien dans les jardins de ville que dans les parcs, et elle fleurit sans difficulté. Le Garden consacre une planche à cet Hyd rangea. Primula sinensis fimbriata filicifolia Schwarzauge. — Le nom allemand de cette primevère dit assez ce qu'elle doit être. La fleur d'un rouge pourpre très foncé porte à son centre un cercle noir formé par la large macule qui recouvre l'onglet des pétales. La fleur est flmbriée, les feuilles sont décou- pées profondément et rappellent presque certaines fougères. La variété a été obtenue par M. Herman Bredemeier, à Palanza (Piémont). Zizania aquatica. — Cette plante nord-américaine est recommandée dans la Revue des Sciences naturelles pour être utilisée dans les étangs et bassins à poissons. Elle est employée comme telle avec succès à l'établissement de Lubbinchen-Guben en Allemagne. Les poissons, les carpes surtout, se nour- rissent des graines. Il faut éloigner les canards qui dévorent les tiges de la plante. Celle-ci est vivace et peut croître dans des eaux d'une profondeur variant de m 30 jusqu'à l m 50. Dans nos régions elle fleurit de juillet à août. -- 13 — On la sème en automne avant les gelées en entourant les graines de terre argileuse pour qu'elles s'attachent au fond de l'eau. * * Arenaria Huteri. — Les Arenaria sont en général des plantes très gazon- nantes et fort basses. Elles conviennent parfaitement pour revêtir le devant des rocailles dans les installations des plantes alpines. L' Arenaria I lu (cri ne dépasse guère ra 02 de hauteur; les feuilles sont opposées et garnissent les tiges fort serrées. Les fleurs, du plus beau blanc, sont relativement grandes et couvrent presque entièrement les touffes. L'espèce a fleuri la première fois cette année dans la rockery des jardins de Kew. U Arenaria baïearica n'est guère plus élevé. Les espèces montana et cïliata sont plus grandes; Y A. purpu- rascens a des fleurs purpurines fort jolies. Tchihatchewia isatidea. — M. Max Leiciitlin a envoyé cette nouveauté au Jardin botanique de Cambridge où elle a fleuri l'été dernier. La plante forme une rosette aplatie de m 25 de diamètre, portant une inflorescence terminale de m 07 environ de diamètre et s'élevant à peine à m 05 au dessus du sol. Les feuilles externes sont spatulées, épaisses et charnues, très dentées et munies de poils. Le capitule se compose d'une douzaine de branches serrées, à fleurs nombreuses, de m 015 de diamètre, d'un coloris lilas rosé avec un léger parfum. Elle rappelle celles du Matthiola, mais les pétales sont plus étroits. La plante provient d'Arménie et semble destinée à être cultivée dans les rocailles. Bégonia à parfum. — D'après un correspondant berlinois du Gardeners 1 Chronicle, les Berlinois regretteraient que le Bégonia tubéreux n'ait pas de parfum. Le Bégonia Pioneer pourra les satisfaire désormais. La fleur de cet hybride, obtenu par croisement du B. Baumanni avec B. gigantea, a un parfum suave et des fleurs bien formées, d'un rouge cramoisi, de m 08 à m 10 de dia- mètre. Le parfum rappelle celui d'une rose thé. Les feuilles, charnues et grandes, sont obliquement cordées. Cette nouveauté résiste fort bien aux intempéries. * Weigela praecox. — Cette espèce, recommandée par M. Victor Lemoine, de Nancy, fleurit plusieurs semaines avant le W. amabilis dont elle rappelle le feuillage, mais qu'elle dépasse en hauteur; elle atteint souvent l m 60. Les tiges sont arrondies, les mérithalles longs, glabres et bruns ; les feuilles sont ovales acuminées, finement dentées, très duveteuses sur les deux faces et par suite douces au toucher. Les bourgeons floraux axillaires portent deux paires de feuilles opposées et de dix à quinze grandes fleurs disposées en bouquet quelque peu incliné. Le tube floral a plus de m 03 de long et s'élargit graduellement, — 14 — il est rose carmin avec la base carminée ; les lobes sont arrondis, d'un beau rose mauve tendre et la gorge est marquée d'une bande jaune à bords carminés. Betula Maximowiczi. — Cette espèce atteint, dans sa patrie, le Japon, une hauteur de 25 mètres et 1 mètre de diamètre à la base du tronc. L'écorce de celui-ci est lisse et d'un coloris orangé bronzé passant au grisâtre. Elle devient plus épaisse à la base des vieux arbres et se détache en lanières étroites; les feuilles sont ovales élargies, cordées à la base, dentées et peu épaisses; la face supérieure est vert foncé brillant, la face inférieure est vert jaunâtre; les feuilles sont plus grandes que celles des autres Betula; parfois leur longueur atteint m 15. ROSA RUGOSA VAR. CALOCARPA Le Rosa rugosa, arbuste buissonnant qui atteint jusque l m 50 de hauteur, a des rameaux hérissés de poils raides et d'aiguillons donnant à la plante un aspect fort sauvage. Son feuillage se distingue de celui des autres espèces de rosiers en ce qu'il est composé de cinq à neuf folioles boursouffiées, vert foncé, rugueuses, très courtement pétiolées, de forme ovale aiguë et d'un vert pâle à la face inférieure ; elles ne sont pas accompagnées de stipules. Les fleurs sont simples, d'un rose purpurin foncé dans l'espèce type, elles exhalent un excellent parfum d'églantine et sont assez longuement pédonculées. Le rosier rugueux, d'origine japonaise, est une des bonnes introductions de von Siebold; il est parfaitement rustique sous notre climat et mérite d'être recommandé d'une façon spéciale comme arbuste fruitier. En effet, les fruits du Rosa rugosa, bien pulpeux et d'un volume considérable, n'ont pas l'incon- vénient d'avoir la peau hérissée de poils noirs comme ceux du Rosa villosa pomifera fréquemment employés pour la préparation de délicieuses conserves. Le Rosa rugosa a naturellement été utilisé dans la voie des hybridations. Déjà M. NABOiNNAND a obtenu en 1882 une variété des plus remarquables, le Rosier rugueux Comte d'Epremesnil, à fleurs d'un beau lilas violacé, grandes, semi doubles, très odorantes et produisant de gros fruits. Le Rosa rugosa alba (Regeliana ou Taïcoun) et le Rosa rugosa plena [Zucchariniana) sont des variétés de la même espèce, l'une à fleurs blanches, l'autre à fleurs doubles, obtenues par voie de semis. M. Georges Bruant, horticulteur à Poitiers, s'est spécialement occupé du Rosa rugosa. Il obtint d'abord la variété Madame Georges Bruant qui est aujourd'hui dans toutes les collections et qui se distingue à première vue de toutes les roses connues. Elle provient du croisement du Rosa rugosa par le — 15 — Rosier thé Sombreuil, à Heurs blanches. L'arbuste esl d'une vigueur extra- ordinaire et se charge constamment de fleurs; c'est la première rose épanouie, c'est la dernière à fleurir. Les fleurs sont réunies en corymbe de 6 à 12; elles Fig. 1. — Rosa rugosa var. calocarpa. sont larges, semi doubles, très ouvertes et d'une éclatante blancheur ; leur parfum est doux, pénétrant, délicieux. Le feuillage, d'un beau vert sur les rameaux adultes, est de couleur pourprée dans les jeunes pousses. — 16 — Le Rosa rugosa calocarpa (fig. 1), est un autre gain plus récent de M. G. Bruant. Il a été trouvé dans un semis qui portait comme référence : Rosa rugosa croisé par Bengale rose. M. Éd. André a décrit et figuré la variété dans la Bévue Horticole. La figure ci-jointe, reproduite d'après une photographie, indique le port de la plante. C'est surtout greffée à haute tige qu'elle produit tout son effet à partir de la deuxième année. Elle forme alors des tètes énormes, sphériques, qui, greffées sur tiges d'églantiers, prennent en peu de temps un accroissement considérable. Ces grosses boules, feuillées, se couvrent dès le printemps d'une masse de fleurs de moyenne grandeur, simples, d'un parfum suave. Ces fleurs sont du plus beau rose pur, ornées de nom- breuses étamines jaunes, sur lesquelles les abeilles viennent butiner en bandes, fécondant ainsi toutes les fleurs auxquelles succède une fructification très abondante. Ces fruits sont disposés en bouquets sur lesquels on en compte de 40 à 60. Chaque touffe en porte donc des centaines. Ces fruits rougissent dès la fin de l'été et se conservent intacts jusqu'à la fin de l'hiver; ils restent long- temps fermes et sans mollir comme c'est le cas pour les baies du Rosa rugosa type. C'est certainement le plus beau des arbustes fruitiers et il mérite bien l'appellation de calocarpa qui signifie beau fruit. L'exemplaire représenté par la figure est greffé sur tige et planté dans une plate bande sur un fond de Bégonias tubéreux. Cette disposition produit un joli effet. Les rameaux pourprés sont moins gros que ceux du R. rugosa, mais ils sont très rigides; les feuilles ont également subi une modification, les folioles sont plus petites, très élégantes; elles restent longtemps vertes, les fortes gelées seules les font tomber. Lorsque ces boules de feuillage bien vert, dit M. André, sont couvertes de leurs fruits écarlates, elles produisent beaucoup d'effet, et l'on pourrait intriguer les amateurs qui les verraient à distance pour la première fois. Le Rosa rugosa résiste aux froids les plus rigoureux. La variété calocarpa partage ce caractère; comme le type, elle se multiplie de graines, de boutures et de greffes et réussit dans tous les sols. M. G. Bruant émet l'opinion que l'on pourra bientôt planter avec les semis de ce joli rosier des haies charmantes aussi défensives que celles de l'épine, couvertes de fleurs embaumées et de fruits écarlates. Mentionnons encore une autre variété également obtenue par M. G. Bruant, la rose Belle Boitevine provenant du Rosa rugosa alla. Les rameaux portent de très grands bouquets de fleurs très larges, d'un beau rose, doubles sans être pleines, se succédant depuis le printemps jusqu'aux gelées. Ces fleurs répandent un parfum des plus agréables. Êm. R. — 17 LÉGUMES DE GRANDE CULTURE La lutte pour l'existence, struggle for iife, suscite partout à tous les produits du sol des concurrents de plus en plus puissants ; quelques productions cepen- dant échappent mieux que d'autres à cette influence parfois destructive de tout bénéfice. Ce sont celles qui se consomment pour ainsi dire sur place, à l'état frais ; celles qui sont créées autour des grands centres de population, celles qui donnent lieu à des exploitations de quelque étendue et qui, si elles sont bien établies et soignées, donnent des rendements considérables et des bénéfices assurés. Fréquemment les cultivateurs se bornent à quelques spécialités, parfois même à une seule, au risque de finir par épuiser le sol et par obtenir des pro- duits de moindre valeur. Nous nous proposons de passer en revue les légumes qui peuvent, dans les conditions actuelles, être cultivés sur une grande échelle; le cultivateur devra se borner à choisir ceux dont le produit est demandé sur le marché qu'il dessert ou qu'il compte desservir; il pourra également cultiver en vue de l'exportation et en ce cas il devra s'efforcer de produire des quantités suffisantes pour constituer soit seul, soit avec le concours de ses voisins, des cargaisons d'une certaine importance, afin de diminuer d'autant le fret et les frais généraux. Certaines cultures peuvent également avec succès être établies en vue de la fabrique des conserves alimentaires, industrie de création assez récente, qui progresse rapidement et dont le rendement sera longtemps rémunérateur. Nous pourrions — comme l'a fait M. Henry de Vilmorin dans une confé- rence donnée en juin 1892 au Congrès agricole de Troyes — diviser les plantes en deux groupes : celles destinées aux plaines ou plateaux et ne réclamant pas d'arrosage, et celles convenant mieux aux vallées, aux terres fraîches ou arrosables. Mais nous considérons cette division comme superflue pour nos régions, généralement basses, où l'usage des irrigations et même des arrose- ments est pour ainsi dire inconnu et où cependant beaucoup de légumes sont cultivés à la perfection. Les terres élevées de Belgique comprennent seule- ment les parties plus ou moins rocheuses des provinces de l'Est du pays, ainsi qu'une certaine étendue des sables de la Campine où les cultures en grand ne sont guère possibles que pour quelques spécialités, comme les asperges. ¥ * Artichauts. — Cette espèce conviendrait à la grande culture des environs de la capitale et de quelques grandes villes. Le produit en est facilement trans- portable. Les meilleures variétés sont : Y Artichaut gros vert de Provence ou de Laon, à grosse tète verte ; le violet, moins fort, à tète violette, on l'appelle — 18 — encore Gris de Provence; le blanc, à très petite tète blanchâtre. Le premier est le meilleur et le plus estimé. Une plantation bien faite, sur un terrain drainé, fumé avant l'hiver et profondément labouré, persiste pendant quatre ans et peut donner un bénéfice annuel de 1500 à 1800 francs l'hectare, tous frais décomptés. * Asperges. — Depuis des temps reculés, la production des asperges en grande culture est une des plus importantes des environs de Gand et de Malines. Actuellement on a établi des cultures étendues surtout dans la Gampine. Ce produit jouit d'une faveur qui ne fait que grandir à mesure que le prix diminue. Néanmoins le rendement reste rémunérateur en raison de la longue durée des plantations et de la facilité avec laquelle on développe le volume des turions par une culture judicieuse. Il faut tenir compte aussi de la facilité avec laquelle on expédie les asperges même à de grandes distances et de la ressource qu'elles offrent à la fabrique de conserves. Les variétés ne sont pas très nombreuses. Citons V Asperge de Gand ou de Hollande à laquelle on donne toutes sortes d'appellations suivant les localités de provenance : de Besançon, de Gravelines, de Pologne, de Strasbourg, etc. C'est la plus grosse, la plus blanche, la plus tendre et la plus douce. L' Asperge d 'Argenteuil est une forme de celle de Gand, obtenue par voie de sélection et de culture. Il y a une Asperge hâtive d' Argenteuil et une Asperge tardive <»♦* < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. IV. B« — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dans les 2 journ. dans l?s 2 journ. 'dans les 2 journ, dans les 2 jouru. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 » 60 » 100 » 180 » 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 » 20 « 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. 37 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Février 1895. Le parfum des fleurs, d'après M. Robert Douglas, dans Meehan's Monthly, dépend surtout de la nature du climat. Les résédas, les roses et d'autres fleurs, n'ont pas un parfum aussi intense dans l'est des États-Unis d'Amérique qu'aux Iles Britanniques et que dans les régions occidentales de la Nouvelle Angleterre. Cette manière de voir n'est pas nouvelle et on a signalé des faits même fort différents. Dans les États du Maine et dans le Bas-Canada, certains pins dégagent une odeur bien plus forte que dans l'atmosphère plus sèche du Minnesota, et ils n'en dégagent pas du tout dans les parties élevées des Black Hills. Telle est l'affirmation de M. Douglas. C'est un fait connu, par contre, et nous l'avons constaté nous-mème, que les fleurs du Cyclamen d'Europe répandent un parfum exquis dans leur station naturelle, les Alpes, tandis qu'elles sont absolument dépourvues d'odeur quand elles sont produites dans les cultures de nos plaines. Beautés de la Convention phylloxérique. — Ceux qui lisent L' Illustra- tion savent que les envois de plantes à l'étranger doivent être accompagnés d'un document appelé Certificat d'origine qui déclare que l'expéditeur ne cultive pas la 'Vigne. Le Cercle d'arboriculture de Belgique avait organisé, en septembre dernier, la participation collective de la Belgique à l'Exposition internationale fruitière de St-Pétersbourg. Le rapport sur cette participation constate que l'envoi des raisins de Hoeylaert destiné à cette Exposition fut refusé par l'administration des chemins de fer à Bruxelles, parce que les expéditeurs n'avaient pas joint le certificat d'origine. Et, ceci est un vrai comble, les cultivateurs de raisins ont été obligés de recourir aux bons offices d'un horticulteur, qui s'est chargé de l'expédition en accompagnant celle-ci du certificat exigé, constatant l'absence de vignes. D'où provenaient donc les raisins? # Utilité du corbeau freux. — Le freux est très commun en Belgique. C'est un des grands destructeurs des hannetons et des vers blancs. D'après la Bévue des Sciences naturelles, on devrait le considérer comme le remède unique et — 38 — sérieux contre les hannetons. Le doyen des naturalistes belges, le savant M. Edm. de Selys-Longchamps, dans un travail sur les corbeaux au point de vue de l'agriculture et de la sylviculture, publié dans le Bulletin de la Société centrale forestière de Belgique, rompt une lance en faveur de cet oiseau et le déclare éminemment utile. Non seulement le freux détruit les vers blancs, mais, à la fin du printemps, il fait aussi une guerre acharnée à l'insecte parfait. Alors il nourrit ses petits de limaçons, de chenilles et autres larves. Après la moisson et même toute l'année, il suit le laboureur, en quête des insectes nuisibles que la charrue met au jour. Ayant l'instinct de fouiller la terre, les freux sont seuls aptes parmi nos oiseaux à chercher dans certaines cultures, les champs de betteraves, par exemple, les vers gris et autres chenilles qui dévorent le collet de ces plantes. Les vins en 1894. — La production totale pour la France a été en 1894 de 39,000,000 d'hectolitres, en nombres ronds, soit 11,000,000 d'hectolitres de moins qu'en 1893 et une augmentation de près de 9,000,000 sur la récolte moyenne des dix années précédentes. Des vignobles ont été reconstitués sur une grande étendue de terrain; néanmoins la superficie de l'ensemble des vignobles de France a encore diminué en 1894 de plus de 26,000 hectares. La base des poires. — Voici comment s'exprime à ce sujet M. L. de la Bastie dans son article Çà et là ouvrant le Bulletin de la Société pomologique de France de 1895. « Les séances du Congrès » (pomologique de Lyon) se tenaient au Conservatoire de Botanique ; on en a profité pour nous dire que botaniquement la base des poires était le côté de la queue. — Pardon, on a dit pédoncule. — Il s'est trouvé des gens mal embouchés et peu ou pas botanistes qui n'ont pas voulu admettre que la base d'une chose, même d'une poire, fut le côté le plus pointu, et que le côté de la queue (ils disaient queue, les ignorants) était le sommet. N'étant pas botaniste, je faisais naturellement partie de l'opposition qui, contrairement aux usages parlementaires, formait la majo- rité. » Donc quand les pomologues diront base d'une poire, on saura qu'ils veulent désigner le côté de l'œil; c'est, du reste, ce qu'ils ont toujours fait. * * L'électricité et les légumes. — Les Américains poursuivent leurs expé- riences concernant l'électro-culture. Des essais ont été faits l'année dernière à la station expérimentale du Massachusetts par l'agronome C. D. Warner. Deux terrains de même grandeur ont servi, l'un de témoin, l'autre pour l'essai. Celui-ci était entouré d'un cadre en bois sur lequel on avait fixé des isolateurs en porcelaine portant des fils de cuivre de façon à ce que ceux-ci fussent à m 05 — 39 — du sol. On a semé des panais, des laitues, des carottes, etc., dans les deux carrés. On a tenu le sol bien humide, le courant était alternatif, et la nuit il était maintenu durant environ quatre heures. Pendant le premier mois, le courant variait de 12 à 39 ampères. Les deux mois suivants il fut maintenu à 39 ampères. Le nombre des volts était de 15 à 53. Voici le résultat obtenu : Les carottes, les panais, les salsifis et les petits radis avaient, dans le compar- timent électrisé, un poids supérieur à celui des produits de l'autre comparti- ment ; d'un autre côté, certains navets et les betteraves valaient mieux dans le compartiment non électrisé ; un tiers d'une ligne de panais du compartiment non électrisé ayant été accidentellement en contact avec un fil électrique se développa plus rapidement que les deux autres tiers. Les tomates (de la variété Champion), traitées à l'électricité, étaient mûres invariablement trois ou quatre jours avant les fruits des exemplaires employés comme témoins. Le D r M. T. M aster s met en regard des expériences de M. Warner, celles qui ont été faites en France et en Finlande et qui ont montré que l'électricité a une influence favorable sur le froment, l'avoine, les betteraves rouges et blanches, les pommes de terre, les haricots, les fraises, les panais, l'ail, les groseilles, tandis que le développement des pois, des navets, des carottes et des choux est plus ou moins contrarié par l'électricité. Chênes d'Amérique. — C'est le moment de songer aux arbres qu'il conviendrait d'ajouter à ceux qui ornent déjà nos parcs et nos jardins. On ne connaît pas assez les chênes d'Amérique dont on pourrait cependant tirer un grand parti pour le décor du paysage. La chronique de la Revue Horticole cite avec raison quelques espèces dont la diversité est digne de fixer l'attention. Le chêne rouge (Quercus rubra) et le Chêne des marais (Quercus palustris) sont bien connus. Puis viennent le chêne laurier (Q. imbricariq), à grandes feuilles entières, qui ressemble à un saule; le chêne à feuilles en lyre (Q. lyrata), à longues feuilles aiguës à la base avec des lobes triangulaires aigus; le chêne châtaignier (Q. Prinus), qui ressemble par son feuillage au châtaignier; le chêne écarlate (Q. coccinea) qui, à l'automne, prend toutes les nuances du rouge. A ces espèces, on peut en ajouter d'autres d'un développement moindre, comme le Q. prinoides qui est un arbrisseau et le Q. Banisteri dont le feuillage ressemble à celui du Houx. Naturalisation des Orangers. — Les orangers et les citronniers, de même que plusieurs autres essences fruitières, sont parfaitement naturalisés dans certaines parties des États-Unis. Les deux principaux centres de pro- duction, celui de Floride et celui du Sud de la Californie, alimentent les grands — 40 — marchés de l'Union; ceux de la Floride arrivent six semaines avant les autres et réalisent les plus grands bénéfices. Malheureusement de temps en temps les plantations de la Floride sont soumises à des basses températures qui compromettent la fructification et que n'ont pas à subir celles des rivages du Pacifique. Déjà les produits américains sont arrivés directement d'Amérique faisant concurrence aux oranges espagnoles. En décembre 1894, la Floride a éprouvé — 10° c. de froid. Le jour du nouvel an au Japon. — On sait que les Japonais cultivent avec grand succès un nombre considérable d'espèces de végétaux; on sait aussi qu'ils aiment beaucoup les plantes et les fleurs. Ce que l'on connaît moins, c'est que, pour eux, plantes et fleurs ont leur langage ou pour mieux dire que les unes et les autres ont une signification de convention mais sym- bolique. Au jour de l'an, dans les villes comme à la campagne, les portiques des habitations sont ornés de feuillages disposés d'une façon spéciale et ayant tous leur signification. Cette ornementation n'est enlevée qu'au bout d'une semaine. Généralement le spectateur remarque que ces feuillages disposés en arche montrent à droite le Pinus densiflora avec sa tige rougeâtre et à gauche la tige noire du Pinus Thunbergi. Ces deux arbres symbolisent le père de famille et la mère et signifient qu'on leur souhaite de résister aux tourmentes et aux troubles de la vie comme les arbres résistent à la tempête. La tige gracieuse du Bambou symbolise une longue vie. Au centre il y a des branches de Melia japonica avec un jeune feuillage et des bourgeons, allusion aux enfants à qui l'on souhaite un heureux développement. Les frondes du Poly- podium dichotomum sont également disposées au centre et signifient le bon- heur de la vie de famille. Chrysanthèmes à fleurs simples. — La fleur double est, en règle générale, une formation artificielle. Les Chrysanthèmes à fleurs doubles sont des produits de ce genre. M. Georges Bellair se demande, dans un récent numéro de la Bévue Horticole, si l'horticuiteur ne procède pas à rebours en cherchant à amplifier la fleur outre mesure, et il trouve que la fleur du Chrysanthème quand elle est simple a du caractère et est même pittoresque. Nous ne voudrions pas nous prononcer immédiatement dans cette question. Nous sommes d'avis aussi que beaucoup de fleurs simples sont plus belles que leurs sœurs bouffies et grossies; mais le contraire peut être vrai aussi; c'est ce qui arrive lorsque la forme est irrégulière et trop déjetée. D'ailleurs, de gustibus Ém. Rodigas. — 41 — PI. XXVII NELUMBIUM SPECIOSUM LE LOTUS SACRÉ Sous le nom de Lotus, les anciens désignaient une série de plantes fort différentes, les unes aquatiques, les autres terrestres, et même des arbres tels que le Plaqueminier, le Santal rouge et le Jujubier ; toutefois, le Lotus sacré, dont l'image est reproduite sur plusieurs monuments de l'antique Egypte et se trouve associée à l'art comme à la religion des peuples de l'Orient, est bien le Nelumbium speciosum, espèce fluviatile, à racines souterraines et traçantes, aux feuilles peltées, planes, entières, portées sur des pétioles cylindriques, munis d'aiguillons ; ces feuilles viennent nager à la surface de l'eau et s'élèvent aussi bien au-dessus d'elles. Les fleurs, de grandeur variable, ont un coloris allant du blanc au rose, elles sont portées sur des pédoncules aiguillonnés et dégagent un parfum suave. On a cru longtemps que la plante était originaire d'Egypte. On sait aujour- d'hui que le Nelumbium speciosum croît à l'état spontané dans l'Inde entière, dans la Perse, dans l'Archipel malais ; il existe, naturalisé sans doute, en Chine, au Japon et jusque dans les parties chaudes de l'Australie. Si les larges touffes de Lotus qui décoraient autrefois les rives du Nil ont disparu avec la puissance des anciens Égyptiens, la plante est restée dans l'Inde et elle s'est surtout répandue au Japon où elle figure dans toutes les peintures et où elle compte même quatre séries de variétés, les unes blanches, les autres rose vif, les autres rose pâle, d'autres panachées ou pointillées. Voici les noms de quelques-unes d'entr'elles que nous trouvons énoncés dans le catalogue de l'établissement horticole de M. F. Takàghi, à Tokio (Japon). Dans la série des fleurs blanches : Gyokuhaku = bijou blanc; Seiko = venant du lac occidental ; Seisei = lustré ; Manyo = double. Dans la série des rose vif: Asahi = soleil levant; Shich'ujo = rose brillant. Dans la série des rose pâle : Kunshi = sage; Maiyo = toutes feuilles. Dans la dernière série : Benibotan = pivoine rose; rose vif et rose foncé, — 42 — très double ; Gyokushiu = brocart précieux; Tsashi = bord rose; Yamato- nishiki= brocart oriental. Un ouvrage scientifique japonais représente plus de quatre vingts variétés de Nelumbium speciosum, dans lesquelles le coloris diffère non seulement du blanc au rose, mais où l'on rencontre des fleurs rouges et cramoisies, et d'autres nuancées des mêmes couleurs ou panachées et flammées de blanc et de rouge comme nos tulipes. Les unes sont grandes comme des pivoines ordi- naires, d'autres comme une rose Maréchal Niel. Les rapports commerciaux aujourd'hui multipliés entre le Japon et l'Europe nous font espérer que bientôt nous pourrons faire ample connaissance avec ces remarquables productions. Le type lui-même, qui a été introduit en Europe il y a un siècle, est assez beau pour avoir partout les honneurs de la culture, qu'on le place dans le bassin d'une serre ou dans un simple pot ou cuvelle. Notre confrère The Garden a consacré à la plante une jolie planche en 1893. Il rappelait qu'un exemplaire étalait dans le bassin de la serre aux Nymphéa- cées du Jardin de Kew, au mois de mai, des feuilles de m 60 et épanouissait de nombreuses fleurs. Le même journal indiquait le mode de culture employé pour la plante. Celle-ci se trouve bien d'un lit d'un mètre d'épaisseur composé de pierrailles au fond et d'une couche de terre argileuse avec addition de fumier de vache. La chaleur du thermosiphon passe dans le bassin par deux tuyaux qui chauffent la terre et l'eau. On obtiendra aussi un bon résultat en mettant la plante dans un pot placé dans le bassin. Le journal américain Garden and Forest de 1889 a rapporté une expérience faite à Borden Town, New Jersey, par M. E. D. Sturtevant, un amateur enthousiaste de plantes aquatiques. Celui-ci avait obtenu de pouvoir planter dans le coin d'un étang artificiel d'une ferme une plante de Nelumbium specio- sum. Le sol était composé d'argile à laquelle étaient venus s'ajouter des sédiments provenant des collines voisines. L'eau avait m 60 au dessus de la couche de terre. Bientôt la plante se développa dans toutes les directions, fleurissant à profusion chaque année. Un été, elle faillit être détruite par du bétail qui avait trouvé les feuilles à son goût. La plante reprit au bout de deux ans et pendant l'été de 1888 l'étang montrait une merveilleuse végétation et une masse de feuilles et de fleurs couvrant les trois quarts d'un acre. Au mois d'août, au moment de la plus riche floraison, on put compter environ 500 fleurs épanouies à la fois. Celles-ci mesuraient au delà de m 25 de diamètre et s'éle- vaient de 1 à 2 mètres au-dessus de l'eau, parfois même jusqu'à 2 m 50. Un homme de très grande taille était caché par le feuillage. Il est bon d'ajouter que les hivers de New Jersey sont plus froids que ceux d'Angleterre et, comme ajoute The Garden, en considérant que les plantes de — 43 — M. Sturtevant ont plus d'une fois passé l'hiver sous une couche de glace de m 25 d'épaisseur, il est permis d'espérer que le Nelumbium speciosum réussira dans des eaux bien exposées de nos contrées. Ém. Rodigas. PLANTES NOUVELLES OU RECOM MAN DABLES Asparagus sarmentosus. — Cette élégante espèce, toujours verte, est originaire de l'Afrique australe. Elle est connue depuis longtemps, bien qu'elle ait été l'objet de peu d'attention. Elle a été fort remarquée l'an dernier à un des meetings de la Royal Horticultural Society à Londres où elle était montrée par le jardin de Kew qui l'a reçue de Grahamstown en 1887. Les tiges sont dispo- sées en touffes et sont revêtues d'un beau feuillage vert clair; elles se chargent d'un nombre immense de fleurettes blanches étoilées, répandant un fort parfum de miel. A ces fleurettes succèdent des baies d'un rouge brillant, de la forme d'un petit pois. La plante vient très bien, dit le Gardeners' Chronide, en serre tempérée. Il en existe une variété appelée densiflorus. Gleyera Fortunei. — Ce très bel arbuste a été mentionné pour la première fois en 1861 dans le Gardeners' Chronicle. Il était considéré comme un Eurya à larges feuilles ayant les marges panachées de jaune orangé. M. J. D. Hooker en fait l'objet d'une nouvelle description dans le journal précité (1895, p. 10). On ne sait exactement si la plante provient de Chine ou du Japon, parce que Rob. Fortune envoyait des arbustes à feuillage panaché des deux régions. Depuis son introduction, elle a passé dans les collections sous les noms de Eurya latifolia foins variegatis et Cleyera japonica fol. var., tous deux erronés. Le Cleyera Fortunei est une espèce bien caractérisée, à feuilles ellip- tiques, rétrécies aux deux extrémités, luisantes, à nervations proéminentes. Les fleurs ont m 015 de largeur. Des exemplaires fleuris ont été exposés à la conférence de Chiswick en septembre dernier. Pteris regia. — Rien qu'elle ait de l'affinité avec le Pteris gigantea et le Pteris longibracteata, cette nouvelle espèce de Fougère se distingue des deux par les divisions souvent irrégulières et pinnatifldes des frondes. Elle est remar- quable par ses dimensions, puisqu'elle acquiert de 3 m. à 3 m 50 de hauteur. Ses frondes sont largement étendues et présentent l'aspect général du Pteris gigantea. La plante, dit le Gardeners" Chronide, a été trouvée dans une forêt — 44 — humide de l'est de la Jamaïque, à une altitude de 1000 à 1300 mètres; elle se contentera donc de la serre tempérée. Klugia Notoniana. — Cette jolie Gesnériacée vivace mérite d'être mieux connue. On a eu le tort de la traiter comme une plante de serre chaude, alors que la serre froide lui convient beaucoup mieux. Dans sa patrie, Ceylan, la plante croît à une altitude de près de 2000 mètres et elle y fleurit sans cesse. La fleur, qui rappelle celle des Achimenes, mais avec une sorte de labelle, est d'un beau bleu gentiane avec une macule jaune à la base du labelle. Pour les indigènes, la plante est, en outre, comestible. * * Staphylea colchica. — C'est un des plus jolis arbustes rustiques que nous ayons pour former le devant des massifs. Il peut atteindre trois mètres de hau- teur et se distingue par son gracieux feuillage et ses charmantes grappes de fleurs blanches, au parfum suave. » * Cactées de pleine terre. — Plusieurs espèces de Sempervivum et de Sedum sont employées couramment pour établir de très jolis parterres résistant parfaitement aux intempéries et aux rigueurs de l'hiver. D'autres plantes grasses peuvent servir au même usage à condition toutefois d'être garanties contre les grandes neiges. D'après la Gartenflora, on doit leur donner un endroit en pente, à l'exposition du midi, et une terre légère, bien perméable, avec addition de quelques pierres, surtout calcaires. A l'approche des grands froids, il est bon d'augmenter la terre végétale sur les racines. On peut faire usage, particulièrement des Opuntia humilis, brachyarthra, camànchica, Rafi- nesquiana, vulgaris ; Cereus phœnkeus, Mamillaria Purpusi, M. Spaethiana et M. missotiriensis ainsi que Echinocactus glaucus. Cineraria albicans. — Cette nouvelle espèce fut reçue de Natal par M. Gumbleton, de Belgrove, Queenstown (Irlande), qui l'envoya à Kew. Il est à présumer que le feuillage blanc de la plante la fera admettre dans la composi- tion des parterres. C'est une plante vivace à tiges subherbacées, de m 30 à m 45 de hauteur, peut-être davantage, revêtues d'un tomentum cotonneux blanc de même que les deux faces des feuilles, le pédoncule, les radicelles et l'involucre. Les feuilles, pétiolées, sont auriculées à la base et réniformes ou arrondies, cordées à la base et cinq ou sept fois lobées. Le corymbe est terminal, portant de un à trois capitules floraux d'un jaune clair. Le Gardeners' Chronicle fait remarquer que la plante pourrait être originaire du Transvaal. — 45 — Talauma Hodgsoni. — Découverte en 1848 par Sir Joseph Hooker dans une vallée de Sikkim, à une altitude supramarine de 1500 à 2800 mètres, cette espèce, figurée récemment dans le Botanical Magazine, mérite d'être signalée comme étant un des arbres à fleurs les plus splendides des forêts de l'Himalaya. Il a beaucoup d'affinité avec les Magnolia. Lorsque Sir Joseph Hooker vit la plante dans sa station naturelle, il remarqua les pétales jonchant le sol et ressemblant à des œufs de poule. Les fleurs ont une odeur d'épices. Elles sont blanc de crème à l'intérieur et d'un violet pourpré à la face extérieure des segments. Ranuncuius parnassifolius. — Indigène dans quelques régions mon- tagneuses de l'Europe, cette gracieuse petite espèce n'est certes pas une nou- veauté pour les botanistes, mais c'en est une pour beaucoup d'amateurs de jardinage qui feront bien de lui réserver une petite place parmi les plantes alpines. La plante n'atteint guère m 18 de hauteur, ses feuilles, comme son nom l'indique, rappellent celles d'un Parnassia; elles sont ovales et profondé- ment nervées. Les fleurs sont disposées en ombelles, elles sont d'un beau blauc, parfois rosé, mesurant m 03 de diamètre, elles se produisent en juin. Gentiana Kurroo var. brevidens. — Originaire des régions occidentales de l'Himalaya où elle fleurit abondamment, à des altitudes de 2000 à 3000 mètres, cette très jolie espèce a été introduite récemment et trouvera sa place parmi les plus charmantes plantes vivaces de nos parterres. Son feuillage gracieux, le coloris bleu d'azur délicat des limbes de la corolle dont la gorge est pointillée comme de perles blanches, son port trapu, sont des plus remar- quables. La plante aura bien vite conquis une place également parmi ses congénères des Alpes. LES VIOLETTES A GRANDES FLEURS La grande extension que le commerce de la fleur coupée a prise depuis quelques années a fait rechercher dans le groupe des violettes odorantes des fleurs plus grandes et des pédoncules plus allongés facilitant le travail de la bouquetière. L'humble petite violette odorante est arrivée aujourd'hui à un développement fort considérable. La variété Le Czar donnait déjà des fleurs plus grandes d'un tiers et des pédoncules dépassent m 10. D'autres variétés obtenues par voie de sélection sont venues s'adjoindre à la variété précitée et entr'autres la Luxonne, la Heine Victoria, à fleurs plus grandes, aux pétales Fig. 4. — Violette Amiral Avellan, — 47 — arrondis plus larges et aux pédoncules de près de m 20. Dans les forceries allemandes, on a ajouté la Violette Augusta, aux fleurs foncées; la Violette de Hambourg améliorée (Verbesserte Hamburger Treibveilchen) et Fruit Juhlke. La violette Princesse de Galles a été particulièrement recommandée récem- ment par M. G. Legros, dans la Bévue Horticole. C'est une plante extrême- ment touffue et vigoureuse, à feuillage vert très ample, à fleurs excessivement grandes, à pétales très larges, d'un bleu foncé intense, au parfum délicieux. Une autre variété très méritante est celle que nous figurons ci-contre et qui est répandue sous le nom de violette des quatre saisons Amiral Avellan. Voici comment elle est décrite dans le catalogue de M. Léonard Lille, de Lyon : « Plante vigoureuse et rustique, à feuillage vert foncé, ample, à fleurs très grandes, à larges divisions rouge purpurin, bien au-dessus du feuillage, et d'un parfum délicat. Coloris unique. Très remarquable. » Au point de vue spécial du fleuriste ces variétés méritent une attention toute particulière, bien que la Violette de Parme et d'autres encore, qui n'ont plus leurs preuves à fournir, ne doivent pas être abandonnées. Seulement le choix s'impose devant l'importance que la culture de la violette a dans certaines régions du midi. Pour ne citer qu'un seul fait, mentionnons que les violettes qui ont été récoltées la saison dernière dans les cultures de Grasse ont été évaluées à près de 80,000 kilogr. R. d'Eelen. LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER CHOUX-FLEURS D'ÉLITE Les choux-fleurs forment un groupe important de la grande famille des choux. Les rameaux florifères sont disposés en une sorte de corymbe serré. Ce qu'on appelle fleurs n'en sont que les rudiments avortés, et la partie massive et charnue sur laquelle ces rudiments reposent est constituée par les pédicelles étroitement unis, comprimés et déformés. Les variétés sont nombreuses, le jardinier les classe en catégories suivant l'époque de la formation des corymbes de fleurs. En tête des variétés hâtives, on peut citer le Nain très hâtif d'Erfurt (fig. 5), à tige courte, tête très ferme et d'un blanc pur. Le corymbe en est tellement serré que bien peu de fleurs parviennent à s'épanouir et à fructifier. Cette variété convient très particu- lièrement au premier et au dernier semis. Nous pouvons recommander ensuite le Nain très hâtif de Haage, à petites — 48 — feuilles, qui est peut-être encore plus précoce. Puis le Nain très hâtif de Danemark également d'un grand mérite. Dans la catégorie des variétés demi-hâtives qui sont caractérisées par des corymbes plus considérables, se formant plus lentement, mais, par compen- Fig. 5. — Chou-fleur nain très hâtif d'Erfurt. sation, se maintenant plus longtemps, la variété la plus répandue est le Gros Salomon. Nous recommandons spécialement le Chou-fleur de Plainpalais (fig. 6), originaire des environs de Genève et répandu par MM. Dammann et G ie , de San Giovanni a Teduccio, près de Naples. Cette variété est d'une croissance Fig. 6. — Chou-fleur de Plainpalais. très régulière, très productive. C'est une forme demi-hâtive du Salomon auquel elle ressemble beaucoup. Le corymbe est d'une blancheur éclatante et de qualité supérieure. — 49 — La catégorie des choux-fleurs tardifs convient moins au maraîcher qu'à l'amateur. La tète est dure, ferme et à végétation très lente; les corymbes sont volumineux, serrés et lents à venir. Les variétés Lenormand et Stadt- halter sont les plus recommandables et conviennent aux dernières plantations. PÊCHES NOUVELLES Pêche Early Alexander. — Les Anglais et les Américains se sont plus spécialement appliqués à doter la pomologie de pêches hâtives. La pêche Amsden, une production de cette catégorie, est devenue, en peu de temps, populaire sur le continent européen et elle mérite sa popularité. Cependant nous lui préférons la variété Early Alexander parce que la qualité du fruit est bien meilleure : nous parlons d'expérience. De plus, le fruit est plus volu- mineux que la pêche Amsden; le coloris est peut-être un peu moins foncé et il n'est guère moins précoce. La chair est blanche, fine, avec une légère auréole rouge autour du noyau. L'arbre est de bonne végétation, relativement rustique, mûrissant bien son bois, il est d'une fertilité constante. Il convient fort bien à la culture en pots. Pêche Nectarine Grozy. — Cette variété a été obtenu par M. Crozy fils, horticulteur à Lyon; le fruit a été présenté mûr le 16 juillet 1892, au Comité de la Société pomologique de France. C'est un semis provenant de la Nectarine Stanivick, qui ne mûrit que dans la deuxième quinzaine de septembre. Le fruit est assez gros, très coloré, à chair blanche un peu verdâtre, fine, fondante, très juteuse et parfumée. Pêche Nectarine Précoce de Croncels. — Variété obtenue de semis par M. Ernest Baltet, horticulteur à Troyes. Le fruit est assez gros, sphé- rique, la peau est jaune pâle, blanchâtre, plaquée de pourpre à l'insolation. Chair blanchâtre, assez fine, fondante, juteuse, sucrée, relevée et parfumée. Maturité fin juillet et premiers jours d'août. Pêche Nectarine Rivers" Early. — Cette pèche lisse a été obtenue dans les cultures du célèbre pomologue et pépiniériste anglais, Thomas Rivers, de Sawbridgeworth. C'est aujourd'hui la plus précoce des pêches lisses. C'est un très beau fruit, à en juger d'après le portrait qui en a été publié dans les Bulletins d'arboriculture de 1894. Il mesure jusque m 23 de circonférence et le poids en a été de 240 grammes. Jusqu'ici la Nectarine Lord Napier était considérée comme la plus précoce des pêches lisses; la nouvelle venue a sur elle une avance de dix à quinze jours. Tandis que la variété Lord Napier a mûri en 1893, fin juillet, la Rivers 1 Early a pu être cueillie le 10 juillet. On — 50 — sait qu'il y a ordinairement une différence de dix jours entre les fruits obtenus sous simple abri vitré et ceux tenus en plein air. La fleur est grande et d'un beau rose clair. L'arbre est robuste et dl crois- sance vigoureuse. Ém. R. PETITES NOTES DE CULTURE Obtention de grandes fleurs de Fuchsia. — Nous avons fait connaître naguère un procédé que nous avons expérimenté nous-même et qui nous a toujours donné de très grandes fleurs de Fuchsia. Nous avons employé comme engrais une solution de colle forte. Un journal horticole recommande ce même engrais en y ajoutant environ un tiers de sel ordinaire. Soit, 250 gr. de colle forte et 100 gr. de sel, sur un litre d'eau. Ce mélange est ensuite dilué dans 80 litres d'eau servant à arroser les plantes cinq ou six fois tous les deux jours. L'emploi de la colle forte nous a donné d'excellents résultats ; l'addition du sel ne saurait en diminuer l'efficacité. Contre les Limaces. — Le Journal des Orchidées a recommandé de fermer soigneusement toutes les ouvertures dans les prises d'air de dessous des serres, à l'approche des gelées, afin d'empêcher les limaces d'y pénétrer; c'est que l'instinct de ces insectes, pour s'abriter contre les froids, est surprenant. Le jardinier fera bien de surveiller attentivement les plantes placées même sous châssis froid, et comme les limaces commettent leurs plus grands dégâts quand la nuit est venue, il devra visiter les couches le soir en se munissant d'une bonne lanterne. Encore cette chasse ne suffit-elle pas toujours et les insectes ont bientôt fait d'entamer les jeunes feuillages. Un excellent moyen de les arrêter a été indiqué par un de nos confrères ; il consiste dans l'emploi de la poussière de tabac que l'on obtient aisément dans les fabriques. Cette poussière les tue. La chaux vive réduite en poudre produit également un très bon résultat. Terrines de repiquage. — En voyant un de ces jours recommander par un confrère étranger l'emploi de terrines rectangulaires au lieu de terrines rondes, et signaler cet emploi comme une nouveauté, nous nous sommes dit que certaines choses ont besoin de bien du temps pour être connues et pour se répandre. Dans la plupart des établissements horticoles gantois, les terrines rectangulaires en terre cuite sont seules en usage depuis de longues années. — 51 — A l'École d'horticulture de Gand on n'en emploie pas d'autres, parce qu'on ne veut pas laisser dans les couches à multiplication la moindre place inoccupée. Le poUer fabrique les terrines à la grandeur qui lui est indiquée, afin de per- mettre à l'intéressé de placer sous les châssis le nomhre de terrines voulues et de remplir exactement le tout. L'indication à l'avance d'une proportion déterminée et uniforme pour tout le monde supposerait l'obligation pour chacun de construire les couches d'après un modèle uniforme. Clianthus puniceus. — Encore un joli arbrisseau qui eut un jour sa place parmi les espèces les plus ornementales de nos jardins. Il fut introduit de Nouvelle Hollande vers le milieu du siècle passé et réintroduit de Nouvelle Zélande plus d'une fois depuis lors. Peut-être n'est-il pas indigène de Nouvelle Zélande; en tout cas il s'y est admirablement naturalisé et il constitue aujour- d'hui une véritable perle de la flore Néo-Zélandaise. La plante appartient à la famille des Papilionacées ; ses feuilles sont alternes, oblongues; ses fleurs, d'une forme toute particulière, aux ailes lancéolées, auriculées, d'un magnifique coloris ponceau qui contraste avec l'œil central noir, sont disposées en grappes pendantes multiflores d'un grand effet. Elle n'exige aucun soin particulier, une bonne terre de jardin composée d'humus, un emplacement frais et bien ensoleillé, c'est tout ce qu'il lui faut. Elle se multiplie de graines ou de boutures ; celles-ci prennent le mieux sur couche tiède. Elle est presque rustique, une légère couverture lui suffit pour l'hivernage. Culture retardée des Lilas. — Voici un procédé qui mérite d'être signalé. Le 13 mai 1894, M. Crousse présentait, à la séance de la Société centrale d'horticulture de Nancy, des grappes de Lilas d'une rare beauté. Elles avaient un développement considérable ; le pédoncule principal et les ramifications secondaires étaient d'un blanc d'ivoire et supportaient des fleurs d'une blan- cheur de nacre. M. Crousse, pour obtenir ce résultat, à cette saison de l'année, avait mis en pratique le procédé suivant que nous résumons d'après la Bévue Horticole. En novembre ou décembre on soulève du sol, à la bêche, la touffe de lilas qu'on désire retarder; on la laisse ainsi jusqu'à la sortie de l'hiver. Elle a été débarrassée des ramifications mal aoûtées, frêles ou mal boutonnées. A la sortie de l'hiver, lors de la reprise probable de la végétation et avant que les boutons ne commencent à gonfler, on rentre la plante ou les plantes dans un local quelconque, non chauffe, exposé au nord et dans lequel l'obscurité puisse être complète. On aère la nuit, jamais le jour. Dans ces conditions, les lilas s'épanouissent très tard et les grappes s'allongent beaucoup. — 52 — Bouturage de Rosiers et d'Œillets. — Ce mode de multiplication est considéré par certains praticiens comme difficile, par d'autres, au contraire, comme réussissant toujours. Évidemment les conditions dans lesquelles le procédé est appliqué peuvent être fort diverses et la réussite dépend fréquem- ment de la négligence de l'une ou l'autre condition regardée à tort comme secondaire. Voici un procédé de bouturage qui donne les résultats les plus complets, aussi bien pour les Rosiers que pour les Œillets : aussitôt après la floraison on coupe les boutures comme à l'ordinaire au-dessous d'un œil en ayant soin d'enlever les feuilles inférieures jusqu'au pédoncule. Dans une couche ordinaire située en plein soleil on étend un lit de bon terreau recouvert d'une couche de m 05 de sable blanc. C'est dans ce sable qu'on place les boutures les unes à la suite des autres. Les deux premiers jours on donne un demi ombrage au moyen de terre épandue sur le vitrage, ou de lattis ou bien encore d'un léger canevas. On arrose plusieurs fois par jour, afin de produire autour des boutures une vapeur constante et d'arrêter ainsi toute évaporation par les feuilles. En même temps, les châssis demeurant fermés, on obtiendra assez bien une température allant jusqu'à 40° ou même 50° centigrades. Bientôt les racines se forment et pénètrent dans le terreau qui se trouve à leur portée. Nous avons vu les boutures ainsi faites s'enraciner toutes. C'est à peine si, dans toute une couche, on constatait 3 p. c. de perte. Culture en pots de l'Hydrangea hortensis. — Quand nous disons cul- ture en pots, nous pourrions dire aussi bien culture en cuvelles, et ce mode de cultiver une plante d'une richesse florale aussi remarquable et qui s'accommode aussi bien de toute exposition, est loin d'être une nouveauté. En effet, dans notre jeune âge — et il y a longtemps de cela — nous avons vu les Hortensia, comme on les appelait alors, être admises partout parmi les plantes qui étaient l'objet de la prédilection de nos pères, entr'autres les lauriers roses, les Cactus alatus et certains lis. Chez tous les amateurs, on trouvait des Hortensias en cuvelles, en exemplaires d'un mètre de diamètre se chargeant tous les ans d'inflorescences sans nombre. On possédait même alors comme aujourd'hui le secret d'arroser la terre avec du vitriol bleu ou sulfate de fer, afin d'obtenir des fleurs bleues. Pour tout soin de culture on donnait à la plante, après l'hiver, un surfacage d'engrais et plus spécialement de bouse de vache. La variété Hi/drangea hortensis Otaxa ou mieux Hijdranyea Hortensia var. Otaxa se recommande particulièrement par sa vigueur et son développement. É. Miler. 6 me Série. TOME 2' 4° Livraison. 28 Février 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES public sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATION HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. son^nvwE.A.T.iR.E Pages. Causerie horticole 53 Renseignements et cultures 57 Hybrides de Cypripedium à la l re exposition horticole mensuelle de Gand 62 Le nouveau gaz Argon 64 Culture des Jacinthes 65 L'exposition de Bruxelles en 1897 66 Bibliographie 68 Pages. TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE. PI. 28. Methonica (gloriosa) superba .... 56 Fig. 7. Solanum quitoense 58 » 8. Asparagus Comorensis 61 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. Vander Haegben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier] > — 4 — < Les annonces paraissant à la fois dans I/Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. 1%. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Une page entière . Une demi-page . . Un tiers de page . Un quart de page. Un sixième de page Un huitième de page Un seizième de page Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ. dansles2 joum. dans les 2 journ. dans les 2 journ. fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 » 30 » 60 » 100 » 180 » 300 » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 ,, 15 » 30 » 50 » 90 » 150 » 12 » 25 » 40 »» 70 » 125 6 » 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 53 CAUSERIE HORTICOLE L'HIVER DE 1894-95 28 Février 1895. Les grands minima de cet hiver marquent la limite des froids les plus intenses qu'il est possible d'éprouver en Belgique. Cette limite doit être fixée à — 30°, et elle s'applique à la région comprenant la haute Ardenne et le plateau des Fagnes. Dans l'Ardenne moyenne et sur les points élevés du Gondroz et de la Hes- baye, on peut observer des gelées aussi fortes que — 25°; des températures presque aussi basses peuvent même se produire en Gampine et au nord de la Flandre orientale : en décembre 1879, on nota — 23°5 à Westmalle, au centre de la province d'Anvers, et — 24°3 à Somergem, entre Gand et Bruges. Partout ailleurs, le thermomètre peut descendre jusqu'à — 20° au moins, même au bord de la mer. En janvier 1881, on observa — 19°9 à Ostende, — 21°1 à Furnes, et non loin de là, à Poperinghe, — 22°5. En décembre 1879, on eut — 21°6 à Gand et — 21°5 à Mons. Une gelée de — 30° correspond au froid maximum qui sévit chaque année, en moyenne, à Saint-Pétersbourg et au sud de la Suède. Une gelée de — 20° est le plus grand froid moyen de l'Allemagne orientale. Nous trouvons ces températures bien rigoureuses, mais nous devons cepen- dant nous estimer très heureux d'habiter à peu de distance de la mer, dont l'air tiède vient fréquemment en hiver arrêter les progrès du froid. Dans les contrées éloignées de l'Océan ou non visitées par les vents marins, bien que situées à des latitudes peu élevées, il se déclare des baisses thermométriques dont nous ne pouvons nous faire une idée. Ainsi, au cœur de l'Asie, à la même latitude que Bruxelles, la moyenne des plus basses températures hivernales est, le croirait-on? voisine de —45°; moins loin de nous, en Russie, cette moyenne atteint déjà — 30°. A la même latitude à l'Ouest, par contre, au sud de l'Irlande, la moyenne n'est que de — 5°, et l'influence des courants marins, et surtout du Gulf- Stream, est telle, qu'au Gap Nord, cette pointe extrême de l'Europe septen- trionale, que tout le monde s'imaginera excessivement froide, la moyenne — 54 — des minima thermiques absolus de chaque hiver ne s'abaisse pas à plus de — 15°, alors qu'à Bastogne, à l'altitude de 500 mètres, il est vrai, elle dépasse —20°. La répartition du froid ne se fait pas toujours de la même manière sur toute l'étendue du pays. En décembre 1879, alors qu'au barrage de la Gileppe on notait — 18°8 seulement, à Somergem, au N.-O. de Gand, on constatait, comme nous l'avons vu plus haut, — 24°3. Ce sont des phénomènes locaux qui donnent lieu à ces différences; un ciel plus pur d'un côté, l'arrivée soudaine d'un brouillard d'un autre, ou encore une saute de vent peuvent rendre compte de ces irrégularités dans la répar- tition des gelées. Les hivers les plus rigoureux de ces soixante dernières années ont été ceux de 1837-38, 1844-45, 1854-55, 1879-80, 1890-91. Le plus rigoureux de tous est sans contredit celui de 1844-45, et par sa basse température moyenne et par son grand nombre de jours de gelée. Il compte 90 jours à minimum nocturne inférieur à 0°, et parmi eux 41 donnant des gelées d'une intensité de —5° au moins. Ce même nombre de 41 jours à forte gelée se retrouve en 1890-91, mais le nombre total de jours de gelée fut alors un peu moindre qu'en 1844-45; il s'éleva toutefois à 86. En 1837-38, 1854-55 et 1879-80, trente-deux fois le thermomètre descendit au-dessous de — 5°. Après ces hivers exceptionnels, il convient de citer encore ceux de 1840-41, 1870-71, 1887-88, qui furent marqués par des périodes de froid très intense. Une conclusion intéressante de nos recherches sur les hivers les plus rudes, c'est que, dans ces hivers, février est généralement le mois le plus froid, tandis que normalement c'est janvier qui, de tous les mois de l'année, a la température moyenne la plus basse. La fréquence du froid semble, d'autre part, soumise à une périodicité que nous avons cherché récemment à mettre en évidence. Que l'on consulte les données ci-après, et l'on verra que nous traversons alternativement des périodes à hivers riches en gelée, très froids par conséquent, et des périodes à hivers doux, pauvres en gelée. La durée de ces périodes semble être de huit à neuf années, ou double de ces chiffres dans certains cas. Hivers Nombre d'hivers Jours de —5° —10° — — gelée au moins au moins 1836 à 1845 9 60 18 6 1845 à 1853 8 44 10 1 1853 à 1862 9 54 15 4 1862 à 1878 16 40 9 2 1878 à 1894 16 60 16 4 Ces groupements ne paraissent pas avoir de rapport avec la période des taches solaires. Les hivers les plus riches en gelées sont généralement aussi ceux pendant lesquels il tombe le plus de neige. On sait d'ailleurs quel rôle important joue ce phénomène pour accentuer l'intensité des gelées. Si, après d'abondantes chutes de neige, le ciel s'éclaircit et que le vent se place au N.-E. sous l'in- fluence de hautes pressions barométriques couvrant le nord de l'Europe, on peut toujours s'attendre à des minima thermiques exceptionnels. Toute la chaleur contenue dans les couches basses de l'atmosphère s'échappe la nuit vers les espaces célestes, et la neige, mauvais conducteur du calorique, empêche la chaleur du sol de venir compenser les pertes par rayonnement. Peut-on prévoir qu'un hiver sera extrêmement rude? La science n'est pas parvenue jusqu'ici à prédire d'une manière sûre le degré d'intensité d'un hiver futur, mais certains rapprochements entre le temps qu'il a fait aux équinoxes et celui observé ensuite, permettent, huit fois sur dix, d'annoncer qu'un hiver sera plus ou moins rigoureux. Mais cette prévision ne peut évidemment être faite que dans des termes assez généraux. Nos recherches personnelles nous ont montré que l'état thermique du mois de septembre a quelque corrélation avec la température de l'hiver suivant, c'est-à-dire qu'un mois de septembre froid a pour corollaire un hiver froid, et inversement, qu'un mois de septembre chaud a comme conséquence un hiver doux. Or, l'année dernière, septembre a été froid (1°4 au-dessous de la normale), et il y avait donc de grandes probabilités pour que l'hiver 1894-95 fût caractérisé par une période de froids assez vifs. Une autre question qui mérite examen, est celle de savoir quelle action un hiver très froid exerce sur l'été qu'il précède. Ici nous avons des faits précis à indiquer. Nous avons montré, en effet, il y a quelque temps déjà, que l'étude des données climatologiques de soixante années conduit sur ce point aux conclusions suivantes : 1° Jamais un hiver froid n'a été suivi d'un été très chaud; 2° dans la grande majorité des cas, l'été qui survient après un hiver rigoureux est lui-même froid. En somme, l'effet général d'un hiver froid est de refroidir l'été qui suit. Il y ajuste quatre ans, à propos de l'hiver 1890-91, nous disions, en rappelant ces lois, qu'il fallait s'attendre à un été froid, et les événements sont venus confirmer une fois de plus l'existence d'une relation entre les hivers rigoureux et les étés qui les suivent. Les mois de juin, juillet et août 1891 furent en effet respectivement trop frais de 0°4, 1°3 et 1°5; soit donc, pour tout l'été, un écart de 1°1 avec la normale, écart que l'on peut considérer comme très notable. A. Lancaster. — 56 — PL XXVIII METHONICA (gloriosa) SDPERBA Cette plante gracieuse de port, curieuse et élégante dans sa floraison, est encore une de celles qui mériteraient d'être tirées d'un injuste oubli. Cul- tivée dans un coin de la serre à Orchidées tempérées-chaudes ou à Fougères, ou conduite autour d'une colonnette contre laquelle elle s'enroulera en la gar- nissant de ses longues feuilles vert clair et de ses fleurs très amples, elle pro- duira un effet très pittoresque, et contrastera fort bien avec le port plus massif des Orchidées. L'une des causes de sa rareté dans les cultures, c'est très probablement que les explorations botaniques dans la région occidentale de l'Afrique sont peu nombreuses. Le M. superba est originaire de cette région, et notamment du Congo; c'est de l'État indépendant du Congo qu'il a été réimporté l'année dernière par L'Horticulture Internationale. Jusqu'ici la difficulté des communications s'oppose malheureusement à ce que la flore de ces pays soit bien connue en Europe ; mais l'attention est actuellement très portée sur eux, des travaux importants s'exécutent qui devront rendre les communications plus faciles, et il y a lieu d'espérer que le temps n'est pas loin oU les richesses végétales du Congo pourront être pleinement appréciées et utilisées. Le nom de Methonica, bien que le seul valable en vertu de la loi de priorité, est beaucoup moins répandu dans les cultures que son synonyme Gloriosa; il est vrai qu'il est moins facile à retenir et ne présente à l'esprit aucun sens ; il paraît qu'il provient du nom indigène Mendoni, que le botaniste Hermann aurait eu la singulière idée de transformer en Methonica, dont l'allure est plus gréco-latine! W. Hooker a émis l'hypothèse que le M. superba et le M. grandifiora pourraient bien n'être qu'une seule et même espèce; nous espérons être à même de trancher cette question à la floraison prochaine, mais il nous semble fort probable que les deux formes ne devront être considérées que comme des variétés distinctes, les différences étant les suivantes : le M. grandifiora a les fleurs un peu plus grandes, moins ondulées sur les bords que celles du M. superba, et d'un coloris entièrement jaune clair au lieu de jaune et rouge. En-somme, comme la planche ci-contre permet d'en juger, cette opposition < H Oh •g < o — 57 — de couleurs vives est très attrayante, et donne au M. superba beaucoup plus de mérite qu'à l'autre forme. Les Methonica sont cultivés en serre tempérée-chaude, dans des pots assez grands, avec un compost assez nutritif et un bon drainage. Ils doivent recevoir des arrosages abondants pendant toute la saison de végétation; vers l'achève- ment de la croissance, on diminue un peu la température, et lorsque la floraison apparaît on cesse progressivement les arrosages. La floraison ter- minée, on laisse le compost absolument sec. La plante se multiplie facilement par division des rhizomes. Max Garnier. RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Culture des Maranta. — Les Maranta doivent être cultivés dans un terreau de feuilles léger, mélangé de sphagnum et de petits débris de charbon de bois, avec un bon drainage. Ils aiment une place ombragée, mais avec beaucoup de jour, une atmosphère chaude et humide et une bonne chaleur au pied. Pendant la végétation, on ajoute de temps en temps à l'eau des arrosages un peu d'engrais animal. A partir du mois d'octobre, on diminue graduellement les arrosages, et pendant tout l'hiver on ne donne aux plantes que juste l'humidité nécessaire pour éviter le dessèchement des tubercules. La végétation commence en mars lorsque les nouvelles pousses font leur apparition, et la plupart des plantes doivent alors être rempotées. Plantes annuelles. — Les semis de beaucoup de plantes pourront être opérés en mars sur couche, et pour quelques-unes en pleine terre, une fois que les gelées seront définitivement terminées; tel est, par exemple, le cas des Pavots, que l'on sème sur place et que l'on éclaircit ultérieurement; du Réséda; du Souci, que l'on sème en pépinière, et qu'on repique quand les jeunes plantes ont quelques feuilles, etc. Les semis sur couche doivent commencer dès les premiers jours de mars, à une bonne exposition chaude ; les graines doivent être mises en terre à une profondeur modérée, et les graines fines ne doivent presque pas être recou- vertes. On couvre les châssis pendant la nuit avec des paillassons, et une fois que les graines ont germé, il faut avoir soin de les découvrir pendant le jour pour laisser arriver autant de lumière que possible, à moins que le temps soit — 58 — très froid. Pour ne pas opérer un changement trop brusque, il est bon de placer pendant les premiers jours une toile à ombrer sur les châssis, car les jeunes plantes habituées à l'obscurité pourraient souffrir de leur exposition à la lumière. La température doit rester de 18° environ pendant le jour, et de 12 à 15° pendant la nuit ; aussitôt que les graines ont germé, on doit avoir soin de donner de l'air toutes les fois que le temps le permet ; il faut aussi protéger les jeunes plantes contre les rayons trop chauds du soleil. Enfin, aussitôt qu'elles sont suffisamment développées, on les repique ou on les éclaircit avec les soins voulus. Solanum quitoense (voir fig. 7). — Cette plante, dont nous donnons ci- contre une gravure due à l'obli- geance de M. Wilhelm Pfitzer, de Stuttgart, est l'une des plus élégantes plantes à feuillage qui ornent la serre tempérée pendant la mauvaise saison, et peuvent être utilisées en été pour décorer le centre des par- terres. Ses feuilles mesurent de 30 à 40 centimètres de longueur; elles sont d'un vert olive bronzé, avec des reflets violets, et de nombreuses nervures blanches nuancées de rose. Fig. 7. — Solanum quitoense. Crocus. — Ces plantes bulbeuses sont au nombre des plus précieuses qui fleurissent en cette saison ; elles forment des massifs charmants, en couleurs combinées, et mélangées de Tulipes, de ScUla sïbirica, etc. En outre, ces plantes sont très faciles à forcer et fleurissent alors au cœur de l'hiver. Pour la culture en pots, MM. Krelage, les célèbres cultivateurs de Harlem, recommandent une terre composée de : un quart de terre franche, un quart de terreau de feuilles, un quart de sable fin et maigre et un quart de fumier de vache pourri, le tout bien mélangé et bien criblé. Caladium. — A partir du mois de mars, les tubercules doivent être remis en végétation. On les plante dans de la terre de bruyère mélangée de sable fin, avec un bon drainage, et on les place dans une serre à une température — 59 — modérée, avec autant de lumière que possible. On ne commence à arroser que quand les pousses font leur apparition, et à partir de ce moment les arrosages doivent être abondants, et la terre ne doit jamais sécher. La serre qui convient à ces plantes est la serre chaude, et la température ne doit pas descendre au- dessous de 16 à 18°. Le nombre des espèces de Caladium introduites et des variétés obtenues dans les cultures est très considérable ; beaucoup de semis très remarquables ont été produits, notamment en France par M. Alfred Bleu. On peut utiliser ces superbes plantes pour orner les appartements pendant quelque temps, mais elles ne sauraient y séjourner d'une façon un peu prolongée. * Gloxinia. — Ces superbes plantes rentrent maintenant en végétation, et l'on ne doit pas tarder à les rempoter, si ce n'est pas déjà fait. On leur donne comme compost de la terre de bruyère mélangée de sable fin, et on recouvre à peine les tubercules, de façon que les bourgeons qui se forment soient à fleur de terre ; on les soumet ensuite à une température progressivement plus élevée, puis on les installe définitivement en serre chaude ; mais on ne commence à les arroser que quand les pousses apparaissent. Une fois que les premières feuilles sont bien développées, on augmente les arrosages, qui doivent être très abon- dants pendant la végétation active. Les plantes doivent être abritées contre les rayons directs du soleil, pour conserver intact leur feuillage, qui est très élégant ; vers le milieu de l'été apparaissent les fleurs, qui durent assez longtemps et se succèdent de façon à orner la serre pendant à peu près deux mois. Au moment de la floraison, les plantes peuvent être transportées dans l'ap- partement; mais il est difficile de les y élever complètement, à cause de la sécheresse inévitable de l'air. Il existe actuellement un grand nombre de magnifiques variétés de Gloxinia, et M. F. Kegeljan, de Namur, en possède notamment une superbe collection dont nous avons parlé l'année dernière. Myrsiphyllum asparagoides. — Cette plante mérite de figurer dans tous les jardins d'hiver ou les serres tempérées d'amateur. Ses petites feuilles vert sombre vernissé, ornent très élégamment un mur de fond ou une colonne autour de laquelle la plante s'enlace, et elles forment un charmant contraste avec le coloris blanc de ses fleurs, produites en profusion ; le grand mérite de cette plante, c'est surtout le délicieux parfum de ces fleurs, qui embaument une serre ; elles rappellent assez l'odeur du jasmin. — 60 — Le Journal des Orchidées achève aujourd'hui son 5 me volume, et le numéro qui paraîtra le 16 mars sera le premier du 6 me volume, notre confrère ayant paru pour la première fois le 15 mars 1890. Nous engageons ceux de nos abonnés qui voudraient se tenir au courant de la culture pratique des Orchidées, à s'adresser sans retard à l'administration du journal, pour contracter leur abonnement en profitant de la réduction que nous avons annoncée comme prime. Asparagus comorensis (voir fig. 8). — Cette nouvelle espèce, introduite par la maison Wilhelm Pfitzer, de Stuttgart, a obtenu la médaille d'argent à l'Exposition allemande de Mayence, à l'automne dernier. C'est une plante qui rendra de très grands services au point de vue ornemental, grâce à l'extrême légèreté de son feuillage, et pourra être utilisée pour la décoration des serres et la confection des bouquets. Elle réussira bien en serre tempérée- chaude, dans un endroit ombré, avec beaucoup d'humidité. Cyclamen. — La floraison de ces charmantes plantes d'appartement tire à sa fin, et lorsqu'elle sera achevée il sera bon de diminuer peu à peu les arro- sements; la végétation se ralentira alors et les feuilles se dessécheront, puis on cessera complètement d'arroser, et les tubercules devront rester tout à fait à sec jusqu'au moment du rempotage, c'est-à-dire à l'automne. Les tubercules secs doivent être laissés dans les pots. Lilium philippinense (Lis des Philippines). — Nous avons publié dans notre précédent volume le portrait de cette belle espèce, à fleurs très grandes et très élégantes, à port délicat et gracieux. Le L. philippinense commence à entrer en végétation, et devra être traité à peu près comme nous le disons plus haut pour les Gloxinia. Comme il est de taille peu élevée, il se cultive très facilement en serre et y tient peu de place, sauf quand il est en fleurs; c'est même un contraste superbe que celui du bouquet de fleurs volumineuses surmontant la tige grêle, revêtue sur toute sa longueur de feuilles étroites et allongées. Comme la plupart des Lis, cette espèce a un parfum exquis, mais le sien est très doux et ne fatigue pas comme dans le L. Harrisi, par exemple. Max Garnier. - --..-, ■ - Fig. 8. — Asparagus Comorensis. — 62 HYBRIDES DE CYPRIPEDIUM A LA l re EXPOSITION HORTICOLE MENSUELLE DE GAND Les Meetings horticoles de Gand, dont la fondation remonte à 1884, sont, depuis le mois de février de cette année, remplacés par des Expositions men- suelles. Le Jury, naguère réuni en une seule section, est dorénavant divisé en sections comme suit : l re section, Orchidées; 2 e section, Plantes nouvelles; 3 e section, Plantes fleuries; 4 e section, Plantes décoratives et de culture; 5 e section, Fruits et légumes. Le 3 février avait lieu la première de ces expositions, mais la température sibérienne — le thermomètre, la nuit du samedi au dimanche, accusait — 16° c. semblait vouloir empêcher cette réunion devant coïncider avec l'assemblée générale de la Chambre Syndicale des Horticulteurs belges. Les membres du Jury ne s'étaient guère dépêchés, jugeant, avec raison, que personne ne s'avi- serait à apporter des plantes au Casino. L'attente générale fut détrompée. M. Jules Hye amena, à l'heure réglementaire, en dépit de la forte gelée, treize hybrides de Gypripedium ! Ces jolies nouveautés furent transportées dans une espèce de chaise à porteur hermétiquement close et chauffée au moyen d'une bouillotte. Voilà, ce nous semble, une preuve palpable et éloquente de la passion que cet Orchidophile apporte à la culture de ses chères Orchidées. Onze de ces hybrides proviennent de l'hybridation du Cyp. Spicerianum a *, par le Cyp. Sallieri Heyanum o" ; deux beaux types, dont le croisement devait, selon toutes prévisions, donner naissance à de bonnes nouveautés. Les onze descendants sont bons et, naturellement ont entre eux des traits de ressem- blance. Cependant, quelques-uns, se distinguent par de solides qualités et justifient l'emploi de noms spéciaux pour les distinguer les uns des autres. Le Jury, composé malheureusement d'éléments hétérogènes — il n'y man- quait presque que des Orchidophiles — a décerné, par acclamation, un certi- ficat de mérite au Cyp. x Surprise. Surprise, en effet, que celle provoquée par la couleur jaune verdâtre de toute la fleur, coloris rare, je le veux bien, mais pas distingué, à mon sens s'entend. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que nous constatons une espèce d'engouement pour des produits aux cou- leurs pâles, indécises, maladives, pour des fleurs qui nous paraissent, à nous, plutôt des produits d'une dégénérescence qu'une obtention à porter aux nues. Tous les goûts étant dans la nature et les horticulteurs ayant intérêt à patronner quelquefois des bizarreries — il y a des amateurs qui dépensent gros pour des raretés pareilles — nous comprenons, tout en ne l'approuvant — 63 — pas, qu'on décerne un certificat de mérite par acclamation au Cyp. X Surprise; mais la grande surprise ici a été pour nous. Le Cyp. x Surprise, dont nous avons indiqué la nuance générale, a le pavillon fond verdàtre ligné de vert plus foncé; la nervure médiane est dessinée en brun pâle; les pétales ont leur moitié supérieure lignée et maculée de brun légèrement rougeâtre; le staminode est jaune pâle, mat; le sabot vernissé, pâle à l'extérieur, pointillé de rouge cinabre à l'intérieur. Le Cyp. X Vertumne a un pavillon de dimensions colossales, ses bords latéraux sont droits et repliés vers la face antérieure; le haut et les bords latéraux sont blancs, la nervure médiane d'un rouge pourpre vif. Le Cyp. X Mellona se distingue par son beau pavillon, dont les deux tiers supérieurs sont blancs, l'autre tiers, vert; il est marqué et ligné de rouge poupré. Le Cyp. X Etéocle a une nuance générale verdàtre, un superbe pavillon, dont la moitié supérieure est d'un très beau blanc, la moitié inférieure teintée de rouge brun; le staminode rose, passant au blanc sur les bords, a une pro- tubérance jaune brillant. Le Cyp. x Pomone — voilà la déesse des fruits venant cueillir des fleurs superbes, oh, le progrès! — est issu de parents inconnus; comme cela se trouve bien, beaucoup de gens ignorant de même la descendance de la déesse. 11 aie pavillon du Cyp. x Spicerianum avec un fond vert bien tacheté; les pétales, fortement ondulés, sont très bien pointillés. La perle des hybrides présentés le 3 février, à notre point de vue, s'entend, est le Cyp. x Flamingo, issu du Cyp. Spicerianum fécondé par un splendide Cyp. Boxalli. Le premier se retrouve dans le pavillon, le second, dans les pétales et le sabot. Le coloris général est éclatant, vigoureux. Le pavillon, très grand, a une nervure médiane largement teintée de rouge pourpre foncé; les autres nervures, bien nettement accusées, ont la même teinte. Les pétales, fortement ondulés, sont d'un dessin superbe; leur coloris jaune verdàtre est relevé, dans la moitié supérieure, par une teinte brune plus accusée que dans la moitié inférieure. Le sabot, d'une forme exquise, a l'intérieur admirablement coloré. Toute la fleur est vernissée. Ajoutons que la plante est vigoureuse, qu'elle porte trois hampes solides avec des fleurs dont l'aspect dénote égale- ment la vigueur générale de ce splendide hybride. La première Exposition mensuelle de Gand doit son succès à l'arrivée inopinée et inespérée de magnifiques hybrides de Cypripedium; c'est un début, eu égard aux circonstances exceptionnelles, qui, espérons-le, encouragera tous les membres de la Chambre Syndicale des Horticulteurs belges et de la Société Royale d'Agriculture et de Botanique de Gand. Charles De Bosschere. — 64 LE NOUVEAU GAZ ARGON La découverte d'un nouveau gaz dans l'atmosphère est un événement très inattendu, et qui mérite d'être signalé; d'abord par la raison qu'en notre qualité d'êtres vivant dans l'air et par l'air, rien de ce qui le concerne ne saurait nous être étranger, — c'est bien une chose importante, n'est-ce pas, de savoir ce que nous absorbons tous les jours, à toutes les secondes de notre existence? Il est vrai que ce journal n'a pas dans ses attributions la médecine ni la biologie; mais au point de vue horticole même, la composition de l'air n'a pas moins d'importance, puisque les plantes aussi vivent dans l'air. Le mot argon, qui a été choisi pour désigner le nouveau gaz, a été formé du grec (a privatif et ergôn, agissant), et rappelle que ce gaz est tout à fait inerte et passif, comme l'azote, avec lequel il avait toujours été confondu jusqu'aux recherches effectuées par M. Ramsay et Lord Rayleigh. Sauf par sa densité, il ne se différencierait guère de l'azote; il paraît toutefois encore plus inerte que lui, au moins jusqu'à nouvel ordre, car on n'a réussi pour le moment à le combiner avec aucun autre corps; tandis que l'azote, comme on sait, forme des composés nombreux : ammoniaque (avec l'hydrogène) ; acides azoteux, hypoazotique, azotique (avec l'oxygène) ; chlorure d'azote, etc. Aussi bien, quelle que soit l'inertie dont il fait parade dans l'atmosphère, nous savons que l'azote joue un rôle important dans la végétation; il est transformé par l'électricité en composés solubles dans l'eau de pluie et qui sont emportés par elle dans le sol ; en outre, comme l'a montré Berthelot, les faibles tensions électriques qui existent toujours à la surface du sol suffisent pour provoquer la fixation de l'azote par un grand nombre de matières orga- niques ; enfin l'azote est également fixé dans les sols argileux par les orga- nismes microscopiques. C'est ainsi qu'il se produit sur les racines de certaines légumineuses, en particulier, une fixation active de l'azote atmosphérique, et que les lupins et la plupart des légumineuses enrichissent le sol en lui trans- mettant de l'azote, alors que beaucoup d'autres plantes, et le froment entre autres, lui en enlèvent de grandes quantités. L'azote, que l'on était porté autrefois à considérer uniquement comme un gaz n'ayant d'autre utilité que celle de diluer le gaz actif par excellence, l'oxygène, joue donc un rôle très important dans la végétation. Il est parfai- tement possible que l'argon en ait un également (quoique jusqu'ici les consta- tations faites par les deux savants anglais n'en aient pas signalé la trace, mais la découverte est encore toute récente) ; et c'est pourquoi il convient de suivre — 65 - avec grande attention les recherches qui sont en voie de continuation sur sa nature et ses propriétés. Un fait acquis, c'est que la partie de l'atmosphère que l'on considérait jusqu'ici comme étant de l'azote pur doit être reconnue désormais comme composée de deux gaz : azote et argon; le reste est de l'oxygène, plus une faible quantité d'acide carbonique et d'autres impuretés. Il reste à déterminer la façon dont se comporte le nouvel élément, et nous aurons vraisemblablement à reparler de cette question. Max Garnier. CULTURE DES JACINTHES (Suite, voir p. 32) Pour cette culture, on emploie de préférence les variétés à fleurs simples et des ognons bien sains et les plus beaux; après leur floraison, on peut, si on désire les conserver, couper les racines et une partie des feuilles, puis les enterrer dans un coin du jardin, mais ils sont encore moins bons que les précédents, il vaut même mieux s'en débarrasser totalement. En outre des carafes simples, on fabrique aussi des carafes doubles dans lesquelles on place deux ognons en sens inverse ; celui du fond pousse la tête en bas, ses feuilles dans le col de la carafe et dans l'eau ; l'autre croît normale- ment en l'air; mais les racines des deux ognons se développent dans la terre dont le godet supérieur est rempli. Ordinairement, on ne remplit d'eau le récipient inférieur qu'au moment de la floraison. CULTURE DANS LA MOUSSE, ETC. Pour cette culture, on se sert de mousse naturelle et bien propre, ou de préférence de sphagnum; après l'avoir entièrement humecté, on en remplit les vases ou les pots, en le foulant modérément et en y plaçant un ou plusieurs bulbes, selon leurs dimensions. On met ensuite les vases dans un endroit obscur pendant un certain temps, et on a soin de maintenir la mousse constam- ment humide. Toutefois, il faut éviter que l'eau ne séjourne en quantité dans le fond des pots, ce qu'on évite facilement en les tenant quelques minutes sens dessus dessous après chaque arrosement. Lorsque les feuilles et la hampe se montrent, on les place en pleine lumière. On trouve en outre dans le commerce des vases à trous et des coupes dits « à crocus, » parce qu'ils servent à y cultiver ces plantes, dans lesquels on peut néanmoins cultiver les Jacinthes romaines et une ou plusieurs Jacinthes — Co- de Hollande avec un plein succès. On met un bulbe en regard de chaque trou et un au sommet, en opérant et en les traitant par la suite comme il vient d'être dit. On peut encore former une suspension originale en creusant par la base une racine de Betterave ou un gros Navet, et en remplissant la cavité avec de la mousse dans laquelle on place un bulbe de Jacinthe; on consolide et on suspend le tout à l'aide de ficelles. Tandis que la Jacinthe se développe au sommet, la Betterave, dont le collet se trouve ainsi renversé, développe des feuilles qui se redressent autour de la racine et produisent un effet singulier. (Extrait du Dictionnaire pratique d'horticulture et de jardinage, par G. Nicholson, traduit et adopté par S. Mottet.) L'EXPOSITION DE BRUXELLES EN 1897 Nous aurons donc, selon toute probabilité, une Exposition Universelle, en 1897, dans la capitale de la Belgique. L'horticulture aura inévitablement sa place marquée dans cette fête internationale de toutes les manifestations de l'activité humaine. Quoiqu'un laps de temps assez long nous sépare encore de l'ouverture de cette Exposition, il nous semble opportun, néanmoins, d'attirer dès aujourd'hui , l'attention du monde horticole sur les futures floralies de Bruxelles. Plusieurs raisons militent en faveur de cette opinion. La première, c'est que, dans toutes les grandes Expositions, le côté « horti- culture » a toujours été considéré comme une quantité pour ainsi dire négli- geable, pouvant contribuer à l'ornementation des jardins et aux mille attractions plus ou moins burlesques ou d'un goût douteux auxquelles on voulait bien accorder l'hospitalité. Quant aux plantes de serre, ou bien elles étaient dis- persées dans une foule de locaux ou de serres ou groupées dans des tentes cadrant bien peu avec l'aspect monumental des divers autres bâtiments de l'Exposition. Il en fut ainsi à Paris en 1889; chacun s'en souvient. Au World's Fair de 1894, à Anvers, un local fut mis à la disposition de la section horticole, local très vaste, bien éclairé, mais cependant peu en har- monie avec le but à atteindre par les expositions de plantes et de fleurs. En outre, la « Salle des fêtes, » comme on l'appelait, devant servir à l'orga- nisation de concerts et de diverses sortes de fêtes, il en résulta que chaque fois que l'horticulture se disposait à prendre possession de sa salle, elle eut à entrer en pourparler avec le comité exécutif de l'Exposition Universelle, avec le comité musical ou le comité d'une fête quelconque. Les préparatifs ne pouvant commencer au moment voulu ou la salle devant se dégarnir avant — 07 — l'heure et avec une précipitation dont nous garderons le pénible souvenir, les exposants furent lésés dans leurs intérêts, les organisateurs perdirent une grande partie du succès sur lequel ils avaient le droit de compter. Tout cela, pas plus à Paris qu'à Anvers, ne serait arrivé si, comme nous l'avons consigné dans notre rapport sur « L'Horticulture à l'Exposition Uni- verselle de Paris en 1889 ('), » il y eût eu un local convenable et spécialement réservé à l'horticulture. Qu'on nous permette de reproduire ici un passage de ce rapport : « Pourquoi n'a-t-on pas élevé un immense hall, un gigantesque jardin d'hiver, au milieu de ce magnifique parc du Trocadéro? » « Les plantes aux grandes dimensions, au superbe feuillage ample et déco- ratif, auraient pu, pendant toute la durée de l'Exposition, réaliser comme par enchantement le rêve de contempler un coin de la nature végétale, si puissante, si luxuriante et si séduisante des régions tropicales; elles auraient pu charmer la vue des légions de visiteurs avides de tout spectacle grandiose, féerique. » « Une pièce d'eau prenant sa source dans un enrochement artificiel aurait fourni aux plantes aquatiques, entre autres à la Reine des eaux, à la Victoria regia, les conditions indispensables à leur existence et à leur épanouissement. Les rocailles, les colonnettes, les pans de murs, auraient permis à quelques charmantes plantes de s'élever au faîte du monument en grimpant, en se contournant, en enlaçant, en se cramponnant de mille manières, et certaines d'entre elles auraient pu, en guirlandes gracieuses, laisser retomber leurs fleurs aux corolles ravissantes, aux nuances les plus riches, les plus variées. » « Puis, à côté de tous ces éléments du domaine propre de l'horticulture, on aurait pu utiliser ceux du ressort des arts et des industries horticoles. » « Et, malgré ces innombrables richesses, il s'y fût trouvé de la place pour y installer les merveilleuses collections de plantes à feuillage, de plantes fleuries, de fleurs coupées, envoyées aux divers concours temporaires. » « On comprendra facilement que dans ces conditions, l'Exposition horticole eût pu, comme attraction, lutter avantageusement avec n'importe quelle partie de l'Exposition Universelle. Un artiste habile, et l'on sait s'il s'en trouve à Paris, aurait créé un merveilleux jardin d'hiver d'une splendeur inconnue jusqu'à ces jours. C'eût été le temple de la glorification de l'art horticole. » Or donc, il nous faut dès à présent, si nous voulons éviter les erreurs an- ciennes et habituelles, si nous voulons que l'industrie et le commerce horti- coles occupent la place qui leur revient légitimement dans le concert universel (*) Mémoire couronné au concours institué par la Chambre syndicale. Gand, Ad. Hoste, 1890. — 68 — des manifestations humaines, il nous faut nous mettre à la besogne, sans plus tarder. Dans un prochain article, nous examinerons les autres raisons qui militent en faveur de notre opinion ; nous aurons aussi à revenir sur la question de local, question compliquée s'il en fut, mais qu'il ne faut point désespérer de résoudre dans l'intérêt de l'horticulture. Charles De Bosschere. BIBLIOGRAPHIE Flora Brasiliensis, fasc. 115. Orchidées, II, par M. Alfred Cogniaux. 1 vol. gr. in-folio, de 322 pages et 41 planches. Pred. Fleischer, à Leipzig. Le 2 e fascicule de cet ouvrage considérable vient de paraître à la fin du mois de janvier. Il contient la fin des tribus des Néottiinées, puis les Lipari- dinées et les Polystachyinées. Il y a donc actuellement cinq tribus terminées sur les vingt-deux représentées au Brésil. Le nouveau fascicule comprend quinze genres avec cent soixante-quinze espèces; dix-huit de ces espèces sont nouvelles, ainsi que de nombreuses variétés. Les planches représentent soixante-dix-sept espèces et deux variétés, avec de très nombreux détails analytiques. Parmi les changements principaux, signalons la suppression de deux genres de Barbosa Rodrigues : le Cystochilum, réuni au Cranichis, et le Calorchis, réuni au Ponthieva. Plusieurs espèces ont dû être transférées à d'autres genres que celui auquel les avaient rapportées leurs auteurs, et il y a encore d'autres changements synonymiques assez nombreux ; le Galeandra d' Escragnolleana Rchb. F. (1887), notamment, devient le G. lacustris Barb. Rodr. (1877). Le principal genre intéressant l'horticulture dans le fascicule est le Ga- leandra; M. Cogniaux donne le synopsis de vingt espèces de ce genre, dont dix-neuf sont décrites dans le fascicule. Deux de ces espèces n'ont pu, faute de matériaux, être décrites que d'après les auteurs antérieurs, mais les autres descriptions sont originales, et aussi complètes que possible. Dans toute cette partie, comme dans le fascicule précédent, les matériaux utilisés sont extrê- mement riches ; tous les grands herbiers du Continent y sont analysés et la synonymie est par suite très complète. Le plan général est d'une clarté parfaite, avec un tableau analytique en tête de chaque genre, une distribution géographique très détaillée, et une méthode qui permet de comparer très aisément les descriptions entre elles. M. &. 6 me Série. TOME 2 me . 5 e Livraison. 15 Mars 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATIOW HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIRE Pages. Chronique horticole 69 Plantes nouvelles ou recommandables ... 77 Nouveau mode de culture intensive avec serres mobiles sur roulettes 80 Poires de choix 83 Petites notes de culture S4 Pages. TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE. PI. 29. Canna hvbrida Fig. 9. Iris Nazarena » 10. Phlox Drummondi var. Heynoldiana. » 11. Les serres mobiles chez M. Delecœuillcrie. d'après une photographie .... » 12. Poire Alexandre Lambré 75 81 83 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1£5 FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. Vander Haeghen, TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. IV • B« — Un contrat, passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dans les 2 journ. clans les 2 journ. dans les 2 journ, dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 » 180 « 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. 69 CHRONIQUE HORTICOLE 15 Mars 1895. Diclytra ou Dielytra. — Bien des fois nous avons été en discussion avec feu M. L. Van Houtte au sujet de l'orthographie du nom de la jolie plante que nous prétendions devoir appeler Dielytra spectabilis. La même question a été soulevée dans Sempervirens du 14 décembre dernier et la conclusion est qu'il faut écrire Dielytra et non Dielytra. Les auteurs du Gênera Plantarum, Bentham et Hooker, ont adopté avec raison cette orthographie qui est celle du créateur du genre, bien que ce nom soit fautif et que le nom de Dicentra soit infiniment plus correct au point de vue étymologique. Le nom de Dielytra doit donc être condamné et remplacé par Diclytra et mieux encore par Dicentra. Nombre de graines. — On s'étonne parfois de la prodigieuse multiplication de beaucoup d'insectes; la production des graines de certaines plantes n'est pas moins prodigieuse. Voici, d'après notre confrère Sempervirens, le nombre de graines données en une année par un seul individu : un pied de Papaver dubium donne en moyenne 60,000 graines; le Pavot ordinaire, 50,000; la Camomille, 60,000; Y Anthémis Cotula, plus de 40,500. * Arundo Donax. — Le roseau à quenouilles, qui est indigène dans toute la région méditerranéenne, où il est répandu sous le nom de Canne de Provence, ne sert plus seulement à confectionner des cannes de lignes à pécher et des quenouilles à filer, ni même à consolider des talus ou remblais, mais aussi à fabriquer de la cellulose qu'on utilise pour faire du papier souple et résistant, analogue aux produits de la Chine et du Japon. Nous voyons dans une des dernières chroniques de la Bévue Horticole que des échantillons de ce produit se trouvaient à l'Exposition du Livre et qu'ils ont montré que Y Arundo Donax est appelé à une sérieuse exploitation. * Roses cultivées. — En 1535 on ne connaissait que quatre sortes de roses. La Quintinye, jardinier de Louis XIV, en cultivait quatorze. En 1820 on en — 70 — comptait 140. Aujourd'hui le nombre des espèces, variétés et hybrides, monte à plus de 6000. * Société horticole du Massachusetts. — Nous avons sous les yeux le programme des expositions qui auront lieu à Boston en 1895, et comprennent les plantes, fruits, fleurs, légumes, etc. La Société affecte de nouveau cette année aux prix une somme globale dépassant 40,000 francs! La valeur de ces prix varie de 1 à 100 dollars. Il existe également des récompenses de 400 et 800 francs réservées aux jardins et aux serres les mieux tenus. Gelées en Floride. — Dès la fin de décembre, les basses températures furent désastreuses même dans les parties méridionales de l'est des États- Unis. Le 28 décembre on signala dans la Floride des froids de —10 degrés G. Les orangers et les citronniers y ont beaucoup souffert : les prochaines récoltes sont très compromises. * Chrysanthèmes en Corée. — Les Coréens sont généralement considérés comme moins intelligents que les Chinois. Les Coréens cependant ne négligent pas le jardinage. Un étang bien garni de Lotus fait presque toujours partie de leur jardin. Ils ont aussi poussé à la perfection la culture des Chrysanthèmes, qui, chaque année, figurent à leurs principales festivités. Ils cultivent ces plantes sous des châssis de papier huilé et produisent de la sorte de superbes fleurs. Depuis des siècles, dit le Gardeners' Chronicle, ils connaissent le moyen de produire de très grandes fleurs en laissant subsister une fleur unique sur chaque tige. Ce procédé n'est connu que depuis peu de temps chez les jardiniers en Europe. Parfum des roses. — Il y a parfum et parfum, et l'appréciation de l'odeur dépend de la perception des senteurs chez chaque individu. Nous connaissons quelqu'un qui prétend que l'aubépine dégage une très mauvaise odeur. Combien de personnes trouvent exquise une senteur que d'autres ne supportent pas? Récemment un conférencier a traité, à VHorticultural Club, à Londres, du parfum de la Rose ; il a insisté sur ce que les roses nouvelles, pour être accep- tées, devraient dégager un parfum. Dans un résumé de la conférence, donné par le Gardeners' Chronicle, nous trouvons des listes des roses les plus par- fumées et des comparaisons d'odeur, avec quelques appréciations spéciales. Ainsi, toutes les roses d'un coloris foncé auraient un parfum suave; quelques roses blanches ont un parfum délicieux. La rose Boule de neige sent comme le lait frais. Il est regrettable que les termes fassent défaut pour définir exactement les parfums des fleurs. Grande Exposition quinquennale à Haarlem. — La Société générale de Bulbiculture à Haarlem, sous le patronage de S. M. la Reine Régente des Pays-Bas, ouvrira la cinquième de ses grandes floralies quinquennales du 22 jusqu'au 20 mars. Quoique la participation soit réservée aux seuls membres de la Société, la lutte sera très intéressante, vu que la plupart des principaux horticulteurs de la contrée des oignons à fleurs seront au nombre des exposants. Le programme contient 132 concours, 20 pour les Jacinthes, 22 pour les Tulipes, 12 pour les Narcisses, les autres se rapportent à toutes sortes de plantes bulbeuses et tuberculeuses. Parmi les médailles offertes, on compte 25 médailles d'or et quelques centaines de médailles de vermeil, d'argent et de bronze ainsi que des primes extraordinaires. L'exposition sera installée dans la grande salle des fêtes du Cercle « Vereeniging » à Haarlem; l'ouverture aura lieu le 22 mars, à 1 heure. L'exposition de Haarlem offrira une occasion extraordinaire pour comparer entre eux les produits des nombreux cultivateurs et pour étudier des collec- tions d'élite des plantes bulbeuses les plus variées et que l'on chercherait vainement ailleurs. * * * Le Grizzly Giant est un des arbres les plus célèbres du Mariposa. C'est un Wellingtonia ou Séquoia gigantea, dont l'âge est évalué à plus de vingt siècles. Bien qu'il ait souffert beaucoup des incendies allumés par les Indiens, la circonférence de cet arbre prise sur le sol même dépasse trente et un mètres ; à 3 m 05 au-dessus du sol, la circonférence est encore de vingt et un mètres; en cet endroit le tronc mesure donc un peu plus de sept mètres de diamètre. Primevères de Chine dangereuses à manier. — Tous les journaux horticoles ont parlé de l'irritation de la peau causée parfois chez ceux qui manient des Primula obconica. Un fait analogue vient de se manifester dans la famille d'un médecin de Norfolk : un eczéma s'est produit aux mains et à la figure d'une personne par le maniement de Primula siiieasis. Le Gardeners' Chronicle signale le fait et ajoute qu'il n'y a pas lieu de mettre en doute l'identité de la plante. * * L'horticulture gantoise. — D'après une statistique que nous devons à l'obligeance de M. H. Morris, consul des Étals-Unis d'Amérique à Gand, le — 72 — commerce horticole avec les États-Unis a progressé constamment et sensible- ment pendant les dix dernières années. En 1885 le centre gantois a expédié à New- York pour 21,000 fr. de plantes. En 1894 il en a expédié pour 495,000 fr. Les principaux chiffres ont été atteints par les plantes suivantes : Azalées, 200,000 fr.; Palmiers, 125,000 fr.; Araucaria, 65,000 fr.; Bégonias, 35,000 fr. Le mouron et le rhumatisme. — Nos confrères anglais signalent un simple remède contre le rhumatisme. Il est à la portée de tout le monde. On remplit de mouron une bouteille, on y ajoute de l'esprit de vin recouvrant le tout. On bouche et on laisse macérer trois ou quatre jours. Au moyen de cette teinture on mouille légèrement les parties endolories du corps. Ce remède serait souverain. * * * Parc Victoria à Berlin. — Les travaux exécutés dans ce parc pendant l'exercice de 1893-1894 ont coûté, d'après le journal officiel de Berlin, une somme de 423,926 Marks. Il en résulte pour la capitale de l'Allemagne un embellissement considérable. Les eaux élevées à une hauteur de 24 mètres sont amenées dans la proportion de 14 m 3 par minute. La cascade qui, durant l'été, marche huit heures par jour, coûte par an environ 32,000 Marks. Chicago, l'Eldorado des fleurs. — Notre confrère The American Florist donne le compte-rendu d'une série de fêtes et réceptions privées qui ont eu lieu à Chicago dans les dernières semaines de janvier, et décrit les principales décorations florales auxquelles ces réunions ont donné lieu. Il parle de profusions de fleurs de Lilium Harrisi, d'Œillets, de Jacinthes, de Smilax, de feuillages de Palmiers, d'Asparagus et (VAdiantum Farleijense. Il cite un milieu de table en argent, garni de cent splendides roses Bridesmaid, entourées d'une couronne (VAdiantum Farleyense parsemée de bouquets de muguets. Ailleurs les Orchidées et plus spécialement les Cattleya garnissaient les salons; partout des Laelia, Dendrobium, Cypripedium, Odontoglossum. Une salle était entièrement décorée de roses American Beauty, reliées par des guirlandes de feuillages d'Asparagus et de Palmiers. Destruction des lapins. — Les dégâts commis par la grande multiplicité des lapins dans plusieurs de nos provinces ont donné lieu au dépôt à la Chambre belge d'un projet de loi permettant la libre destruction de ces animaux. En Australie, la chasse au lapin est devenue une importante exploitation. La chair en est expédiée par cargaisons entières dans les chambres réfrigérantes des steamers, et reçoit le meilleur accueil sur les marchés d'Angleterre. Le — 73 — journal La Nature prévoit le moment où l'on offrira un prix pour la conser- vation et la propagation de ces animaux. + * New- York Florists' Club. — Des membres de cette Société, au nombre d'une soixantaine, non compris les invités, ont eu leur banquet annuel à New-York le 19 janvier dernier. Le journal American Florist résume les toasts portés à cette occasion et concernant les progrès de l'horticulture en Amérique. A la suite de cette réunion, une cinquantaine de membres se sont rendus à New-Rochelle pour voir une rose nouvelle désignée sous le nom de Belle Siebrecht. Les obtenteurs de cette nouveauté ont reçu les excursionnistes de la façon la plus généreuse. Après avoir parcouru l'établissement et entr'autres sept serres entièrement pleines de rosiers Belle Siebrecht, dont la vue a fait la plus favorable impression sur les rosiéristes présents et qui promet de devenir une variété marchande de grand mérite, les excursionnistes ont été reçus de la manière la plus charmante par MM. Siebrecht et Wadley. * * * L'hiver de 1894-1895 comptera parmi les plus rigoureux. Sur tous les points de notre pays, non seulement il y a eu des abaissements extraordinaires de température, mais les gelées ont persisté durant tout le mois de janvier à l'exception des 17, 19, 20 et 21 du mois. Dans quelques localités, telles que Bastogne, Yiel-Salm, Spa, le thermomètre est descendu à des froids inconnus dans nos régions. Ainsi à Spa on a relevé à deux reprises — 25° G. A Ville du Bois (Viel-Salm) on a constaté — 29°; à Stavelot on est allé même à — 30° G. Ces froids dépassent ceux qui régnent normalement dans les hivers sibériens. La neige a protégé les cultures en terre. Elle n'a cessé de couvrir le sol depuis le 1 er janvier. Dans nos provinces occidentales elle a disparu temporairement du 15 au 21 janvier et elle a continué de rester jusqu'au 8 mars. Les dégâts seront considérables. A l'École d'horticulture de Gand, le thermomètre, non abrité, a marqué le 27 janvier — 18°2 par vent SE; il a indiqué — 18°5 le 8 février par vent S. A Gentbrugge et à Loochristy on a relevé des froids de —21° G. » * Le professeur N. Pringsheim a fait don de sa riche bibliothèque à la Société de botanique de Berlin dont il était président. A ce don il a ajouté un legs de 25,000 Marks destinés à la conservation de cette bibliothèque. » * ♦ Roses dans la glace. — Des roses Ile Bourbon et Gloire de Dijon ont été montrées dernièrement au Royal Aquarium à Londres. Elles avaient été — 74 — envoyées de Nouvelle Zélande dans de la glace par le rédacteur du journal Truth. Les fleurs avaient gardé leur coloris d'un façon très satisfaisante. Ouragans de novembre et décembre. — Les ouragans qui ont sévi dans les régions occidentales de l'Europe du 12 au 13 novembre 1894 et à la fin de décembre, ont été d'une extrême violence. On a enregistré à l'Observatoire royal d'Uccle le 12 novembre, entre minuit et 1 h., une vitesse moyenne du vent SSW, de 23 ra 8 et des rafales ayant jusque 40 m. à la seconde. La vitesse du vent a été grande aussi le 28 décembre. Ce jour-là des vitres de verre demi-double ont été brisées à l'École d'horticulture de Gand, sous des pressions ou plutôt des chocs dépassant 50 kilogr. Dans la nuit du 12 au 13 novembre, à l'Observatoire de Gointe, Liège, on a constaté un coup de vent de 130 kilogr.; à TObservatoire d'Uccle on a relevé pendant la même nuit douze coups de vent dépassant 75 kilogr. et vingt-six coups de 50 à 75 kilogr. par mètre carré. Vers 10 h. du soir, l'appareil a été endommagé par la violence du vent et a cessé de fonctionner. Prix des fleurs à New- York. — En janvier dernier, les fleurs, très recherchées à New-York, ont atteint les prix moyens suivants : les violettes 25 fr. le cent, les roses de 15 à 100 fr. la douzaine ; quelques-unes mêmes ont été vendues à 3 dollars la pièce. Les lilas qui, chez nous, se vendaient à raison de 5 fr. les douze grappes, atteignaient là-bas de 1,50 à 3 fr. la pièce. Les tulipes réalisaient 5 fr. la douzaine. Les fleuristes du Nouveau-Monde font ainsi parfois des affaires d'or. Jardin botanique de Washington. — Les froids rigoureux qui ont sévi dans les régions tempérées des deux mondes ont donné lieu à des dégâts causés, les uns par les incendies, les autres par l'insuffisance des appareils de chauffage. Au Jardin botanique de Washington, la chaudière de la serre à Orchidées a fait explosion dans la nuit du 13 au 14. Le directeur fit placer des poêles à gazoline, et grâce à des efforts vigilants, les plantes ont toutes été sauvées. Dans certaines parties des États-Unis, la température est descendue sous zéro Fahrenheit, c'est-à-dire à — 18° G. Ém. Rodigas. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. XXIX CANNA HYBRIDA A. Goossens pihx P. De Pannemaeker chrom. — 75 — PI. XXIX CANNA HYBRIDA CANNAS FLORIFÈRES Les divers procédés de culture mis en œuvre de nos jours, semis, hybri- dation, sélection, ont si bien tourmenté certaines espèces du genre Canna qu'il en est résulté un groupe entièrement nouveau dont le botaniste aurait de la peine à déterminer l'origine avec certitude. Il y a loin du temps où les quelques variétés, aux fleurs très curieusement conformées, sans doute, et disposées en un épi terminal simple ou rameux, étaient utilisées modestement dans la plate-bande pendant une partie de l'été. Ce fut une révélation pour les amateurs de parcs et de jardins que l'apparition de ces parterres isolés de balisiers que Barillet-Deschamps osa un des premiers répandre parmi les plantations et les promenades publiques de Paris. Et depuis lors, que de progrès n'a-t-on pas réalisés ! Les remarquables produits des croisements successifs forment eux-mêmes aujourd'hui plusieurs catégories comprenant d'une part des plantes élevées et d'autre part des plantes naines. Dans ces deux catégories, il y a des variétés à feuillage coloré, pourpré ou bronzé ou simplement vert. Les Canna, dits florifères, sont divisés à leur tour suivant leur coloris en variétés unicolores, bicolores, mouchetées, maculées ou marginées. Puis encore on a les formes qui se distinguent par la largeur des divisions inté- rieures de la fleur. L'ébranlement est tel chez les Canna actuellement répandus que le semis des graines de fleurs quelconques amène des nouveautés souvent surprenantes. Dans ces derniers temps, les perfectionnements ont été très marquants; les types primitifs sont de tous points dépassés par l'ampleur du feuillage et même la coloration de celui-ci, et principalement par les fleurs beaucoup plus grandes, mieux conformées, d'un coloris plus riche et plus varié, comme aussi par l'abondance de la floraison. Parmi les dernières obtentions, un grand nombre se distinguent par leur taille peu élevée, leur élégant feuillage et la richesse de leur floraison, toutes qualités qui en font des plantes ornementales de premier ordre. La planche ci-contre présente des spécimens à fleurs prises presque au — 76 — hasard dans les semis obtenus en 1894 par M. Guillaume De Bosschere, horticulteur à Anvers, l'une parmi les variétés unicolores, une autre dans les variétés mouchetées, la troisième dans les variétés maculées. Un horticulteur lyonnais, M. Crozy, s'est plus particulièrement distingué par l'obtention de variétés nombreuses, réellement remarquables ; maintenant il est suivi de près par d'autres semeurs. D'ailleurs il est aisé de se procurer des graines des meilleures variétés chez les marchands grainiers. Nous nous bornerons à signaler pour mémoire quelques variétés des plus méritantes : Antoine Crozy, fleur très grande, carmin vif, très florifère. Feuillage vert. Antoine Chantin, fleur grande, cerise saumoné, très florifère. Feuillage pourpré. Madame Crozy, fleur très grande, écarlate, irrégulièrement marginée de jaune d'or, segments internes tigrés d'or, épis nombreux, feuillage vert. Henry L. de Vilmorin, fleur très grande, rouge feu bordé de jaune. Feuillage vert. Geoffroy S 1 Hilaire, fleur très grande, rouge capucine très vif, énormes épis serrés. Feuillage pourpre foncé. Princesse de Lusignan, fleur grande, d'un beau coloris capucine très vif, épis nombreux et grands. Feuilles vert foncé. Victor Hugo, fleur grande, pétales arrondis, orangé foncé, épis serrés. Feuilles épaisses, vert foncé, marges violacées. Comte Horace de Choiseul, fleur grande, large, pétales arrondis, beau coloris cerise pourpré. Plante vigoureuse, à tiges nombreuses ne dépassant guère 80 centimètres de hauteur. Ingénieur Alphand, fleur grande, pétales larges, rouge carmin. Feuillage pourpre. Princesse Charlotte, grande fleur rouge, largement bordée jaune d'or. Très belle variété. Louis de Mérode, fleur grande, larges pétales arrondis, amarante clair. Feuilles vertes marginéesde pourpre, tiges nombreuses. Président Carnot, fleur grande, riche coloris cinabre carminé, légèrement piqueté de carmin, épis nombreux. Feuilles à belle teinte pourpre foncé. The Garden, grande fleur jaune, pointillée et lignée cerise. Feuilles vertes, plante vigoureuse. Ulrich Brunner, fleur très grande, abondante, beau rouge écarlate. Feuillage vert glauque. Nous pourrions indéfiniment prolonger cette liste, mais nous pensons qu'elle suffit pour donner une idée des nombreuses variations qui existent et pour faire comprendre que le semis devra fatalement en amener constamment de nouvelles. — 77 — Le semis se fera le mieux en février-mars, sur couche chaude, dans un sol composé de mi-partie terreau et mi-partie sable. Le mieux est de semer chaque graine dans un godet séparé, afin de conserver les racines intactes lors du rempotage. Les jeunes semis peuvent être confiés au plein air, au commen- cement de juin, et être plantés dans un sol richement fumé, bien perméable, à une exposition, sinon chaude, tout au moins bien abritée. Les plantes seront placées à environ m 80 de distance. Par les temps chauds, on leur donnera de copieux arrosements. Les bonnes variétés se multiplient aisément par la divi- sion des touffes. A la fin de l'automne, on rentre les touffes que l'on met à l'abri des gelées en les recouvrant d'un peu de terre sèche. Èm. Rodigas. PLANTES NOUVELLES OU RECOM MAN DABLES Viola cornuta. — Le genre Viola comprend de nombreuses espèces dont un certain nombre seulement sont utilisées dans le jardinage. Le Viola cornuta est une de ces espèces. Le type, originaire des Pyrénées, est une plante vivace, à tige ascendante et triangulaire, à feuilles ovales, oblongues, crénelées, et à fleurs bleues. Il a été modifié par la culture et maintenant aussi il en existe une série de jolies variétés se reproduisant avec constance par voie de semis. Leur floraison est très abondante, leurs fleurs sont de coloris variés et, ne l'oublions pas, les plantes sont vivaces et rustiques. Pseonia tenuifolia. — Les auteurs du Manuel général des plantes, Jacques et Hérincq, publié vers le milieu de ce siècle, ont cité une centaine d'espèces de Paeonia alors connues dans les cultures. Au point de vue bota- nique, ce nombre doit probablement être réduit à une quantité bien moindre. Parmi les espèces les plus remarquables resteront les Paeonia Moutan, à nombreuses variétés; les P. albiflora, sinensis, paradoxa ou peregrina et tenuifolia. Celui-ci est originaire de Sibérie; ses feuilles sont découpées en lanières très étroites, nombreuses, linéaires, glabres; il donne en avril et mai de grandes fleurs d'un beau rouge. Il en existe une variété à fleurs pleines, du même coloris rouge vif, et une autre à fleurs simples, mais roses. La valeur ornementale de ces plantes est incontestable. Manettia bicolor. — Cette Rubiacée est une liane qui peut s'élever à plus de 4 mètres de hauteur. Ses feuilles lancéolées, entières, se rétrécissent en pétiole à la base. La plante fleurit en mai-juillet, la fleur est tubuleuse, jaune — 78 — dans la moitié supérieure et d'un beau rouge vif dans la moitié inférieure. La plante est originaire du Brésil. Toutefois on a tort de vouloir la cultiver dans une atmosphère trop chaude. La serre froide lui convient le mieux; cependant elle prospère fort bien dans les appartements, pourvu qu'on lui accorde un pot assez spacieux et une terre assez riche. Sempervirens a recommandé dernière- ment de placer la plante en hiver dans un endroit bien éclairé, pas trop chaud, en ayant soin de l'arroser peu. Iris nazarena (Iris de Nazareth). — Nous ne savons s'il s'agit d'une espèce ou d'une variété. MM. Rivoire père et fils, horticulteurs à Lyon, en font beaucoup de cas. Voici comment ils en parlent dans leur récent catalogue : « Tout le monde connaît le fameux Iris de Suse (Iris susiana), si original et si curieux; tout le monde s'est extasié devant cette fleur étrange qui ne le cède en bizarrerie à aucune Orchi- dée. On ne pouvait reprocher à cette fleur que sa couleur trop sombre. L'Iris de Naza- reth (Iris nazarena) , d'ob- tention récente, est aussi beau que l'Iris de Suse et a sur lui l'avantage de pré- senter un contraste d'un grand effet entre ses pétales inférieurs sombres et ses pétales supérieurs qui sont blancs. La gravure ci-contre donne une idée de ce gra- Fie. 9. — Iris Nazarena. . . 5 cieux contraste, mais ce qu'elle ne peut rendre, c'est l'admirable coloration de cette fleur, la profusion de petites lignes grises et veloutées qui lui donnent un charme particulier. « Il est certain que la propagation de l'espèce dont nous parlons donnera un nouvel élan à la culture de ces belles sortes d'Iris qu'on ne voit pas assez dans les jardins. La culture en est-elle donc difficile? Assurément non. LTris de Suse demande seulement une couverture de feuilles ou de litière l'hiver ; il réussit surtout planté au pied d'un mur au midi. LTris de Nazareth est encore moins délicat; on assure qu'il est entièrement rustique et passe l'hiver en pleine — 79 — terre, sans aucune couverture; on peut le planter jusqu'en février. Il n'y a donc plus aucune raison pour ne pas avoir dans son jardin quelques-unes de ces magnifiques sortes d'Iris qui feront l'admiration de tous les visiteurs. » Phlox Drummondi var. Heynoldiana. — Il s'agit d'une race de Phlox qui n'est peut-être pas entièrement nouvelle, mais qui mérite d'être connue davantage. Ses propaga- teurs, MM. Rivoire père et fils, horticulteurs à Lyon, la jugent bien supérieure à la race généralement cultivée. « Son port, disent-ils, est bien préférable, car, dans cette race, la plante se tient parfaitement, affec- tant la forme d'une gracieuse boule qui se couvre entièrement de fleurs. C'est cette qualité qui en fait égale- ment une plante de premier ordre pour la culture en pots. « Gomme deuxième avantage, elle a celui de posséder une gamme de coloris beaucoup plus délicats et plus chauds à la fois; nous avons rarement vu d'aussi jolies nuances que dans le Phlox Heynoldiana; il y a là certains rouges orangés et certains roses car- minés qui sont d'une douceur ou d'un éclat incomparables. » Si l'on joint à ces deux précieux avantages ceux que possède le Phlox Drummondi par lui-même, c'est-à-dire la simplicité de la culture et la durée de la floraison qui se prolonge tout l'été, on voit qu'on est en présence d'une plante d'une valeur indéniable qui trouvera sa place dans tous les jardins, et, soit pour la confection des massifs, soit pour la culture en pots, remplacera le Phlox Drummondi ordinaire. Gomme lui, on la cultivera partout, car peu de plantes viennent aussi facilement et rendent plus de services à l'amateur. Fi f 10. — Phlox Drummondi var. Heynoldiana. Jasminum nudiflorum ? var. grandiflorum. — A l'une des dernières séances de la Société Linnéenne, de Londres, on a beaucoup admiré des exem- plaires d'herbier d'un nouveau jasmin dans le genre du nudiflorum, mais ayant les fleurs presque trois fois aussi grandes que celles de ce dernier. Ce serait une bonne acquisition pour nos jardins. La plante fut récoltée dans la province occidentale du Yunnan par M. W. Hancock. — 80 NOUVEAU MODE DE CULTURE INTENSIVE AVEC SERRES MOBILES SUR ROULETTES Vers la fin de l'été 1893, M. Louis Delecœuillerie, horticulteur à Blan- dain, près de Tournai (Belgique), vint nous entretenir d'un genre de serres mobiles sur roulettes, à compartiments démontables, qui nous parut digne d'attention. Nous engageâmes l'inventeur à mettre immédiatement son inven- tion sous la protection de la loi, et le 12 octobre 1893, M. Delecœuillerie prit un brevet de son invention. Gomme construction, les serres elles-mêmes ne diffèrent en rien des serres ordinaires en bois ou en fer; mais elles reposent sur des rails et sont munies de roulettes qui permettent un déplacement facile. L'inventeur en montra successivement des échantillons aux expositions horticoles de Tourcoing, Tournay, Valeneiennes, etc.; mais comme la forme des serres et les dimensions ne diffèrent guère des modèles existants, l'invention ne fut pas appréciée, même des connaisseurs, autant qu'elle méritait de l'être. En effet, il ne suffisait pas d'indiquer que les serres nouvelles se déplacent très doucement sous la conduite d'un ou de deux hommes, d'après les dimensions de la construction; il ne suffisait pas non plus de montrer l'agencement des compartiments démontables permettant d'enlever immédiatement et de trans- férer les serres sur un terrain quelconque ; la chose la plus importante, au point de vue pratique, c'est que l'emploi des serres mobiles est inséparable, pour être utile et productif, d'un système spécial de culture supposant la préparation préalable des plantes qui seront tour à tour abritées ou mises à découvert, de manière à donner le plus grand rendement possible. L'inventeur attache un appareil de chauffage à l'un des compartiments de la serre et le déplace avec elle à volonté. Le mode de culture n'a pas besoin de beaucoup d'explication pour être compris. La figure ci-jointe le montre en action tel qu'il existe chez M. Dele- cœuillerie. En n° 1 on voit une serre en bois plantée de pêchers. Les arbres, jeunes encore, ont permis une entre-culture de fraisiers forcés. La serre attenante, n° 2, est une serre en bois plantée de pêchers, trop petits encore pour être forcés, mais trop grands pour permettre le forçage de fraisiers. La culture est faite à froid. La serre n° 3 est en fer; les arbres qui s'y trouvent ont été transplantés après l'automne. Le pignon et la porte sont enlevés pour faire voir l'intérieur. La serre n° 4 est plantée de rosiers. On en a enlevé des compartiments pour mieux montrer la mobilité des diverses pièces; des ouvriers sont en train de les déplacer. Le n° 7 est une serre en fer en construc- tion, à roulettes, à deux versants. Le n° 5 montre un compartiment démonté et v. <*•' , .\ v n i , r. 1 1<. ,w. /.(f.'/i — 82 — posé sur le wagonnet, n° 6, et pouvant être roulé vers l'une des serres (1 ou 4). Il y a donc en train quatre séries de serres, chacune de 40 mètres de lon- gueur. Dans la première serre qui est seule chauffée, l'appareil de chauffage est intermédiaire entre deux cultures, l'une plus avancée que l'autre. Le terrain est occupé actuellement par des pêchers, des fraisiers, des rosiers, des vignes et des tomates. Les serres sont successivemet amenées sur ces cultures. Celles-ci sont établies sur ados, parce que le sol, à Blandain, est argileux. Dans ce système, on peut mettre à l'air libre selon le besoin tels arbres fruitiers plantés à demeure ou d'autres plantes dont on veut faire bien mûrir le bois, en même temps qu'il est possible d'utiliser, pour un autre pro- duit la serre ou les compartiments devenus libres. Les serres mobiles peuvent remplacer avantageusement les couches ordi- naires. Dans les serres à deux versants, on creusera un sentier en contre-bas, au milieu, tout en plaçant les terres des cultures aussi près des vitres que l'on voudra : l'aérage, la plantation, les repiquages, la visite des plantes, les arrosements se feront sans aucune difficulté. On obtient aussi autant de lumière que possible. De plus, l'adjonction d'un appareil de chauffage à ther- mosiphon, également mobile, permet d'avoir une culture d'un seul tenant de la plus grande uniformité. Rien n'empêche d'adapter aux serres mobiles le double vitrage dont l'emploi semble vouloir se généraliser. Toutefois, l'inventeur fait autrement : il place deux serres l'une dans l'autre, ne laissant entre les toitures qu'un espace de quelques centimètres; dans cet espace laissé libre entre les deux vitrages, l'air est chauffé au moyen du thermosiphon, tandis que l'air intérieur n'est point chauffé spécialement. On obtient, de cette manière, une température plus régulière, plus salutaire, et on peut mieux en ramener les conditions à celles de l'atmosphère ordinaire. Em. Rodigas. Rosier nouveau. — Les journaux horticoles américains parlent avec éloges d'une belle variété à laquelle ils prédisent un grand avenir. C'est un rosier hybride remontant présenté sous le nom de Mrs. Pierpont Morgan. La fleur est plus grande que celle d' American Beauty et plus belle de forme et de coloris. Celui-ci est d'un rose cerise clair et d'un grand effet à la lumière artificielle. Le feuillage est très gracieux et les tiges sont bien solides. La plante fleurit abondamment. Elle est mise au commerce par M. John N. May, de Summit, New- York. — 83 — POIRES DE CHOIX Alexandre Lambré. — Cette variété figurera toujours parmi les meilleures poires. Elle n'est que de moyenne grosseur, mais d'un aspect très appétissant; sa peau, lisse, d'un vert clair passant au jaune d'or, avec quelques points de roux fauve, cache une chair blanche, fine, fondante, délicieusement sucrée et parfumée. On peut greffer cette variété avec un égal succès sur coignassier et sur Fig. 12. — Poire Alexandre Lambré. franc. Il n'y a pas d'arbre qui se prête mieux à la culture en pyramide, parce qu'il a le port parfaitement régulier. Il convient aussi à la culture en fuseau, buisson, espalier et contre-espalier. C'est un arbre vigoureux; il est en même temps très fertile. On en fait de belles hautes tiges pour verger. La maturité a lieu en décembre-janvier. Gustave Michiels, Montaigu, 1895. Auteur des « 50 Poires d'élite. » {Sera continué.) 84 — PETITES NOTES DE CULTURE Forçage de Lilium. — La culture forcée ou hâtive de beaucoup de Lilium a été longtemps considérée comme hérissée de difficultés. Cependant, dans les expositions florales des dernières années, on a pu admirer bien des apports renfermant des lis en floraison très avancée. Notre confrère Sempervirens a raison d'appeler sur ce point l'attention des horticulteurs et de mentionner les Lilium Browni, auratum, longiflorum, Thunbergianum , umbellatum, croceum, pomponium, venustum, atrosangmneum, Szowiïzianum et Harrisi dont le forçage réussit constamment. Pourquoi ne pourrait-on pas traiter ces espèces comme d'autres plantes bulbeuses? Le mûrier. — A chaque hiver quelque peu rigoureux, les dégâts subis par les mûriers sont l'objet de vives plaintes. En outre, on s'imagine que cet arbre est de multiplication difficile, tandis que les boutures d'un mètre ou des branches de 5 à 6 ans s'enracinent sans peine quand on les place à m 30 de profondeur dans un lieu humide et ombragé. Quant aux arbres eux-mêmes, on peut les cultiver en espalier et dès lors le moindre abri suffit pour les garantir. De plus les fruits, par ce mode de culture, sont plus beaux, mieux développés et leur maturation peut être hâtée. Puceron lanigère. — En Allemagne, on recommande beaucoup l'emploi de l'insecticide Nessler, qui est composé comme suit : 40 gr. de savon noir, 50 gr. d'alcool amylique, 25 gr. extrait de tabac de Virginie, 200 gr. esprit de vin, sur un litre d'eau. Après l'emploi de ce remède, il convient de prendre des précautions pour éviter le retour ou la propagation du terrible insecte. Les pommiers à expédier et même les greffons reçus doivent être soigneusement examinés et traités par l'insecticide au moyen d'une brosse. Il importe de visiter au premier printemps les arbres ayant été atteints antérieurement. On nettoie avec le plus grand soin les moindres crevasses et on les remplit de mastic à greffer. On n'oublie pas de visiter le collet de la racine, parce que souvent il est le siège du puceron. Les jardiniers soucieux marqueront au moyen d'un fil, d'un osier ou d'un nœud de raphia, les endroits suspects, afin de faciliter l'application future des moyens curatifs. Il faut revoir tous les quinze jours les arbres menacés, afin de prévenir le développement du mal et l'apparition de l'insecte ailé. R. d'Eelen. 6 me Série. TOME 2' 6 e Livraison. 30 Mars 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de (Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATION HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIKE Pages. Causerie horticole S5 Allamanda 90 Renseignements el cultures 92 A propos du Met! ica 95 Nelumbium speciosuni 96 Bégonia Martiana grandiflora 98 Bibliographie 99 Plantes pi imées Pages. . 99 TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE. PI. 30. Bougainvillea spectabilis. Fig. 13. Echeveria Desmetiana . . » 14. Bégonia Martiana grandiflora . . 89 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1£5 FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, inipr. Eug. Vander Haeghen, TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) > *♦■» < Les annonces paraissant à la fois dans I/Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. ]^ï. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dan s les 2 journ. dans les 2 journ. dansles 2 jouru. dans les 2 journ. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 » 180 11 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . »> 6 » 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie, des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 85 — CAUSERIE HORTICOLE 31 Mars 1895. Le numéro d'avril du Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society for 1875 contient un compte-rendu de la conférence sur l'enregistrement des phénomènes naturels périodiques. Les Sociétés royales d'Agriculture, d'Horti- culture et de Botanique étaient invitées à assister la Société de Météorologie dans ses observations, et une première liste de 71 plantes fut dressée par M. Preston. M. Mac Laghlan y ajouta une liste de 8 lépidoptères, et M. Newton une liste de 20 oiseaux. Après réunion, on finit par faire un choix de 15 plantes. En 1891, une nouvelle répartition fut faite du travail, et une nouvelle liste de treize plantes fut dressée, dans laquelle furent maintenues sept des premières, avec six nouvelles. D'après les instructions adoptées, les observateurs étaient priés de noter chaque année la première floraison des mêmes individus, arbres et arbrisseaux ; et en ce qui concerne les plantes herbacées, de celles qui étaient situées dans les mêmes endroits et dans des situations bien exposées, en ne tenant pas compte de toute plante fleurissant avec une tardivité ou une précocité anor- males en comparaison de la moyenne. Cent cinq expérimentateurs furent choisis, dispersés sur l'étendue des îles Britanniques, et l'altitude au-dessus du niveau de la mer fut indiquée pour chaque station, quoiqu'il fût mentionné dans les instructions (1883) que « dans la plus grande partie de l'Angleterre les différences d'altitude n'ont pas beaucoup de conséquence. » On verra néan- moins qu'il y a lieu de faire remonter à l'altitude la source de différences importantes. La Société Météorologique ayant eu l'obligeance de nous communiquer les comptes-rendus des trois dernières années, nous avons essayé d'en tirer quel- ques conclusions relativement aux causes qui font varier la date de floraison, et nous allons en donner des exemples. » * * En 1891, la température fut pendant huit mois au-dessous de la moyenne ; en février, juin, septembre et octobre, elle fut légèrement au-dessus. Les courbes correspondant aux époques moyennes de floraison des treize plantes dans les diverses stations du Sud au Nord montrent une inflexion au-dessous — 86 — de la moyenne, c'est-à-dire un retard sur l'époque habituelle, jusqu'en juillet; la Campanule seule se rapproche beaucoup de la moyenne (9 au 19 juillet). Sa floraison en juillet a été probablement favorisée par l'élévation de la tempéra- ture en juin. Des résultats très analogues ont été constatés en 1892, excepté en mai et novembre, mois pendant lesquels la température a dépassé légèrement la moyenne; dans toutes les autres, elle a été au-dessous. Il en est résulté pour toutes les plantes une floraison plus tardive que la normale; même la légère élévation de température en juin n'a eu que peu ou pas d'effet. En 1893, la température de tous les mois, à part janvier, a été au-dessus de la moyenne ; aussi, à part le Noisetier, le Tussilage et l'Anémone, dont la floraison tardive était due aux basses températures de décembre et janvier, toutes les plantes fleurirent plus tôt que de coutume. La température est donc visiblement la cause principale qui règle la date de floraison des plantes. Mais si l'on fait une courbe pour chaque plante en particulier dans les onze stations et qu'on la compare avec d'autres courbes faites au point de vue de la pluie et du soleil (données qui se trouvent dans les comptes-rendus) on constate souvent que les courbes ne correspondent pas. Ainsi, en 1891 il y a un mini- mum dans la période de floraison du Noisetier (février-mars) du Tussilage (février-mars) et de l'Anémone (avril-mai) dans la région Ecosse Ouest ; mais la courbe pour la température présente un maximum. D'un autre côté, la courbe de la température présente un minimum pour la région Angleterre N.-E., et cependant la floraison présente un maximum. Ces variations ont leur corres- pondance et leur cause dans une insuffisance de pluie en Ecosse et un excès de soleil dans le N. E. de l'Angleterre, soit un maximum de pluie, quoique celui-ci coïncide avec un minimum de température. Pour montrer l'influence de la longitude, nous prendrons un exemple choisi dans la zone C, qui s'étend le long de la côte méridionale du Kent à Charmouth dans le Dorset, et dans l'intérieur des terres jusqu'à Marlborough et Henley ; les altitudes y varient de 3 mètres (Hastings) à 180 mètres (Ewhurst). Si l'on partage cette zone en bandes longitudinales comprises entre le méridien et le méridien 1, on constate qu'en 1891 le noisetier a fleuri le 36 me jour (conformé- ment à la moyenne) dans la partie occidentale, et le 48 e jour seulement entre 1° et 0° ; et à l'Est de Greenwich (entre et 1° de longitude orientale) il a fleuri le 49 e jour. Dans les deux stations les plus éloignées à l'Est, il a fleuri à Canterbury, le 55 e jour, et à Hastings le 54 e jour, ce qui représente un inter- valle total de 41 jours, du 23 janvier au 4 mars. De. même le prunellier a fleuri en moyenne le lit'' jour à l'ouest de 1° de longitude, le 117 e entre 1° et 0°, et le 121 e jour à l'Est de Greenwich; entre — 87 — Salisbury et Canterbury, la date variait du 107 e au 124 e jour, soit 17 jours, du 16 avril au 4 mai. Comme plante à floraison estivale, nous choisirons l'églantier; sa date de floraison a varié du 2 au 2G juin, en allant de l'Ouest à l'Est de la même zone. Pour étudier les effets de l'altitude, nous avons pris la zone D, ou région centrale de l'Angleterre. Cette zone forme un pentagone dont les pointes sont formées par les stations suivantes : au Nord, Harrogate; à l'Est, Grantham ; au Sud-Est, St. Albans; au Sud-Ouest entre Wells et Wincanton, et à l'Ouest, Ghurchstoke. En prenant les altitudes par groupes : de 30 à GO mètres, de 60 à 90, de 90 à 165 mètres, cette dernière étant l'altitude de la station la plus élevée (Churchstoke), le Tussilage a fleuri à la date moyenne, soit le 53 e jour de l'année, entre 30 et 60 mètres; le 77 e jour entre 60 et 90, et le 79 e jour entre 90 et 165 mètres. C'est donc une marge de 43 jours, du 21 février au 6 avril. De même l'églantier a fleuri en moyenne, pour les mêmes altitudes, le 169 e , le 172 e et le 176 e jours respectivement, donnant une variation de 12 jours, du 12 au 24 juin. Ces différences résultant de l'altitude, de la longitude, etc. , les autres condi- tions étant les mêmes, sembleraient prouver que les zones choisies sont beau- coup trop grandes, considérées dans leur ensemble, pour fournir des indications ou des courbes, telles que celles qui figurent dans les comptes-rendus, devant servir à vérifier l'effet des températures accumulées. On appelle ainsi la diffé- rence en plus ou en moins, par rapport à 42°, de ce qu'on appelle « jours-degrés » c'est-à-dire un ou plusieurs degrés de différence pendant vingt-quatre heures. On a attribué beaucoup d'importance à la température accumulée, mais d'après ce qu'on peut conclure d'un rapide examen de quelques zones, elle ne paraît pas avoir grand effet sur la première floraison des plantes. En considérant l'accumulation des « jours-degrés » à partir du 1 er jan- vier 1893, le Noisetier a fleuri, dans le S. E. de l'Angleterre, dix jours plus tard que la moyenne ; le Tussilage, neuf jours plus tard ; cependant cette der- nière plante avait eu le bénéfice de 80 jours-degrés de plus que l'autre. L'anémone fleurit 22 jours en retard, et le Prunellier 11 jours en avance sur la moyenne, et cependant tous les deux avaient bénéficié juste du même excédent de jours-degrés (62°). De même encore, l'Aubépine et les Roses montrèrent une avance de 20 jours chacun, et la Centaurée de 19 jours, sur la moyenne habituelle, quoique l'excès de jours-degrés accumulés eût été de 205 pour la première, de 361 pour les secondes, et de 405 pour la troisième. En fait, il semble que le bénéfice résultant pour les plantes de l'accumulation de jours-degrés, si nombreux qu'on veut les supposer, peut souvent être effacé par un certain abaissement de la température, ou par quelque autre cause agissant avant que la plante soit sur le point de fleurir. Ainsi l'Aubépine, dans la zone centrale, fleurit en 1893 le 23 avril, soit 20 jours plus tôt que la moyenne, après avoir bénéficié de 265 jours-degrés. La semaine qui finissait le 22 avril avait eu une température de 8° au-dessus de la moyenne. Dans le S. 0. de l'Angleterre, elle a fleuri le 19 avril, ou 22 jours avant la date moyenne; la température avait été la même à peu près, 9° au-dessus de la moyenne, mais il n'y avait eu que 211 jours-degrés. De même l'Eglantier a fleuri dans la zone centrale le 18 mai, soit 20 jours plus tôt que de coutume, après avoir bénéficié 361 jours-degrés. La tempéra- ture avait été de 6° au-dessous de la moyenne pendant la semaine finissant le 20 mai. L Anthémis a fleuri dans la même zone le 12 mai, 9 jours plus tôt que la moyenne; la température pendant la semaine finissant le 6 mai dépas- sait de 5° la moyenne, et de 4° pendant la semaine finissant le 13 mai; l'excédent avait été de 338 jours-degrés. Les conclusions générales auxquelles on a abouti paraissent corroborer ce que les physiologistes admettent généralement, à savoir que les influences extérieures, température, pluie, soleil, etc., exercent une action stimulante sur le développement ; et les résultats concordent dans chaque cas avec ces influences, les autres conditions étant les mêmes. Peut-être a-t-on attribué trop d'importance aux températures accumulées ; car les résultats montrent qu'elles peuvent être facilement neutralisées par une interruption de quelques degrés de basse température. La date la plus précoce de floraison ne présente donc pas de corrélation nécessaire avec le nombre de jours-degrés. (The Gardeners' Chronicle, 16 février, p. 204.) Floraison du Kentia Forsteriana. — Une plante de cette espèce était en fleurs au commencement de cette année dans les serres de M. Fournier, l'amateur très distingué de Marseille. C'était un superbe spécimen mesurant au moins 4 mètres de hauteur, très bien cultivé et faisant un très bel effet. Il porte actuellement un grand nombre de graines. La collection de M. Fournier renfermait à la même époque, comme d'ail- leurs en toute saison, une très riche série d'Orchidées en fleurs, comprenant toutes les espèces les plus célèbres et beaucoup de variétés d'élite, qui sont cultivées là avec les soins les plus compétents. ~J L> — 89 PI. XXX BOUGAINVILLEA SPECTABILIS Les Bougainvillea sont des plantes qui rendent de grands services au point de vue décoratif, tant à cause de leur port gracieux qu'à cause de l'abondance et de l'éclat de leur floraison. Toutefois, il faut noter que ce n'est pas la fleur elle-même qui a ce brillant coloris, mais un groupe de bractées, au nombre de trois, qui développent les fleurs petites et insignifiantes. Dans le B. spectabïlis, ces bractées sont d'un beau rose vif tirant sur le vermillon. Voici les indications que notre confrère Garden, de Londres, d'après lequel a été préparée notre planche, donne sur la culture de cette plante : « La culture du B. glabra est beaucoup plus générale que celle du B. specta- bïlis. Le premier a incontestablement conquis la faveur du public à un plus haut degré que ses congénères, parce qu'il se prête mieux à la culture en pot; du moins on comprend mieux sa culture dans la plupart des collections. Entre ces deux espèces, mon expérience m'a permis de constater au point de vue de la culture une différence importante, c'est au point de vue de la taille. Le B. glabra est facile à traiter et donne ses fleurs et bractées en profusion sous l'influence de la taille printanière, comme les Allamanda, tandis qu'avec le B. spectabïlis ce mode d'opérer ferait perdre une grande quantité de fleurs. Le B. spectabilis fleurit à l'extrémité des pousses de l'année précédente, de sorte que quand on les coupe, il est facile de comprendre que la plante est privée de sa floraison. J'ai observé que presque aussitôt que les jeunes pousses entrent en voie de développement, au printemps, les fleurs apparaissent en même temps et ne tardent pas à s'épanouir. C'est donc aussitôt après la floraison que l'on doit examiner ce qu'il convient de tailler, pour assurer une végétation bien aoûtée à l'automne, laquelle devra être soigneusement conservée pour la floraison de l'année suivante. Depuis plusieurs saisons, ce procédé a été appliqué et ma plante a fleuri régulièrement, et cela quoiqu'elle soit cultivée en pot, et dans des conditions qui ne sont pas les meilleures. Actuellement (janvier) la plante est en repos, conservant une partie de son feuillage, mais avec une température un peu trop froide pour elle ; la tempe- — 90 — rature de la serre tombe à 2° quand la gelée est forte, et pendant la nuit elle est en moyenne de 7° à 8° G. Si je pouvais élever légèrement cette température, je crois que la plante arriverait à produire un effet superbe tous les printemps, et cela en pot. Je suis très porté à croire que si le B. spectabilis est moins apprécié que le B. glabra, c'est plutôt parce qu'on ne le traite pas comme il faudrait, que par toute autre raison. Si on lui donnait la température voulue, et une serre claire, aérée, je suis persuadé qu'il pourrait rivaliser avec l'autre espèce, même pour la culture en pot. » M. G. ALLAMANDA L'Allamanda occupe une place éminente comme plante grimpante ou arbris- seau de serre, grâce à la grande abondance de fleurs qu'il produit; et à la différence de certaines autres plantes, il restera en fleurs, s'il est bien traité, depuis Pâques jusque dans le courant d'octobre, et même, dans des cas assez rares, jusqu'à la fin de l'année. Ceci toutefois n'est pas un procédé de culture à recommander, car dans ces conditions, la plante est privée du repos qu'il faudrait pour avoir une bonne végétation l'année suivante. Il vaut mieux cul- tiver des plantes en succession, si l'on a besoin de fleurs pendant une très longue période. Culture La culture est facile. Pour obtenir de parfaits spécimens des plantes grim- pantes, et les présenter dans toute leur beauté pour l'ornementation des appartements, on lie les pousses au moyen de fil de laiton jusqu'à 20 centi- mètres environ du plafond. En palissant ainsi les plantes et en laissant retomber les têtes à leur gré, on obtient un effet beaucoup plus beau qu'avec celles qui sont fixées d'une façon raide, tant au point de vue de la quantité que de la qualité des fleurs. En ce qui concerne les plantes cultivées en arbrisseaux, il est nécessaire de les tailler et de les pincer pour obtenir le port voulu. Multiplication Elle s'effectue par semis ou par bouturage, mais généralement par ce dernier procédé ; on ne recourt au semis que quand on espère obtenir de nouvelles variétés. Les boutures peuvent être prises presque en toute saison de l'année, mais février et mars sont les mois les plus favorables, car on dispose alors d'une longue saison de végétation. Les meilleures boutures sont faites avec les jeunes pousses; on doit les couper en conservant trois nœuds — 91 — environ. On les sectionne au niveau d'un bourgeon, et on les plante une par une dans de petits pots bien drainés, remplis d'un compost formé de terre argileuse, de terreau de feuille et de sable fin; on arrose libéralement, puis on plonge les pots dans une bonne chaleur de fond de 2-1 à 20°, et on les maintient un peu à l'étouffée pendant une quinzaine de jours ; au bout de ce laps de temps, on pose les pots sur la couche, et on donne un peu plus d'air; enfin, après quelques jours, quand on voit que la bouture a émis des racines, on les met dans des pots plus grands, en employant cette fois plus de terre argileuse et moins de terreau de feuilles. On les tient à l'abri des rayons directs du soleil pendant quelques jours, en les soumettant à de fréquents seringages, puis on les accoutume à avoir plus de lumière. C'est à cette période que l'avenir de la plante doit se décider, c'est-à-dire si elle doit être cultivée en spécimen, ou comme plante grimpante autour d'une colonne, ou sur un treillage. Je veux dire qu'il est temps alors de pincer la tige pour faire développer un plus grand nombre de ramifications à un niveau inférieur, si l'on désire avoir un spécimen. Si l'on veut faire grimper la plante contre un pilier, on laisse la pousse atteindre la hauteur voulue pour une pousse, puis on pince son sommet ; les soins et le mode de pincement sont les mêmes dans les deux cas. On doit maintenir les racines suffisamment humides, et bien seringuer le feuillage ; rempoter quand cela paraît nécessaire ; cette opération devra être effectuée deux ou trois fois pendant la première saison, mais la grandeur du nouveau récipient dépendra de la grandeur et de la force de la plante. On diminue les arrosements graduellement à partir d'octobre, et jusqu'en février; c'est ce qu'on appelle la période de repos, mais les jeunes plantes ne doivent pas être soumises à un repos aussi long ni aussi complet que les adultes. Si l'on peut soumettre les plantes à une température un peu plus basse, elles ne s'en trouveront que mieux, mais il ne faut pas descendre au-dessous de 12 à 13° C. Taille Cette opération s'effectue généralement en février ou mars. On rabat tous les ans à un ou deux bourgeons sur toutes les pousses de la saison précédente, on donne ensuite plus de chaleur et on seringue abondamment, mais on ne donne pas beaucoup d'eau aux racines pendant cette période. Lorsque les jeunes pousses commencent à se développer et atteignent environ 5 centimètres, on rempote dans le pot que l'on juge suffisant pour la végétation de la saison. Pour le rempotage définitif, il faut s'assurer que le drainage est bon, et n'employer que de bonne terre argileuse, avec addition de quelques poignées de charbon concassé ou de sable fin. Presser le compost en maintenant la — 92 — plante en position, et laisser en même temps un espace suffisant pour retenir l'eau, car l'AUamanda est une plante de croissance vigoureuse, et qui par conséquent demande beaucoup d'eau. Il ne reste plus qu'à arroser et seringuer fréquemment et abondamment. Il peut être nécessaire de lier les pousses de temps en temps pour les fixer au treillage. Si l'on cultive la plante en spécimen, on lui donnera des tuteurs là où il le faut, on éclaircira les pousses aux parties où elles sont trop pressées, ou l'on pincera le sommet pour retarder l'époque de la floraison si l'on a en vue une certaine date. Engrais J'ai dit que l'AUamanda demande beaucoup d'eau. Je conseillerais donc de fréquents arrosages avec de l'engrais liquide étendu, de préférence de l'engrais de ferme, quoique l'on puisse également obtenir de bons résultats avec l'en- grais Thomson et quelques autres engrais artificiels. Insectes Plusieurs insectes apparaissent parfois sur les Allamanda, mais leur pré- sence est généralement causée, soit par le manque d'eau aux racines, soit par l'insuffisance de seringage. Dans ce cas, nous conseillerions une bonne fumi- gation; ensuite, on seringuera très fréquemment, ou bien on fera des fumi- gations les jours sombres ; mais il vaut mieux seringuer abondamment et régulièrement, car il est préférable de prévenir le mal plutôt que de le guérir. Variétés Les variétés les plus cultivées sont VHendersoni, le Schotti, le nobilis, le Williamsi et le grandiflora ; les deux derniers spécialement conviennent pour les expositions et forment de beaux spécimens. (Extrait d'une lecture faite par M. Torevel devant la South Birmingham Gardener's Improvement Association?) RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Cyclamen. — A mesure que les fleurs de ces charmantes plantes com- mencent à passer, il convient de les couper avec toute la tige, sauf celles que l'on réserve pour la semence. Les amateurs trouveront beaucoup d'attrait à la production de semis, notamment en croisant les variétés à grandes fleurs aveG celles qui ont les fleurs plus petites et d'un coloris pourpre ou cramoisi plus riche. Les premières sont évidemment plus belles pour la fleur coupée, 93 — mais elles ne produisent pas d'aussi beaux spécimens; le croisement et la sélection permettront de combiner les qualités des deux groupes avec grand avantage. Echeveria Desmetiana (fig. 13). — Les Echeveria, que l'on est d'accord pour rattacher actuellement au genre Cotylédon de Linné, sont de petites plantes très décoratives, grâce à la disposition de leurs feuilles charnues, rapprochées en rosette et à leur coloris vert grisâtre à reflets glauques ou blancs. Elles sont principalement originaires du Mexique et réclament la culture en serre froide ; mais pendant l'été elles peuvent être utilisées en plein air pour la formation de massifs de mosaïque et rendent ainsi de grands services. L'E. De- smetiana spécialement est tout à fait remarquable; ses feuilles ont une forme et un arrangement des plus gracieux, comme on peut le voir sur la gravure ci-jointe, que nous emprun- tons au catalogue de la maison Wiliielm Pfitzer, de Stuttgart. Elles ont un charmant coloris blanc argenté. Les Echeveria sont de culture aisée et se multiplient très facilement, ce qui permet aux amateurs de mosaïculture d'obtenir rapidement le nombre de plantes dont ils ont besoin pour former leurs massifs. Fier. 13. — Echeveria Desmetiana. Pandanus Veitchi. — Cette belle plante si décorative est facile à mul- tiplier, par le sectionnement des pousses qui se produisent en grand nombre à la base de la tige et à l'aisselle des feuilles. On rempote ces petites plantes dans des pots de 7 à 9 centimètres de diamètre, en leur donnant un compost assez substantiel mélangé de sable fin, et un bon drainage. Une fois que les jeunes plantes sont enracinées, on les place près du vitrage à une exposition bien claire. À mesure qu'elles grandissent, on leur donne des récipients plus spacieux. Le P. Veitchi convient à merveille pour la culture dans les appartements, où il résiste fort longtemps. C'est une des plantes ornementales les plus pré- cieuses, et son feuillage, d'un vert clair relevé de bandes jaune pâle, est extrêmement élégant. — 94 — Nymphaea cultivés pour la fleur coupée. — Un horticulteur allemand, M. Hàrster, de Speyer, a entrepris la grande culture des Nymphaea exo- tiques pour la fleur coupée. C'est là une tentative nouvelle, et partant intéres- sante ; certaines espèces de Nymphéa ont des fleurs superbes, de très grande taille, bien formées, et douées de coloris tendres ou éclatants qui méritent à coup sûr d'attirer l'attention; il est d'ailleurs probable que ces fleurs se conservent bien, et nous ne verrions que deux objections à faire à leur pro- duction en grand : la première, c'est que ces fleurs, ne pouvant être placées à la boutonnière, n'auront qu'une utilisation un peu restreinte dans la décoration des appartements ; la seconde, c'est que l'établissement d'une culture de ce genre doit être coûteuse. Il va de soi que ces difficultés ne sont pas insurmon- tables, et nous souhaitons assurément de les voir surmontées. Les serres à Nymphaea, d'après notre confrère Deutsche Gartner Zeitung, sont actuellement au nombre de deux, et M. Harster en fait construire une troisième ; elles renferment des bassins d'eau chaude des deux côtés d'un sentier ménagé au milieu. Elles ont été construites en vue de laisser arriver autant de jour que possible, et pour cela la charpente a été réduite au minimum de volume. Cette charpente est en fer. Le vitrage a une épaisseur de 6 millimètres, et est composé de l'assemblage de plaques de verre mesurant chacune un mètre carré ; le verre est sillonné, ce qui a pour but d'atténuer l'ardeur des rayons directs du soleil et permet de ne pas ombrer. Le chauffage est effectué par la vapeur, et la vapeur est également utilisée pour pomper l'eau, arroser et seringuer, et vider les bassins. Les serres seront éclairées à l'électricité, et la ventilation sera opérée à l'aide d'appareil à jet d'eau vaporisé. Effets de lhiver. — Nous lisons clans les journaux anglais que les envois de fleurs de Penzance pour les marchés de Londres et du centre de l'Angle- terre, au commencement du mois, n'ont été que le quart environ de ce qu'ils étaient l'année dernière (4,500 kilogr. seulement). Les fleurs ont été également beaucoup moins abondantes que d'habitude dans le midi de la France et dans une grande partie de l'Italie et de l'Espagne, et les prix ont subi pendant deux mois une hausse considérable. Les Orchidées ont naturellement bénéficié de cette situation, et toutes les fleurs coupées disponibles se sont enlevées au poids de l'or. * Le Catalogue de Chrysanthèmes publié par M. 0. de Meulenaere, de Gand, et dont nous avons parlé l'année dernière, a été soumis à la Société Nationale de Chrysanthèmes de Londres, dans sa séance du 11 mars; la — 05 — Société a décerné à l'unanimité à M. 0. de Meulenaere sa médaille d'argent pour cet utile ouvrage. * » Eranthemum pulchellum. - Cette espèce est une des plus belles des plantes à fleurs bleu foncé qui fleurissent en hiver. Elle peut être cultivée soit en petits arbrisseaux, soit en petits pots avec une ou deux tiges seulement ; dans les deux cas, chaque tige se couvrira de fleurs. On peut régler le volume des plantes, comme avec des Poinsettia, en faisant des boutures à diverses époques et des marcottes, qui peuvent s'effectuer jusqu'en juillet. Les plantes doivent être cultivées dans une serre bien claire, et placées près du vitrage. Elles demandent beaucoup d'humidité. Max Garnier. A PROPOS DU METHONICA UNE QUESTION DE PRIORITÉ Dans le numéro du 28 février dernier, j'avais adopté le nom de Methonica de préférence à celui de Gloriosa, et en attribuant au premier le droit de priorité. Un abonné, M. E. H. Krelage, chef de l'importante maison de Haarlem, a bien voulu m'écrire pour me faire remarquer que cette priorité appartiendrait plutôt au nom Gloriosa, qui date de Linné (1735), tandis que le nom Methonica ne fut pas employé avant 17G6 (Tournefort, ex Crantz). Mon honorable correspondant a probablement raison, et cependant il est parfaitement vrai que le nom Methonica est beaucoup plus ancien que Gloriosa. Ceci demande quelques explications que voici : Le nom Methonica date de 1685, époque à laquelle il a été créé par Hermann {Hort. Acad. Lugd.-Bat.). Depuis lors, et avant que Linné crût devoir lui substituer un autre nom générique, il a été employé par Tour- nefort (1706), par Dillenius (1710) ; il y a donc là une ancienneté indiscu- table et une notoriété publique bien établie. Néanmoins, ainsi que je viens de le constater, M. Krelage est en droit de dire que le nom Gloriosa est seul valable, parce qu'il a été admis par Linné. Il est d'usage en effet, dans la nomenclature botanique, de ne pas remonter plus haut que cet auteur, de qui date le premier système général bien coordonné, et de ne pas tenir compte des noms établis par les auteurs antérieurs. Le motif qui a fait adopter cette règle est facile à comprendre, c'est qu'il fallait prendre un point de départ unique et général pour la nomenclature — 96 — botanique. Or l'ouvrage de Linné fournissait ce point de départ, et avant lui la plupart des systèmes et des diagnoses isolées présentaient beaucoup de lacunes, d'incohérences ou d'obscurités. Il n'en est pas moins vrai que le genre Methonica aurait pu être conservé, parce qu'il avait été bien et assez clairement fondé, et c'est ainsi que malgré la décision de Linné, beaucoup d'auteurs après lui ont maintenu le nom Methonica, notamment Jussieu, Sir William Hooker dans sa monographie publiée dans le Botanical Magazine, Endlicher, Kunth, etc. Je dois dire que je me suis rangé du même avis, dans l'espèce, principalement par cette considération que L'Illustration horticole, en 1861, avait déjà adopté le nom Methonica [M. grandiflora, pi. 273), et qu'il me paraissait préférable de conserver une continuité de tradition en faveur de laquelle il y avait d'ailleurs des arguments et des précédents de poids. J'ajouterai un mot à propos de la patrie de cette plante. J'avais mentionné seulement l'Afrique occidentale, et c'est de là en effet qu'elle a été importée le plus fréquemment. M. Krelage remarque avec raison qu'elle se rencontre également dans l'Asie tropicale ; d'autre part elle a été signalée aussi à Madagascar. Max Garnier. NELUMBIUM SPECIOSUM Dans son ouvrage intitulé Les productions végétales du Japon, le D r Mène donne des détails intéressants sur les usages alimentaires de cette plante, qui a été récemment figurée dans L'Illustration horticole; nous lui empruntons le passage suivant : « Ses rhizomes et ses graines sont employés dans la cuisine japonaise. On trouve sur les marchés du Japon, de même qu'en Chine, en Gochinchine et dans le Royaume de Siam, des monceaux de rhizomes de Lotus, désignés sous le nom de Hasu-none. Le goût de ces rhizomes, quand ils sont cuits, rappelle celui de la Rave, du Gardon et du Céleri ; on les mange crus, cuits à l'eau et sous la cendre, bouillis ou frits comme les Salsifis; on les réduit aussi en poudre qu'on fait sécher, et dont on se sert surtout pour les soupes ; on en retire cette fécule de couleur blanc rosé qu'on remarquait dans la section japonaise à l'Exposition Universelle et qui est consommée dans les potages. « Quant aux graines, qui ont un peu le goût de la Noisette et de l'Amande douce, elles sont alimentaires et les Japonais les mangent à leurs repas comme mets sucré; on en fait des gâteaux et des pâtisseries. » MM. Paillieux et D. Rois, dans leur intéressant ouvrage intitulé Le potager — 97 — d'un curieux, citent la communication suivante qu'ils ont reçue, à propos de la même plante, de M. le D r E. Bretschneider : « Les Chinois mangent les rhizomes de cette plante crus ou cuits ; mais on en prépare surtout une fécule qui présente une excellente nourriture pour les petits enfants; elle donne une bonne bouillie à l'eau et au lait. On récolte les rhizomes de la plante en automne, car, à cette époque, ils sont très riches en fécule. On en consomme énormément en Chine; son goût est excellent. « On mange les graines du Nelumbium autant vertes que mûres, mais leur goût est plus agréable quand elles sont vertes. On les mange aussi grillées ; l'emploi en est très général en Chine. « La fécule se vend partout sous le nom de Ngeon-fen. « A l'époque de sa floraison, le Nelumbium speciosum forme un des plus beaux ornements du lac de Srinagar (Cachemire); son feuillage, d'un vert gai, couvre entièrement les eaux, et de cette surface verte émergent des myriades de pédoncules terminés par d'énormes fleurs roses qui rappellent nos plus belles Pivoines. « Ces fleurs d'une plante sacrée sont placées dans les temples et dans les oratoires particuliers des Hindous, et renouvelées chaque matin pendant toute la durée de la floraison. « Les feuilles, qui sont d'un tissu très solide, mesurent 45 centimètres et plus de diamètre. Dans le bord de ces feuilles on passe un jonc qui sert de lacet et qui est destiné à les relever de manière à maintenir les aliments liquides. Cette sorte de vaisselle végétale, inconnue en France, est ensuite placée à l'ombre pour la faire sécher. « C'est sur ces feuilles ainsi préparées que les grands seigneurs du Cachemire se font servir leur nourriture, et, comme ces vases improvisés ne servent qu'une fois, ils sont assurés que leurs plats sont toujours propres. « La graine du Nelumbium est très bonne à l'état frais, et son goût rappelle celui de la Noisette. « En automne, lorsque cesse la végétation, les jeunes feuilles non déve- loppées et formant une sorte de turion sont récoltées par les indigènes, mises en bottes et vendues sur le marché de Srinagar. Ces turions ont la longueur et l'aspect de belles Asperges, et portent le nom de Nadrou. Les indigènes, qui en sont très friands, les mangent cuits. Les Européens n'en font aucun usage; cependant M. L. Bouley, directeur des cultures de S. H. le Maharadja du Cachemire, en a mangé, accommodés au Kari, et assure que ce mets n'est pas à dédaigner. » — 98 — BEGONIA MARTIANA GRANDIFLORA La gravure ci-dessous (flg. 14), que nous devons à l'obligeance de la maison Pfitzer, de Stuttgart, montre la beauté de ce Bégonia; voici la description qu'en donne cette maison : « Originaire du Mexique, cette superbe espèce est analogue au B. diversi- folia. Elle forme un buisson érigé de 40 à 50 centimètres de hauteur, couvert pendant tout l'été de fleurs d'un rose carminé ardent. La plante prospère en plein soleil et dans toutes les situations, et est l'une des plus florifères et de celles qui font le plus d'effet en massifs ; sa floraison dure jusqu'à la fin de l'automne; elle est très recherchée pour la fleur coupée. » Le B. Martiana doit être consi- déré comme une variété du B.gra- fi/is, qui a été décrit en 1829 par Humboldt et Bonpland ; le B. diver- sifolia, cité plus haut, en est égale- ment une variété. Ces diverses formes de Bégonia tubéreux sont devenues très popu- laires depuis quelques années et mé- ritent assurément d'être cultivées par tous les amateurs de fleurs. Leur culture peut être exposée à peu près de la façon suivante. Au commencement de mars, les tuber- cules qui ont passé l'hiver au sec, soit dans du sable, soit à nu, sont déposés dans une couche de terreau de feuilles, dans une serre humide, à une tem- pérature de 15° environ ; les pousses ne tardent pas à se montrer, et l'on rempote alors les tubercules, dans un mélange de terre franche et de terreau de feuilles, avec un peu de sable fin pour rendre le compost plus léger. On peut aussi l'arroser avec un peu d'engrais d'étable dilué. Lorsque les feuilles sont bien développées et que le temps est devenu plus Fig. 14. — Bégonia Martiana grandifiora. — 99 — favorable, c'est-à-dire vers le milieu de mai, on transporte les pots dans une serre plus fraîche, que l'on tient fermée pendant quelques jours pour laisser aux plantes le temps de s'habituer au changement, et les durcir progressive- ment; plus tard on leur donne plus d'air, et toujours beaucoup d'humidité. Vers le milieu de juin, on peut planter les Bégonia en plein air ; on peut aussi les conserver en pots pour l'ornementation des appartements. Le seul point un peu délicat peut-être dans cette culture, c'est la graduation des premiers arrosements, à la reprise de la végétation, de façon à éviter la pourriture des tubercules. Il est bon de les dégager un peu du sol, et de leur fournir l'humidité plutôt dans l'atmosphère que dans le compost, tant qu'ils n'ont pas émis des racines. Pendant les premiers jours, on arrosera modéré- ment, et plutôt vers les bords du pot qu'au milieu où se trouve le tubercule. Max GrARNIER. BIBLIOGRAPHIE Les Azalées, par Léon DuvalC). Cet ouvrage fait partie de la Biblio- thèque d'horticulture publiée par la librairie Loin sous la direction de M. le D r Heim. C'est un excellent petit traité comprenant, avec des notices historique et botanique, tous les renseignements nécessaires relativement à la culture, à la multiplication, au forçage des Azalées, ces plantes si populaires et si répandues aujourd'hui. Nous relevons notamment des chapitres clairs et pratiques consacrés au greffage, à la culture en appartement et à la remise en état des plantes vieillies ou fatiguées par le séjour dans les appartements, aux maladies et insectes, aux variations et à l'énumération des variétés les plus connues et les plus appréciées. Nous n'avons pas besoin d'en dire plus long pour donner une idée des ser- vices que cet ouvrage rendra à tous les amateurs d'Azalées. Max Garnier. PLANTES PRIMEES Lachenalia quadricolor maculata. — Cette variété, exposée par M. F. W. Moore, du Jardin Botanique de Glasnevin, au meeting de Londres du 15 janvier, a obtenu un certificat de l re classe. Elle est florifère et robuste, (') 1 vol. in-18 cartonné, avec figures dans le texte; prix 2 fr. (Octave Doin, éditeur, 8, place de l'Odéon, à Paris). — 100 — et produit de belles fleurs d'un riche coloris à base orangée tirant sur le rouge, avec les sépales et pétales vert foncé, ces derniers maculés de pourpre cramoisi aux pointes. Il est regrettable que cette espèce et plusieurs autres ne soient pas plus cultivées. * * Rhododendron ponticum fol. purpureis. — Certificat de l re classe au même meeting, où il était exposé par MM. W. Paul et fils, de Waltham Cross. Il a le feuillage d'un très beau ton brun-cramoisi foncé, faisant un excellent effet, et tout à fait distinct. Cyclamens de Perse. — MM. Sutton et fils ont obtenu, à Londres égale- ment, un certificat de mérite pour un beau lot de Cyclamens de couleurs variées. Le C.purple Queen a les fleurs pourpres; le C. Salmon Queen, d'un rose saumoné, a fait surtout beaucoup d'effet ; il est très florifère et a les fleurs très élégantes comme forme et comme coloris. Anthurium Perfection. — Nouvel hybride très beau, à grande spathe, probablement dérivé du groupe Andreanum, et exposé par Sir Trevor Lawrence, au meeting de Londres du 12 février. Sa spathe mesure 20 centi- mètres de longueur sur près de 14 de largeur, et est d'une belle couleur rouge orangé foncé et brillant; le spadice est blanc d'ivoire; le feuillage sagitté est d'un vert foncé. Cette plante a obtenu un Certificat de mérite. Amaryllis Prince Edward. — Grande fleur massive, bien formée, d'un cramoisi foncé, particulièrement sombre dans la gorge, et sans le coloris vert qui apparaît toujours plus ou moins dans la plupart des variétés. Cette forme, exposée par MM. Veitch au meeting de Londres du 12 mars, a obtenu un Certificat de mérite. Amaryllis Mrs Monteflore. — Fleur immense, d'un coloris blanc relevé de fines stries rouge pâle au centre des pétales. Exposée au même meeting que la précédente et par les mêmes obtenteurs, cette variété a obtenu la même récompense. * Eucharis Stevensi. — Espèce très florifère, à fleurs très élégantes, plus petites que celles de YE. grandiflora et d'une forme différente, mais du même coloris ; elle a été exposée à Londres le 12 mars, par M. P. Blair, de Trentham, et a obtenu un Certificat de mérite. Max Garnier. 6 me Série. TOME 2 r 7 e Livraison. 15 Avril 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. LINDEN Directeur : LUCIEN 1,1 NI) EN RÉDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le lli «»♦ — < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. IV. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 » 180 » 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 ,, 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 » 40 »> 70 » 125 Un seizième de page . . )> 6 » 12 » 20 « 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100 , rue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. 101 CHRONIQUE HORTICOLE 15 Avril 1895. Société pour l'avancement de l'horticulture en Prusse. — Osons-nous, par ces temps de luttes politiques à outrance, signaler la situation prospère de cette Société qui se continue dans les régions sereines des plantes et des fleurs? Nous trouvons dans un récent numéro de la Gartenflora, un rapport détaillé sur les recettes et les dépenses faites par cette Société pendant l'exercice 1893. Elle possède en consolidés prussiens 3 1/2 p. c. plus de 05,000 mks; en conso- lidés 4 °/ plus de 15,000 mks. Les diverses autres valeurs en portefeuille portent l'avoir de la Société à plus de 93,000 mks. Cette somme ne comprend pas les intérêts de ces capitaux ni la cotisation des membres s'élevant en- semble à plus de 27,000 mks. Nous recommandons cette situation à l'examen de nos sociétés d'horticulture. Roses de 1894. — Le Journal des Eoses résume en quelques lignes les obtentions de roses nouvelles survenues dans les cultures européennes en 1894. Le nombre des variétés est de 70 dont 00 produites en France, 8 par les rosiéristes du Luxembourg et 2 par les Anglais. Elles appartiennent aux groupes suivants : Rosiers thés 36 Rosiers hybrides remontants . 19 Rosiers Iles Bourbon .... 2 Rosiers hybrides de thé ... 6 Rosiers Bengale 1 Rosa rugosa 3 Rosa polyantha 2 Rosier Noisette 1 Nous ne connaissons pas le nombre de variétés nouvelles américaines. Vitalité des graines. — Longtemps on a cru qu'il suffisait de soustraire à l'air les graines dont on voulait assurer indéfiniment la faculté germinative. On a cru ensuite que pour mettre la germination en activité, il suffit d'air et d'humidité. D'après le professeur Nobbe, rien n'est supérieur à l'eau distillée pour mettre les graines en activité. Celles-ci doivent en être saturées. Les expériences faites sur divers points ont établi que des graines petites, expo- sées à 40° c, perdent leur vitalité au bout de dix minutes; des graines plus grandes, comme des haricots, perdent cette vitalité à raison de 50 p. % au — 102 — bout de 15 minutes, tandis que d'autres graines, comme celles de Canna, peuvent être placées dans de l'eau bouillante et y rester, sans rien perdre, jusqu'à ce qu'elle soit refroidie. Les graines récoltées dans les régions tempé- rées souffrent énormément étant envoyées sous les tropiques, parce qu'elles contiennent beaucoup d'humidité et que la température de celle-ci s'élève promptement au-dessus de celle qui a présidé à leur maturation; dès lors, comme le dit le Gardeners' Chronicle, 2 mars 1895, le germe entre en mouve- ment et il périt faute de nourriture. Ornementation végétale des gares. — Dans sa réunion du 20 février 1895, tenue à Utrecht par la Société néerlandaise d'horticulture et de bota- nique, il a été question de ce qui pourrait être fait par les administrations de chemins de fer pour embellir les gares. On a cité la jolie station de Baarn, qui pourtant pourrait s'embellir encore. Un pépiniériste a fourni des plans pour des localités spéciales. On a rappelé qu'en Suède il a été fait de grands progrès sous ce rapport depuis dix ans. L'Allemagne, la Suisse et l'Angleterre ne négligent pas les plantations des gares. La ville de Dusseldorf alloue 6000 mks pour l'entretien du jardin de la gare, et 1200 mks pour l'ornementation le long de la voie ferrée. Sous ce rapport, les entrées de nos villes en général et les gares en particulier laissent toutes à désirer. * Arrowroot. — Il est des noms, dit Sempervirens, qu'on emploie journelle- ment sans en demander l'explication. Tel est le mot Arrowroot, d'origine anglaise et qui signifie arroiv, flèche et root, racine. V Arrowroot est une sorte de fécule provenant d'une plante dont la racine est appliquée comme remède sur les blessures causées par les flèches empoisonnées des Indiens. La plante qui fournit X Arrowroot, est plus particulièrement le Maranta indica. Eugenia Ugni. — Cette Myrtacée est originaire du Chili. Elle donne un petit fruit dont la forme rappelle celle d'un grand cassis un peu aplati. Il est de couleur rouge brun. La pulpe est molle, juteuse, d'un goût agréable; le jus en mélange avec de l'eau fournit une boisson très rafraîchissante. Système métrique ou barbare. — Un correspondant d'un journal d'Outre Manche ne veut pas que ses compatriotes soient traités de Chinois (nous lais- sons de côté le qualificatif qu'il ajoute au mot Chinois), parce qu'ils refusent d'adopter le système métrique. Pour lui, rien n'est plus pratique que .la dou- zaine et la grosse, la division du pied en pouces et du shilling en pence. Pour — 103 — lui aussi, le système décimal n'est qu'un système barbare, parce que les sau- vages ne peuvent compter que sur leurs dix doigts. Les peuples civilisés ne devraient, dit-il, compter que par douzaine. Nous savons qu'il faut du temps pour faire adopter les meilleures choses, même les plus utiles à ceux qui les combattent; mais que voulez-vous? il y aura toujours des gens que tout chan- gement effraye et d'autres qui tiennent à leur perruque plus qu'au progrès. * Hivers extraordinaires. — De toutes parts on commence à signaler les dégâts qui ont été occasionnés aux plantes par l'hiver exceptionnel que nous venons de traverser. M. Charles Naudin, de l'Institut, qui poursuit à la villa Thuret, Antibes, ses travaux de naturalisation, a observé que, dans cette région privilégiée, les froids ont dépassé de 3° à G ceux des douze années précédentes. Beaucoup de plantes ont été fort maltraitées. Des graines expédiées du Brésil, le printemps antérieur, ont levé et prospéré jusqu'en décembre. Mais alors tous les semis ont succombé à l'exception d'une graminée ornementale que le D r Barretto a signalée sous l'appellation de Regina de coelo fulgens, brillante reine descendue du ciel. M. Naudin parlant des anomalies climatériques rappelle, dans la Bévue des Sciences naturelles, qu'elles se produisent de loin en loin, même dans les pays chauds. En Egypte on a vu le Nil pris de glace. Il y a une trentaine d'années, tous les jardins des environs du Caire ont été ravagés. Un fait semblable s'est produit il y a quarante ans en Australie ; en 1893 la gelée et la neige ont causé des désastres à Canton et Hong-Kong. D'après Garden and Forest, la glace a atteint cet hiver, en Floride, plus de 3 centimètres d'épaisseur. C'est comme si la région avait été parcourue par un incendie. Nomenclature botanique. — La Commission chargée par le Congrès botanique de Gènes de 1892 de déterminer les règles de la nomenclature bota- nique, a élaboré un rapport qui fut déposé le 25 septembre 1894 dans la réunion des naturalistes et médecins à Vienne. Ce travail a été publié par MM. les professeurs P. Ascherson et A. Engler dans le Zeitschrift de la Société botanique d'Autriche, 1 er fascicule, année 1895. Les règles proposées peuvent être résumées comme suit : 1° Un synonyme admis naguère, mais devenu impropre, ne sera plus reproduit par la suite. 2° Lorsqu'une espèce passe dans un autre genre, le nom spécifique primitif lui est conservé. 3° Le droit de priorité aussi bien pour les noms spécifiques que pour les noms génériques commence à partir de l'année 1753. 4° Le principe de priorité détermine la dénomination des espèces; néanmoins un nom certain ne peut pas être écarté par un nom douteux. — 104 — 5° Pour la dénomination des genres, un nom admis par l'usage sera préféré à une appellation qui a été perdue de vue depuis au moins cinquante ans. Bambous comestibles. — Les Chinois et les Japonais utilisent, en guise d'asperges, les jeunes pousses de certaines espèces de bambous. M. le D r Lau- monier, qui habite Vernoil (Maine-et-Loire) et qui cultive un certain nombre de bambous, a expérimenté les Phyllostachys viridi-glaucescens, P. Quilioi, P. flexiwsa et P. violacea. Il a dégusté à la sauce blanche des turions d'une quinzaine de centimètres de longueur, dont les têtes étaient récemment sorties de terre, bien épluchés et soumis à la cuisson. Il affirme que ce nouveau légume constitue un plat délicat dont la saveur rappelle celle des choux de Bruxelles, mais d'un goût plus fin, plus distingué. M. le D r Laumonier consacre à cette utilisation des jets de bambous un article très intéressant publié dans la Bévue des Sciences naturelles, 1895, p. 176. Expositions annoncées. — Exposition universelle d'Amsterdam. — L'hor- ticulture prendra, comme d'habitude, une place obligée à l'exposition de l'hôtel et du voyageur. Il y aura une exposition permanente du 1 er mai au 1 er no- vembre ; on annonce, en outre, quatre expositions temporaires et des concours hors programme. Les expositions temporaires comprendront, du 6 au 8 juillet, les rosiers et les roses , les fraises et les légumes de saison ; du 27 au 31 juillet, les plantes fleuries et non fleuries, les bouquets, couronnes, fruits, légumes, etc. L'étranger est spécialement convié à participer à la 4 me exposition temporaire, du 10 au 17 octobre, pour les fruits, pommes, poires, pêches, prunes, raisins, etc. Société royale horticole et agricole de V arrondissement de Huy. — Une exposition de floriculture, de culture maraîchère, de pomologie, etc., sera tenue à Huy, les 9 et 10 juin 1895. Société royale d'horticulture de la province de Namur. — Cette Société tiendra au Kursaal à Namur, le 30 juin et le 1 er juillet 1895, une exposition de roses, plantes ornementales, plantes à feuillage multicolore, orchidées, gloxinias, bégonias, pelargonium, coleus, etc. Société agricole et horticole d'Andenne. — Cette Société fêtera le 32 me anni- versaire de sa fondation en ouvrant, dans les locaux du Casino à Andenne, du 8 au 11 septembre prochain, une grande exposition de produits de la culture maraîchère, de l'arboriculture fruitière et de l'horticulture florale. Pour le programme, s'adresser à M. Simon-Mayeur, président de la Société, à Andenne. Ém. Rodigas. L'ILLUSTRATION HORTICO PL. XXXI D "APRES "THE GARDEN Ckromohi} i Bruxelles. RHODOCHITON VOLUBILE — 105 — PI. XXXI RHODOCHITOX VOLUBILE En signalant aux lecteurs de L'Illustration Horticole, la gracieuse liane dont la planche ci-contre présente l'image, nous désirons faire revivre une espèce qui eut un jour sa place dans les cultures européennes et qui, depuis lors, a cédé le pas à des rivales plus brillantes peut-être, mais à coup sur moins florifères. Elle est l'espèce unique d'un genre de la famille des Scrophularinées, très voisin des Maurandia, des Lophospermum et même des Antirrhinum. Le genre Rhodochiton doit son nom au coloris rosé de son calice. Celui-ci est ample, à cinq divisions et bien ouvert. La corolle est tubuleuse, à gorge ouverte, à limbe quinquefide. L'espèce H. volubile est une plante vivace qui fut introduite du Mexique en 1832. Elle est presque glabre et à tige grimpante ; les feuilles sont alternes, en forme de cœur, aiguës au sommet, un peu duve- teuses. Notre planche rend parfaitement le coloris rouge foncé un peu violacé des fleurs. Les divisions de la corolle sont ovales, obtuses. Les fleurs ont m 05 de large. Nous nous rappelons avoir vu autrefois chez un amateur de plantes, M. Del- pier, à Mielen près de S 1 Trond, un exemplaire superbe faisant l'ornementa- tion d'une petite serre froide. Il était planté en pleine terre, dans une planche non chauffée et provenait de graines reçues du Mexique. Si notre mémoire est fidèle, les feuilles étaient panachées de stries rougeâtres, ce qui augmentait évi- demment le mérite de la plante que le propriétaire considérait comme unique. Le Rhodochiton volubile est de culture fort facile. La terre franche avec addition d'un peu de terreau de couche ou même de terreau de feuilles lui convient parfaitement. Il se multiplie de boutures munies d'un talon et, comme nous l'avons déjà dit, de graines. D'après un article qui a paru dans le Garden (1893, vol. XLIV, p. 8), il mûrirait parfaitement ses graines à Burford Lodge, Dorking. Ailleurs, en Angleterre, il a été traité comme d'autres plantes mexicaines, l'hiver en serre tempérée et l'été dehors à bonne exposition. Dans ce dernier cas, sa floraison est fort riche. On peut le traiter aussi en guise de plante annuelle et semer les graines sur couche et sous châssis dès le mois de mars, repiquer encore sur couche et le mettre au parterre en plein air dans un — 106 — endroit ensoleillé, mieux auprès d'un mur ou d'un treillis, que ses tiges volu- biles ont bientôt garni d'un gai feuillage auquel succèdent d'abondantes fleurs. D'après le Garden, le Maurandia Barclayana et le Lophospermum scan- dens, deux espèces voisines, également d'origine mexicaine, la première à fleurs d'un violet pourpré, la seconde à nombreuses fleurs d'un beau rouge, mériteraient largement les honneurs de la culture en serre tempérée et pour- raient être traitées comme le Rhodochiton volubile. Ém. Rodigas. PLANTES NOUVELLES OU RECOM MANDABLES Centaurea odorata Chamaeleon. — Parmi les nouveautés présentées cette année par la maison Dammann et G ie , de San Giovanni a Teduccio (Italie), cette Centaurée est signalée comme une des plus remarquables. Les fleurs Fig. 15. — Centaurea odorata Chamaeleon. sont grandes et à leur épanouissement elles sont d'un coloris jaune soufre Puis elles passent au blanc jaunâtre en prenant des reflets lilacés pour devenir entièrement roses à mesure qu'elles se fanent. Ces changements successifs de couleur sont très curieux et justifient bien l'appellation de Caméléon que les obtenteurs ont donnée à la plante. On recommande de la — 107 — cultiver en pots, de ne pas la tenir en terre humide et de lui donner une exposition ensoleillée et bien aérée. Chrysanthemum nipponicum. — M. G. Sprenger décrit dans le premier numéro du BuUettino délia B. Societa Toscana di Orticultura une espèce de Chrysanthemum qui croît spontanément dans l'île de Nippon, d'où le nom spécifique. C'est une des plus belles et plus précieuses plantes du genre. Elle est destinée à faire le tour du monde horticole et ne manquera dans aucun jardin. Une fois qu'elle sera connue, elle n'aura pas à redouter les caprices de la mode. C'est une espèce vivace, à feuilles d'un vert gai et portant une masse de très grandes fleurs blanches. La floraison dure depuis la fin de septembre jusqu'à la fin de novembre et continue même tout l'hiver si la plante est cultivée en pot et portée à l'intérieur. Les semis du printemps commencent déjà à fleurir l'automne suivant, bien que la floraison n'atteigne toute sa splendeur que lors de la deuxième et troisième années quand la plante a acquis un bon développe- ment. Elle demande le plein soleil. Helianthus debilis var. cucumerifolius. — Magnifique Composée, originaire du Texas, à tiges d'un mètre de hauteur et d'un coloris pourpre. Les feuilles de la plante sont irrégulièrement dentées, les ligules de la fleur ont 2 1/2 centimètres de longueur et sont d'un beau coloris jaune. Le disque est pourpre-noirâtre. D'après le Gardeners' Chronicle, la plante convient aux sols sablonneux et mérite une place parmi les vivaces de plein air; elle pourra fort bien être isolée sur la pelouse. ¥ * Deutzia discolor purpurascens. — La Revue Horticole consacre sa planche du 1 er février à un joli hybride de Deutzia provenant d'un croisement du Deutzia parvifiora avec le Deutzia gracilis. L'an dernier, le journal Garden and Forest en a donné une description et une figure noire. Les graines en ont été envoyées en 1888 du Yunnan, au Muséum de Paris, par M. l'abbé Delavay. Les caractères des deux parents se trouvent très heureusement combinés dans la plante nouvelle et celle-ci promet d'avoir un bel avenir. Elle atteint un mètre de hauteur. Ses feuilles ovales, finement dentelées, sont d'un vert clair en dessous, d'un vert foncé au-dessus, et la face inférieure couverte de petites écailles blanchâtres. Les fleurs, disposées en grappes axillaires, ont environ m 015 de diamètre. Les pétales, ovales obtus, sont blancs, lavés de rose à l'intérieur, roses et écailleux à l'extérieur. La plante est rustique. — 108 — Platycodon grandiflorum var. pumilum. — Le Platycodon grandi- florum est une des plus belles plantes vivaces de nos jardins. Ses variétés, à fleurs bleu pâle ou blanc pur, simples ou doubles, produisent un charmant effet. Les tiges atteignent d'ordinaire de m 80 à 1 mètre. La plante qui nous occupe a la même élégance, la même richesse de floraison, mais elle est plus réduite dans son port et arrive à peine à une hauteur de m 30. Le semis en produira sans doute des variations analogues à celles du type. » » Deux jolies Renoncules. — Un horticulteur lyonnais, M. F. Morel, a signalé dernièrement dans la Revue Horticole, quelques espèces de renoncules à fleurs blanches, que l'on rencontre assez fréquemment dans les cultures. Il en a cité deux dont les mérites sont moins connus, ce sont le Ranunculus Seguieri et Ranunculus rutifolius. Le premier est propre aux montagnes calcaires; dès les premiers beaux soleils, il montre ses petites tiges tomen- teuses, bientôt garnies d'un tapis de feuilles soyeuses. Puis les fleurs appa- raissent ; elles sont blanches, satinées, ornées d'un bouquet d'étamines jaune d'or. La floraison continue jusqu'en juin. Le Ranunculus rutifolius n'est pas moins beau; il est moins précoce, mais il est plus durable. L'automne le re- trouve toujours paré de sa fine dentelle de verdure, à laquelle se mêle parfois encore une fleur attardée. La corolle est d'un blanc mat, laiteux, un peu orangée à la base, rougeâtre en dehors. Nous partageons l'avis de M. Morel quand il dit que c'est une des plus jolies plantes des Alpes. Carex scaposa. — Notre confrère viennois, Mlustrirte Gartenzeitung, consacre à cette gracieuse espèce sa planche de décembre dernier. La plante est d'origine chinoise et fut introduite à Kew en 1883 des montagnes de Lo-Fau- Shan, situées près de l'île de Hong-Kong où elle fut trouvée par M. Ch. Ford, à une altitude dépassant 1000 mètres. La plante atteint avec ses tiges florales m 30 à m 40 de hauteur. Les feuilles radicales sont elliptiques, lancéolées, acuminées, à nervations parallèles. Elles sont longues de m 30 et larges de m 03 à m 04. L'inflorescence est richement ramifiée, munie de bractées à la base. Les fleurs sont d'un coloris rouge et ornées d'étamines d'un vert bleuâtre. Petrocosmea ionantha. — Les lecteurs de L'Illustration Horticole connaissent la charmante Gesnériacée qui, sous le nom de SaintpauUa ionan- tha, fit son apparition aux floralies gantoises de 1893. Nous avons déjà, l'an dernier, p. 295, rappelé l'origine de la plante et exprimé l'opinion qu'elle pourrait se passer de la température de la serre chaude. Nous y revenons aujourd'hui pour rectifier la dénomination qui précède. En effet, conformé- — 109 — ment aux lois de la nomenclature botanique, il convient de restituer à cette espèce le nom générique de Petrocosmea qui a été donné en 1887, par Oliver et qui a paru dans les Icônes Plantarum de Hooker, t. 1716. D'après les principes aujourd'hui généralement admis, le nom de Saintpaulia ne peut plus être considéré même comme un synonyme, il devient inutile. Fis;. 16. — Petrocosmea ionantha. La figure ci-jointe, que nous devons à l'obligeance de M. J. G. Schmidt, d'Erfurt, donne une excellente idée du port de la plante, de son feuillage et de ses fleurs, dont les pétales, d'un beau bleu foncé, sont encore embellis par le coloris jaune d'or des étamines. Amaryllis Belladonna. — Notre confrère italien, organe de la Société royale toscane d'horticulture, consacre sa première planche de l'année à quatre variétés nouvelles de Y Amaryllis Belladonna, une des espèces les plus orne- mentales de la riche famille des Amaryllidées. L'espèce fut introduite en Europe en 1712. Déjà Redouté en a signalé une variété, plus petite dans ses proportions et à fleurs plus pâles, sous le nom & Amaryllis pallida. Dans le type, les fleurs sont grandes et belles, d'un coloris rosé, elles sont longues de m 09, penchées et odorantes. Les nouveautés signalées par M. G. Sprenger, de la maison Dammann de San Giovanni a Teduccio, sont : Amaryllis Belladonna alla, à grandes feuilles vert clair, fleurs très grandes, blanches avec une très légère teinte rosée au sommet des pétales et un peu de jaune à la gorge, vers la fin de la floraison. Le parfum en est très suave. Amaryllis Belladonna stenopetala, à feuilles étroites, allongées, à fleurs — 110 — grandes, pétales étroits et allongés, blanc rosé au sommet, gorge jaune et étamines blanches. Belle et intéressante variété. Amaryllis Belladonna magnifica, à feuilles grandes, vert foncé ; fleurs très grandes, pétales réfléchis, blancs, d'un carmin vif à l'intérieur, un peu plus pâle à la gorge ; étamines blanches, style rouge brunâtre. Amaryllis Belladonna carminea, d'un coloris analogue à la variété précé- dente, mais fleurs un peu plus petites et étamines pourpres. Ém. R. CORRESPONDANCE A Monsieur Lucien Linden, directeur de L'Illustration Horticole, Bruxelles. Mon Cher Directeur, J'ai la conviction que les quelques remarques que je vous prie de publier ont été faites souvent par vous-même et par vos collaborateurs. N'est-il pas vrai que vous avez déniché maintes fois de ces brocanteurs qui usurpent sans vergogne le titre de Pépiniériste diplômé, Horticulteur mé- daillé, etc. ?... Ce titre leur appartient-il sérieusement?... Jugeons un peu. Ils prennent part aux plus grands concours agricoles et horticoles. Leur victoire y est facile et certaine d'avance; ils viennent là, concourir sans se gêner, avec une collection d'arbres fruitiers et d'ornement qu'ils ont pu trouver et choisir dans plusieurs pépinières, à Pierre, à Paul et autres. Ces trucs ne sont propres qu'à entretenir dans l'esprit du public les idées les plus fausses. Ces trucs, dis-je, sont pour ces brocanteurs, qui n'ont du pépiniériste que le nom, de fort alléchantes réclames dont ils usent souvent pour faire des dupes ; leurs réclames font le tour du pays et ont d'autant plus de prise sur les naïfs que ces soi-disant pépiniéristes ou horticulteurs peuvent sans crainte s'intituler médaillés ou diplômés (par un Jury sérieux), au grand concours de... Beaucoup d'amateurs et de planteurs se font ainsi pincer ; ils s'adressent à... ces diplômés ou médaillés... qui font le commerce des arbres auxquels ils mettent des étiquettes portant des noms bien connus, les plus demandés, s'ils n'inscrivent pas des noms flamboyants qui n'existent dans aucun catalogue de maison sérieuse; mais lors de la production, les cultivateurs en récoltent tout simplement des fruits insipides ou sans valeur aucune pour le ménage ou. pour le commerce, — 111 — Qui de nous n'a entendu critiquer, et parfois très vivement, les décisions du Jury ? Pourtant, faire remonter au Jury un tel abus serait injuste, car celui-ci ne doit voir que ce qui est exposé, sans s'inquiéter de la provenance. S'il est un remède à apporter à cette situation, très nuisible autant aux intérêts de ceux qui doivent planter qu'à ceux qui sont en réalité producteurs sérieux, c'est aux organisateurs des concours à le trouver; car nous estimons qu'en présence du tort énorme que causent ces médaillés, il y aurait lieu de chercher un moyen pour enrayer ces fraudes. Ne vous semble-t-il pas qu'il suffirait peut-être d'instituer pour chaque concours une commission d'hommes capables et honnêtes qui auraient pour mandat de se rendre sur place dans les pépinières mêmes des concurrents, et d'en communiquer les résultats d'après l'ordre des observations faites dans leurs visites? Chaque concurrent aurait à intervenir pour une part dans les frais de déplacement du Jury. J'ai vu appliquer ce système à Limoges (France), ou j'ai été plusieurs fois du Jury. J'avoue que le système pourrait être modifié pour être encore plus correct, mais je puis déclarer que c'était au moins sérieux. Montaigu, mars 1895. GUSTAVE MlCHIELS. LEGUMES DE GRANDE CULTURE (Suite, voir p. 17) Comme l'a fort bien dit M. H. de Vilmorin dans la conférence qu'il donna à Troyes en 1892, tous les jardins légumiers réunis ne suffiraient pas à fournir la quantité de carottes qui se consomment, si les grandes cultures ne venaient y ajouter leur appoint. Les variétés peuvent évidemment toutes trouver place dans la grande culture, pourvu qu'elles soient de bonne qualité et que la pro- duction soit suffisamment considérable. L'auteur précité énumère comme les meilleures pour la grande culture la Carotte de S 1 Valéry qui est plus volumi- neuse que la rouge longue; elle est très lisse et d'un beau rouge foncé; et parmi les variétés demi longues, la Carotte de Châtenag, la Nantaise, la Guérande, ces dernières de qualité supérieure. Nous y ajouterons la Carotte d'Altringham, douce, très grosse; la Carotte de Brunswig, longue, rouge; la Bouge pâle de Flandre, à collet vert, et quelques variétés d'un jaune très pâle, dites blanches, qui sont très productives et de bonne conservation, telles que la Jaune de Flandre. — 112 — Céleri. — Les diverses races de céleri, aussi bien les céleris à côtes que les céleris raves, peuvent être l'objet de la grande culture. Les variétés à côtes sont plantées en juin-juillet dans les terrains laissés libres par d'autres cultures ; on plante en plein parc à m 35 en tous sens en se servant du Céleri Chemin, du blanc ordinaire ou du plein-court ; il est relevé en novembre et mis en jauge ou ce qui vaut mieux en cave ou dans un autre lieu à l'abri de la gelée, en se souvenant que le céleri redoute l'humidité et le manque d'air. Il résiste à un hiver ordinaire, mais non à des froids de — 15 degrés. Le céleri-rave constitue une race à part et un produit de plus en plus estimé. Le C. très gros aVErfurt, le C. gros glabre de Leipzig, le C. rave pomme, à petites feuilles, ainsi que le C. rave frisé fournissent des racines volumineuses et sont très recommandables. Cette race est cultivée à plat et demande peu de soins. Lors du repiquage, les jeunes plants doivent être débarrassés des drageons qui, dans cette race, pullulent assez souvent autour du collet. Ce produit se conserve aisément. Chicorée. — La grande culture s'est emparée déjà de la chicorée sauvage pour l'améliorer et la modifier complètement suivant le procédé auquel la plante est soumise. Tantôt elle donne la Barbe de Capucin, ou pousses blan- chies plus ou moins longues, plus ou moins tendres; tantôt on la traite pour produire des chicons appelés Witloof dans les provinces flamandes et offrant pendant l'automne et tout l'hiver un produit de premier ordre. La variété qui convient le mieux à la culture du Witloof est celle dite Chicorée améliorée. Le semis se fait en mars ou avril en lignes, le mieux dans un sol argilo-sableux, bien meuble, profondément bêché avant l'hiver. Pendant l'été on donne les sarclages et binages ordinaires. Quelques arrosements au purin font considéra- blement prospérer les plantes, qui seront prêtes à la fin d'octobre ou en novembre. Alors on peut faire à l'air libre des tranchées larges d'un mètre et profondes de m 30 dans lesquelles on pose les racines près à près, le collet à découvert. Les tranchées sont abritées au moyen de paillassons ou de feuilles sèches ou même des deux, afin d'intercepter la lumière et le froid. Les jeunes pousses étiolées ou blanchies constituent une bonne salade d'hiver. On obtient le même produit dans la cave ou le cellier. La culture du Witloof a été décrite dans ces derniers temps dans tous les journaux horticoles. Aux environs de Gand et de Bruxelles, cette culture est faite sur une échelle considérable. A St-Symphorien, petit village situé près de Mons, une vingtaine d'hectares sont occupés par cet important et précieux légume dont le bénéfice est évalué à l'hectare à 875 francs. (Sera continué.) Èm. RODIGAS. — 113 — POIRES DE CHOIX Seigneur Esperen ou Bergamotte lucrative. — Ce n'est pas seule- ment, en général, une des meilleures poires gagnées par notre pomologue, le major Esperen, mais c'est encore, en particulier, une des meilleures poires d'automne que l'on puisse recommander à ceux qui désirent planter quelques pyramides, fuseaux ou contre-espaliers; elle va également bien en palmette Fig. 17. — Poire Bergamotte lucrative. au levant. Elle est très fertile sur franc pour les formes à grand dévelop- pement et sur coignassier pour les formes restreintes. L'arbre est d'une vigueur ordinaire et peut produire encore en abondance sur liaute tige. Son fruit est d'une grosseur moyenne, mais particulièrement délicieux, fondant, fin et très juteux, fort sucré et agréablement parfumé. On l'appelle — 114 — encore en France Fondante d'Automne. Sa forme est arrondie, un peu turbinée ; sa peau est jaunâtre, légèrement marbrée. Elle mûrit en octobre et se conserve au plus tard jusqu'en novembre. Beurré Clairgeau. — Ceci est une magnifique poire de dessert. Elle est toujours belle, séduisante, même comme aspect, avec son épiderme d'un beau Fig. 18. — Poire Beurré Clairgeau. rouge. C'est de plus, un fruit très gros, allongé et bien fait. Seulement ce n'est pas la meilleure, pas même une de nos meilleures poires ! Cepen- dant, dans un terrain chaud, sablonneux, calcaire ou schisteux, sa -chair devient fine, succulente, très juteuse et se parfume même un peu. Ce n'est que — 115 — dans les terrains froids et humides qu'elle n'offre pas toutes les qualités désirables. L'amateur de fruits peut hardiment admettre cette variété dans sa collection, mais il aura soin de la placer de préférence en espalier à bonne exposition. Il est cependant possible d'avoir des résultats réguliers en la cul- tivant aussi sous les formes de pyramide et de fuseau, qui présentent toujours une belle végétation et un beau port. -. Le Beurré Clairgeau va bien sur franc de semis, et mal sur coignassier. Ce beau Beurré mûrit à la fin d'automne, commencement de l'hiver. „ , . tonc Gustave Michiels, Montaigu, 189o. , ' Auteur des « 50 Poires délite. » (Sera continué.) PETITES NOTES DE CULTURE Engrais pour plantes alpines. — La mode des enrochements artificiels et par suite la culture des plantes alpines ne font que se développer. Aujour- d'hui on ne pense plus comme autrefois que les plantes pour vivre n'avaient besoin que d'air et d'eau. On sait maintenant que la plupart cherchent dans le sol même leur nourriture et il est admis qu'il faut restituer au sol ce que les plantes lui enlèvent constamment. Bien que la saine pratique s'accorde avec la théorie pour admettre que des végétaux de natures diverses ont besoin pour vivre d'éléments de nutrition divers, conformes à leur composition même, néanmoins nous partageons la manière de voir de certains praticiens qui donnent aux plantes un engrais artificiel composé et se disent que de cette façon les plantes choisiront ce qui leur convient le mieux. Notre confrère Garden and Forest recommande pour les plantes alpines un mélange que le D r Hugo Muller emploie pour toutes les plantes alpines en général et cela avec un succès constant. Voici comment il est composé : à 180 litres d'eau on mêle 70 grammes de phosphate de potasse, 42 gr. de nitrate de potasse, 42 gr. de sulfate de magnésie et 42 gr. de nitrate de chaux. Avec cet engrais on arrose le sol une fois par quinzaine durant la végétation. Swainsonia pour la fleur coupée. — Les Swainsonia sont des sous- arbrisseaux originaires de Nouvelle-Hollande et appartenant à la famille des Papilionacées. D'après le Florists' Exchange, c'est à Philadelphie que l'on commença la culture de cette plante pour la fleur coupée et que cette culture s'est le plus développée. Un fleuriste de Germantown a une serre de trente mètres de long sur cinq mètres de large dont la couche centrale et les deux — 116 — tablettes latérales étaient remplies de ces plantes. Le sol se compose d'une terre ordinaire, sans addition de fumure; les plantes y furent placées en mai dernier, à une quarantaine de centimètres de distance. En janvier dernier elles formaient de bonnes touffes et étaient couvertes de fleurs. Les Swainsonia ayant une tendance à grimper, on doit tâcher de leur conserver un port trapu. Pour cela on laisse la surface du sol se durcir par l'arrosement. Par ce moyen les entre-nœuds sont courts et les fleurs se produisent en abondance. Elles sont coupées et mises dans l'eau dix ou douze heures avant l'expédition, sup- portent alors un voyage de 120 milles et peuvent être utilisées fort bien encore quatre jours plus tard. Les fleurs sont vendues au même prix que les Œillets. Contre les lapins. — L'abondance des neiges et les rigueurs de l'hiver ont une fois de plus montré l'urgence des remèdes à opposer à la multiplication des lapins dans plusieurs de nos provinces. Ces rongeurs se sont introduits dans les pépinières et même dans les jardins autour des fermes. Un grand nombre ont été détruits; toutefois, il en est resté assez pour que leurs dépré- dations demeurent redoutables. Un moyen de protection efficace est le treillis en fil de fer ayant une hauteur de m 80, et un peu incliné en dehors autour du terrain à protéger. En outre, il faut que la toile métallique repose dans le sol sur une étendue horizontale de m 20, pour que les lapins ne soient pas tentés de passer par en dessous. Lorsqu'on veut garantir seulement le pied des arbres plantés dans un verger, on peut badigeonner, au moyen d'onguent de S l -Fiacre, la partie inférieure de ces arbres. Rarement les lapins s'y attaquent. Violettes odorantes. — D'ordinaire les fleuristes attendent jusqu'au milieu, parfois même jusqu'à la fin d'avril, pour diviser les souches de leurs plantes de violettes et les préparer ainsi au forçage de l'hiver prochain. Il vaut infiniment mieux procéder plus tôt à cette opération, soit au milieu ou vers la fin de février, en les mettant sur couche à ce moment à une dizaine de centimètres de distance en tous sens, dans un sol composé d'égales parties de terre de feuilles et de terreau de fumier avec addition d'un peu de suie. Les plantes se toucheront bientôt et seront prêtes en avril à subir une nouvelle déplantation. Par ce procédé, la floraison commencera déjà au mois d'août et se produira à profusion. On met les plantes sur couche plus chaude en septembre et cette floraison se prolongera aisément pendant les premiers mois d'hiver. Il est évident qu'il faut, comme toujours, enlever les stolons et ne laisser qu'une couronne composée de cinq ou six tètes bien formées. R. d'Eelen. 6 me Série. TOME 2 me . 8° Livraison. 30 Avril 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES public sous le patronage de J. Ll N D EIM Directeur : LUCIEN LINDEN EEDACTEUKS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATION HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIRE Pages. Causerie horticole 117 Renseignements cl cultures 120 L'établissement d'un horticulteur Lillois . . . 122 Adiantum aneitense 126 Culture du Richardia (calla) africana ou œlhio- pica 128 Plantes primées 129 Pages- Les Nelumbium 130 Bibliographie 132 TEXTE. ET PLANCHE COLORIÉE PL 32. Thunbergia grandiflora . 119 Fig. 19. Adiantum aneitense. PRIX DE L'ABONNEMENT : 1Ê5 FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, irupr. Eug. Vander Haeghen. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier] > ■»♦«» < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticultufe : Leur circulation est universelle. TO. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'anuée entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dan s les 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 ». 180 » 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 .» 90 » 150 Un huitième de page . . >. 12 » 25 « 40 » 70 » 125 Un seizième de page . • » 6 )) 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Bèlliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 117 CAUSERIE HORTICOLE LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTI- CULTURE DE FRANCE 30 Avril 1895. M. D. Bois, aide-naturaliste au Muséum de Paris et secrétaire-rédacteur de la Société nationale d'Horticulture de France, a présenté un rapport sur les travaux de la Société, que nous trouvons dans le cahier de janvier du Journal. Nous en présentons ici une courte analyse, afin de montrer à nos confrères des Sociétés horticoles belges comment la Société de France comprend sa mission. Le premier chapitre de ce rapport est consacré aux Expositions. Ne pouvant plus disposer du Pavillon de la Ville de Paris qui a reçu une autre destination, la Commission des Expositions a choisi l'emplacement du jardin des Tuileries, voisin des Champs- Elysées et admirablement situé pour une exposition de plantes. L'Exposition printanière a été tenue du 23 au 28 mai, dans une vaste tente de 120 mètres de long sur 30 mètres de large pour les plantes fleuries, dans une tente de moindres dimensions pour les produits de la culture maraîchère et les plantes d'ornement rustiques. Nous avons déjà vu des tentes de ce genre installées derrière le Pavillon de la ville de Paris et nous nous plaisons à constater que l'effet que les fleurs y produisent, est excellent. Pourquoi n'imiterait-on pas, en Belgique, ce qui se fait à Paris ? Il n'y a guère de ville chez nous où les expositions horticoles puissent se tenir dans un local conve- nable. Il suffirait d'une seule tente pour plusieurs villes ; la Société qui en serait le propriétaire, pourrait la louer à ses sœurs moyennant un certain droit de location ; dans chaque centre d'exposition, on trouverait aisément à la placer dans de bonnes conditions. A l'automne, la Société nationale a ouvert, dans son local de la rue de Grenelle, une exposition de fruits et de fleurs de la saison : Œillets, Bégonias, Cannas, Cyclamens et Glaïeuls, du 4 au 7 octobre, et une Exposition de Chrysanthèmes du 14 au 18 novembre. Le rapport énumère les comptes-rendus de ces expositions qui ont été publiés dans le journal de la Société et qui sont dus à divers membres, chacun — 118 — traitant la partie qui lui est particulièrement familière. Aucune de nos Sociétés belges ne publie de pareils travaux, comme d'ailleurs plus aucune d'entre elles ne possède un bulletin de quelque importance. Séances. « L'un des principaux modes d'action de la Société, nous apprend le rapport, après les Expositions, consiste dans la présentation en séances de plantes nouvelles, peu connues ou remarquables par leur bonne culture ainsi que des objets se rattachant à l'industrie horticole. » Les diverses sections de la Société présentent, dans l'une des séances du premier trimestre, un compte- rendu de ses travaux pendant l'année précédente. Plusieurs communications relatives, soit à des présentations, soit à des faits nouveaux intéressant l'horti- culture, ont été faites en séance par quelques membres; elles ont été publiées dans le journal. Chez nous, la Chambre Syndicale des Horticulteurs belges conjointement avec la Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand, organise des meetings mensuels pour la présentation de plantes nouvelles; à Bruxelles, L'Orchidéenne tient des meetings mensuels pour les Orchidées. Aucune de ces associations ne publie le rapport de ces travaux ; elles se bornent à com- muniquer la composition du Jury et la liste des récompenses décernées. Écrits dans le Journal. Le journal a paru régulièrement en 1894 et a formé un volume de 900 pages en y comprenant les 114 pages relatives au Congrès horticole, tenu au siège de la Société, le 24 mai dernier. Les nombreux écrits qu'il renferme se divisent : 1° en Notes et Mémoires ou articles originaux ; 2° en Rapports sur des ouvrages, des cultures générales, ou sur le matériel horticole ; 3° en Comptes-rendus d'Expositions; 4° en Revue bibl iogra pli iq u e et) ri ngère. L'analyse de ces divers points prouverait à l'évidence la grande utilité du journal et l'intensité de la vie qui anime la grande Société. Mouvement de la Société. Pendant l'année 1894, le nombre des membres s'est accru de soixante dix-sept. Le rapport de M. Bois énumèreles pertes subies pendant le même exercice ; la plus sensible a été celle de M. Duchartre, à la mémoire duquel le même cahier publie une élégante biographie due à la plume autorisée de M. H. L. de Vilmorin et accompagnée du portrait de celui qui fut, pendant de longues années, le dévoué et savant secrétaire-rédacteur de la Société nationale d'Hor- ticulture de France. Qu'on nous permette de demander, en présence du résumé succinct des travaux de la Société nationale d'Horticulture de France, quelle Société belge pourrait produire un bilan aussi avantageux. Faut-il que nous continuions à nous reposer sur nos lauriers conquis il y a du temps, ma foi 1 Ch. De Bosschere. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. XXXII D'APRES i THUNBERGIA GRANDIFLORA. — 119 PI. XXXII THIINBERGIA GRANDIFLOM La belle plante dont nous publions ci-contre le portrait est originaire de l'Inde et de la Chine, d'où elle a été introduite en 1820. C'est, d'après le Garden, auquel nous empruntons les éléments de cette planche, une plante très populaire dans les jardins des pays tropicaux, où elle est très fréquemment employée pour couvrir les vérandahs, les clôtures, et orner le tronc des arbres; elle orne également de ses festons les piliers et le faîte de la grande serre des Palmiers à Kew, et y fleurit abondamment, ainsi que dans la serre aux Victoria Régla. Ses fleurs, qui mesurent près de huit centimètres de diamètre, sont d'un bleu clair charmant, plus pâle à l'ouverture de la gorge, dont l'intérieur est jaune soufre; elles sont disposées en racèmes assez denses et produisent un très bel effet. Il existe une variété à fleurs blanc pur, qui est cultivée à Kew ; elle a été introduite de Calcutta vers 1891, et a les fleurs aussi grandes et aussi nom- breuses que le type. L'espèce la plus connue en Europe est le T. alata, dont les fleurs, beaucoup plus petites, ont la gorge noire veloutée, tandis que la corolle est jaune, ou orangée dans la variété aurantiaca. Cette gracieuse plante grimpante est annuelle dans les jardins, où elle ne peut guère être mise en place avant le mois de juin, ou vivace dans les serres. Elle est très florifère et ses fleurs durent longtemps ; aussi est-elle assez populaire. L'espèce que représente notre planche est assurément un peu plus exigeante au point de vue de la température, mais elle est aussi d'une beauté bien supé- rieure, et sera très appréciée de tous les amateurs qui disposent d'une serre, chaude ou tempérée. M. G. 120 — RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Gardénia. — Les boutures peuvent être préparées maintenant si l'on veut obtenir de bonnes plantes avant l'hiver, ce qui est facile à réaliser avec quelques soins. On choisira quelques grands rameaux portant de quatre à six bourgeons chacun, et on les plantera en terre dans la serre de multiplication, sous châssis étouffé ou sous une cloche, avec une bonne chaleur de fond. Les Amaryllis qui ont fleuri dans le jardin d'hiver ou l'appartement doivent être reportés, dès la fin de la floraison, dans la serre chaude pour achever leur végétation dans les meilleures conditions possibles. On leur donnera quelques arrosages d'eau additionnée d'engrais. Aspidistra lurida. — Cette plante si populaire d'appartement et de fenêtre est connue de tout le monde, et rend de très grands services par sa résistance aux conditions plus ou moins défavorables que lui offrent les locaux habités. Son feuillage est d'une grande élégance, et se conserve sain toute l'année, pourvu que le compost soit entretenu en bon état, que les racines aient tou- jours beaucoup d'humidité, et que les feuilles soient lavées soigneusement une ou deux fois par semaine. On doit employer pour cela de l'eau à la température du local où se trouve la plante, ou un peu plus tiède, et frotter les feuilles doucement, de préférence avec une éponge. Le compost doit être formé d'un mélange de terre franche et de terreau de feuilles, avec un peu de sable pour le rendre plus léger. La plante se multiplie très facilement par division des souches ; on rempote les divisions dans des pots proportionnés à leur volume, et on les place dans une serre tempérée non aérée, en les tenant à l'abri du soleil jusqu'à ce que les racines commencent à se développer. Une fois que les nouvelles plantes sont établies, on leur donne de plus en plus d'air. Greffages digénères. — M. Grosdemange rend compte, dans le Bulletin de l'Association des anciens élèves de l'École nationale d'Horticulture de Ver- sailles, de divers essais de greffage qu'il a effectués au cours de l'année 1894, notamment les suivants : Cotoneaster sur Grataegus, Solanum sur Nicotiana, Olea sur Ligustrum. Ces expériences ont donné d'excellents résultats, et les greffes ont bien repris. L' Osteomeles anthyllidifolia a été également greffé sur des semis de deux ans — 121 — de Cotoneaster acuminata; M. Ctrosdemange a employé dans ce cas un procédé un peu particulier qu'il décrit en détail dans son étude, le greffe en placage de côté sous écorce. Le résultat a été parfait. Les Nepenthes doivent être soigneusement abrités contre les rayons directs du soleil, tout en profitant du jour autant que possible. Ils exigent beaucoup d'humidité, et nous conseillons de les seringuer tous les matins abondamment. Le compost qui leur convient est un mélange de terre fibreuse, de sphagnum et de sable; les Nepenthes, en effet, croissent à l'état naturel dans une terre très sablonneuse. La multiplication de ces plantes est très facile ; elle s'effectue au moyen du bouturage des têtes, que l'on dépose sur une bonne couche de sphagnum humide dans un châssis de multiplication, avec une température de fond assez élevée. Au bout d'un mois à six semaines les boutures sont bien enracinées et prêtes à être empotées. * * Orangerie. — Les arbres doivent être surveillés avec soin actuellement, car ils font des progrès rapides et réclament beaucoup d'eau. D'autre part, c'est à cette saison que les insectes se développent le plus rapidement, et il faut les écarter et les détruire radicalement. En aérant le plus souvent possible, en évitant dans les serres une atmosphère trop chaude et renfermée, on entravera beaucoup la reproduction de la vermine. Pour introduire dans le sol les éléments nutritifs nécessaires, il vaut mieux étaler à la surface une couche d'engrais bien décomposé, qui se dissout peu à peu et pénètre dans l'intérieur de la masse, que d'arroser avec de l'eau conte- nant de l'engrais dilué. Il sera très bon, particulièrement à cette époque de l'année, de placer les caisses sur une litière de fumier ou de tannée, que l'on retournera à des intervalles de quatre à six semaines en y ajoutant un peu de fumier nouveau, de façon à entretenir la chaleur douce qui convient. Torenia Fournieri. — A propos de cette plante, dont une variété nou- velle a été figurée l'année dernière dans ces colonnes, un amateur m'écrit qu'elle est particulièrement précieuse en ce qu'elle réclame moins de chaleur que ses congénères. L'ancien T. asiatka, notamment, qui a joui d'une grande popularité à une certaine époque, est abandonné par beaucoup d'amateurs parce qu'il ne peut être cultivé qu'en serre chaude; le T. Fournieri réussit bien pendant l'été dans une serre froide ou même un jardin d'hiver, et comme il est extrêmement florifère, il mérite d'être hautement apprécié. Il forme un petit arbuste compact, à la différence de ses congénères, et quand il est bien 122 cultivé, avec le jour convenable, ses tiges sont suffisamment fortes pour se soutenir sans support. Le T. Fournieri se bouture facilement, mais il ne vaut guère la peine de pratiquer cette opération, car les graines sont peu coûteuses et produisent en peu de temps une plante en état de fleurir. Pour les faire germer, il est bon de leur donner un peu de chaleur et de les semer sous châssis. Livistona. — A lire dans l'excellent Dictionnaire d'horticulture et de jar- dinage, de Nicholson, traduit par M. Mottet et édité par M. Doin, à Paris, l'article consacré à ces superbes palmiers, si populaires et si décoratifs. A cet article sont annexées des gravures représentant le L. (Corypha) australis, à l'état jeune et à l'état adulte, le L. Hoogendorpi et le L. rotundifolia. * L'Exposition internationale d'horticulture de Paris s'ouvrira, en même temps que le Congrès, le 28 mai. L'exposition, qui s'annonce très bien, aura lieu au Jardin des Tuileries comme précédemment, et le Congrès au local de la Société, 84, rue de Grenelle. Exposition d'horticulture à Lyon. — L'Association horticole lyonnaise tiendra à Lyon, sur le Cours du Midi, du 12 au 16 septembre 1895, une Expo- sition générale d'horticulture, de viticulture et des objets d'art ou d'industrie s'y rattachant d'une manière spéciale. Le programme et le règlement de concours viennent de paraître ; ils com- prennent 193 numéros répartis entre la culture florale, la culture maraîchère, l'Arboriculture, la Viticulture et l'Industrie. Les récompenses consistent en objets d'art, grandes médailles d'or, médailles de vermeil, médailles d'argent et médailles de bronze. Les exposants de tous les pays sont invités à prendre part à cette exposition. Pour les renseignements, s'adresser au secrétariat général de l'Association, Cours Lafayette prolongé, 60, à Villeurbanne (Rhône). Max Garnier. LETABLISSEMENT D'UN HORTICULTEUR LILLOIS L'évolution qui s'est opérée dans le commerce et l'industrie horticoles, a complètement modifié l'aspect de nos établissements; ce sont aujourd'hui, pour la plupart, des usines où se fabriquent, par milliers, des plantes, souvent d'une seule, quelquefois de deux, trois ou quatre espèces seulement. Leur visite — 123 — n'offre plus guère l'intérêt des serres d'autrefois, même de celles des plus modestes horticulteurs. Nous ne citerons pas, pour le moment, les établisse- ments belges où l'esprit de collection persiste, au moins en partie, pour nous attarder quelque peu chez un confrère français, descendant d'un brave flamand des Flandres, chez M. Adolphe Van den Heede, de S 1 Maurice-Lille, le zélé et persévérant vice-président de la Société Régionale d'Horticulture du Nord de la France. Disons tout de suite que le père de Monsieur Adolphe — comme l'appellent familièrement ses jardiniers — a imprimé à l'horticulture lilloise une impul- sion telle qu'on l'avait surnommé le « Van Houtte lillois, » ce qui me dispense de rappeler sa carrière. Son fils continue les traditions paternelles et se fait remarquer par le culte qu'il a voué aux « bonnes vieilles plantes, » dont il publie, dans plusieurs journaux horticoles, de jolis portraits avec une notice sur leur culture. Dans les serres de S 1 Maurice se voient de ces vieilles plantes qu'on ne rencontre presque plus nulle part; on ne comprendrait pas pourquoi, si l'on ne savait que rien n'est plus capricieux que la mode, plus changeant que l'homme. Nous ne ferons point la description des plantes, objet de l'en- gouement d'autrefois et qui sont cultivées ici, pour transcrire simplement quelques notes prises au cours d'une rapide visite faite au commencement de mars à l'établissement fondé par le père Séraphin. Dans la serre à multiplications, le sanctuaire des établissements, dont l'accès est généralement interdit aux concurrents — je n'en suis pas — nous tombons en arrêt devant un coffre vitré contenant plus de cents pots remplis de terre, quelques-uns recouverts d'une mousse fine, tendre, d'autres poin- tillés seulement de minuscules touffes de même nuance ; se sont les semis cle Fougères, une des spécialités de la maison. Chaque pot recouvert d'une plaque de verre, est placé dans une soucoupe maintenue constamment pleine d'eau; les semis ne sont jamais arrosés directement, l'humidité indispensable monte par capillarité, les graines en voie de germination ne sont de la sorte aucunement dérangées, le travail, en outre, est plus facile, plus expéditif. L'année dernière, il y avait ainsi deux cent quarante pots de semis de Fougères. Contre le vitrage de la serre, placées sur des rayons suspendus, nous comp- tons 70 terrines avec des repiquages de Fougères. Chaque terrine renferme une seule espèce sans mélange aucun, parce que M. Georges, le fils aîné du chef de la maison, qui passa un an dans les serres de MM. Veitch, à Chelsea, a lui-même soigneusement recueilli les semences. Nous avons vu des essaims de jeunes plantes (VAdiantum cuneatum variegatum et elegans, décorum, concinum latum, Pteris crenata, Gymnogramma Laucheana gigantea, Blech- num brasiliensisj Asplenium nidus-avis, Drynaria musaefolia. Quant aux — 124 — espèces et variétés rarissimes, elles se partagent, en bonnes sœurs, le gâteau. A côté des Fougères, les terrines entières de jeunes Sélaginelles provenant de boutures nous séduisent par la finesse et la délicatesse des feuillages. Sur la terre de bruyère de la bâche, des feuilles de Saintpaulia ionantha, couchées à l'air libre, donnent, à l'extrémité de leur pétiole, naissance à cinq, six, jusque dix jeunes sujets. Cette nouveauté deviendra rapidement populaire; la plante est trapue, vigoureuse, les feuilles ornementales, de nuance foncée, les fleurs d'un beau bleu ; on la désigne sous le nom de Violette oV Usambari parfaitement appliqué. Le Saintpaulia ionantha ne souffre pas de la soif, pré- cieuse qualité pour une plante d'appartement, car elle y figurera parmi les plus robustes et les plus ravissantes, si l'on a soin de la placer près des fenêtres, au grand jour. Ici une collection de nouveautés de Dahlia à côté d'une petite installation pour la forcerie du Muguet. Celui-ci est planté dans du sable recouvert d'une épaisse couche de sphagnum fort humide; la chaleur est de 20 à 25° C, constante et égale, deux conditions essentielles pour obtenir de bons résultats. Le Phrynium variegatum se multiplie par éclats; quand nous avons vu ceux-ci, il y avait huit jours à peine qu'ils étaient mis sous verre et tous por- taient de façon remarquable. Les Phrynium variegatum voisinent avec les Muguets à forcer, dans le même coffre vitré. Peu répandus, mais bizarres, le Ceropegia elegans des Monts Nilgherry, avec ses fleurs à fond noir, et le C. Sandersoni de Port Natal, qui se trouvent ici, côte à côte, avec les Bertolonia Van Houttei cultivés à l'air libre dans la serre et poussant vigoureusement. Une Fougère aquatique, d'une vigueur extraordinaire, le Ceratopteris thalic- troides, toujours plongée dans l'eau, nous étonne et nous conduit aux quelques nouveautés choyées dans cette serre : Smilax argyrea, Tradescantia Beginae, Stenandrium Lindeni, Peperomia metallica, présentés, ces derniers, en de jolies petites boules obtenues sans aucun pincement. Nous les recommandons aux amateurs de curieux végétaux. La serre à multiplications offre donc un réel intérêt. Il en est à peu près de même de la plupart des autres vingt-six serres tempérées et froides que nous parcourons et où nous glanons quelques détails intéressants. Il s'y trouve de jolis exemplaires d'une plante volubile, le Manettia bicolor, originaire de l'Amérique tropicale, du Brésil, couverte de fleurs rouges pointées d'or. Une vraie curiosité, le Bryophyllum proliferum qu'au Brésil on désigne sous le nom de « Plante de la Fortune. » Cette Crassulacée, originaire des Moluques, introduite en 1800 par Ch. Greville, se fait remarquer par la naissance de tiges aux échancrures marginales des feuilles et dont les bour- geons sont déjà formés bien avant l'épanouissement complet de la feuille. Il — 125 — suffît ainsi de posséder une feuille, de la déposer sur du terreau pour voir, à chaque échancrure, se développer une plante nouvelle ; une vraie fortune donc, quand on peut se procurer pareille feuille. Les fleurs, en forme de clochettes d'un vert pâle, sont réunies sur un support commun, comme cela se voit aux pagodes chinoises. Plante bizarre autant que curieuse, à laquelle il faut réserver une place dans la serre. Signalons le Primula Forbesi avec ses charmantes miniatures de fleurs, la collection de plantes vivaces en préparation et dont nous traiterons au moment propice, le Pillea Selaginelloïdes poussant en largeur plutôt qu'en hauteur et produisant de fort jolis exemplaires de forme conique. Une jolie Acanthacée, jadis si choyée, est le Thyrsacanthus rutilans, originaire de la province d'Ocana, dans la Nouvelle-Grenade, d'où elle fut introduite en 1815 par Schlim chez M. Linden. Ses ravissantes fleurs d'une jolie teinte carminée, en forme de tubes suspendus au bout d'un long et mince support semblable à un fil, produisent le plus charmant effet. Il n'est pas rare de rencontrer de ces fils atteignant de 50 à 70 centimètres de long. Le Paullinia filicifolia, de la famille des Sapindacées, est une plante fort gracieuse, le Tacsonia insignis, plante grimpante fort recommandable à cause de ses fleurs superbes, très grandes, très nombreuses, d'un rouge carminé. Le forçage du Diclytra spectabilis donne de magnifiques résultats. En novembre, les éclats empotés sont placés sous châssis froid pour passer l'hiver. Fin janvier, commencement de février, les pots sont placés en serre tempérée- chaude où règne une chaleur de 18 à 20° G., les plants poussent très rapi- dement; il leur faut assez bien d'eau. A la fin de janvier, on a des exemplaires bien en feuilles, abondamment fleuris. Si l'on a eu soin de rentrer les Diclytra par groupes, de quinzaine en quinzaine, on a des exemplaires fleuris pendant de longues semaines. Nul doute qu'ils seront l'objet de la demande générale. La plante est très décorative, son feuillage élégant, ses fleurs charmantes avec leurs deux pétales en forme de petits sacs d'un rose délicat, les autres projetés en dehors, blancs, avec un point pourpre. Le Lllium Harrisi se force également fort bien à l'établissement Vanden Heede ; c'est une fleur précieuse, aussi est-elle fort recherchée. Un Bégonia qui nous plaît énormément, est le B. Scarffiana avec ses feuilles vertes, poilues, au revers rouge carmin; quand le soleil les baigne de ses rayons, les feuilles semblent embrasées ; c'est tout bonnement charmant. Faut-il parler du Primula ohconica si floribond et si précieux pour les fleuristes et les bouquetières ? Outre les milliers de petites Fougères destinées à la vente en gros, l'établis- sement élève des spécimens, dont quelques-uns étaient déjà, au moment de notre visite, de fort beaux exemplaires : Pteris adiantoïdes (Amérique tro- — 126 — picale), assez rare par ici, mais cultivé en quantités énormes en Angleterre pour le marché, Pteris crenata (Inde, Australie), d'où est sorti le joli Pteris Victoriae, Pteris tr émula foliosa (hybride), avec ses charmantes frondes bien découpées, Pteris ascensionis (Gap de Bonne-Espérance), Gymnogramma Alstoni (hybride) le plus beau et le plus original des Gymnogrammes à feuilles dorées, le port des pinnules est replié, en sorte que la plante paraît parsemée de paillettes d'or; Gymnogramma peruvianum argyrophyUum (hybride), variété entièrement couverte de poussières blanc d'argent, Pteris serrulata cristata var. Schiswicki, Lygodium scandens (syn. japonicum, Chine mérid., Malaisie), une Fougère grimpante fort curieuse, etc. A remarquer encore une jolie et intéressante collection de Sélaginelles, dont quelques-unes fort curieuses. Arrêtons-nous; le peu que nous avons pu consigner, montre suffisamment, pensons-nous, la grande diversité des cultures de M. Van den Heede et l'intérêt que présente une visite de ses serres. Charles De Bosschere. ADIANTUM ANEITENSE La gravure que nous publions ci-dessous représente une belle espèce origi- naire des îles Anet, dont elle porte le nom et introduite en 1880. Par son ampleur, par l'élégance de ses frondes qui mesurent de 45 à 60 centimètres de longueur et presque autant de largeur, par leur coloris contrastant avec le brun des pétioles, elle a un cachet bien distinct et mérite d'attirer l'attention des amateurs. Les Adiantum en général sont suffisamment connus et appréciés pour qu'il ne soit pas nécessaire de vanter leurs mérites. Aucun feuillage n'est compa- rable au leur pour la grâce et l'extrême délicatesse. Malheureusement ces feuillages à raison même de leur gracilité, ne sont pas très résistants ; mais lorsqu'on utilise les plantes elles-mêmes pour orner les serres et masquer les pots des Orchidées, par exemple, elles produisent un effet exquis. Les Adiantum sont peu exigeants au point de vue de la température et réus- sissent parfaitement dans la serre froide ou dans la serre tempérée ; le plus répandu de tous, VA. Capillus Veneris ou cheveu de Vénus, est d'ailleurs indigène dans le midi de la France. Ces plantes réclament peu de soins pourvu qu'on leur donne des arrosages abondants, un bon drainage, des récipients assez grands et un compost de terre de bruyère et de terre franche, avec un peu de sable bien mélangé. 128 — CULTURE DU RICHARDIA (CALLA) AFRICANA OU £THIOPICA Il arrive parfois que les amateurs qui cultivent cette plante sans le secours d'une serre n'obtiennent pas de floraison, quoique la végétation ne laisse rien à désirer. Gela tient généralement à deux causes principales; la pre- mière, la plus fréquente, c'est le manque de repos; la seconde, c'est le mau- vais choix du compost. La notion du repos est souvent difficile à faire entrer dans les habitudes des cultivateurs novices, qui ont peine à se décider à priver leurs plantes. Le repos est cependant indispensable pour la santé même de la plante, et il suffît de considérer les végétaux rustiques pour se rendre compte que la nature arrête pendant plusieurs mois leur activité. Pour donner au Ricliardia af ricana le repos qui lui est nécessaire, il ne suffît pas de le priver d'eau, il faut aussi le soumettre à une température basse, car la chaleur stimulerait la végétation et épuiserait les bulbes. Une serre froide ou une pièce non chauffée de l'appartement convient parfaitement pour hiverner la plante, et une température de 4° environ lui suffît; même un froid un peu plus grand pendant une nuit ne lui ferait pas de tort sensible. Lorsque le temps s'adoucit et que la végétation reparaît, on recommence à arroser abondamment; pendant l'été les pots peuvent même être immergés dans des bassins ou des étangs jusqu'au bord supérieur. Après la floraison, on cesse les arrosages et on laisse la plante sécher pendant trois à quatre semaines; puis on la rempote s'il est nécessaire, en enlevant les drageons, ou on la place en pleine terre dans le jardin, en ayant soin de l'abriter contre les pluies. Au mois de septembre ou d'octobre on recommence à arroser. Le compost doit être formé par moitié de terre de bruyère et de terre franche ordinaire, avec un peu de fumier. On ajoutera également de temps en temps un peu d'engrais à l'eau des arrosages. Les plantes doivent être placées, soit en serre, soit en appartement, près du vitrage de façon à recevoir beaucoup de jour, mais être protégées avec beaucoup de soin contre les rayons du soleil, qui dessèchent les feuilles très rapidement. La multiplication s'opère, comme nous l'avons dit plus haut, avec une grande facilité, par la séparation des coïeux; ceux-ci, bien traités, fleuriront dans un délai de deux ans environ. Pour la culture forcée, qui est facile à pratiquer, on tient les plantes au sec — 129 — à partir de juillet environ; en septembre on les remet en végétation par des arrosages abondants, et on les place sous châssis, ou en serre plus ou moins chauffée selon que l'on désire une floraison plus ou moins précoce. Max G armer. PLANTES PRIMEES Amaryllis gorgeous. — Nouvelle variété à fleurs portées sur une tige de 45 centimètres environ, à tube court et largement ouvert, de forme régulière et symétrique, d'un coloris cramoisi ardent très riche, avec un reflet plus foncé dans la gorge. Certificat de mérite au Meeting de Londres du 26 mars (MM. Veitch). * Streptocarpus gratus. — Hybride du S. Dunni et d'une variété ancienne. Les feuilles, peu nombreuses, sont grandes, et atteignent jusqu'à 45 ou 50 centimètres de longueur. Les fleurs sont d'un coloris rose pourpré, ligné de pourpre foncé à la base du labelle ; elles sont abondantes et de grande dimension. Certificat de mérite au Meeting du 20 mars de la Société royale Botanique anglaise et au Meeting de la Société royale d'Horticulture de Londres du 2G mars (MM. Veitch). Cliveia Model. — Feuilles très larges ; fleurs nombreuses, relativement courtes, mais largement campanulées, à segments larges, d'un riche coloris orangé avec la gorge jaune. Certificat de floriculture le 20 mars et Certificat de mérite le 2G mars, aux Meetings de Londres (MM. Williams et fils). Cliveia Firefly. — Comme le nom l'indique, les fleurs ont un coloris ardent que l'on peut désigner comme un écarlate orangé brillant ; elles sont d'une bonne forme et très bien groupées ; c'est une variété qui fait beaucoup d'effet. Certificat de floriculture le 20 mars au Meeting de la Société royale Botanique, à Londres (MM. Williams et fils). Amaryllis Idsworth, — Fleurs courtes et larges, d'un rouge cramoisi foncé, avec la gorge ornée de reflets soyeux et nuancée de marron. Belle variété qui a obtenu un Certificat de floriculture le 20 mars à Londres (MM. Veitch). — 130 — Ataccia cristata. — Cette curieuse plante, à fleurs d'un brun pourpré luisant, portées en grappes serrées au sommet d'une forte tige, et munies de longs appendices filiformes pendantes, était exposée au Meeting de Londres du 9 avril par Sir Treyor Lawrence, l'éminent amateur anglais. Elle a reçu un Certificat de l re classe. Amaryllis Doris. — Variété à belles fleurs, ayant les pétales larges, d'un riche coloris cramoisi. Certificat de mérite au Meeting de Londres du 9 avril (MM. Veitch). Amaryllis Chimère. — Variété se rapprochant du blanc pur, et dans laquelle cette couleur n'est interrompue que par quelques stries panachées rouges. Certificat de mérite au Meeting de Londres du 9 avril (MM. Veitch). Cliveia R. H. J. Chamberlain. — Belle variété à fleurs d'un coloris vif. Certificat de mérite à Londres le 9 avril (MM. Laing et fils). Anthurium compactum. — Variété récompensée d'un Certificat de mé- rite à Londres le 9 avril ; son nom indique ses caractères particuliers au point de vue du port; pour ce qui concerne la floraison, la spathe est arrondie, d'un blanc crème chargé de larges macules écarlates. Exposée par Sir Treyor Lawrence. * Primevère de Chine Ganti Rosy Queen. — Très belle variété à grandes fleurs, d'un rose tendre avec l'œil jaune verdâtre, exposée par MM. Sutton et fils, de Reading, au meeting de Londres du 15 janvier. Elle a obtenu un Certificat de mérite. M. G. LES NELUMBIUM Les Nelumbium n'ont pas de rivaux parmi les plantes aquatiques au point de vue de l'aspect imposant, et non seulement on peut les utiliser dans les grands lacs et les pièces d'eau des parcs publics et privés, mais ils ont une élégance qui les rend propres à orner même les petits jardins aquatiques. Ils sont si parfaitement rustiques qu'on a peine à comprendre comment beaucoup de personnes éprouvent de la difficulté à les établir et à les cultiver. — 131 — L'une des causes qui produisent parfois des échecs, c'est qu'on les plante à une époque trop hâtive. Il faut attendre pour les planter que le temps soit chaud et les conditions hien favorables, de telle sorte que les tubercules ou les plantes puissent entrer immédiatement en active végétation. Lorsqu'on reçoit des tubercules expédiés d'un endroit lointain, il peut arriver qu'ils aient été soumis à une haute température pendant le voyage, et que par suite leur énergie vitale se trouve ralentie si l'on les plonge dans l'eau froide. Quand les tubercules ont émis de jeunes racines, il est beaucoup plus prudent de les planter dans des boîtes peu profondes et de les tenir à l'abri soit dans une serre froide, soit sous châssis jusqu'à ce qu'il soit possible de les mettre sans danger à leur place définitive. Il faut éviter autant que possible d'arrêter la végétation, car il en résultera toujours de la faiblesse, sinon la mort de la plante. Un autre bon procédé consiste à mettre ces plantes enracinées dans de grands pots ou corbeilles, et à les tenir en végétation jusqu'à l'époque des chaleurs, où l'on pourra transplanter les plantes avec une bonne motte de terre aux racines, et les mettre soigneusement en place à l'endroit où elles doivent fleurir. Lorsqu'on n'a pas de bassins pour recevoir les grands pots, on peut se servir de bacs. On peut encore produire les Nelumbium de graines. Il y a peu de graines qui germent plus facilement que celles des Nelumbium, pourvu que l'on perce la base de l'écorce dure de la graine afin que l'eau puisse y pénétrer. La plumule se montre d'abord, quelquefois deux ou trois jours avant que la pre- mière radicelle soit visible, et toujours à la base ; aussi les jeunes semis se développent-ils beaucoup plus aisément lorsqu'on perce un trou à cet endroit. Sous l'influence d'une température de 24° G. environ, la graine germe au bout de six jours, quelquefois moins. On peut déposer chaque graine séparément dans un petit pot, ou la faire germer dans l'eau et procéder ensuite au rempotage; dans les deux cas, il faut cultiver et établir les jeunes plantes dans de grands pots ou paniers avant de les mettre en place définitive. Les Nelumbium obtenus de graine ne fleurissent pas la première année, mais presque toujours la seconde ou la troisième. En dehors de la beauté de leurs fleurs, leur feuillage suffirait à leur donner une grande valeur ornemen- tale et à les rendre dignes de la culture. W. Tricker. — 132 BIBLIOGRAPHIE Les plantes bulbeuses, tuberculeuses et rhizomateuses , ornemen- tales de serres et de pleine terre, par D. Guihéneuf, professeur d'arboricul- ture, ancien multiplicateur en chef de la Société Royale d'horticulture de Londres (}). Cet ouvrage très complet, très judicieusement catalogué et heureusement commenté par de nombreuses gravures, vient combler une véritable lacune en groupant ensemble un très grand nombre de plantes précieuses pour l'or- nementation des serres et des jardins, et dont beaucoup étaient injustement négligées dans la plupart des traités spéciaux. L'auteur, dont la compétence est amplement garantie par son titre d'ancien multiplicateur en chef de la Société royale de Londres, a compris dans son étude, en outre des Amaryllidées, Iridées et Liliacées, sur lesquelles les amateurs ne manquent pas de renseignements de toute sorte, d'autres familles non moins riches en plantes ornementales : Anémones, Bégonia, Galadium, Dahlia, Renoncules, etc. On y trouve même un certain nombre d'Orchidées terrestres à tubercules, Disa, Galypso, Orchis, Aceras, Ophrys, Satyrium, etc., et même les Phaius, Lissochilus, Cypripedium, et parmi ces derniers, à côté des espèces rustiques, un petit nombre d'espèces tropicales, C. barbatum, C. insigne, C. venustum. Nous n'insisterons pas sur ce que ce classement a d'un peu arbitraire, ni sur quelques légères erreurs inévitables dans un travail aussi vaste, et qui seront évidemment corrigées un peu plus tard. En somme, cet ouvrage rendra de très utiles services aux jeunes amateurs, tant par 1'énumération et la description d'une foule de plantes intéressantes, que par les indications qu'il donne sur les soins généraux qu'elles réclament, sur l'époque de leur floraison, etc. M. G. (!) Un vol. in-12 de 600 pages, orné de plus de 200 ligures. Prix : 6 francs. 0. Doin, éditeur, 8, Place de l'Odéon, Paris. 6 me Série. TOME 2' 9 e Livraison. 15 Mai 180ô L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll IM D EIM Directeur : LUCIEN L1NDEN REDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODiGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissanl le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATION HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIRE Pages. Chronique horticole 133 Plantes nouvelles ou recommandables . . . 140 Légumes de grande culture 143 Poires de choix 145 Arbres forestiers et d'ornement 146 Petites notes de culture 147 Pages. TEXTE ET PI \N' m i 01 ORIÉE PI. 33. Dipladenia atropurpurea 139 Fig. 20. Impatiens Sultani, hybride nain varié . 140 » 21. Myosotis alpestris var. Victoria rubra . 142 » 22. Poire Beurré de Rance 145 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. Vander Haegben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) > «»♦•> < Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. ^J. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour C insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les2 journ. dansles 2 journ. dansles2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 » 60 » 100 » 180 « 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 )) 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . . » 15 » 30 )) 50 » 90 » 150 Un huitième de page . . » 12 » 25 « 40 » 70 » 125 Un seizième de page . » 6 » 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 133 CHRONIQUE HORTICOLE 15 Mai 1895. L'Exposition Internationale d'Horticulture qui se tiendra à Paris dans les magnifiques Jardins des Tuileries, du 22 au 28 mai, s'annonce comme devant avoir un grand succès. Nombreuses ont été les demandes d'admission d'exposants tant Français qu'Étrangers, ce qui n'a pas lieu d'étonner, si on veut bien se rappeler que le Jury aura à sa disposition pour plus de 30,000 francs d'objets d'art et de médailles offerts par des amateurs zélés et par la Société Nationale d'Horticul- ture de France, qui ne recule devant aucune dépense pour assurer à son Exposition décennale de 1895, le même succès que celui obtenu en 1885. Un décret du Président de la République, en date du 3 avril 1895, constitue l'emplacement de l'Exposition en entrepôt réel des douanes, ce qui supprime pour les produits étrangers, toutes les formalités aux frontières, l'examen se faisant à l'Exposition même. Les membres du Jury, nommés par la Société et appartenant à toutes les nationalités, acceptent leur mission avec entliousiasme et se proposent d'assister en même temps qu'à l'Exposition, au Congrès International Horti- cole, qui se tiendra au local de la Société, pendant la durée de l'Exposition et qui promet d'être des plus intéressants. * Exposition à Bruges, envois libres. — La Société royale d'Horticul- ture de Bruges a tenu son exposition printanière du 14 au 1G avril dernier. Cette année, elle présentait un intérêt particulier en ce que, délaissant la routine ordinaire, la Commission organisatrice avait appelé à cette floralie des apports dits libres, composés selon le bon plaisir des exposants. Dix-sept amateurs et horticulteurs avaient répondu à l'appel en envoyant plus de qua- rante lots dont la plupart ont obtenu des récompenses. Cette innovation, on peut le dire, a eu un plein succès. On paye cher ce qui est bon. — Les envois des primeurs du Midi arrivent désormais régulièrement sur nos marchés. Nos voisins consentent à — 134 — nous les fournir à de bons prix. On a reçu au milieu d'avril des asperges d'Algérie à fr. 2,50 la botte, ce qui n'empêchait pas les grosses asperges de couche de se vendre 20 fr. la botte. A Paris, les endives de Bruxelles se ven- daient de 40 à 45 francs le cent. Le raisin noir de Bruxelles, malgré les droits protecteurs, se vendaient 12 fr. le kilog. à Paris, tandis que le raisin de Roubaix n'atteignait que 2 à 3 fr. On paye cher ce qui est bon. Éphédrine. — L'éphédrine est un alcaloïde extrait de YEphedra vulgaris ou Herbe de Kouzmitch, ainsi nommée d'après le nom d'un paysan du Gouver- nement de Samara qui a trouvé que cette plante est un remède actif contre un grand nombre de maladies. Aujourd'hui l'herbe de Kouzmitch est devenue populaire et il est établi que ses propriétés thérapeutiques sont incontestables. La plante et son alcaloïde appartiennent au groupe des substances cardiaques dont le type est la caféine. Ils influencent les appareils moteurs du cœur. D'après les expériences les plus concluantes, l'éphédrine produit ses effets physiologiques en renforçant l'activité du cœur. Échelle thermométrique. — Dernièrement nous avons reçu pour la station météorologique de l'École d'horticulture de Gand un thermomètre à maxima qui, à son arrivée dans notre bureau, marquait 62° G. Le lendemain, exposé en plein nord, il marqua comme maximum 37°6. Ayant transmis cette indication à l'Observatoire de Bruxelles, nous reçûmes de M. A. Lancaster l'explication de l'énigme : « la division 30° à votre nouveau thermomètre à maxima, nous dit-il, correspond en réalité à 0°. Lorsque vous lisez 37°6, la température est donc 7°0. On a adopté ce système pour éviter l'emploi de températures négatives et rendre ainsi plus facile le calcul des moyennes. Par ce moyen, on arrive également à parer aux erreurs de lecture qui se présen- taient chez certains observateurs, lorsque le thermomètre descendait au-dessous de zéro. » C'est en quelque sorte une correction de l'échelle Fahrenheit dont le zéro équivaut à — 17°7 G. et dont la division 32 correspond au de l'échelle centigrade. Jubilé horticole. — Un comité s'est constitué à Bruxelles pour fêter le 25 me anniversaire de l'entrée de M. L. Lubbers comme chef des cultures au Jardin botanique de l'État. Un banquet sera offert au jubilaire le 23 juin prochain. * Vieux orangers. — Dans le préau du couvent de Santa Sabina, à Rome, il existe un oranger qui, d'après la tradition, fut planté vers l'an 1200. Un autre exemplaire, dans l'abbaye de Todi, fut planté en 1278. La plantation — 135 — en est attribuée à S 1 Thomas d'Aquin. Notre confrère Sempervirens signale encore un oranger se trouvant dans le jardin de l'Alcazar mauresque de Séville. 11 fut planté sous le règne de Pedro I vers 1360. * * Blé décortiqué. — M. Steinmetz, de Leipzig, préconise un système de décortication des blés qui consiste à faire passer successivement les grains bien criblés dans une laveuse, un décortiqueur et un aspirateur. Grâce à ce procédé, dont il a été question récemment à l'Académie des Sciences à Paris, les grains sont obtenus tout à fait secs et débarrassés du péricarpe. Ils peuvent donc être entièrement transformés en une excellente farine parfaitement pure, plus nutritive et beaucoup plus saine que d'autres. Prix Estalla — L'Illustration Horticole a fait connaître en son temps que M. Marc Estalla a fondé à Genève un prix destiné à récompenser l'exposant d'un lot remarquable de plantes à fleurs. Un premier concours spécial sera ouvert dans ce but pendant l'exposition suisse qui aura lieu à Genève en 1896. Le prix consiste en une médaille d'or de 300 francs accom- pagnée d'une prime de 900 francs. Il sera décerné au plus bel apport de plantes fleuries, cultivées en vases et comprenant des plantes méritantes récemment introduites en Europe. Les plantes doivent être depuis un an au moins la propriété de l'exposant. Le concours sera jugé par un jury spécial, désigné par la Société d'horticulture de Genève et agréé par la direction de l'exposition internationale. Il aura lieu en mai 1896. Les inscriptions doivent parvenir avant le 1 er septembre 1895 à M. Micheli, président d'honneur de la Société et président du groupe de l'horticulture à l'exposition internationale de 1896. * Phénomènes périodiques de la végétation. — Le Bulletin météoro- logique de l'Observatoire royal de Belgique (Uccle), dont l'utilité est de plus en plus appréciée, mentionne fréquemment des observations de phénomènes périodiques concernant la floraison et la feuillaison de certaines espèces végé- tales. Nous nous demandons s'il ne serait pas désirable, afin de rendre les comparaisons plus intéressantes, de distribuer aux observateurs des exem- plaires absolument identiques appartenant, non seulement à une espèce déter- minée, mais aussi à la même variété. En effet, il importe de ne point perdre de vue que la plupart des plantes cultivées depuis longtemps possèdent des variétés plus ou moins hâtives, plus ou moins tardives, présentant parfois des différences d'une vingtaine de jours dans leur évolution. Il serait bon aussi de voir les mêmes plantes cultivées dans les mêmes conditions autant que possible. — 13G — Exposition internationale à Maestricht. — Cette festivité horticole, organisée par la Société pour l'amélioration des cultures dans le Duché de Limhourg, est définitivement fixée aux 21, 22, 23 et 24 mai; elle coïncidera avec la visite que LL. MM. les deux Reines des Pays-Bas feront à Maestricht. Le programme compte 115 concours comprenant des plantes variées, fleuries ou non fleuries, les Orchidées (auxquelles est dévolue la médaille d'or offerte par S. M. la Reine Régente), les Palmiers, les Fougères, les plantes carnivores, les plantes à feuillage, Broméliacées, Aroïdées, Bégonias, Goleus, plantes du Gap, Azalées, Rhododendrons, Rosiers, etc. Une section appelle les fruits et les légumes, une autre les bouquets et les compositions florales. La plus grande forêt du monde, d'après le YoutJis Companion, est située en Sibérie et s'étend sans interruption depuis la plaine du fleuve Obi à l'ouest, jusqu'à la vallée de i'Indighirka. Elle embrasse donc les grandes plaines des fleuves Yenissei, Olenek, Lena et Yana, mesurant plus de mille lieues en largeur du nord au sud et environ trois mille lieues de longueur. La plupart des arbres sont des Conifères très rapprochés les uns des autres, atteignant souvent 50 mètres de hauteur. Les chasseurs les plus habiles n'osent point s'aventurer dans ces immenses forêts dont jamais être humain n'a parcouru les centres; celui qui s'y égare est un homme perdu. # ¥ Promenades à Paris. — Voici, en nombres ronds, rémunération des arbres plantés dans les promenades et avenues à Paris, relevés à la fin de décembre 1894 et mentionnés dans la Revue Horticole. Platanes 26,000; Marronniers 17,000; Ormes 15,000; Ailantes 9,000; Érables-Sycomores 6,000; Èrables-planes 4,000; Robiniers 4,000; Tilleuls 2,000; Paulownia 1,000; Noyers d'Amérique 400; Acer Negundo 100; etc. D'après le même relevé, il n'y aurait qu'une douzaine de Peupliers de Virginie, un Catalpa, un Chêne, un Mûrier et un Sophora. Essence de roses. — Un alcool spécial, désigné sous le nom de Rhodinol, forme presque entièrement la partie odorante de l'essence de roses. Jusqu'ici cet alcool spécial ne s'était rencontré que dans le liquide extrait des roses Dernièrement on a découvert que le Rhodinol peut être fourni également par les Pelargoniums et qu'il s'y trouve même en quantité notable. La chimie des parfums, grâce aux recherches de MM. Bonnet et Barbier, en France, a fait un progrès de plus qui fera baisser sensiblement le prix élevé de l'essence de roses. Insectes utiles. — Parmi ceux-ci se trouve une sorte de Coccinelle — 137 — d'Australie, Leis conformis, qui a été employée par M. Elwood Cooper, président du State Board of Horticulture en Californie. M. Cooper propose également, pour combattre le puceron lanigère du pommier, une autre coccinelle, probablement le Crioceris decempunctata. Seulement il ne suffit pas de capturer les coccinelles et de les porter auprès des arbres, mais il faut récolter leurs œufs ou leurs larves et les placer sur les arbres dont les insectes dévoreront les parasites. Énergie de certains organes végétaux. — Nous nous rappelons avoir vu, chez notre ami feu l'abbé Eugène Goemans, il y a quelque trente ans, des spores d'un Pilobolus cristallinus , joli petit champignon, transpercer une feuille de papier d'herbier à la distance de trois cents fois la hauteur de la plante. Voici un autre fait communiqué à un confrère étranger par M. Wil- liam Lunt, du Jardin botanique de La Trinité. Un grand spécimen de Hevea brasMiensis, de la tribu des Crotonées , famille des Euphorbiacées, était au mois d'octobre dernier, chargé de fruits. La déhiscence de ceux-ci est aussi intéressante que remarquable. Ils sont à trois carpelles et la déhiscence est septicidale. Les septes sont très contractiles; ils commencent à se dégager quand le fruit entre en maturation, mais demeurent attachés en trois points. A mesure que la maturité avance, la pression sur les graines augmente et lorsque les fruits sont entièrement mûrs, les carpelles se séparent avec un bruit sonore. Chaque carpelle s'ouvre à son tour par son milieu en deux parties égales produisant aussi du bruit, et la pression exercée sur les graines est telle que celles-ci s'échappent en se projetant à des distances de plus de trente mètres. Par une journée chaude et sèche, l'épanouissement brusque des cap- sules produit parmi les branches comme une incessante canonnade lointaine. * » * Terris du Borinage. — On donne le nom de terris ou terrils aux dépôts provenant des exploitations charbonnières formés de parcelles de charbon, de calcaire, de schiste, de grès et de terres. Les terris sont nombreux dans le Borinage; beaucoup d'entr'eux prennent feu à la suite d'une fermentation souterraine, ne s'éteignant qu'après de longues années; d'autres ne prennent jamais feu, probablement parce qu'ils renferment trop de terre. Actuellement, à Quaregnon, à Flénu, à Pâturages, on commence à mettre ces terrils en culture. Le Bulletin delà Société centrale forestière cite des plantations faites d'aulnes ordinaires, d'acacias, de bouleaux, de charmes, de frênes, d'érables- sycomores, de faux-ébéniers, d'ormes, de saules marceaux, de peupliers, de châtaigniers, de sorbiers et de genêts à balais. Le même recueil cite une série de monticules ou terris qui pourraient être très utilement mis en culture. — 138 — Un riche cadeau. — Peu d'arbres contribuent autant que VAesculus hippocastanum, marronnier dinde, à l'ornementation de nos parcs et des grands jardins. Les superbes inflorescences dont l'arbre se couvre à profusion au printemps et son beau et large feuillage ne sont dépassés par aucun autre arbre. Si parfois les fortes gelées, comme celles de la présente année, im- priment dans son tronc une profonde crevasse, la frondaison n'en résiste pas moins et l'été lui a bientôt rendu tout son éclat. Sempervirens rappelle que cet arbre fut apporté de la Perse par David de Hongrie, ambassadeur de l'empereur Maximilien auprès des cours du Thibet, de l'Afghanistan et de la Perse. En 1576 il en offrit un petit exemplaire à l'empereur qui le donna au naturaliste de L'Escluse, à Vienne. Clusius en eut grand soin et propagea le bel arbre dans toutes les directions. On peut dire que ce fut là un riche cadeau. Nouveau parc à Baltimore. — On dit que les Américains sont pratiques ; nous ajouterons qu'il sont aussi prévoyants. Nous trouvons dans notre confrère Garden and Forest, l'annonce de la réalisation d'un projet que l'administration de Baltimore conçut il y a un quart de siècle. Elle résolut alors qu'il serait formé un fonds spécial affecté à la création d'un parc public. Le fonds a été constitué au moyen de taxes annuelles prélevées sur le revenu des compagnies de tramways. Il monte à la somme de 5 millions de francs. Le nouveau parc sera établi dans le domaine de Clifton dont la majeure partie pourra être conservée avec ses riches plantations faites avec beaucoup de goût par l'an- cien propriétaire John Hopkins. Encore Petrocosmea ionantha. - - On nous fait observer que cette espèce, dont il a été question dans L'Illustration Horticole du 15 avril, p. 108, appartient à l'Afrique tropicale. Ce fait nous est connu et si cette Gesné- riacée a été trouvée à une quarantaine de mètres d'altitude dans l'est de l'Afrique tropicale, notamment à une lieue de Tanga, aussi bien dans les fentes de roches calcaires que dans un sol abondamment pourvu de terreau, elle a été trouvée également à environ 1000 mètres de hauteur supramarine dans la forêt vierge d'Usambara, dans des localités ombreuses, sur des roches granitiques. Le Botanical Magazine, qui comprend la plante dans son numéro d'avril, dit qu'on en a trouvé des variétés qui diffèrent dans leurs nuances, mais qui toutes sont bleues. M. Ernest Benary, d'Erfurt, a envoyé récem- ment au Gardeners' Chronicle, des fleurs bleu pâle, bleu foncé et pourprées. Ce journal rapporte l'opinion de M. Glarke, une autorité en fait de Gyrtan- drées (il en a publié une monographie), qui pense qu'on pourrait garder le nom de Saintpaulia jusqu'à plus ample information. Ém. Rodigas. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. XXXIII D'APRÈS "THE GARD EN " Ovo- ■ DIPLADENIA ATROPURPUREA . — 139 PI. XXXIII DIPLADEMA ATR0PIRP11REA La plante dont nous donnons ci-contre le portrait d'après celui que The Garden a publié il y a quelque temps, fit réellement sensation il y a juste un demi siècle. Elle fit son apparition en Angleterre, chez M. Veitch, à Exeter, qui la reçut du Brésil. Ses grandes fleurs, d'un coloris pourpre foncé, tranchant vivement sur le vert grisâtre du feuillage, en font une plante d'orne- ment de tout premier ordre. D'où vient donc que cette brillante Apocynée, une des plus belles du genre, ait disparu de la culture, malgré la publicité et les éloges qui lui furent décernés dans le Botanical Magazine de 1843, dans la Flore des Serres de 1845 et peut-être ailleurs ? Les plantes comme les hommes, ont sans doute leur destinée, et il faut se réjouir de voir réapparaître, comme sortant d'une longue léthargie, le charmant arbrisseau brésilien que les explorateurs de L'Horticulture Internationale ont retrouvé au Brésil et ramené en Belgique. C'est un arbrisseau grimpant, à feuilles courtement pétiolées, ovales allongées, acuminées, lisses. Les pédoncules sont plus longs que les feuilles, ils portent généralement deux fleurs. Le tube de la corolle, d'abord étroit et presque cylindrique, se dilate vers son milieu et se termine par cinq lobes larges, acuminés, bien étalés, même réfléchis et quelque peu ondulés. Le Dipladenia atropurpurea produit un superbe effet quand il s'est enroulé comme il le fait naturellement autour des colonnettes de la serre. Ainsi traité, ou bien conduit le long de la toiture, il produit en abondance ses grandes fleurs. La culture des Dipladenia ne présente aucune difficulté. Nous prions le lecteur de vouloir consulter ce que nous en disons dans U Illustration Horticole tome XXX, 1883, p. 108. Nous insisterons seulement sur ce que les arrose- ments et le seringage doivent être abondants et fréquents durant la belle saison et que la chaleur et l'humidité doivent diminuer pendant le repos hivernal. La multiplication a lieu de boutures et de semis comme celle des autres espèces, telles que D. splendens ou profusa, D. nobilis, D. amabilis, D. vincaeflora, D. boliviensis, D. brearleyana. Si ces plantes étaient mieux connues, les horticulteurs songeraient certainement à en obtenir des hybrides. Ém. Rodigas. 140 PLANTES NOUVELLES OU RECOM M AN DABLES Shortia galacifolia. — Une belle touffe de cette espèce, dont la réintro- duction remonte seulement à 1888, fut montrée bien fleurie à un des derniers meetings de la Royal Horticultural Society de Londres. Les feuilles, d'un beau vert, sont teintées de brun; les tiges florales, longues de m 15, portent une ou deux fleurs dont la corolle campanulée a m 025. Elle est blanche avec une pâle teinte rose. L'espèce provient des monts Allégbanies. L'exemplaire pré- senté au meeting précité a été cultivé comme d'autres plantes alpines dans un mélange de sable et de terre de bruyère sous châssis froid et à l'abri des rayons solaires durant l'été. L'époque de la floraison est le mois d'avril. Phlox divaricata. — Cette espèce est une des plus gracieuses fleurs prin- tanières qu'on puisse voir. Ce n'est certes pas une nouveauté pour nos jardins, puisqu'elle fut introduite en Europe vers le milieu du siècle précédent. Elle est originaire de Virginie. C'est une herbe vivace, légèrement pu- bescente, scabre, lâchement ra- meuse; les feuilles sont ovales un peu allongées. Dès la fin de mai s'épanouissent ses grandes fleurs d'un beau bleu pâle. Elles sont dis- posées en panicules corymbi formes lâches. La corolle a ses segments échancrés bifides. La plante vient bien dans les rocailles et ne désire pas le plein soleil. Impatiens Sultani, hybride nain varié. — Sous cette déno- mination, M. Léonard Lille, de Lyon, annonce parmi ses nouveau- tés une race d'Impatiens des plus méritantes. L'Impatiens Sultani type s'est acquis en fort peu d'années dans les cultures une place bien justifiée par la rapidité de sa croissance, l'abondance et la longue succession de ses gracieuses fleurs. A ces qualités maîtresses, la race nouvelle ajoute une taille moins élevée et une végétation plus -régu- lière, ainsi que le montre la figure 20. Les plantes, dit M. L. Lille, ne Fig. 20. — Impatiens Sultani, hybride nain varié. — 141 — dépassent pas 30 centimètres de hauteur. De plus elles ont une grande variété de coloris des fleurs ; en eflét, celles-ci présentent tous les tons du blanc rosé, du rose, du carmin vif, du rouge feu et du violet foncé. Viola odorata semperflorens. — M. E. Bredemeier, de Palanza (Piémont), décrit une nouvelle variété de cette violette sous le nom de Princi- pessa di Summunte, dans le numéro du 1 er avril de la Gartenflora qui consacre à cette jolie nouveauté sa planche n° 1413. C'est bien une nuance nouvelle parmi les violettes, un lilas pâle d'une douceur sans égale que l'on ne trouve d'habitude que dans certaines Orchidées, telles que les Vanda. Le centre de la fleur est d'un blanc qui contraste vivement avec la couleur cuivrée des étamines. Le segment médian inférieur porte seul des veinures d'un bleu foncé. La fleur est très parfumée et est recommandée pour la culture forcée à cause de sa floraison riche et précoce. Pétunias à fleurs pleines. - - Parmi les nouveautés annoncées par MM. Victor Lemoine et fils, de Nancy, nous aimons à citer des Pétunias à fleurs pleines dont la description est des plus attrayantes. Caprice, fleur grande, dentelée, rouge cerise bordé blanc. Fiancée, fleur fimbriée, blanc rosé panaché carmin. Hercule, fleur grande, dentelée, lilas rose violacé nervé noir. Ida, fleur dentelée, rose tendre veiné pourpre, reflet lilacé. La Neige, fleur fimbriée, blanc pur. Léonidas, fleur énorme, fimbriée, mauve lilacé veiné noir, bordé blanc. Le Prophète, fleur grande, frangée, violet lilas nervé noir, bordé blanc. Obélisque, fleur fimbriée, blanc rosé, panaché mauve. Vénus, fleur grande, frangée, blanc à bord crème. Papaver bracteato-somniferum. — Voici un produit des plus intéres- sants offert par la maison Vilmorin parmi les nouveautés de cette année. C'est un hybride obtenu par le croisement du Pavot à bractées (Papaver brac- teatum), espèce vivace, fécondé par une variété du Papaver somniferum, espèce annuelle. M. S. Mottet signale la nouveauté dans la Revue Horticole du 16 avril dernier. La nouvelle race montre dans les semis des individus annuels et d'autres vivaces, ceux-ci en plus petit nombre. Les fleurs simples, grandes et très belles, présentent sur quelques pieds des pétales plus ou moins laciniés comme chez quelques pavots somnifères, tandis que chez d'autres les pétales sont entiers ou à peu près. La couleur est rouge ponceau velouté écla- tant, avec une large macule noire à l'onglet. Parfois cette couleur présente des tons d'un rose carminé. Les exemplaires vivaces sont très rustiques ; les — 142 — exemplaires annuels sont seuls fertiles. Chez ces derniers, le feuillage a pris la forme du Papaver bracteatum. Le mélange des deux parents est donc marqué d'une façon très curieuse. Myosotis alpestris var. Victoria rubra. — M. Léonard Lille, de Lyon, annonce cette jolie plante parmi ses nouveautés de 1895. C'est une ma- gnifique race, dit-il, très compacte et très florifère, formant des touffes hautes de 15 à 20 centimètres, abondamment couvertes de fleurs, bien plus grandes que dans l'espèce type et d'un beau coloris rose vif (flg. 21). Cette plante se prêtera fort bien à la décoration printanière des plates- bandes et des corbeilles. On pourra aussi en faire des bordures et de très gracieuses potées. Spiraea bracteata. — Cette §j£3r' magnifique plante japonaise, qui '^^ fut introduite sur le Continent par m- oi ir ,. , , . Tr . , . , von Siebold, est redevenue une t ig. zi. — Myosotis alpestris var. Victoria rubra. nouveauté de réelle valeur. L'ar- brisseau mesure environ un mètre; ses rameaux, d'un rouge brillant, portent des feuilles presque orbiculaires. Les fleurs, très nombreuses, sont disposées en corymbes terminaux globuleux. La bractée caractéristique de l'espèce est située vers le milieu du pédicelle de la fleur. La plante a été publiée l'an dernier par notre confrère américain Garden and Forest. Mimulus Clevelandi. — Nouvelle espèce signalée dans un récent numéro de Garden and Forest. Elle croit en touffe dans la Californie méridionale. Ses tiges sont ligneuses et atteignent m 60 de hauteur. C'est une espèce vivace ayant de l'affinité avec le Mimulus glutinosus. La plante n'est point rustique dans les contrées tempérées. * Papaver orientale. — Il s'est produit déjà plusieurs modifications heu- reuses dans le coloris si vif du Papaver orientale multiplié par voie de semis. Les variétés obtenues par MM. Vilmorin-Andrieux révèlent des colorations très remarquables, allant jusqu'au violet foncé. L'une des variétés, obtenue chez M. Thomas Ware, horticulteur à Tottenham, et désignée sous le nom de Blush Queen, est marquée par un coloris rose avec macules pourpres des plus distinguées. Ém. R. 143 — LEGUMES DE GRANDE CULTURE (Suite, voir p. 111) Choux. — Nombreuses sont les races de choux. En se plaçant au point de vue de la production, on peut les classer en cinq groupes : les choux pommés, à tète compacte, arrondie; les choux-raves, dont on utilise les renflements charnus; les choux-fleurs, dont on mange les parties florales; les choux verts, dont on utilise les feuilles; enfin ceux dont on emploie plus spécialement les pétioles, comme les choux de Chine et le chou marin. Dans chacun de ces groupes il existe des races bien déterminées et dans ces races des variétés ou formes particulières, dont rénumération seule prendrait des pages. Les choux pommés comprennent les choux cabus, à feuilles lisses et unies; les choux de Milan, à feuilles cloquées, et le chou de Bruxelles ou à jets, dont la tige se garnit de petites rosettes. Dans ces séries, il y a encore les variétés hâtives, qui doivent être consommées aussitôt après la formation des pommes, et les variétés tardives qui se conservent plus aisément pendant l'hiver. En tète de ces derniers il convient de citer le chou quintal blanc ou chou d'Alsace, principalement recommandé pour la choucroute; le chou quintal d'Auvergne, plus gros et plus rond; le chou trapu de Brunswick, à tige extrêmement courte, à pomme serrée, aplatie et reposant sur le sol. Citons encore le chou de Winnigstadt, qui a l'avantage de pommer au printemps comme à l'arrière- saison, avant comme après l'hiver. Les choux cabus rouges, très estimés en Belgique, peuvent également être soumis à la culture en plein champ, et fréquemment dans nos régions leur valeur est de beaucoup supérieure à celle des cabus blancs. Les cabus rouges comprennent deux types, celui à petite pomme et celui à grosse pomme. Les meilleures variétés sont le très gros rouge de Gand; le sanguin de Hollande, à grosse pomme tardive; le Cabus rouge ou Sanguin d'Erfurt et le petit noir Superfin cV Utrecht ou Tête de nègre. Les pommes de cette dernière variété sont fort petites, mais celles-ci sont préférées sur nos marchés et font un article courant de ménage. Les choux de Milan ou de Savoie comprennent deux types qui sont le chou de mai ou hâtif d'Ulm et le tardif de Milan. L'un et l'autre comptent plusieurs variétés plus ou moins stables et dénommées suivant les localités. Le chou de Bruxelles est un type spécial qui se distingue de tous les autres par les petits gemmes ou rosettes, fermes et serrés, qui se produisent depuis la base jusqu'au sommet de la tige. C'est une plante originaire de Belgique. — 144 — Les maraîchers des environs de Bruxelles, Louvain, Anvers, Malines, Lierre, etc., en font des cultures étendues. Tous ces choux conviennent parfaitement dans les terres franches, partout où il est possible de maintenir le sol dans une certaine fraîcheur, comme c'est le cas dans les terres irrigables. Une sécheresse prolongée peut compromettre la récolte. M. H. de Vilmorin, dans la conférence dont nous avons déjà parlé, recommande plus spécialement de cultiver le chou de Bruxelles et les choux de Milan, à l'exclusion des autres, dans les plaines et sur les plateaux, là où l'arrosage est difficile. Cependant une saison exceptionnellement chaude et sèche au printemps peut rendre le produit aléatoire. Le chou de Bruxelles, qui est recherché sur nos marchés en toute saison, et surtout en octobre et novembre, peut encore fournir son produit au printemps. Il résiste aux hivers les plus rigoureux. C'est le dernier qui nous ait donné du produit en avril, après le rude hiver de cette année. Les choux-raves ou à racines charnues comprennent deux races remar- quables. Les choux-raves proprement dits, dont le renflement de la tige se produit au-dessus du sol, et le chou-navet ou turnep, qui produit ce renflement charnu sous terre, c'est-à-dire sous le collet. Le chou-rave offre un mets aussi délicat que le chou-fleur. Il en existe des variétés nombreuses, les unes hâtives, les autres tardives. Les choux-navets comptent également plusieurs variétés qui appartiennent plus spécialement au domaine de la grande culture. La plupart sont très rustiques. Le produit présente en moyenne une densité double de celle du navet ordinaire, c'est-à-dire que, à volume égal, il a deux fois le poids de ce dernier. Pour bien réussir, le chou-navet demande une terre dans laquelle l'argile prédomine. Les choux-fleurs sont généralement réservés au jardin. Cependant ils viennent admirablement en plein champ et donnent un excellent produit, toujours bien accueilli au marché. Il en existe deux types, le chou-fleur pro- prement dit avec ses races hâtives, demi-hâtives et tardives (nous avons eu l'occasion déjà d'en parler dans L'Illustration de cette année, p. 47), et le Brocoli, qui en diffère par ses feuilles ondulées et la formation de têtes secon- daires dans les aisselles des feuilles. Les Brocolis sont, en outre, de couleurs variées, bien que le blanc soit préféré. Certaines variétés sont rustiques sous notre climat. Les choux-fleurs, comme le Brocoli, se plaisent dans un sol léger et bien meuble. (Sera continué.) Ém. BODIGAS. — 145 — POIRES DE CHOIX Beurré de Ranee. — Voici encore un fruit de premier ordre, découvert en 1762, au village de Ranee (Hainaut), par notre illustre pomologue, l'abbé d'Hardenpont. C'est un beau fruit allongé, obtus aux deux extrémités, à peau d'un vert très foncé, devenant vert jaunâtre à la maturité, qui a lieu de mars à mai. Fig. 2â. — Poire Beùïrê dé Ë&nôê, La chair est blanc verdâtre, fine, de qualité variable cependant selon le sol et l'exposition ; dans un bon terrain, fertile et chaud, à exposition du levant ou au midi, on pourra cueillir des poires Beurré de Ranee de toute première qua- — 14G — lité, sucrées, légèrement vineuses, avec un parfum délicat. Dans ces conditions, on peut aussi cultiver le Beurré de Rance sous forme de pyramide. Les fruits en sont presque âpres dans les terrains très froids. On greffe de préférence cet arbre sur franc de semis. Gustave Michiels. (Sera continué.) ARBRES FORESTIERS ET D'ORNEMENT Les arbres forestiers se plantent soit isolés, soit en lignes ou en avenues; ceux d'ornement sont disposés en massifs, en groupes ou isolément, dans les parcs et jardins d'agrément. Les plantations en lignes ou en avenues doivent être faites dans des tranchées continues, larges de deux mètres, sur une pro- fondeur d'un mètre, pour que les racines puissent facilement s'étendre ; le défoncement, dans les parcs et jardins, a lieu dans toute l'étendue des massifs à une profondeur d'environ 75 centimètres. Les grands arbres plantés en massif, se placent ordinairement à une dis- tance de trois à quatre mètres l'un de l'autre; on doit garnir les intervalles au moyen de touffes, choisies parmi les plants forestiers ou arbustes à feuilles caduques ou à feuillage persistant, et les disposer de manière à obtenir des contrastes frappants, dus à la grandeur des arbres, à la forme et la couleur de leur feuillage de toutes nuances. Nous nous proposons de passer en revue les principaux genres et espèces d'arbres appartenant aux deux catégories. Le Bouleau Bouleau blanc commun, un de nos arbres les plus élégants, d'une croissance rapide et s'accommodant de presque tous les sols; il est très convenable pour boiser les terrains siliceux. B. pyramidal, aussi pyramidal que le peuplier d'Italie, variété remarquable; B. à feuilles pourpres, variété nouvelle, très vigoureuse et à feuilles pourpre noir; B. à feuilles laciniées, très ornemental et remarquable par son élégant feuillage finement découpé; B. pleureur; B. nain; B. triste; B. à papier, de l'Inde; B. des Garpathes ; B. crénelé; B. merisier; B. jaune; B. noir à canot; B. d'Oxytzow; B. à papier; B. à feuilles panachées ; B. à feuilles de peuplier, remarquable par son large feuillage et son beau port ; B. à feuilles pourpres, un peu moins pourpre que le Bouleau commun à feuilles pourpres, mais le feuillage a le double de largeur et l'arbre est d'une grande vigueur. Bouleau pubescent. Bouleau pubescent panaché blanc." » » à feuilles d'ortie. | » » mignon. — 147 — Mûrier Mûrier à feuilles panachées. » de jaune, hétérophylles. Mûrier à papier. » » de Kaempfer. » à feuilles cucullées. » » disséquées. Ce dernier est très curieux par ses feuilles réduites aux nervures, ce qui lui donne un aspect très singulier. Charme Charme commun. Arbre indigène, bien touffu et très connu pour former les haies et les allées couvertes, appelées charmilles; il est d'une croissance régulière et se plaît dans presque tous les terrains. Charme commun pleureur. » » pyramidal. » » à feuilles de chêne. Charme d'Amérique. » panaché de blanc. » à fruit de houblon. (Sera continué.) EDOUARD MlCHIELS. PETITES NOTES DE CULTURE Entre -cultures. — Le produit du potager peut être sensiblement aug- menté par la pratique des entre-cultures. Dans ce procédé, il s'agit de ne pas perdre de vue que les plantes de nature différente peuvent parfaitement, se développer les unes à côté des autres sans se nuire réciproquement. Depuis toujours on a vu réussir chez nous la culture des fè\es de marais parmi des lignes de pommes de terre. Cette entre-culture est renseignée par un de nos confrères d'Allemagne comme une excellente innovation. Aussi bien les fèves de marais peuvent être remplacées par des pois et diverses variétés de haricots nains. La présence de ces Légumineuses est plutôt avantageuse aux pommes de terre. Celles-ci sont récoltées en dernier lieu. Feuilles gelées. — Beaucoup d'arbustes vivaces de pleine terre ont souffert du froid extraordinaire de l'hiver mémorable que nous avons subi. La plupart auront été déjà recepés. Partout où cette taille a été négligée, les dégâts sont plus considérables, parce que l'état morbide des rameaux se com- munique fréquemment de proche en proche et dès lors il faut un temps plus long à la plante pour se refaire. Chez certaines plantes, comme les Berberis ou Mahonia, il est prudent de couper les feuilles jusqu'au pétiole. Cette opéra- tion, un peu minutieuse si l'on veut, assure le repercement des yeux. — 148 - Grassula coccinea. — Certaines plantes semblent avoir besoin de beau- coup de temps pour que leur culture soit généralement comprise. Les Crassula coccinea sont du nombre, et pourtant cette culture ne demande pas de soins particuliers. Il leur faut en tout temps beaucoup d'air et de lumière. On les multiplie le mieux de boutures qu'on laisse deux ou trois jours au soleil avant de les piquer. La terre qui leur convient le mieux est un mélange de terreau de feuilles avec ample addition de sable. Les jardiniers parisiens y ajoutent des tessons ou des morceaux de briques. Pendant la végétation les arrosements peuvent être journaliers; ils doivent cesser presque complète- ment en hiver. En cette saison on les traite comme les plantes du Gap en général, dans la serre tempérée qu'on aère beaucoup. Brodiaea. — L'introduction des premières espèces de ce beau genre de plantes bulbeuses remonte au commencement de ce siècle. Actuellement on en connaît plus de trente espèces, la plupart originaires de l'Amérique sep- tentrionale. Leur culture n'est pas difficile, plusieurs sont rustiques dans les régions moyennes de l'Europe ; d'ailleurs, après en avoir joui en plein air l'été, on peut les rempoter dans un mélange de terre de feuilles et de terre ordinaire et les hiverner sous châssis froids. Même par les hivers ordinaires, il suffît de les couvrir de feuilles en protégeant les bulbes contre la pluie et l'humidité. Ces jolies Liliacées appartiennent à la flore des rivages de l'Océan Pacifique. Elles ont beaucoup d'affinité avec le genre Triteleia qui appartient aux rivages de l'Amérique australe. * Pas d'air aux racines, pas de fruits aux arbres. — L'air seul ne suffît pas à la vie; seulement l'absence de l'air rend toute vie impossible. L'expérience de chaque jour démontre que les plantes placées trop profondé- ment en terre languissent et cessent de fructifier. Il suffit bien souvent de relever sur place des arbres stériles ou peu fertiles, pour les rendre très pro- ductifs. Sur les places publiques, la plantation des arbres est très difficile parce que le sol, à la surface constamment piétinée, est presque imperméable à l'air; les racines se trouvent par suite soustraites à l'action d'un agent in- dispensable. On se borne à entourer le tronc des arbres d'une ferrure à jour recouvrant le sol sur une étendue d'un mètre de diamètre, ce qui donne un peu d'accès à l'air, tandis que celui-ci devrait être admis surtout aux extré- mités des racines, donc à une distance du tronc égale à la longueur des plus grandes branches. R. d'Eelen. 6" Série. TOME 2' 10 e Livraison. 30 Mai 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN L1NDEN REDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 13 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATION HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIRE Chronique horticole 149 Fête jubilaire de M. Rodigas 151 Renseignements et culture 153 Exposition internationale d'horticulture de Paris. 157 Exposition internationale de bordeaux . . . 157 La Géographie botanique 158 Pages. Vanda tricolor et Vanda suavis 160 Plantes primées 163 TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE PI. 34. Bégonia Faureana 152 Fig. 23. Vanda tricolor 161 » 24. Vanda suavis 162 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. A r auder Ilaeghen . TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) > <•♦•» < Les annonces paraissant à la fois dans I/Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. ]\[^ K. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces tas les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . »> 30 » 60 » 100 » 180 » 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . . .» 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . » 6 » 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le 8 et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 149 — CAUSERIE HORTICOLE L'EXPOSITION DE BRUXELLES EN 1897 30 Mai 1895. Nous avons lu avec beaucoup de satisfaction l'article que M. Noël Laverdy consacre, dans le numéro du 20 mars du journal Le Jardin, à l'organisation de l'Exposition de Paris de 1900 et qui abonde absolument dans le sens de celui que nous avons produit ici même, le 1 er mars de cette année. Il n'est pas superflu de constater que des deux côtés de la frontière, l'on pense de même en ce qui concerne l'organisation des floralies internationales. Combien plus efficaces encore seraient chez nous, les revendications du monde horticole, si celui-ci pouvait s'appuyer sur une force imposante, comme le fut celle de la Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, laquelle ne se révèle plus que par intermittence dans rénumération des titres de certains membres de commis- sions officielles ou officieuses. Laissons ces regrets stériles et répondons à celui de nos lecteurs qui nous fit remarquer que l'exécution du plan élaboré dans ses grandes lignes dans notre premier article, est irréalisable, parce qu'il occasionnerait des dépenses trop considérables. Cette réponse est fort aisée ; nous la trouvons toute prête dans les annales des expositions belges, année 1880. En effet, lors de l'Exposition nationale organisée à l'occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de notre indépendance, un grand local vitré de 4000 mètres de superficie avait été construit pour recevoir les collections de Palmiers, Fougères et autres grandes plantes ornementales. Cette partie de l'exposition fut arrangée par M. Fuchs et composée en style paysager avec une grotte monumentale du haut de laquelle on pouvait admirer l'ensemble de l'exposition. Cette grotte, telle qu'elle était aménagée et ornementée, constituait pour le public un des grands attraits de cette brillante floralie. L'Exposition d'horticulture proprement dite eut lieu du 21 au 28 juillet. Toutefois, le local ne pouvant rester vide depuis l'ouverture de l'exposition générale jusqu'à sa clôture, c'est-à-dire du 15 juin au 10 octobre, les expo- sants furent invités à envoyer leurs produits autant que possible, dès la date — 150 — de l'ouverture, quittes à pouvoir compléter ou diminuer leurs lots au moment de l'ouverture de l'exposition horticole proprement dite. Ce mode d'exposition, dans la pensée des organisateurs, devait permettre à certains spécialistes de produire des collections qui, vu l'époque avancée de l'ouverture de l'exposition, eussent dû être forcément exclues du programme. Ainsi donc en 1880, il y eut un local exclusivement affecté à l'horticulture. Ce qui s'est fait alors, doit pouvoir se faire encore en 1897. Donc en demandant un « palais de l'horticulture » — pourquoi n'adopterions-nous pas cette déno- mination ? — nous sommes parfaitement resté dans les limites du réalisable. Une des raisons qui militent en faveur d'études préparatoires entamées sans trop tarder, est celle qui fait dépendre la sérieuse réussite des concours du temps accordé aux exposants pour se préparer dans de bonnes conditions. Il faut, longtemps à l'avance, appeler l'attention des intéressés sur une entre- prise importante comme celle d'une exposition internationale d'horticulture dans la capitale du pays. Voyons ce qui se passe ailleurs dans de semblables circonstances. A Paris, les horticulteurs se sont réunis, il y a deux ans, pour faire connaître leurs desiderata pour l'Exposition de 1000! Le conseil d'administration delà Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand, en tète de son programme de l'exposition du 21 avril de cette année, paru en automne dernier, appelle l'attention sur l'importance qui sera accordée à certains concours lors de l'exposition quinquennale de 1898. Tous les journaux horticoles publient des articles sur la seconde exposition internationale d'horticulture qui sera orga- nisée à Dresde en 1896. Dans toute organisation sérieuse, on s'y prend à temps pour faire connaître les règlements et les programmes des concours. Seulement, chaque fois qu'il s'agit d'une Exposition universelle, les comités horticoles dépendant du bon ou du mauvais vouloir des chefs de l'entreprise, arrivent régulièrement trop tard. La récente exposition d'Anvers en est un frappant exemple, présent encore à la mémoire de tous. Amateurs et horticulteurs, informés ta peine deux ou trois mois avant l'ouverture des concours, ne sauraient prendre part à l'expo- sition dans des conditions normales ; de là, des abstentions regrettables, et, pour la commission d'organisation, la nécessité inéluctable de multiplier les démarches, afin de faire réussir l'entreprise. Il ne faut point que pareille faute soit commise une fois de plus ; il ne faut pas que les travaux des comités de l'horticulture soient subordonnés à un tas de conditions qui lui sont étrangères, ni qu'ils dépendent du caprice de — 151 — quelques-uns qui ont le grand tort de vouloir se mêler de choses qu'ils ne connaissent pas ou qu'ils traitent comme une quantité négligeable. Nous demandons qu'au plus tôt, l'on mette la main à l'œuvre, afin d'avoir le temps nécessaire pour étudier un plan d'organisation sérieux, pondéré, pour s'enquérir des desiderata des intéressés de toutes nos contrées, afin de les satisfaire dans la plus large mesure possible et d'obtenir une participation générale. Hàtons-nous, afin que, au moins toute une année d'avance, amateurs, horticulteurs, pomologues, jardiniers, etc., connaissent les conditions dans lesquelles s'engagera l'entreprise, possèdent le programme complet des concours et puissent ainsi, à l'aise et en parfaite connaissance de cause, prendre les mesures que comporte la situation. A l'œuvre donc, les hommes de bonne volonté, les hommes compétents et d'initiative ! Ch. De Bosschere. FÊTE JUBILAIRE DE M. RODIGAS Notre éminent collaborateur vient d'être l'objet d'une manifestation des plus sympathiques à l'occasion du 35 me anniversaire de son entrée dans l'enseignement de l'Horticulture. Cette belle fête a eu lieu à Gand, le 5 mai dernier. La plupart des publications horticoles des divers pays, et les principaux journaux politiques belges, ont fait, à cette occasion, l'éloge des grands ser- vices rendus par M. Rodigas à l'horticulture et à la botanique. Il n'est pas nécessaire, d'ailleurs, de les rappeler dans L'Illustration Horticole, à laquelle son nom est attaché depuis si longtemps, et nous ne doutons pas que nos lecteurs ne partagent à ce sujet les sentiments qui ont été exprimés le 5 mai à Gand par les anciens élèves de M. Rodigas et par ses confrères. 152 — PL XXXIV BEGONIA FAUREAM Ce superbe Bégonia, dédié à M. le Président de la République française, provient du Brésil, d'où il a été introduit par L'Horticulture Internatio- nale, en 1892. Il se distingue par un feuillage véritablement superbe, très ample, élégam- ment découpé, et d'une richesse de coloris exceptionnelle. Plusieurs variétés remarquables ont fait leur apparition dans la même importation ; elles se distinguent par un coloris plus ou moins foncé, les unes ayant les feuilles vert tendre ponctué de blanc, d'autres, au contraire, ayant une teinte bronzée, particulièrement le long des nervures, qui produit un effet très beau. Ce nouveau Bégonia avait été exposé en 1893 à la Temple Show, de Londres, dans le groupe de plantes nouvelles présentées par L'Horticulture Interna- tionale. Il y avait été fort admiré, et le Journal of Horticulture, avait même cru devoir en donner le portrait à ses lecteurs, en faisant exécuter une gra- cieuse gravure. La plante avait d'abord été présentée sous le nom de B. platanifoUa; mais ce nom ayant déjà été donné par Lindley à une autre espèce, MM. Linden ont dû la débaptiser, et l'ont dédiée au chef de l'État voisin et ami dans lequel l'horticulture belge vient de donner une démonstration si éclatante de sa grandeur et de ses progrès constants. Cette dédicace ne pouvait être mieux appropriée qu'en la présente occasion, où le Bégonia dédié à M. Félix Faure a excité à l'exposition de Paris la même admiration qui l'avait accueilli à Londres. Il faisait partie, en effet, du magnifique groupe de plantes nouvelles qui a obtenu le premier prix à l'una- nimité à l'Exposition internationale organisée par la Société nationale d'Hor- ticulture de France. Max Garnier. — 153 — RENSEIGNEMENTS ET CULTURES La Société Impériale et Royale d'Horticulture de Vienne a élu récem- ment comme membres correspondants MM. le D r Bataline, de S 1 Peters- bourg, E. A. Carrière, de Paris, Lucien Linden, de Bruxelles, le D r Max- well T. Masters, de Londres et le D r L. Wittmack, de Berlin. * Lycoris. — Ces plantes bulbeuses, originaires du Japon et de la Cbine, réussissent avec le même traitement que les Hippeastrum, c'est-à-dire cultivées en serre tempérée. Elles produisent des fleurs très belles, de grande taille, d'un coloris éclatant, groupées par bouquets de quatre à douze au sommet d'une hampe plus ou moins longue, ordinairement de 30 à 50 ou 60 centimètres. Les principales espèces cultivées sont : le L. aurea, à fleurs très belles, jaune d'or, mesurant 8 centimètres de longueur, et rappelant assez la forme des Amaryllis; le L. radiata, rose foncé tirant sur l'écarlate, avec le tube très court et les segments étalés crispés; le L. sanguinea, espèce plus récente, à fleurs rouge vif, et le L. squamigera, également introduit dans ces dernières années, dont les fleurs rose lilacé sont odorantes. Macaranga Porteana. — Ce bel arbuste de serre chaude, originaire des régions tropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Australie, est remarquable par son feuillage décoratif, très ample, à limbe presque orbiculaire, arrondi à la base et acuminé au sommet. Les feuilles sont d'un vert olive, veinées de vert jaunâtre; à l'état jeune, elles sont d'un rouge cuivré foncé. Les pétioles mesurent de 50 à 60 centimètres de longueur, et l'envergure de la plante qui figure à Kew, et qui n'a guère que 3 ans et demi, est de plus de 2 m 10 en diamètre. Les fleurs sont petites, mais très nombreuses, d'un rouge cramoisi, et pré- sentent un superbe coup-d'œil. Cette plante figure également au Jardin des Plantes de Paris. M. Edouard André l'avait décrite d'abord sous le nom de Mappa Porteana, mais son nom générique correct est Macaranga. Une Exposition internationale d'Horticulture se prépare pour l'année prochaine à Genève. Les organisateurs se proposent d'y donner une impor- tance spéciale aux nouvelles introductions. Nous en parlerons dans un pro- chain numéro. — 154 — Nous espérons que le programme sera rédigé d'une façon plus précise qu'on n'a coutume de le faire jusqu'ici et qu'il ne sera pas possible de voir, comme à l'Exposition internationale de Paris, des variétés de Tillandsia fenestralis ou d' ' Odontoglossum crispum exposées comme plantes nouvelles d'introduction récente. Yucca recurva. — Le Garden de Londres publie une belle gravure repré- sentant cette plante en pleine floraison. L'aspect décoratif de ce Yucca, même en dehors de la floraison, est extrêmement remarquable; mais à l'époque où les fleurs s'épanouissent en abondance sur une tige dressée, embaumant l'air autour d'elles, il est difficile de trouver son égal. Il est probable que le nom de Y. recurva n'est qu'un synonyme de Y. recur- vifolia. L'étude de la fécondation des Yucca par les insectes a donné lieu à d'intéres- santes études, notamment de la part de M. le professeur Riley. Ces plantes peuvent être cultivées en plein air pendant la belle saison, mais il est rare qu'elles produisent des fruits, et il ne parait pas que leurs graines puissent arriver à maturité. Hand-list of Ferns and Fern Allies (Royal Gardens, Kew). — L'Admi- nistration des Jardins Royaux de Kew vient de publier sous ce titre une liste alphabétique des espèces et variétés de Fougères qui sont cultivées à ce grand établissement. A côté de chaque nom est indiquée la localité d'origine, ainsi que le nom de l'auteur comme référence. La liste comprend 1116 espèces et variétés de Fougères et 97 de Lycopodes, Sélaginelles, etc. En outre, elle renferme une liste de 586 variétés anglaises. En ce qui concerne les espèces exotiques, la nomenclature suivie est celle du Synopsis filicum de Hooker et Raker. Valeur des divers engrais. — Le Journal of the South Eastem Agri- cultural Collège nous apprend que l'on continuera en 1895 les expériences entreprises depuis deux ans par M. Monson, sous la direction du Conseil de Comté du Kent, en vue de déterminer la valeur des divers engrais. Les essais portant sur la chaux, le gypse et la kaïnite sont effectués à Rrenchley ; les matières azotées (engrais d'étable, torteaux de colza pulvérisés, guano, sulfate d'ammoniaque, azotate de potasse et de soude) seront expéri- mentés à Hadlow ; à Goudhurst on étudiera l'effet de labours plus profonds qu'à l'ordinaire ; à Lees Court, un terrain de 222 ares a été mis à la dispo- — 155 — si lion du Collège pour des études sur les maladies du houblon et leur traite- ment; enfin des essais sur les phosphates seront effectués à Marden, Selling, Farnham et Oxted. * ♦ La régularité du chauffage, au sujet de laquelle un abonné nous ques- tionne, dépend principalement des soins du chauffeur ou de la personne qui en est chargée. Lorsqu'il s'agit d'une installation assez vaste, et de serres où la température doit être assez élevée, cette régularité a une grande importance ; or il n'y a qu'un moyen d'obtenir une température régulière, c'est de surveiller le feu avec soin et d'y mettre souvent du charbon. Lorsqu'on bourre le foyer pour n'avoir plus besoin de s'en occuper pendant une demi-journée, le feu reste noir pendant longtemps; l'eau ne s'échauffe guère pendant ce temps, et il y a une perte assez grande sur le combustible. Si l'on veut avoir un feu constamment rouge et le charbon bien utilisé, il faut en mettre souvent et peu à la fois. On se plaint souvent des chaudières employées, mais il est certain qu'on obtiendra encore de meilleurs résultats avec un appareil médiocre, mais bien surveillé, qu'avec un excellent thermosiphon conduit par un chauffeur négligent. * * Phyllocactus amoenus. — On nous adresse des fleurs de cette superbe espèce, l'une des plus belles que l'on puisse imaginer au point de vue du coloris. Les pétales sont disposés sur plusieurs rangs; ceux de l'extérieur sont d'un rouge écarlate, les plus rapprochés du centre sont de la même nuance, mais bordés de cramoisi violacé foncé. La fleur mesure plus de 22 centimètres de diamètre; c'est une merveille dont il est difficile de donner quelque idée par une description. Bilbergia (Quesnelia) roseo-marginata. — Cette espèce doit son nom au coloris de ses bractées, qui sont d'un rouge écarlate bordé de rose (ou de blanc) ; les fleurs bleu foncé se détachent très vivement sur ce fond. La grappe florale est portée sur une tige assez robuste, s'élevant bien au-dessus du feuillage. Les feuilles, qui mesurent environ 65 à 70 centimètres de longueur, sont marquées de bandes transversales gris pâle. Cette gracieuse espèce est d'intro- duction relativement récente, et date d'une quinzaine d'années. ♦ » Décorations. — Nous relevons dans le Journal officiel de France les distinctions ci-après : M. Maxime Cornu, professeur-administrateur au Muséum d'histoire natu- relle, est promu officier de la Légion d'honneur. — 156 — M. Lucien Chauré, directeur du Moniteur d'Horticulture, de Paris, est promu officier du Mérite Agricole. M. Viviand-Morel, secrétaire général de l'Association horticole lyonnaise, est également promu officier du Mérite Agricole. M. D. Bois, assistant de la chaire de culture au Muséum, secrétaire-rédacteur de la Société nationale d'Horticulture de France, est nommé officier de l'instruction publique. MM. Gérard, professeur à la Faculté des Sciences de Lyon et directeur du Jardin Botanique de cette ville ; Morel, architecte-paysagiste, à Lyon ; Rivoire, Barriot, Beurrier, Jean Jacquier, Garle, Guillot, Claude Jacquier, Falconnet, horticulteurs, sont nommés chevaliers du Mérite Agricole. * * Weldenia candida. — Le Botanical Magazine vient de publier le portrait de cette curieuse plante, voisine des Tradescantia, et jusqu'ici monotypique. Elle est très rare et très intéressante. Sa tige dressée atteint une hauteur de 3 à 10 centimètres, et est surmontée d'une touffe de feuilles larges, oblongues- céolées; les fleurs sessiles sont blanches; le tube de la corolle mesure cinq centimètres de longueur. Le Weldenia est originaire de l'Amérique centrale, où il fut découvert par Ehrenberg, puis collecté par Karwinsky et Hartweg. Schinus dependens. — Très beau petit arbre originaire de la cote occi- dentale de l'Amérique du Sud. Il produit au mois de mai une abondance de petites fleurs jaunes en courtes racèmes axillaires à peu près de la même longueur que les feuilles. Les Jardins Royaux de Kew en ayant reçu des graines du Jardin Botanique de Santiago en 1885, les essais opérés permettent de considérer cet arbre comme rustique, contrairement à ce qu'avait écrit Lindley. Le S. dependens a été introduit dès 1833 parla Royal Horticultural Society; il est figuré dans le Botanical Magazine, pi. 7406. Capillaires. — On désigne sous ce nom, dans la pharmacopée, plusieurs Fougères. Celle qui est la plus connue peut-être dans le inonde horticole, et qui a donné son nom à ce groupe de plantes, est YAdiantum Capïllus Veneris, ou Capillaire de Montpellier. Toutefois VA. pedatum est plus fréquemment employé dans les officines; c'est le Capillaire du Canada. Plusieurs autres espèces d'Adiantum ont été également employés comme pectoraux. V Asplenium Trichomanes, ou Capillaire rouge, est aussi utilisé dans les — 157 — hôpitaux à la place cle VAdianium pedatum. Plusieurs autres Aspleniuni, notamment VA. adiantum nigrum, ou Capillaire noir, et VA. VirgUii, partagent sa réputation médicinale. Enfin le Politrîchum commune rentre également dans le même groupe sous le nom de Capillaire doré, et on lui attribue diverses propriétés bienfaisantes, au sujet desquelles il convient d'ailleurs de faire quelques réserves, de même que pour les autres Capillaires. Max Garnier. EXPOSITION INTERNATIONALE D'HORTICULTURE DE PARIS La revanche belge L'exposition internationale organisée par la Société nationale d'horticulture de France a obtenu le plus brillant succès, tant au point de vue de l'organi- sation, qui était admirablement comprise et de la plus grande élégance, qu'au point de vue technique. Le concours des plantes nouvelles, qui excite toujours un intérêt tout spécial, a été l'occasion d'une joute sensationnelle entre deux maisons d'importation étrangères et a fourni une éclatante revanche à L'Horticulture Internationale, de Bruxelles, qui a remporté le premier prix à l'unanimité; M. Sander a reçu le second prix. Il n'est pas inutile d'ajouter que dans le lot couronné, MM. Linden n'expo- saient que des plantes directement introduites par eux, comme ils l'avaient fait à l'Exposition quinquennale de Gand et comme on devrait toujours l'exiger en pareil cas. Nous laissons à notre collaborateur M. De Bosschere le soin de donner un compte-rendu détaillé de cette superbe exposition dans le prochain numéro. Max Garnier. EXPOSITION INTERNATIONALE DE BORDEAUX L'horticulture belge a obtenu à Bordeaux un très grand succès. Le temps nous manque pour décrire en détail les merveilles de cette exposition sensa- tionnelle; nous nous bornerons pour aujourd'hui à reproduire la liste des récompenses décernées, que nous empruntons à L'Etoile Belge, de Bruxelles. Grand-Prix et objet d'art spécial : à L'Horticulture Internationale (administrateur-directeur, M. Lucien Linden) pour son superbe groupe d'Or- — 158 — chidées fleuries, avec une mention toute spéciale pour la valeur hors ligne de quelques plantes nouvelles exceptionnelles, directement introduites par la maison: à MM. De Smet, frères, par leurs envois de grands Palmiers, de Cycadées, de plantes ornementales, de Gleichenia, tVAzalea mollis et d'Araucaria. Des diplômes d'honneur avec objet d'art sont alloués à MM. Van Imschoot et Van Wambeke pour leurs incomparables apports d'Orchidées fleuries; des objets d'art à M. Guillaume De Boschère, d'Anvers, pour ses belles plantes d'appartement et de salon et à M. Dallière, pour ses remarquables plantes de serre. Une médaille d'or est décernée à M. Éd. Pynaert, de Gand, pour ses Palmiers rares et nouveaux, et à M. Jean De Boschère, fils, élève à l'École d'horticulture de Vilvorde, pour son album de fleurs d'Orchidées et de frondes de Fougères. Une médaille de vermeil est décernée à MM. Bedinghaus, de Gand (plantes du Japon), et Stepman, de Bruxelles (Anthurium). MM. Toeffaert, de Gand, Duriez, frères, de Wondelghem, Jos. Boelens, de Gand, Janssens et Vincent, de Merxem (Anvers), Spae-Vandermeulen, de Gand, Aug. Gornélis, de Meirelbeke, et Draps, de Laeken, ont obtenu une médaille d'argent. Le comité horticole belge, voulant reconnaître le mérite des envois de MM. Dallemagne, de Rambouillet, Gahuzac et Treyeran, de Bordeaux, qui ont exposé de jolis groupes d'Orchidées, a obtenu pour ces messieurs des dis- tinctions spéciales qui se justifient autant parle mérite des espèces que par la valeur de la floraison des exemplaires présentés; M. Dallemagne a obtenu un grand diplôme d'honneur; MM. Gahuzac et Treyeran, un diplôme d'honneur. Gomme on le voit, c'est un triomphe pour l'horticulture belge et un succès énorme pour la commission belge. LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Il est question de la création, à bref délai, d'un cours de géographie bota- nique au Jardin Botanique de l'État, à Bruxelles. On ne saurait trop féliciter l'administration de cette initiative, qui recevra sans doute l'accueil le plus empressé des étudiants ainsi que du monde horti- cole, si celui-ci sait en comprendre la portée et profiter des facilités mises à sa disposition pour s'instruire des choses qui l'intéressent le plus directement. La géographie botanique est une science trop peu connue actuellement, et — 150 — dont l'enseignement était jusqu'ici beaucoup trop négligé. Il n'est pas douteux que, si les programmes d'étude lui avaient fait la place à laquelle elle a droit, les conquêtes de la science et de l'horticulture auraient marché beaucoup plus vite. Du moins peut-on espérer qu'à l'avenir elle progressera plus rapidement; les expéditions civilisatrices ou conquérantes qui parcourent les régions encore inconnues lui ont fourni dans ces dernières années des renseignements précieux, et les explorations botaniques, en Afrique notamment, ont marché de front avec les expéditions militaires, au grand profit de la science et de l'industrie. Il y a en effet un intérêt évident pour l'industrie, et notamment pour l'hor- ticulture, à connaître exactement les conditions dans lesquelles évolue la végétation des différents pays; et cette vérité est trop généralement reconnue à l'heure qu'il est, pour qu'il soit nécessaire d'y insister. Au contraire, il serait peut-être utile de signaler les dangers de l'exagération. Je parle ici, bien entendu, au point de vue strictement pratique de la culture. Beaucoup de personnes sont portées à croire qu'il suffit de connaître les conditions climatériques dans lesquelles une plante pousse à l'état naturel, et de les reproduire fidèlement dans les serres. Il y a là une tendance excessive. M. W. Watson, de Kew, a écrit quelque part les remarques suivantes, qui méritent d'être méditées : « M. Burbidge a trouvé le Nepenthes l\ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Garni, inipr. Eug. Vunder Haegben . TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. I^J. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces tas les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Tour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ. clans les2 joitrn. dans les 2 journ. dans les 2 jouru. Une page entière . . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 » 180 » 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . . » 15 » 30 »> 50 » 90 » 150 Un huitième de page . . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . » 6 » 12 » 20 » 35 M 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard , à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 1G5 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Juin 1895. Un superbe Medinilla. — Nos confrères d'Outre-Manche signalent un bel exemplaire de Medinilla magnifica fleurissant actuellement au Jardin botanique de Manchester, Old Trafford. Les visiteurs s'y rendent en nombre pour admi- rer la plante. Elle porte deux cent soixante grands panicules pendants, char- gés de très nombreuses fleurs, d'un rose carminé, produites aussi bien sur le jeune bois que sur l'ancien. Un tel spectacle vaut bien qu'on se dérange. * Convention de Berne. — Bien que l'application de la Convention de Berne, relative à la circulation des végétaux quelconques, soit devenue moins vexatoire, néanmoins la formalité du certificat d'origine est encore pour l'hor- ticulture une entrave aussi gênante qu'inutile. Le Congrès horticole de Paris, dans sa séance du 25 mai dernier, a émis le vœu de voir réviser la Convention de Berne et limiter à la vigne seule la défense de circulation. On persiste à perdre de vue que le phylloxéra est un insecte ailé qui, en dépit de toutes les mesures prohibitives, se transporte, selon ses besoins, sans aucune considé- ration de frontière. * * Emballage des fraises. — Un correspondant nous demande comment on peut le mieux emballer les fraises pour l'expédition. Nous recommandons l'emploi de boîtes légères ou de petits paniers pouvant contenir une quantité d'un demi kilog. au plus. Les fruits ne doivent y être déposés que sur deux couches. Le fond de la boîte est garni d'ouate ou de fine laine de bois recouverte d'une feuille de papier. Les fraises peuvent se toucher sans être serrées, elles sont recouvertes de papier Joseph et puis de feuilles de vignes ou de feuilles de platane. On peut même employer fort bien des feuilles d'épinards. Le couvercle peut légèrement serrer celles-ci. Le nestor des pépiniéristes hollandais, M. C. De Vos, est mort à Hazerswoude, le 17 mai 1895, dans sa 88 me année. C'était un cultivateur expé- rimenté, jouissant de l'estime de tous ceux qui l'ont connu. Il publia un — 166 — dictionnaire des principaux arbustes et conifères (Beredeneerd Woordenboeh der voomaamste Heesters en Coniferen) qui rendit de grands services aux praticiens. Il collabora, souvent de la façon la plus originale, à la plupart des publications périodiques de son pays. Bouquets de fleurs au Japon. — La mode est-elle une conséquence de l'éducation ou bien l'éducation elle-même suivrait-elle les impulsions de nos caprices ? De fait, entre les compositions florales des peuples divers il y a des différences très considérables. Les Japonais aiment passionnément les fleurs; entre notre manière de voir et la leur en fait de bouquets il y a une distance énorme. Les marchands de fleurs sont aussi fréquents dans les rues de leurs villes que chez nous aux abords des gares; seulement, là-bas ils n'ont aucune notion de ces masses de fleurs que nous appelons bouquets. Une seule branche fleurie cle Weigela, dans un vase de bambou ; une simple branche de cerisier en fleurs, disons mieux, une rose négligemment posée avec sa tige et ses feuilles constituent au Japon un milieu de table complet. Rhododendron formosum. — Le Gardeners" Chronicle reproduit la gra- vure d'un spécimen de ce Rhododendron, connu aussi sous le nom de Rhodo- dendron Gibsoni, qui mérite réellement d'être mentionné. Cet exemplaire mesure sept mètres de circonférence et il porte plusieurs milliers de belles fleurs. Il se trouve dans le Jardin de M me Munn, cà Heath Hill, Stackstead, près de Manchester. Le Rhododendron formosum est une espèce originaire de l'Himalaya oriental; il forme naturellement une touffe assez compacte et peut donner de beaux exemplaires. Les feuilles sont petites; les fleurs sont grandes, blanches avec une légère teinte rosée. La floraison ordinaire a lieu en mai. Daniel Hooibrenk. — Ce praticien de grand mérite, qui vint de Haarlem pour se fixer en Autriche est mort dans sa 84 me année, le 30 avril 1895, à son établissement de Hietzing (Vienne). Il fut d'abord chef des cultures chez le baron von Hugel, naguère ambassadeur d'Autriche à la Cour cle Bruxelles. Celui-ci avait rapporté de ses voyages dans le Thibet, l'Himalaya, les îles de la Sonde et l'Australie, de nombreuses plantes rares et des graines qui furent confiées aux soins de Hooibrenk. Ce dernier s'établit comme horticulteur à côté de la propriété du célèbre voyageur et il monta à Vienne même, dans la Herrengasse, une fleuristerie qui devint très à la mode. Hooibrenk est connu chez nous pour avoir propagé une taille ou plutôt un palissage spécial de la vigne avec l'inclinaison du long bois. Ce système de culture fut vivement discuté en France comme en Belgique et n'a guère été maintenu. — 167 — Une synonymie. — Notre confrère anglais le Gardeners' Chronicle se demande ce qu'il convient de faire en présence du nom de Belle Siebrecht donné par un grand nombre d'horticulteurs américains à une rose répandue en Angleterre sous le nom de Mrs. W. J. Grant. Sous ce dernier nom elle est populaire et c'est par milliers qu'on la rencontre dans les jardins. Lequel des deux noms convient-il d'adopter définitivement ? L'ozone. — On nous demande ce qu'il faut entendre par ozone. D'après les savants (1), l'ozone atmosphérique ne serait pas l'ozone vrai, et le corps décelé par les réactifs de Houzeau et d'autres serait ou bien de l'eau oxygénée à l'état de vapeur ou bien un corps encore inconnu. En fait, l'ozone n'est autre chose que de l'oxygène dans une condition active particulière. L'ozone est formé aussi bien par une action chimique que par un trouble électrique. Il est dû à l'union de l'oxygène avec le phosphore, à moins qu'il ne soit le fait de l'oxida- tion de toute substance oxydable dans l'atmosphère. Il n'y a guère d'ozone dans les agglomérations populeuses, il y en a peu dans le voisinage de tas de fumier, parce qu'il y trouve assez de matières organiques pour se combiner avec elles et par suite ne pas être appréciable. La distribution des graines par la neige. — D'après des expériences récentes, faites à la station du Dakota méridional, l'action des vents d'hiver sur la distribution des plantes sauvages est aidée par la neige qui, lors de la fonte, entraîne les graines dans le sol. Dans une expérience on a constaté que la neige fondue au contact d'un foyer et recueillie sur une surface d'un demi mètre environ renfermait trente deux graines d'ivraie appartenant à neuf espèces. On a constaté aussi que les grains de millet et d'avoine avaient été charriés par le vent en quarante secondes, une verge loin, c'est-à-dire à une distance de quatre-vingt mètres. Si donc le vent suit durant plusieurs jours la même direction, les graines peuvent être transportées à des distances consi- dérables. Fourmis dans les serres. — La question de l'utilité des fourmis a été longtemps discutée. Ce qui est certain, c'est que lorsqu'elles sont nombreuses, elles deviennent très incommodes et parfois désastreuses. M. L. Graebener, jardinier-chef du Grand Duc à Garlsruhe, a fait depuis des années des expé- riences qu'il résume dans la Gartenflora du 1 er juin de celte année. Il a essayé sans succès dans la serre l'eau chaude, la vapeur, la fumée, les cendres de bois, (') Voir Bulletin de l'Académie royale de médecine de Belgique : L'ozone atmosphérique, par le Docteur D. A. Van Bastelaek. Séance du 30 mars 1895. — 168 — la pâte phosphorée et arseniquée, le miel et le sucre en mélange avec l'arsenic; les insectes ne touchèrent pas même à ces poisons ; il plaça ensuite des cham- pignons sur lesquels il étendit du sucre en poudre. Bientôt les champignons étaient couverts de fourmis noires; on les jetait dans l'eau chaude et il fallait renouveler fréquemment le sucre. Alors on se borna à secouer les champignons au-dessus de l'eau chaude. Il fallut moins de sucre mais toujours de l'eau bouillante. Le sucre fut remplacé par de l'eau savonnée qui donna de meilleurs résultats. M. Graebener a ensuite enduit de grandes étiquettes avec de la graisse de porc et cloué sur des planchettes des peaux de jambon. Ce dernier procédé fut le plus efficace. Les planchettes déposées sur le passage des insectes furent secouées de quart d'heure en quart d'heure, de sorte que la destruction des masses fut possible. Durant la nuit, ces pièges étaient soustraits à la voracité des fourmis. Hêtre de Wentworth Woodhouse. — Ce bel arbre qui existe dans le domaine de Lord Fitzwilliam, à Wentworth Woodhouse, n'a pas deux mètres de tronc, mais la circonférence de celui-ci, à un mètre au-dessus du sol, est de six mètres. Le diamètre de la frondaison dépasse 40 mètres et la circonférence de celle-ci atteint 120 mètres. Les plus grandes branches reposent sur le sol. * * Raisins de prix. — M. le D r L. P. Barretto écrit de San Paolo (Brésil) aux Bulletins d'arboriculture de Gand les curieuses lignes suivantes : « Malgré les pluies continuelles de notre été, nous avons eu des raisins superbes dépassant de beaucoup tout ce que vous avez là-bas de plus beau en ce genre. Notre pseudo oidmm, qui anéantissait toutes nos grappes, n'a plus reparu et je le crois enfoncé pour toujours. « Pour vous donner une idée de notre enthousiasme pour la culture de la vigne européenne, je vous communique que, dans une petite fête de charité, le 17 février dernier, j'ai fourni 70 kilos de raisins pour la vente aux enchères et que ces 70 kilos ont rapporté 30,000 francs. Une grappe de Syrian a été vendue 1300 francs, une autre de Trebbiano 1200 francs. » * * Poison du Primula obconica. — Un journal rapporte que le D r Riehl, de l'Université de Vienne, a fait des expériences concernant l'inflammation causée par le contact des feuilles du Primula obconica. Il a constaté que ce sont les poils ténus des feuilles et des tiges qui irritent la peau et donnent naissance à des enflures avec inflammation. Bien que les expériences du D r Riehl ne soient pas complètes, l'expérimentateur est parvenu à extraire le poison, et par l'emploi de celui-ci en injections sous-cutanées, il affirme avoir obtenu la guérison de plus d'une maladie persistante de la peau. Ém. Rodigas. w PQ K éh ce; o Q w Q O O Q S -a — 169 — PI. XXXV CINÉRAIRE HYBRIDE, GLOIRE DE MOORTEBEEK Quand on compare les variétés de Cinéraires que nous possédons actuelle- ment dans les cultures avec le type primitif de Cineraria cruenta, à couleur rouge sang, qui fut introduit des Iles Canaries, on constate que la plante s'est modifiée profondément sous tous les rapports. Grâce à des procédés culturaux aussi simples que rationnels, grâce aux semis successifs et à des sélections faites avec soin, les Cinéraires sont devenues des perles de nos serres tem- pérées, et dès le premier printemps on les voit apparaître, richement fleuries, aux marchés de nos villes et orner toutes les serres et même les fenêtres. La récente Exposition internationale de Paris en a montré de merveilleuses collections. C'est un fait admis généralement, lorsqu'une plante, d'un coloris foncé, arrive à donner une variation à fleurs entièrement blanches, on peut s'attendre à la production des couleurs les plus imprévues. La Cinéraire blanche n'a pas été la première à surgir dans les semis; elle a été précédée par des variétés roses et pourprées. Cependant aussitôt que les fleurs blanches se sont mon- trées, elles ont été immédiatement suivies de variétés colorées des teintes les plus diverses du lilas, de l'amarante, du carmin, du bleu d'azur et parfois des bariolures et des panachures aux reflets les plus délicats. Les grandes maisons de graines, qui seules sont outillées pour pousser les perfectionnements à outrance, sont parvenues à fixer certaines variétés par la graine et à créer de véritables races, les unes à fleurs blanches, les autres à fleurs rouges, d'autres d'un rose carminé, d'autres encore d'un bleu d'azur, les unes au port trapu, les autres plus élevées, d'autres enfin dont les ligules ou demi fleurons ont doublé en nombre. La planche qui accompagne ces lignes représente la Cinéraire Gloire de Moortébeek, une des riches variétés obtenues de semis par M. Charles Van Wambeke, l'estimable amateur bruxellois, bien connu comme orchidophile et dont les cultures renferment un très grand nombre de plantes des plus variées, cultivées à la perfection. Les Cinéraires sont aimées partout; leur culture ne présente aucune diffi- culté, elles se contentent d'une serre tempérée, même d'une couche. On sème — 170 — les graines au printemps, dans des terrines remplies de bon terreau. On repique le plant quand il a développé trois ou quatre feuilles outre les cotylé- dons. Les godets sont placés dans la serre ou sous châssis. On rempote dès que les racines tapissent les parois des petits pots. Pour le rempotage on se sert d'un mélange de terreau et de terre de feuilles avec addition de matières azotées. On fait un dernier rempotage avant l'hiver et on donne aux plantes le plus d'air et de lumière possible afin de combattre l'invasion des pucerons qui compromettraient la floraison. Pendant tout l'hiver, de janvier à mai, on peut avoir les Cinéraires fleuries en succession. Ém. Rodigas. PLANTES NOUVELLES OU RECOM M AN DABLES Gineraria albicans. — Espèce vivace, à tige de m 30 à m 50, à feuilles blanches, laineuses, feutrées, cinq ou sept fois lobées. Chaque lobe est encore divisé en trois segments, ce qui donne à la feuille un cachet très ornemental. Les fleurs sont insignifiantes. Le Cineraria albicans fera une grande concur- rence au Cineraria maritima. M. Gumbleton, de Belgrove, reçut la plante de Natal. Nymphaea hybrida. — Les nouveautés de Nymphaea hybrides obtenues par M. B. Latour-Marliac à Temple-sur-Lot sont franchement admirables. La planche contenue dans le fascicule du 1 er juin de la Revue Horticole repré- sente trois fleurs splendides, à coloris fort distincts, dont M. Éd. André donne la description. L'une est le Nymphaea Seignoureti aux feuilles maculées de marron et aux fleurs rouge orangé sur fond jaune paille avec étainincs jaune d'or. Le Nymphaea Laydekeri lïlacea a les feuilles maculées de brun et les fleurs flammées et sablées de carmin vif sur fond rose lilas, avec ôtamines jaune d'or. Le Nymphaea Laydekeri fulgens se distingue par ses grandes fleurs à fond rouge carminé vif, teintées d'amarante foncé, les étamines sont orange cocciné. Ces variétés et quelques autres encore, comme N. Laydekeri purpurata, N. Marliacea flammea, N. Marliacea lignea, N. Marliacea rubro- punctata, fleurissent à profusion et pourront contribuer puissamment à la décoration florale des étangs et grands bassins. Pensées à très grandes fleurs. — Nous avons reçu de la maison Benary, d'Erfurt, une belle planche chromolithographiée représentant des pensées à grandes macules dont la forme est aussi parfaite que le coloris en est varié et — 171 — distingué. Ce sont des Pensées des races Odier, Cassier et Bugnot, qui dépassent par leur développement tout ce qu'on eut osé rêver. Les moindres fleurs ont m 07 de diamètre et leur forme est parfaite. Naturellement pour atteindre un tel développement, les plantes ont besoin d'être semées de bonne heure. Fraisier Laxton's Leader. — Le nom de Laxton jouit d'une réputation méritée pour la production des fraisiers. La variété Laxton's Leader est signalée dans les journaux horticoles d'Angleterre comme le résultat d'un croisement entre les Fraisiers Laxton's Noble et Latest of AU. Le fruit est grand, conique, parfois aplati, plus ou moins profondément sillonné; le coloris est d'un riche cramoisi parsemé de nombreux akènes jaunes. La chair est écarlate avec une bande blanchâtre. Le goût en est piquant, doux, agréablement parfumé. Le fruit convient à l'expédition. Magnolia des jardins. — Dans un récent travail, le professeur G. S. Sargent classe, dans Garden and Forest, les Magnolias en deux groupes, ceux qui produisent des fleurs avant l'apparition des feuilles et ceux qui fleurissent seulement lorsque les feuilles ont atteint tout leur développement. Tous les Magnolias américains appartiennent à la seconde section; ceux à fleurs précoces sont confinés au Japon, à la Chine et à l'Inde. A cette dernière section appartiennent les Magnolia Yulan, M. conspicua, M. Kobus, M. sali- cifolia, M. stellata et M. Campbelli. Le M. salicifolia est un arbuste touffu, du Hondo septentrional, au feuillage odorant, d'introduction récente. * Anémone japonica Whirlwind. — Les Anémones du Japon, comme le dit avec raison M. M. Grilli, dans le Bullettino délia R. Società Toscana di Orticultura, sont au nombre des plus belles plantes vivaces qui décorent nos jardins vers la fin de la belle saison. Elles sont très robustes, une fois qu'elles ont pris possession du terrain, renaissent tous les ans avec vigueur et donnent une abondante floraison. L'espèce type a les fleurs d'un rose car- miné à l'intérieur, un peu plus pâle au dehors. YÏ Anémone élegans a un port un peu plus élancé, les feuilles plus larges et surtout les fleurs d'un rose plus pâle. Tout le monde connaît la charmante variété Anémone japonica Hono- rine Jobert, aux fleurs d'un beau blanc. La variété Whirlwind est une nouveauté, d'origine américaine, introduite par MM. Barbier, d'Orléans. Elle provient probablement ^Honorine Jobert dont elle a le port et le feuillage, mais ses fleurs sont semi-doubles et ont jusque m 08 de diamètre. Elles ont de trois à quatre rangées de pétales d'une blancheur de neige. — 172 — Pivoines herbacées. — Parmi les nouveautés de cette année nous remar- quons, dans le catalogue de M. Crousse, de Nancy, une demi douzaine de variétés de pivoines herbacées qui s'annoncent comme très méritantes : Auguste Vïllaume, tardive, fleurs très grandes, très pleines, péoniformes, rose foncé. Comtesse O'Gorman, très grande fleur pleine, globuleuse, pétales gaufrés, rose vif satiné. Centre lavé cerise, bouts des pétales argentés. Gismonda, très tardive, fleurs pleines, globuleuses, carnées, centre chair. Henri Murger, grandes fleurs globuleuses, forme et couleur de la rose Paul Neyron, centre plus foncé. Mireille, grandes fleurs très pleines, globuleuses, blanc de lait. Pierre Duchartre, fleurs très pleines, pétales serrés, carné pâle lilacé, à reflets glacés. Bossiaea linophylla. — Le genre Bossiaea forme un petit groupe de la famille des Papilionacées renfermant plusieurs espèces intéressantes que l'on rencontre très rarement dans les collections. Le Bossiaea linophylla est un arbrisseau d'environ un mètre, à feuilles linéaires aux bords révolutés, donnant pendant tout l'été de nombreuses fleurs brunes. Il a été introduit d'Australie en Europe au commencement de ce siècle et se contente des soins ordinaires donnés en serre froide aux arbrisseaux de Nouvelle-Hollande. Arbre fruitier pour les régions du nord. — M. Hartman, directeur du Jardin botanique de Stockholm, signale dans Garden anal Forest, 1895, p. 162, une forme du Pyrus aucuparia comme appelée à devenir le premier arbre fruitier des régions polaires. Le fruit, au lieu d'être acide, est d'un goût délicieusement acidulé et il est deux fois plus grand que celui du type ordinaire. Elle se reproduit par voie de greffage et croît dans les régions élevées à plus de 500 mètres d'altitude, là où le Prunus avium seul mûrit ses fruits. Le gouvernement norwégien en poursuit actuellement la propagation dans les provinces septentrionales. * » Bégonia semperfiorens fol. aureis. — Cette variété pourra rendre de grands services dans la composition des parterres mosaïques; elle sera employée avec avantage comme bordure. C'est une nouveauté annoncée par M. J. C. Schmidt, d'Erfurt. Le feuillage est d'un beau jaune d'or et la plante ne dépasse guère une vingtaine de centimètres de hauteur. Les fleurs sont d'un rose carné. On recommande de la planter alternativement avec le Bégonia Vemon. — 173 — Tecoma Smithi. — C'est un hybride obtenu par le croisement du Tecoma capensis < i t du Tecoma velutina ou 7'. venusta. Dans le jardin de Kow ses grandes inflorescences qui donnent parfois plus de quarante superbes fleurs, jaunes ou oranges, ont vivement attiré l'attention. La plante s'est montrée rustique dans l'Ouest de l'Angleterre, elle se multiplie plus facilement et plus rapidement de boutures que de graines. Les jeunes rameaux, bouturés en serre, s'enracinent rapidement sur couche chaude et atteignent bientôt une hauteur de m 30 à m 50. A la fin de l'été ou à l'automne, ces jeunes plantes offrent une première floraison. Lobelia Dortmanna. — Les nouveautés ressemblent quelquefois au sphinx qui, dit-on, renaît de ses cendres. On signale comme une nouveauté de cette année un Lobelia Dortmanni (sic!) dont nous donnons la figure ci-contre et qui produit d'avril jusqu'en automne d'innombrables fleurs bleues marquées de blanc avec œil jaune. Nous nous demandons si nous ne nous trouvons pas en présence de la jolie espèce Lobelia Dortmanna Linn., indigène dans nos Fig. 25. — Lobelia Dortmanna. régions, que nous avons récoltée dans le Limbourg il y a 40 ans et que les anciens élèves de l'École d'horticulture de Gand se rappellent avoir trouvée dans l'étang du Graenepoel, à Aeltre (Flandre orientale). L'espèce est vivace, elle acquiert m 50 de hauteur; ses tiges sont dressées, simples, glabres, presque nues, les feuilles en rosettes, linéaires, fistuleuses, entières, fleurs et fruits penchés. M. Fr. Crépin, dans son Manuel de la Flore de Belgique, indique la plante comme croissant sur plusieurs points de notre pays. Violette California. — Cette nouveauté est signalée actuellement dans les journaux américains. Elle est désignée dans Y American Florist comme la — 174 — violette la plus grande et la plus belle quant à la forme. Son colons est d'un riche violet pourpré clair et son parfum exquis. * * Rosier précoce. — Il y a une couple d'années nous vîmes avec surprise à l'exposition de la Société royale d'horticulture de Bruges des petits rosiers fleuris attribués à des semis de graines provenant d'un croisement naturel d'un rosier polyantha, introduit du Japon, et de quelque rosier hybride perpétuel. A force de sélections soigneusement répétées, on a constitué de la sorte une race nouvelle de rosiers dont les graines germent et produisent des plantes, des fleurs et des fruits, la même année. Cette race a été mise au commerce cette année par la maison Vilmorin-Andrieux et G ie . Celle-ci a exposé une couple de petits exemplaires, l'un à fleurs blanches, l'autre à fleurs roses qui provenaient d'un semis fait le 1 er mars dernier. Ces plantes ne dépassent guère m 15 de hauteur. La floraison se succède durant tout l'été, cependant elle est plus abondante la seconde année et se produit alors en corymbes comme c'est le cas chez le Rosa polyantha. * Sterculia austro-caledonica. — Comme son nom l'indique, cette plante est originaire de la Nouvelle Calédonie. Elle diffère beaucoup de tous les Sterculia connus. Son tronc est couronné par des feuilles glabres, longuement pétiolées, ovales cordiformes devenant orbiculaires, palmées, à cinq lobes. L'inflorescence, qui sort du tronc, est un thyrse formé de nombreuses fleurs rouges, à odeur aromatique, Ém. R. POIRES DE CHOIX Bon chrétien "William. — La perle des fruits d'été, selon l'expression de M. Jamin, mais il ajoute : « s'il n'avait pas ce goût musqué que n'aime pas tout le monde. » Cependant il suffit, pour mitiger ce parfum, de planter des arbres greffés sur franc et de cueillir les fruits en plusieurs fois un peu avant la maturité. C'est également un des plus beaux fruits d'été, gros, oblong, ventru, bosselé, à peau mince, vert clair passant au jaune d'or vif, sillonné de taches fauves. La chair en est délicieuse, fondante, très juteuse ; maturité en août- septembre. L'arbre est vraiment fertile, de belle vigueur sur franc et de vigueur — 175 — moyenne sur coignassier. Le port en est régulier, ce qui permet d'en faire de belles pyramides, de beaux fuseaux, des espaliers, des contre-espaliers. On en fait de bons buissons faciles à conduire et de magnifiques tiges et demi-tiges Fis. 26. — Poire Bon chrétien William. pour être cultivées en plein vent, mais à l'abri des grands vents. Il nécessite une taille assez courte. L'arbre-mère de cette précieuse variété a été propagé en 1770 par William, horticulteur anglais. — 176 — Clapp's Favourite. — Une autre perle comme poire d'été, recommandée à ceux auquel déplaît le goût musqué du Bon chrétien William. Fruit gros, presque pyriforme, jaune citron d'un côté, brunâtre de l'autre. Sa chair est délicieuse, beurrée, sucrée, fondante. Mûrit en août. Cet arbre va bien sur coignassier comme sur franc. On en fait de belles pyramides, des fuseaux, des buissons, des espaliers et des contre-espaliers. C'est une variété fertile, rustique, d'origine américaine, encore trop peu répandue dans nos jardins. Le port en est régulier, facile à maintenir avec peu de soins de culture et de taille. On a raison de le planter en verger ; étant greffé sur franc, on en obtient des arbres vigoureux, pyramidaux et rapportant beaucoup. (Sera continué.) GUSTAVE MlCHIELS. CORRESPONDANCE Origine du Marronnier d'Inde. — A la page 138 du présent volume, L'Illustration Horticole attribue — suivant la tradition — une origine persique au Marronnier d'Inde, opinion qui paraît aujourd'hui complètement aban- donnée. Boissier, auquel on peut toujours avoir recours quand il s'agit de l'Orient, rappelait dans le 1 er volume de la Flora Orientalis, paru en 1867, que le Marronnier avait été indiqué par Sibthorp dans les montagnes de la Grèce Septentrionale, dans l'Imérétie par Eichwald, dans les montagnes de Perse par divers auteurs, mais sans qu'il eût pu voir de spécimens spontanés, et concluait pour l'origine probable dans les montagnes de l'Inde. Mais dans le Supplément au Flora Orientalis, édité, sur ses notes, par M. Buser en 1888, il revint sur cette question dans les termes suivants : La patrie de cet arbre fut longtemps incertaine. D'après Smith, Prod. I, p. 252, Hawkins l'avait observé sur le Rude et le Pélion, montagnes de Thessalie; mais aucun échantillon n'en existait dans les herbiers, jusqu'à ce que Th. de Heldreich dans l'été de 1879 l'observa croissant abondamment et sans que le doute fût possible, à l'état sauvage dans les rochers des gorges de l'Eurytanie et de la Phtiotide, dans la Grèce du Nord, à l'altitude de 3 à 4000 pieds. Il y croît en compagnie du Juglans regia, bien spontané aussi, du Platanus orientalis et d'autres arbres. Les habitants du pays le désignent par le nom d'Agria Kastania. Plus récemment, en 1882, il a été de nouveau observé par Mùnter dans la vallée Arechthus du Pinde. Paris, 15 mai 1895, IGNOTUS.- — 177 — ARBRES FORESTIERS ET D'ORNEMENT Châtaignier G. commun. Arbre employé pour former les châtaigneraies ; il doit être planté de préférence au nord ou au levant et demande un sol profond, argilo-siliceux. Châtaignier commun à feuilles crispées. » » » dissé- quées. G. hétérophylle filiforme. Très curieuse espèce, à feuilles découpées en longues et étroites lanières du plus gracieux effet. Châtaignier commun à feuilles argentées. » » » dorées. Châtaignier commun prolifère. » » tortueux. Châtaignier d'Amérique, précieux pour l'ornementation par sa vigueur, son magnifique feuillage et sa rusticité. Châtaignier commun nain Chincapin. Châtaignier commun nain panaché. Catalpa Catalpa de Bulme. Catalpa nain de Bunge, plante superbe à tête ronde et régulière. Catalpa faux cassine. » de Kaempfer. Catalpa vrai. » commun, très bel arbre d'ornement, remarquable par son large feuillage et ses grands thyrses de fleurs; peu difficile sur la nature du sol. G. commun doré. Jolie variété à feuilles constamment dorées ; à introduire en grand nombre dans les jardins paysagers. G. commun à feuilles argentées. Belle variété, de la Caroline, encore très rare, à feuilles panachées de blanc. G. de Wallich. Micocoulier Cultivé pour son bois souple et compact dans le midi de la France. Micocoulier d'Audibert. » à feuilles rugueuses. » » en cœur. » » épaisses. Micocoulier d'Occident. » de Provence. » d'Orient. » de Chine. (Sera continué.) EDOUARD MlCHIELS. — 178 PETITES NOTES DE CULTURE Iris anglica. — Sous ce nom erroné on désigne une espèce d'Iris bulbeux, indigène de l'Espagne et qui fut d'abord répandue en Angleterre d'où elle revint sur le Continent. Parmi les meilleures variétés dont la maison E. H. Krelage et fils de Haarlem possède une riche collection, on peut citer Iris J. Victor, d'un beau violet foncé ; /. formosa, bleu clair et violet; La Majestueuse, bleu; Laura, pourpre ; Mont Blanc, blanc pur ; Léon Tolstoï, beau pourpre foncé maculé de jaune. Ces Iris sont plantés en automne, en plein air, dans un sol meuble, quelque peu sablonneux, à la distance d'une douzaine de centimètres et à m 10 de profondeur. Le repos commence après la floraison et, le cas échéant, la fructification. Il est bon de mettre aiors les bulbes en terre, dans un endroit ensoleillé où on pourra les hiverner sous une couverture de feuilles. Transplantation des Rosiers. — Ce n'est peut-être pas le moment de rappeler que les rosiers greffés par écussonnage doivent être transplantés tous les trois ans et débarrassés soigneusement des rejetons sauvages. Cepen- dant nous appelons sur ce point l'attention des amateurs parce que, récemment, nous avons vu dans un jardin presque toutes les plantes entourées à la base d'un buisson d'églantiers surgissant dans toutes les directions. La négligence est la seule cause de ce mal ; si l'on n'y veille, la floraison sera pour ainsi dire nulle. Lors de la transplantation triennale, on fera bien de renouveler la terre et d'y ajouter du terreau de fumier si l'on veut remettre les rosiers à la même place. Champignon de l'Aspidistra. — Plus une plante a été soumise à la cul- ture et plus elle devient apte à être envahie par les parasites. L'Aspidistra en fournit une nouvelle preuve. Actuellement on signale sur plusieurs points, non seulement en Angleterre, mais aussi sur le continent, des exemplaires d'Aspidistra dont les feuilles sont couvertes de taches irrégulières d'un blanc assez sale, n'ayant rien de commun avec la panachure. D'après le Gardeners' Chronicle, avril 1895, p. 454, on se trouve en présence d'un champignon parasite, Ascochijta Aspidistrae, dont le mycélium se répand dans le tissu de la feuille. Ce parasite renferme des myriades de spores minuscules qui germent en 24 heures sur la surface humide de la plante. Il faudra, pour éviter l'ex- tension de cette peste, brûler avec le plus grand soin les parties de feuilles dont la chlorophylle est débilitée par l'action des spores. La destruction est — 179 — d'autant plus aisée que l'ennemi est très facile à reconnaître dès son appari- tion par les petites taches noires que forment les groupes de spores. Guano de poisson. — Depuis peu d'années l'engrais obtenu du résidu, arêtes et autres parties de poissons se répand de plus en plus dans les cul- tures. C'est un engrais potassique par excellence puisqu'il contient 15 p. % de sulfate de potasse, 7 p. °/ de nitrogène ou ammoniaque, 10 p. % de magnésie, de 8 à 20 p. % de phosphate, lorsque le guano de poisson est complet. Il suffit d'employer cet engrais dans les jardins à raison de 200 à 500 kilogr. par hectare. Les plantes en pots pourront être traitées par voie d'arrosement, au moyen d'un mélange de 5 kilog. de guano sur 100 litres d'eau. * * Rempotages. — L'horticulteur n'a recours aux rempotages que si la plante réclame ce travail. Les amateurs s'imaginent volontiers que le rempotage est nécessaire tous les ans. C'est là une grave erreur. Cette saison, le printemps, est la meilleure pour rempoter les plantes de serre tempérée, certains pal- miers, les plantes du Cap, celles de Nouvelle Hollande, etc., qui peuvent être soumises à cette opération aussitôt que la floraison est passée. Seulement on a souvent tort de donner aux plantes des pots plus grands et on oublie que l'on peut rempoter parfaitement en employant les mêmes vases. Il suffît, en ce cas, de faire subir aux plantes une taille rationnelle des racines, de renouveler la terre du fond et de donner à la motte un nouveau surfaçage. Culture des groseilliers. — Si l'on veut obtenir une fructification constante chez les groseilliers, Sempervirens conseille d'agir de la manière suivante : fumer abondamment chaque année le sol à l'entour des plantes, les débarrasser en outre du vieux bois. Si on néglige ces opérations, les fruits diminuent aussi bien en qualité qu'en grandeur. En employant du purin on y ajoute utilement un peu de sulfate de fer, afin d'atteindre les chenilles cachées dans l'écorce. Il est bon d'ajouter au sol, autour des plantes, un peu de débris calcaires. * * Arnebia echioides. — Le genre Arnebia, de la famille des Boraginées, habite le Caucase, l'Arménie, le Turkestan et la Perse. L'espèce A. echioides est une des plus belles du groupe; elle a été introduite par M. Max Leightlin, le grand amateur de plantes vivaces rustiques. Les pétales sont d'un beau jaune de primevère orné lors de l'épanouissement d'une macule presque noire. L 1 Arnebia macrothyrsa provient du Kourdistan du nord. Cette espèce a été également introduite par M. Max Leichtlin. Les Arnebias aiment une expo- — 180 — sition bien ouverte et aérée; à l'ombre ils se développent beaucoup, mais fleurissent moins. La multiplication des espèces vivaces se fait aisément de boutures. L'ittustrirte Gartenzeitung de Vienne recommande l'hivernage des jeunes plantes en serre froide et même sous châssis froid. UAmebia echioides peut aussi être multiplié par la division des souches. Remède contre les insectes. — La poudre de Pyrèthre, lorsqu'elle est pure, est un excellent insecticide dont l'emploi a été recommandé récemment comme remède efficace contre les fourmis. L'expérience a démontré qu'elle détruit celles-ci rapidement et sûrement. Nous rappellerons à ce propos que la fumée obtenue par la combustion de la poudre de Pyrèthre est un puissant anesthésique qui endort certains insectes comme les moucherons, les cousins; elle finit par les faire disparaître des appartements. Les vingt plus belles Roses. — D'ordinaire les collectionneurs trouvent des qualités à chaque plante de leur collection, de même les semeurs se décident difficilement à faire un choix et à supprimer ce qui n'est pas de premier ordre. Il serait facile de trouver cent roses toutes d'élite et la réduction à un petit nombre est un véritable travail. Celui pourtant qui ne possède qu'un petit jardin doit savoir se limiter et c'est pour lui que nous donnons la liste suivante des vingt plus belles roses d'après Ylllustrirte Gartenzeitung d'Erfurt : Rosier Bengale : Hermosa, obtenu par Mancherau en 1840. Rouge rosé. Rosiers Thé : Niphetos, Labouchère, 1843. Blanche; Maréchal Niel, Pradel jeune, 1864. Jaune; Perle des Jardins, Levêt, 1874. Jaune; Gloire de Dijon, Jacotot, 1853. Jaune pâle. Rosier hybride de Thé : La France, Guillot fils. Rouge rosé. Rosiers Bourbon : Mrs. Bosanquet, Laffay, 1832. Couleur chair; Sou- venir de la Malmaison, Beluze, 1843. Couleur chair. Rosiers hybrides remontants : Captain Christy, Lacharme, 1873. Couleur chair; Anna Alexieff, Margottin, 1859. Rose rouge; Baronne Ad. de Roth- schild, Pernet, 1867. Rose rouge; Anna de Diesbach, Lacharme, 1859. Rouge rosé; Magna Charta, W m Paul, 1877. Rosé; Paul Neyron, Levêt, 1869. Rose foncé; Jules Margottin, Margottin, 1853. Carmin. Marie Bau- mann, Baumann, 1863. Rouge carminé; Général Jacqueminot, Rousselet, 1853. Rouge vif; Triomphe de l" Exposition, Margottin, 1857. Rouge; Prince Camille de Rohan, Eugène Verdier, 1851. Rouge foncé; Van Houtte, La- charme, 1869. Rouge amarante. R. d'Eelèn. 6 me Série. TOME 2 me . 12 e Livraison. 30 Juin 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll N DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le la du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 50 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATION HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIRE Pages. Causerie horticole 181 L'Exposition internationale de Paris .... 184 Renseignements et cultures 190 Les Cycadées 193 Plantes primées Pages. . 195 TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE PL 36. Dendrobium nobile nobilius . 183 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1Ê5 FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, 100, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. Vander Haegben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) Les annonces paraissant à la fois dans I/Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. ]\T. B. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ. dansles2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 journ. Une page entière . . . fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... . » 30 » 60 » 100 » 180 » 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 » 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 » 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 » 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard , à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 181 — CAUSERIE HORTICOLE LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 30 Juin 1895. La distribution géographique des plantes, dont je parlais dans un récent numéro, est un sujet extrêmement étendu et complexe, et dont on ne saurait embrasser la généralité dans une courte causerie. Mais je voudrais ajouter aux réflexions précédentes quelques considérations fondamentales qui me paraissent intéressantes à méditer par les personnes qui se proposent de commencer cette étude. Il est indiscutable que l'amateur de plantes, le cultivateur, ne considère pas les plantes au même point de vue que le botaniste. Le premier envisage surtout les services que rendent ou peuvent rendre les végétaux à l'humanité, soit au point de vue des nécessités matérielles de la vie, soit pour l'agrément et le plaisir des yeux ; et comme on se lasse des plus belles choses par une longue habitude, l'un des grands charmes que l'homme trouve dans les plantes consiste dans la possibilité de les modifier et de les renouveler indéfiniment. Le botaniste, en tant que savant et que philosophe, envisage les végétaux d'une façon plus abstraite ; elles l'intéressent surtout comme une manifestation des lois et des phénomènes de la nature. Il les considère comme des êtres, tenant une place considérable dans le monde terrestre grâce à leur faculté remarquable d'adaptation au milieu, et dont chaque organe, en quelque sorte, fournit l'exemple de cette adaptation* chacun adoptant des formes infiniment variées pour accomplir sa fonction. La plante, à l'état naturel, est la résultante de son hérédité et des conditions dans lesquelles elle s'est trouvée placée, des innombrables influences qui ont agi sur elle, dans des sens et avec des intensités variables. Elle représente un équilibre entre ces diverses forces, équilibre éminemment instable, qui peut être détruit par la plus légère modification dans le sens ou l'énergie d'une quelconque de ces forces. La plante elle-même ne sera pas nécessairement détruite lorsque l'équilibre n'existera plus; mais une modification à l'une des conditions existantes entraînera forcément des modifications dans d'autres sens, de façon à établir un nouvel équilibre; la souplesse de la constitution — 182 — végétale, la faculté d'adaptation au milieu, pour employer l'expression consacrée, permet à la plante de se prêter à ces modifications (quand elles ne sont pas excessives) et de transformer ses conditions de vie, voire même certains de ces organes en conséquence. Les deux grands facteurs qui déterminent la distribution géographique d'une plante sont : 1° La chaleur et l'humidité, et d'une façon générale, le climat. 2° L'histoire géologique du pays où elle se trouve. Parmi les particularités secondaires qui rentrent dans le premier ordre d'influence, on peut citer la composition du sol, celle de l'air, l'existence d'animaux, d'insectes qui peuvent, soit détruire une plante, soit au contraire favoriser son développement, en la fécondant par exemple. Mais la chaleur et l'humidité sont les deux agents principaux, fondamentaux, qui influent sur la végétation. La chaleur reçue du soleil est plus grande, toutes choses égales d'ailleurs, sous l'équateur qu'en toute autre région ; elle va en diminuant jusqu'aux pôles, où elle atteint son minimum. Si l'action du soleil n'était pas contrebalancée par d'autres influences, on pourrait diviser la terre en zones parallèles à l'équateur, et dans toute l'étendue de chacune desquelles la végétation serait la même. Mais beaucoup d'autres causes agissent dans d'autres directions. Ainsi, il existe dans les mers des courants chauds et des courants froids qui modifient le climat dans les régions voisines du littoral. Les vents du Nord ou du Midi refroidissent ou réchauffent les localités dans lesquelles ils se font sentir, et les régions découvertes se trouvent ainsi soumises à des variations que ne connaissent pas les régions abritées par des montagnes. Les forêts constituent une protection analogue, quoique moins efficace, et modifient notablement la composition de l'atmosphère. Les grandes masses d'eau contribuent à rendre la température uniforme, et les grandes étendues de terre au contraire sont exposées à des alternatives très tranchées. L'altitude d'un pays au-dessus de la mer a encore une grande importance ; la température s'abaisse, comme on sait, à mesure que l'on atteint de plus grandes hauteurs; l'air y est aussi plus pur, et fréquemment plus sec, que dans les régions basses occupées par des couches d'air humides et souvent chargées de miasmes. Les zones de température égale sont donc remarquablement irrégulières, ainsi qu'on peut s'en rendre compte en jetant les yeux sur les cartes dressées par Humboldt, et dans lesquelles des lignes isothermiques indiquent la sépa- ration des zones de températures différentes. Max Garnier. (Sera continué.) L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. XXXVI DENDROBIUM NOBILE NOBILIUS A. Goossens pinx* J. Goffart chrom. 183 — PL. XXXVI DENDROBIUM \0BILE KOBILIIIS Le Dendrobium nobile est une des Orchidées les plus populaires et les plus dignes de l'être. Il est depuis longtemps assez abondant pour ne pas être coûteux; sa culture est facile, son port de taille modeste et d'une grande élégance, ses fleurs abondantes et d'une très grande beauté. La variété nobUius est la plus célèbre et certainement la plus belle des formes de cette espèce. Tandis que dans le type les segments floraux portent seulement à la pointe une petite tache d'un rose plus ou moins violacé, dans le D. nobile nobUius, cette macule envahit à peu près entièrement les pétales et les sépales, et elle acquiert une intensité extrême. C'est une fleur d'un éclat merveilleux. Il existe une autre variété du D. nobile qui peut être égalée à celle-ci au point de vue de la beauté; c'est la variété Coohsonianum, nommée par Reichenbach en l'honneur de l'amateur anglais M. Norman J. Cookson; mais elle est extrêmement rare et ne figure que dans trois ou quatre grandes collections. Le Dendrobium nobile fut introduit en Europe en 1830, et y fleurit pour la première fois en 1837. Il est originaire de l'Asie tropicale, où il est répandu sur une aire très vaste, du Sikkim à la Chine centrale. On le cultive en serre chaude, à une température de 15 à 18° C, avec beau- coup de lumière, beaucoup d'humidité pendant la végétation et un bon repos après l'achèvement des pseudobulbes. Sa floraison se produit en février et mars, et les plantes peuvent alors être placées pendant quelque temps dans une serre tempérée, ce qui prolonge la durée des fleurs. La maturation des pseudobulbes s'effectue vers la fin du mois d'août et l'on doit donner à cette époque beaucoup de soleil et de l'air autant que la tempé- rature le permet. On diminue ensuite les arrosages d'une façon progressive, jusqu'au commencement de janvier, époque ou la végétation recommence. Le D. nobile se multiplie facilement par sectionnement, soit à la base, en détachant un ou plusieurs pseudobulbes, soit en hauteur, en coupant les tiges adventives qui se développent à certains joints et émettent des racines. On — 184 — peut aussi couper en morceaux des pseudobulbes sans bourgeons apparents, et les déposer sur une couche de sphagnum humide ; presque toujours ces mor- ceaux produisent des pousses au bout d'un certain temps. Le 1). nobile est une des Orchidées qui rendent de grands services aux amateurs de fleurs coupées. Gomme ses fleurs se produisent en petits bouquets aux joints des pseudobulbes, le procédé le plus simple consiste à couper un morceau du pseudobulbe pour avoir les fleurs en même temps. La végétation est assez vigoureuse dans cette espèce pour que cette mutilation ne lui fasse pas de tort, et certains cultivateurs sont même d'avis qu'on obtient de meilleurs résultats et une croissance plus rapide en retranchant chaque année tout ou partie des anciens pseudobulbes qui ont fleuri. Max Garnier. L'EXPOSITION INTERNATIONALE DE PARIS 22-28 MAI 1895 Nous l'avons dit ailleurs et nous le répétons ici : « Cette exposition est, non pas un succès, mais un véritable triomphe pour la Société nationale d'Horti- culture de France. » Seulement, les événements horticoles, comme les autres, se précipitent et perdent rapidement le mérite de l'actualité. Nous ne nous arrêterons donc pas pour essayer de faire la description de tout ce qu'il y avait de beau, de surprenant, de merveilleux au Jardin des Tuileries du 22 au 28 mai dernier. Pénétrons, sans plus de préambules, dans le cœur du.... débat horticole et parlons un peu des plantes nouvelles, dont les envois, ici, à Paris, sont la pierre d'achoppement, comme elles le seront à toutes les expositions, aussi longtemps que le libellé du programme ne sera pas précis ou que les concours ne seront pas tout simplement supprimés. Trois concurrents sont en présence : MM. Linden, de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles, MM. F. Sander et G , horticulteurs, à Saint- Albans-Herts (Angleterre) et M. Sallier-Joanni, horticulteur, 9, rueDelaize- ment, à Neuilly-sur-Seine (Seine). Le jury est composé de MM. Bergman père, président ; de la Devansaye, Edouard André, Isidore Leroy, Patry, Romain De Smet et Charles De Bosschere, secrétaire. Après un examen attentif des trois concurrents, le Jury, sur la proposition de M. Edouard André, proposition accueillie sans aucune observation, parce qu'elle répond au sentiment unanime du Jury, décerne le premier prix, une — 185 — grande médaille d'or, à MM. Linden; le second prix, une médaille d'or, à MM. Sander ; une médaille de vermeil, à M. S allier- Joanni. Le Jury signale ensuite à l'attention du Jury supérieur le mérite des envois de MM. Linden et Sander. Le conseil d'administration, je pense, à moins que ce ne soit son bureau, a attribué ensuite à M. Linden la grande médaille d'or, offerte par M. le ministre de l'agriculture; à MM. Sander, la grande médaille d'or, fondée par M. le D r D'ANDRY; à M. Sallier- Joanni, la médaille de vermeil, offerte par M me Adam. Si nous entrons dans ces détails, qui, à d'aucuns, peuvent paraître de mince importance, c'est que nous croyons utile de le faire en présence du bruit qui s'est fait autour de ce concours. Gomme secrétaire de la section du jury chargé de juger les plantes nouvelles, nous sommes à même de faire la lumière sur une question qu'on a voulu embrouiller. Notre impartialité nous fait un devoir d'agir de la sorte : à ce devoir nous n'avons jamais failli, et nous comptons bien ne jamais mériter de reproches sur ce point. Cela dit, voyons les éléments dont se composent les trois envois. Le groupe de MM. Linden comprend : Acanthophoenix grandis. Brésil, 1895 (inédite). — Palmier d'une grâce extrême, feuilles finement découpées d'un beau vert luisant, épines d'un brun foncé lui donnant un aspect étrange et très gracieux. C'est évidemment un Acanthophoenix et M. Linden a eu raison de le présenter sous ce nom au lieu de celui de Calamus qui lui avait été primitivement donné. Adiantum Claesianum. Brésil, 1895 (inédite). — Superbe nouveauté de port nain et très touffu à grandes frondaisons très élégantes, d'un vert vif panaché au centre de blanc argenté, prolongé par des stries en éventail. Plante décorative de tout premier ordre (deux exemplaires). Adiantum lineatum. Brésil, 1895 (inédite). — Autre Fougère très décora- tive, ayant à peu près les mêmes qualités que VA. Claesianum, mais dans laquelle les pinnules sont lignées de blanc argenté sur fond vert et dont elle ne sera probablement qu'une variété. Alsophila Marshalliana. Haut-Pérou (inédite). — Fougère naine d'une grande beauté, produisant une couronne touffue de frondes très élégantes, d'un vert foncé, avec le rachis presque noir et les pinnules très serrées et d'un coloris remarquablement riche. Anthurium Wambekeanum, hybride A. Lindeni X A. Andreanum. — Magnifique hybride à feuillage obcordé allongé, d'une grande élégance et produisant des spathes très amples, largement obcordées, d'un blanc d'ivoire très brillant. C'est certainement le plus bel hybride d' Anthurium paru jusqu'ici. Bégonia Faureana. Brésil, 1895 (inédite). — Superbe espèce à feuillage très décoratif, ample, élégamment découpé et d'une richesse de coloris ex- — 186 — ceptionnelle; le fond vert est nuancé de brun bronzé le long des veines et orné de points et de dessins d'un blanc argenté. (Représenté par trois variétés plus ou moins foncées). Bégonia Lansbergeae. Brésil, 1893 (mis au commerce en 1894). — Cette espèce se distingue par son feuillage très épais d'un beau vert d'émeraude, entièrement couvert d'un beau duvet soyeux blanchâtre. Elle est d'une très grande beauté. Caladium Lilliputianum. Venezuela, 1895. — Ne paraît être qu'une variété du C. argyrites. Il me semble que M. Linden aurait pu parfaitement ne pas comprendre cette variété dans un lot aussi remarquable Ce Caladium n'était pas digne des autres plantes exposées. Cyathea pigmea. Haut- Pérou (inédite). — Charmante Fougère miniature à stipe grêle et à frondes élégamment découpées. La tige d'un noir d'ébène contraste singulièrement avec la gaîté du feuillage. C'est une des plus déli- cieuses Fougères arborescentes, et combien mignonne! introduite jusqu'ici. Davallia Truffautiana. Haut-Pérou (inédite). — Fougère admirable à feuillage finement découpé comme des dentelles et formant une des plus gracieuses introductions de cette grande famille. C'était avec les Adiantum Claesîanum et lineatum une des plantes à sensation du lot. Dieffenbachia meleagris. Pérou, 1894 (inédite). — Le nom de cette espèce fait allusion à la panachure qui recouvre les pétioles depuis la base engainante jusqu'à la base même de la feuille. Les macules blanc d'ivoire alternent régulièrement avec le vert foncé du fond. Le limbe des feuilles est ovale allongé, très élégant, vert vif, avec quelques macules blanc crème. Geonoma tenuifolia. Pérou oriental (inédite). — Palmier très orne- mental à feuilles finement découpées comme le Geonoma gracilis, mais d'un ton glauque et ayant les jeunes feuilles rosées. Port trapu et végétation vigoureuse. Haemanthus Lindeni. Congo, 1893. — Magnifique espèce qui peut rivaliser avec les plus belles du genre. Son port est élégant, vraiment curieux, et sa couronne de fleurs, de grande dimension et d'un coloris éclatant, est des plus remarquables. La hampe robuste s'élève à une hauteur d'environ quarante-cinq centimètres et porte une ombelle d'une vingtaine de centimètres de diamètre, produisant plus de cent fleurs ayant chacune de quatre à cinq centimètres, d'un superbe rose saumon teinté d'écarlate. La plante exposée portait 7 hampes florales. Hemitelia Lindeni. Haut-Pérou, 1894 (inédite). — Les Hemitelia forment un groupe de Fougères arborescentes de petite taille extrêmement précieux au point de vue décoratif. La nouvelle espèce a la tige grêle et les frondes très gracieuses, c'est une introduction de haute valeur (2 exemplaires). — 187 — Miconia vesicaria. Pérou, 1894 (inédite). — Cette ravissante Mélasto- macée a les feuilles d'un vert foncé, nuancé de reflets violets métalliques, d'un superbe effet. Ses feuilles qui mesurent environ 15 centimètres de longueur, sont très ciliées sur les bords et portent au milieu du pétiole une curieuse vésicule très velue. Philodendron Devansayanum [ 1 ). Haut-Pérou (inédite). — Superbe Aroïdée à feuilles cordiformes d'un beau vert luisant quand elles sont adultes et rouge sang à l'état jeune. Les tiges sont également rouges et l'ensemble de la plante produit un effet des plus charmants. Tradescantia superba. Pérou, 1894 (inédite). — Espèce d'un port et d'un coloris magnifiques. Les feuilles, lancéolées, aiguës, sont richement flammées de blanc pur et striées de diverses teintes de vert foncé et de vert pâle. La face inférieure et la tige sont pourpre foncé. Remarque. — Les étiquettes imprimées de ces plantes portaient le nom, le pays d'origine et la date de l'introduction, tels que nous les reproduisons; le mot inédite était ajouté au crayon bleu. L'envoi de MM. Sander et C iP . Alocasia Sanderiana var. nobilis. Pornéo. — Variété plus grande du type mis au commerce il y a une dizaine d'années. Alocasia Watsoniana. Sumatra ( 2 ). — Cette espèce se distingue par les nervures et les veines blanc argenté qui ornent le beau feuillage vert. Alsophila atrorivens. Amérique tropicale. — Frondes amples d'un vert foncé, à pinnules ondulées. Anguloa Mantini. Pérou. — Cette espèce nous parait être une simple variété de VA. uniflora; les fleurs sont crème, légèrement rosé. (*) La Gartenflora, de Berlin, dans un article critique — qui paraîtrait étrange si tout ce qui sort de la plume de son directeur n'était étrange — insinue que cette plante avait été débaptisée au dernier moment pour la dédier à un membre du jury et en faire un ami (sic) ! ! Il faudrait pour que ce fût vrai que M. Wittmack m'eût prêté d'abord son singulier carac- tère et qu'ensuite le Ph. Martineti, qui aurait d'après ce botaniste changé de nom, n'eût pas été exposé à Bordeaux quelques jours auparavant sous ce nom en compagnie du P. Devansayanum et vu par tous les connaisseurs. Or, les deux plantes sont essentiellement différentes, l'une est sommairement décrite ci-dessus et l'autre a le faciès du Ph. Melinoni, mais les tiges et les feuilles sont d'un glauque vineux très différent. Ce sera aussi une espèce d'une végétation autrement puis- sante. Les deux plantes sont exposées sous leurs noms respectifs dans nos serres depuis leur retour de Bordeaux et de Paris. Les lunettes de M. Wittmack doivent être bien extraordinaires — ou d'une partialité étonnante — pour lui avoir fait voir que la plupart de nos plantes se trouvaient déjà dans le commerce (lesquelles s. v. p. à l'exception du Bégonia Lansbergiae, renseigné comme tel ?) alors que c'est le groupe de notre concurrent qui se trouvait presque totalement dans ces conditions. L. L. ( 2 ) Est-ce bien une introduction de Sumatra? Ou ne serait-ce qu'une introduction (hybride) des environs de Paris? L. L. — 188 — Asparagus albanense. Afrique du Sud. — Ressemble beaucoup à VA. plu- mosus, dont il paraît une forme plus légère, plus nuageuse. Bégonia Rajah. Asie. — Ce Bégonia est trapu, les feuilles petites sont brun et vert foncé avec des nervures vert clair. Bentinckia Nicobarica. Asie tropicale. — Palmier à feuilles pennées, ressemblant à un Kentia, mais avec des feuilles moins divisées, d'un vert clair. La plante était trop jeune pour pouvoir constater si elle était bien diffé- rente du B. Codapana. Bougainvillea glabra Sanderiana. Brésil. — Un grand exemplaire admirablement fleuri d'une plante trop peu cultivée, mais qui ne se différencie guère, nous semble-t-il, du type. Cette plante nouvelle d'introduction la plus récente (?) était exposée dans plusieurs collections. Crinum Moorei variegatum. Asie. — Variété dont les feuilles sont panachées de jaune. Croton de semis. — Pas une nouvelle introduction assurément. Cypripedium Sanderae. Asie. — D'Après M. Edouard André [Revue horticole, n° 11, 1895, p. 249), gracieuse Orchidée à fleurs blanc pur et vertes, plante à sensation, qui rappelle le C. Hyeanum, mais qui est sortie d'une autre espèce, le C. eallosum( l ). Dracaena Godseffiana. Mauritius. — Ce Dracaena a les tiges noueuses; les feuilles, d'un vert luisant, sont ornées de points jaune ivoire. Il a été présenté à Gand, en 1893. Dracaena Sanderiana. Afrique tropicale. — Décrit à l'occasion de sa présentation à la dernière Exposition quinquennale de Gand. On sait que cette espèce très ornementale a été mise au commerce, pendant cette exposition, il y a deux ans, par M. Linden. Epidendrum Endresio-Wallisi, hybride. — Fleurs rosées, petites. Cette variétée a paru aux Meetings de L'Orgiiidéenne, exposée par M. Van Imschoot, de Gand. Erionema Sanderae, hybride. — Plante naine de la famille des Mélasto- macées, à feuilles zébrées de blanc, de vert et de jaune, et paraissant peu différente du vieux Bertolonia marmorata. Heliconia illustris var. rubricaulis ( 2 ). Iles Salomon. — Superbe plante de la famille des Scitaminées, feuilles amples, très décoratives, vert rougeâtre veiné de rouge et de rose, rouges à la base. (') Encore une introduction des environs de Paris ! L. L. ( 2 ) Ce superbe Heliconia est une introduction de M. W. Bull, à Londres, qui nous en avait offert un fort spécimen il y a déjà deux ans. L. L. — 189 — Cette plante était également exposée par M. Dallière, de Gand, dans un autre concours. Laelia purpurata Ernest Bergman. Brésil. — Belle variété, mais qu'on est étonné de rencontrer dans une collection de plantes nouvelles, alors que les variétés tout aussi belles, t'ont légion dans les nombreuses collections européennes. Licuala Kirsteniana. Madagascar. — Joli Palmier à feuilles profondément découpées. Ludovica crenifolia. Amérique tropicale. — Déjà vu à Gand. Maranta Sanderiana. Brésil. — Quelle différence y a-t-il entre le vieux M. majestica, introduit il y a 20 ans par M. Linden, et celui-ci ? Odontoglossum crispum var. Latranum. Colombie. — Très belle variété, mais nous répétons ici l'observation faite plus haut à propos du Laelia purpurata Ernest Bergman. Podocarpus pectinatus. Amérique. — Les feuilles de ce curieux Conifère sont couvertes d'une cire blanche ponctuée, ce qui lui donne un aspect peu commun. Ptychoraphis angusta. Indes orientales. — Joli Palmier à feuilles pennées. Richardia Lutwychei. Congo. — Aroïdée à spathe jaune soufre en cornet, taché de noir à l'intérieur. Salmia Laucheana. Pérou. — Déjà vu à Gand. Vriesea tessellata var. Parisiense. Brésil. — Il nous semble que ce beau Vriesea est celui que nous avons décrit, en 1892, dans le Gardeners' Chronicle et que nous avions rencontré dans les serres d'un horticulteur gantois. C'est la même plante qui était exposée à Gand, il y a deux ans, sous le nom de T. San- derae. C'est assurément une très belle obtention sortie du V. tessellata. Vriesea Président Faure. Brésil. — Est-ce que cette variété du V. fenes- tralis a été introduite du Brésil par les exposants ? Il me semble l'avoir déjà vue chez M. Draps, à Bruxelles. C'est un point que nous voudrions voir élucidé. Quoiqu'il en soit, la variété est méritante. Remarque. — Les étiquettes imprimées mentionnaient le nom de la plante et celui du pays d'origine tels que nous les reproduisons ci-dessus. Chaque étiquette portait en outre : « Plante nouvelle. Sander, S. Albans, Angle- terre; » celles de M. Linden : « Plante nouvelle d'introduction directe. — L'Horticulture Internationale (Linden), Parc Léopold, Bruxelles. » M . Sallier-Joanni expose : Rottlera hamosa, mal étiqueté d'après les botanistes; c'est le Chirita hamosa B. B. {Didymocarpus hamosa, Wall.) de l'Inde, une Gesnériacée à fleur bleu lilacé, très floribonde. — 190 — Bougainvïllea glabra Sanderiana, déjà vu dans la collection de MM. Sander. Phlox decussata Comtesse de Garnac, vivace, à feuilles panachées de blanc. Fuchsia M. Aubin, à rameaux retombants et très floribond. Ampelocissus du Tonkin, une introduction de M. Gh. Baltet. Gymnogramma Veitchii, dont la tige est garnie d'une fine poudre argentée. Euphorbia Foumieri. Madagascar. Jolie plante décorative avec une profu- sion de petites fleurs blanches. Abutilon Savitzii, Physalis Francheti, Anthurium Louis Fournier, im- mense spathe d'un rouge superbe, Vïburnum dilatatum, Vibumum Tinus aurea var., etc. (A suivre.) CHARLES DE BOSSCHERE. EXPOSITION BELGE A BORDEAUX. — L'abondance des matières nous oblige à remettre au numéro du 30 juillet l'article sur ce sujet que nous a transmis notre excellent collaborateur M. Gh. De Bosschere. (Note de la Direction.) RENSEIGNEMENTS ET CULTURES Noms des couleurs. — M. Viviand-Morel publie dans le Journal de la Société Nationale d'Horticulture de France un intéressant article sur la nomenclature des principales couleurs. Une classification de ce genre présente une grande utilité; il est quelquefois embarrassant pour quelqu'un qui ne l'a pas à sa disposition de définir une nuance donnée, et cette difficulté rend les descriptions de plantes très insuffisantes et incertaines. M. Viviand-Morel énumère notamment 22 nuances de vert, 28 de jaune, 44 de rouge, etc. Cette nomenclature est accompagné de considérations physiologiques et culturales qui méritent d'être méditées par tous les amateurs de fleurs, et notamment par les semeurs qui cherchent à combiner et à produire certaines colorations. * Les Musées de Kew. — M. W. Watson donne dans le Garden and Forest des renseignements intéressants sur l'organisation de cette partie du grand établissement anglais : « Les musées de Botanique économique des Jardins Royaux de Kew, écrit-il, sont exceptionnellement riches en produits — 191 — végétaux de toute sorte, et leur destination est de nous apprendre à apprécier les relations générales entre le monde végétal et l'homme. Il existe trois bâtiments séparés, l'un pour les Dicotylédones, un autre pour les Monoco- tylédones et les Gymnospermes, le troisième pour les spécimens de bois de construction et les échantillons volumineux en général. Les guides officiels de ces musées, lesquels sont au nombre de trois, un pour chaque bâtiment, sont précieux pour les utiles renseignements qu'ils contiennent sur toutes les sortes de plantes et sur leurs produits. J'appelle l'attention sur ces livres parce que le guide relatif aux Monocotylédones et aux Cryptogames n'a paru que dernièrement, et que son contenu est d'un intérêt plus qu'ordinaire. Il y est traité des Palmiers, Scitaminées, Amaryllidées, Liliacées, Aroïdées, Mousses, etc., et des renseignements y sont données sur leurs produits les plus importants. » L'exemple donné par les Jardins Royaux de Kew ne devrait-il pas être suivi par tous les établissements, musées, etc., qui renferment de grandes collections? Toutes ces richesses ne peuvent pas être utilisées par le public comme elles devraient l'être, s'il n'a pas à sa disposition pour se guider un catalogue complet et ordonné, et s'il est possible, commenté; plus les collections sont étendues et riches, plus ce guide est indispensable. Le British Muséum, ce modèle des musées et des bibliothèques, ne rendrait que peu de services, avec tant de trésors accumulés, s'il n'avait pas en même temps le catalogue le plus méthodique et le plus facile à consulter. * Gloxinia. — Pendant la floraison, les superbes plantes ont dû être soumises à une température un peu inoins élevée, afin que leurs fleurs durent plus long- temps. On diminuera progressivement les arrosages lorsque les feuilles com- menceront à jaunir, et l'on finira par les cesser complètement quand toutes les feuilles seront séchées. Les tubercules pourront être laissés en place dans les pots ou mis dans les caisses dans du sable bien sec ; dans les deux cas on devra éviter l'humidité et la chaleur, qui interrompraient leur repos. La multiplication des Gloxinia s'opère par la division des tubercules, que l'on laisse sécher pendant quelques jours et que l'on replante en morceaux séparés, ou par bouture. Les personnes qui désirent des variétés nouvelles peuvent les obtenir de semis; en semant les graines en février-mars, on peut avoir des fleurs au commencement de l'automne de la même année. Teinture de gayac. — Cette teinture, fréquemment employée en chimie, est préparée à l'aide de la résine de gayac, qui découle des fissures pratiquées au tronc et aux brandies du guaiacum officinale, arbre de la famille des — 192 — Rutacées. Comme ce procédé ne fournit que de petites quantités de résine, on s'en procure plus expéditivement aux colonies en divisant le bois de gayac en bûches dont on chauffe une des extrémités, et la résine s'écoule par l'autre bout. On peut aussi obtenir la teinture en traitant par l'alcool le bois préalablement râpé. La résine de gayac acquiert une belle couleur verte quand elle est exposée à la lumière. On la mélange souvent avec de la colophane, et cette sophistiscation se reconnaît facilement à l'odeur. Le phylloxéra et la convention de Berne. — Le Gardeners' Chronicle publie sous ce titre les judicieuses réflexions suivantes : « Bien souvent nous avons protesté contre la mise en vigueur des règlements phylloxériques dans nos colonies et sur le continent. S'il y avait eu la moindre chance que ces règlements eussent une efficacité générale, il est évident que nous aurions dû les accepter avec résignation, mais dès le premier début, depuis que les mœurs et la vie de l'insecte ont été connues, nous avons signalé l'inanité des règlements. Aujourd'hui il est généralemeut reconnu que le phyl- loxéra n'en a tenu aucun compte ! de sorte que les commerçants et importateurs ont été soumis à toutes ces vexations et ces pertes pendant une longue série d'années, tout cela sans utilité. » Les Maranta sont des plantes un peu difficiles à faire figurer aux exposi- tions, et c'est grand dommage, car ils exciteraient toujours l'admiration des visiteurs par la magnificence de leur feuillage panaché, bariolé, strié ou zone des nuances les plus riches. Mais ils réclament beaucoup de chaleur et d'humi- dité, et ne peuvent pas supporter longtemps l'atmosphère sèche des apparte- ments ou les courants d'air des expositions. Parmi les plus splendides espèces, on peut citer le M. Lindeni, à feuilles présentant un disque blanc argenté transparent sur fond pourpre; le M. Veitchi, à feuilles vert clair portant des deux côtés de la nervure médiane des taches en forme de croissant vert foncé, et le M. Zebrina, à feuilles mesurant jusqu'à 1 mètre de longueur sur 30 à 35 centimètres de largeur, d'un beau vert foncé velouté, zébré obliquement de larges bandes vert clair, avec la face inférieure rouge pourpre. L' arroiv-root est préparé ordinairement avec les racines de divers Maranta; d'autre part une espèce des Indes Orientales, naturalisée en Amérique, le M. Galanga L., fournit le galanga répandu dans le commerce de la droguerie; ses racines cylindriques, d'un brun rougeâtre marqué de lignes circulaires blanchâtres, ont une odeur forte analogue à celle du Cardamome et une saveur piquante et très acre. — 193 — Une exposition d'insectologie aura lieu à Paris du 7 au 31 juillet pro- chain, au Jardin d'acclimation du Bois de Boulogne. Epiphyllum truneatum. — Cette espèce est l'une des plantes grasses les plus répandues chez les petits amateurs qui en ornent leurs appartements; elle a l'avantage de fleurir en hiver, et donne de très gracieuses fleurs rose carminé ou rose pâle, assez abondantes et de grande taille. Sa culture est facile, et elle réussit bien dans les appartements pourvu qu'elle ait assez d'air et de lumière, et une chaleur très modérée. Elle demande des arrosements assez abondants pendant la végétation, et très peu d'eau pendant l'hiver. VE. truneatum a très peu de racines, et on devra la cultiver en petits pots. Il peut être mis en plein air pendant toute la belle saison. • * ♦ * Calliphruria subedentata. — Cette charmante Amaryllidée n'est pas aussi connue qu'elle devrait l'être. M. Guihéneuf, dans son excellent ouvrage Lestantes bulbeuses, dont nous avons rendu compte récemment, en parle dans les termes suivants : « Admirables plantes, par l'odeur et la beauté de leurs grandes fleurs blanc pur; peu répandues en France, elles sont très appréciées en Angleterre ; on les trouve dans toutes les serres chaudes, et des spécialistes en font même une grande culture pour la vente de fleurs coupées. » Le C. subedentata est une plante peu volumineuse ; il peut être cultivé dans un très petit pot et prend peu de place sur la tablette; il réussit en serre chaude, dans un compost formé de terre franche et de terreau de feuilles avec un peu de sable, placé près du vitrage et arrosé fréquemment pendant la végétation. Sa floraison se produit en juin; on doit ensuite diminuer la chaleur et les arrosages. On trouvera dans la collection de L'Illustration Horticole un excellent portrait de cette belle plante. Max Garnier. LES CYCADEES Un de nos lecteurs nous demande des renseignements sur les caractères généraux et la culture de ces belles plantes. Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de citer en grande partie une intéressante conférence faite il y a deux ans environ à Londres, par M. Carruthers. Comme aspect, dit M. Carruthers, les Cycadées ressemblent à des Pal- — 194 — miers, et ne sont pas sans analogie avec des Fougères arborescentes; mais en réalité elles sont voisines de la famille des Pins. Les anciens botanistes ne pouvaient arriver à déterminer leur nature. Aujourd'hui nous savons qu'elles forment, avec deux autres groupes, un em- branchement distinct. Dans la fécondation des plantes avec lesquelles nous sommes le plus fami- liers, le grain de pollen tombe ou est porté sur le stigmate, et projette alors un tube grêle à travers la substance du style jusqu'à ce qu'il parvienne à l'ovule, qu'il féconde. Les plantes ainsi fécondées appartiennent à l'embran- chement le plus élevé des plantes phanérogames ou à fleurs. Dans les Cyca- dées, au contraire, le grain de pollen ne se pose pas sur un stigmate, ne pénètre pas dans la substance du style avant d'arriver à l'ovule ; il entre en contact direct avec celui-ci. L'ovule n'est pas enfermé dans un carpelle, il est exposé à l'air plus ou moins librement ; c'est pourquoi on appelle ces plantes des plantes à semences nues, ou Gymnospermes. Les gymnospermes sont des plantes d'une importance exceptionnelle dans l'histoire de la végétation du globe. Elles forment une partie de la première flore fossile dont on ait connaissance, et on trouve des fragments pétrifiés de leur bois dans les roches de l'âge devonien. Dans les roches secondaires on rencontre de nombreux échantillons de Cycadées, commençant dans le Lias avec un tronc qui présente les caractères de ceux des Cycas. Actuellement, les Cycadées sont principalement confinées aux régions tro- picales, quoique quelques-unes s'étendent au-delà, en Australie (Macrozamia), en Afrique (Encephalartos et Stangeria), dans le Japon (Cycas revoluta), et aux Etats-Unis (plusieurs espèces de Zamia). Les espèces de Cycas se rencontrent dans les pays et les îles qui bordent l'Océan Indien, avec le quartier général dans l'Archipel Malais, s'étendant au nord par les îles Philippines jusqu'au .Japon, à l'ouest dans l'Inde et à Ceylan, au sud dans les îles Comores, et peut-être à Madagascar à l'ouest, et dans l'Australie tropicale à l'est. Le fruit est porté sur les bords de feuilles modifiées qui se développent dans la même série que les feuilles ordinaires, et quand elles tombent, il reste une cica- trice en forme de losange, mais moins grande que celle des feuilles ordinaires. Les Cycas sont le genre le premier connu, et le mieux connu, du groupe, quoique ce genre s'enrichisse continuellement de nouvelles espèces. Les fruits sont produits en cônes dans les autres genres ; dans les Zamia les graines sont disposées à la face interne d'écaillés peltées, non imbriquées, qui sont arran- gées en séries linéaires. Les Zamia, avec le genre très voisin Ceratozamia, se rencontrent dans les régions tropicales du Nouveau-Monde, jusqu'à la Floride au nord et à la Bolivie au sud. — 195 — Dans l'ancien monde, nous trouvons des Cycadées plus voisines des Zamia que des Cycas. Le genre Encephalartos est spécial à l'Afrique, où il apparaît surtout dans le sud, mais certaines espèces se rencontrent dans la région tropicale. Dans ce genre les écailles sont peltées et arrangées en spirales, non en séries linéaires. En Australie, on trouve les Macrozamia, à écailles peltées, également dis- posées en spirales. Elles ont le sommet allongé, quelquefois assez long pour donner au cône un aspect imbriqué. En dehors de ces plantes, caractéristiques des régions où elles apparaissent, il y a des genres remarquablement errants. Au Mexique on rencontre le Dion, avec peut-être trois espèces; il a les écailles plates imbriquées. Le Stangeria, avec ses feuilles et ses cônes, distincts, se rencontre à Natal, dans la région géographique de l'Encephalartos ; et le Bowenia, à feuilles bipennées, dans le dans le nord de l'Australie, pays du Macrozamia... La culture en général n'est pas difficile. Les Cycadées ont de grands troncs dans lesquels sont amassées de grandes quantités de réserves nutritives, qui peuvent rester sans emploi pendant des mois ou même des années. Je ne conseillerais pas aux cultivateurs de ces plantes de jeter les troncs qui pa- raissent morts, car lorsqu'on les abandonne à eux-mêmes, il peut arriver qu'ils émettent tout à coup une feuille après des années d'inactivité, à la surprise du jardinier, et par des raisons connues seulement de la plante elle-même. M. Watson a cité ce fait que le Baron Mùller, de Melbourne, avait envoyé un tronc de Macrozamia Mûlleri aux Jardins Royaux de Kew. Pen- dant trois ans, ce tronc resta dans la serre des Palmiers, sans donner signe de vie. La moitié inférieure était absolument morte. On la coupa, et peu après la partie supérieure commença à pousser. La plante est devenue vigoureuse et belle. Il n'est pas possible d'obtenir des semences de Cycadées dans nos contrées, parce que les plantes mâles et femelles ne fleurissent pas à la même époque. Toutes ces plantes réclament la culture tropicale, même le Cycas revoluta, qui vit, mais ne prospère pas dans une serre tempérée. PLANTES PRIMEES Sambucus raeemosus plumosus. — Cette belle variété a les feuilles d'un jaune verdàtre sombre, très divisées et d'une grande élégance. Elle a obtenu un Certificat de mérite au meeting du 14 mai de la Société Royale d'Horticul- — 190 — ture de Londres, où elle était exposée par MM. R. Wezelenburg et fils, de Hazerswoud près Leyde. Caladium Rose Laing. — Variété à très grandes feuilles d'un rose trans- parent au centre, avec la partie extérieure blanc verdâtre et les veines blanches nuancées de vert. Certificat botanique à la Société Royale Botanique de Londres le 15 mai (MM. Laing et fils). Hippeastrum splendens. — Nouvelle espèce exposée par M. Truffaut à la séance du 9 mai dernier de la Société Nationale d'Horticulture de France. D'après le compte rendu du Journal de la Société, elle rappelle quelque peu Y H. équestre; elle est très floribonde, chaque bulbe donnant naissance à plu- sieurs hampes que portent chacune deux ou trois fleurs. Cette espèce a obtenu une prime de l re classe. * Caladium Pauline Guichard. — Variété à feuilles très grandes, d'un rouge saumoné foncé, veiné de cramoisi; très remarquable, paraît-il. Certificat botanique à la Société Royale Botanique de Londres le 15 mai (MM. Laing et fils). * Gloxinia Léopard. — Belle variété à grandes fleurs, fond blanc lavé de rose et fortement maculé de rouge écarlate, avec la gorge cramoisie. Certificat botanique à la Société Royale Botanique de Londres le 15 mai (MM. Laing et fils). * Bégonia Lord Roseberry. — Variété tubéreuse double, à fleurs ayant à peu près la forme de celles d'un Camellia, et d'un rouge écarlate clair. Certificat botanique à la Société Royale Botanique de Londres le 15 mai (M. T. S. Ware). Calochortus Lyoni. — Nouvelle espèce très gracieuse, à grandes fleurs lilas pâle, à reflets presque blancs, avec une riche macule brun foncé velouté à la base de chaque pétale. Exposée par MM. Wallace et C ie , de Rochester, au meeting de Londres du 11 juin. Certificat de mérite. Streptocarpus Distinction. — Variété à belles fleurs bleu clair, relevées de bleu violacé à la base des segments. Certificat de mérite au meeting de Londres du 11 juin (MM. Laing & Sons). Max Garnier. 6 rae Série. TOME 2' 13 e Livraison. 15 Juillet 1895 L'ILLUSTRATION HORTICOLE Journal international populaire de l'Horticulture DANS TOUTES SES BRANCHES publié sous le patronage de J. Ll IM DEN Directeur : LUCIEN LINDEN REDACTEURS PRINCIPAUX : EMILE RODIGAS Numéro paraissant le 15 du mois MAX GARNIER Numéro paraissant le 30 du mois Reproduction des articles intéressants de la presse horticole étrangère L'ILLUSTRATIOM HORTICOLE est une tribune ouverte à toutes les opinions sérieusement fondées. Les signataires des articles en assument seuls la responsabilité. SOMMAIRE Pages Chronique horticole 197 Plantes nouvelles ou recommandables . . . 204 Le jardin fruitier et le potager 208 Petites notes de culture 210 Pages TEXTE ET PLANCHE COLORIÉE PI. 37. Cyclamen à grandes Heurs 203 Fig. 27. Pyrethrum parthenifolium glaucum. . 205 » 28. Pennisetum Ruppelianum 206 » 29. Campanula primulaefolia 207 PRIX DE L'ABONNEMENT : 1^ FRANCS PAR AN 12 francs par an (1 franc par mois) pour les jardiniers seulement POUR TOUTE L'UNION POSTALE Paraît le 15 et le 30 de chaque mois On s'abonne au Bureau du Journal, ÎOO, rue Belliard, Bruxelles Gand, impr. Eug. Vander Haegben. TARIF DES ANNONCES DANS LES JOURNAUX L'ILLUSTRATION HORTICOLE ET LE JOURNAL DES ORCHIDÉES (Journaux horticoles, publiés en langue française, les plus lus et les plus répandus du monde entier) Les annonces paraissant à la fois dans L'Illustration Horticole et dans Le Journal des Orchidées, offrent l'avantage le plus sérieux qui puisse être présenté aux producteurs et aux industriels horticoles pour faire connaître leurs produits. Ces journaux, répandus dans le monde entier et paraissant chacun deux fois par mois, sont lus par tous ceux qui s'occupent d'horticulture : Leur circulation est universelle. ^ï. Ifc. — Un contrat passé avec une grande maison d'horticulture lui assure le monopole des annonces concernant les Orchidées et les plantes nouvelles de serre. Prix des annonces dans les 2 journaux combinés : Pour l'année entière Pour 1 insertion Pour 3 insertions Pour 6 insertions Pour 12 insertions ou 24 insertions dans les 2 journ. dansles 2 journ. dans les 2 journ. dans les 2 jonrn. dans les 2 journ. Une page entière . . , fr. 50 fr. 100 fr. 175 fr. 300 fr. 500 Une demi-page .... » 30 » 60 » 100 » 180 « 300 Un tiers de page . . . . » 25 » 45 » 80 » 125 » 225 Un quart de page. . . » 20 » 40 » 70 » 110 » 180 Un sixième de page . . » 15 » 30 » 50 •> 90 » 150 Un huitième de page . » 12 » 25 « 40 » 70 » 125 Un seizième de page . . » 6 » 12 )) 20 » 35 » 60 On est prié de faire parvenir les insertions à la régie des annonces de L'Illustration Horticole et du Journal des Orchidées 100, rue Belliard, à Bruxelles, avant le S et le 23 du mois. Un numéro justificatif est adressé aux personnes qui ne seraient pas abonnées à l'un de ces journaux. — 197 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Juillet. Origine des Viola tricolor à grandes fleurs. — Dans un fascicule précédent, p. 171, nous avons parlé de pensées à très grandes fleurs. Ce sont des produits de croisements entre Viola tricolor et Viola altaica. Déjà en 1810 un jardinier anglais du nom de Thompson avait commencé ces croisements. Grâce à ses succès, ce qu'on appelait Viola tricolor hybrida devint franche- ment populaire. En 1840, M. le D r Rodigas possédait à Saint-Trond une collection de pensées que l'on venait voir de partout. Chose remarquable pour l'époque, les pétales des fleurs dépassaient le contour d'une pièce de cinq francs. Plus tard les Viola tricolor hybrida furent croisés à leur tour avec le Viola cornuta, des Pyrénées, et le Viola stricta, originaire du Thibet et de l'Himalaya. Nous avons en ce moment, 25 juin, au jardin de l'École d'horticulture de Gand, un parterre qui excite à bon droit l'admiration générale. Les graines nous en ont été offertes par M. G. Sperling, de Quedlinburg. Un vieil arbre. — Parmi les arbres dont l'âge est connu, le plus ancien est peut-être le Cyprès qui existe à Somma en Lombardie. D'après la tradition, cet arbre est supposé avoir été planté l'année de la naissance de Jésus-Christ, de là le grand respect que lui témoignent les habitants de la Lombardie. Mais, d'après le Journal of Horticulture, une chronique qui existe à Milan prouve que ce Cyprès était déjà un arbre connu au temps de Jules César. École temporaire d'horticulture. — Sous le nom de Summer School of Horticulture (École estivale d'horticulture) on crée actuellement à l'essai, à Chelmsford en Angleterre, des cours élémentaires d'instruction horticole d'une durée moins éphémère que l'école de quatre jours instituée récemment dans l'État de New-York, notamment à Chautauqua. A Chelmsford, les cours sont donnés au laboratoire technique du comté durant les trois premières semaines du mois de juillet. Les classes commencent chaque jour à 9 heures et cessent à 5 heures. Douze élèves pourront obtenir des bourses. L'enseigne- — 198 — ment sera basé sur la connaissance de la physiologie végétale. Il sera théorique et pratique. Melons d'eau. — On ne se figure pas l'étendue occupée par la culture de certains végétaux dont l'importance apparaît d'abord comme secondaire. Nous apprenons dans Garden and For est que, dans la Géorgie, l'Alabama et la Floride, il y aura cette année environ 10,000 hectares consacrés à la plantation des melons d'eau. Si la saison est favorable, il y aura une expédition totale de dix mille wagons. Il faudra chaque jour, pour le transport, douze trains de vingt voitures, durant une période de six semaines. Tous ces melons d'eau sont destinés aux marchés des États du Nord de l'Union. * + * Arbor Day. — Tout n'est pas rose dans la plantation des arbres faite par les enfants des écoles à la fête de l'Arbor Day. Le journal The Spéculum, publié par le Collège agricole de Michigan, parle des onze arbres qui furent plantés en 1887 avec beaucoup de cérémonie. Prières publiques, cortège, discours, promesses de soins à chaque arbre, rien ne fit défaut. Malheureusement le professeur Beal constate que quatre de ces arbres sont faibles, trois sont morts ou près de mourir et quatre seulement végètent assez bien. Il en déduit que la célébration de la fête de l'Arbor Day peut être uniquement sentimentale et que le sentiment n'est qu'éphémère. Un vieil arbre restauré. — Le chêne de Rollo qui existe à peu de distance de Rouen était menacé de ruine, n'ayant plus conservé que son écorce. Toute la partie creuse vient d'être remplacée par une maçonnerie faite en ciment de manière à rendre au vétéran toute sa solidité. De plus, les fissures de l'exté- rieur ont été nettement cimentées à leur tour et le ciment enduit de couleur pareille à celle de l'écorce externe. La restauration est presque invisible. » » Cineraria cruenta. — Le titre de Cinéraire hybride, inscrit à la page 109 de L'Illustration Horticole, peut faire supposer que les Cinéraires actuelle- ment répandues sous ce nom dans les cultures sont le résultat de croisements opérés entre le Cineraria cruenta type et d'autres espèces de Cinéraires. Les savants ne sont pas d'accord sur ce point. Pour les uns, ces superbes formes seraient toutes venues de semis de l'espèce unique Cineraria ou Senecio cruentus. M. Thiselton-Dyer, directeur des Jardins de Kew, insiste sur ce point dans le Gardeners' Chronicle du 15 juin dernier, et reproduit un article qui fut publié sur cet objet dans le Gardeners' Magazine du 18 octobre 1826. Le D r Focke, dans ses Pflanzen Mischlinge, dit, au contraire, que les 'Ciné- — 199 — raires des jardins proviennent du croisement du Senecio (Cineraria) cruentus avec le S. populifolius. D'après A. Otto, les premiers hybrides furent bicolor, coelestis, formosa, Hendersoni, pulcliella et Waterhouseiana. Ces formes furent fécondées à leur tour par diverses espèces des Iles Canaries et de Madère, telles que S. tussilaginis, S. Heritieri, S. maderensis et S. Webbi. Il a pu se produire aussi des croisements naturels et de tous ces mélanges, devenus inex- tricables, est issue la race actuelle des Cinéraires. Oranges de Messine. — Des renseignements officiels font connaître que le port de Messine a expédié de novembre à mars dernier 340,000 caisses d'oranges, tandis que l'année précédente l'expédition n'a pas atteint le tiers de ce chiffre. Cet accroissement considérable est une conséquence de la non- réussite de la récolte des oranges en Floride. Plantation des parcs et squares à Paris. — Depuis vingt- cinq ans l'ornementation florale de Paris a pris un développement considérable. M. Chargueraud donne dans la Revue Horticole du 1G mai une idée de l'im- portance du service horticole de la capitale. La surface des parcs, squares et jardins est d'environ septante cinq hectares. Les pépinières de Vincennes et du Bois de Boulogne fournissent cinquante mille arbustes ou arbrisseaux pour le regarni ssement des massifs et deux mille arbres d'alignement et d'ornement. Le Fleuriste, en voie d'être transféré dans le parc Aux Princes, est chargé du soin des corbeilles et plates-bandes et doit fournir annuellement pour une surface de 60,000 mètres carrés au-delà d'un million de plantes à fleurs ou à feuillage. Celles-ci comprennent environ deux cents espèces appartenant seulement à nonante genres. Poison de violettes. — Il paraît que les racines de la Violette odorante sont un réel poison pouvant agir d'une manière fatale sur la respiration, les mouvements du cœur et amener des complications organiques. Une certaine relation intime, dit un journal d'Outre-Manche, a été constatée récemment entre l'action des racines et celle du parfum lorsque celui-ci est trop intense. Il appartient à l'expérience de rechercher la vérité de ces assertions. ■A Le bambou est-il du bois? — Tous nos lecteurs répondront affirmative- ment à cette étrange question, qui, d'après Meehan"s Monthly, a été posée dernièrement devant le juge d'un des tribunaux des États-Unis. Le représen- tant de la loi a décidé, dans sa haute sagesse, que la tige en bambou d'un parapluie est une herbe et non pas du bois. Il est heureux, dit le journal — 200 — précité, que le juge en question n'ait pas eu à se présenter devant un jury de botanistes, et il aurait pu ajouter que ceux-ci lui auraient fait comprendre que la canne en bambou est du bois. Rose Belle Siebrecht née Mrs. W. J. Grant. — Le Gardeners' Chro- nicle revient, dans son numéro du 15 juin, sur la synonymie signalée dans notre chronique, p. 167. Le titre adroit donné par notre confrère est une critique polie du changement de nom donné à la Rose Mrs. Grant par ceux qui en ont acquis l'édition après que la variété eût obtenu sous ce nom une médaille d'or à la Société nationale des Roses en Angleterre. Les règles de la nomenclature ne permettent pas de débaptiser ainsi, même des variétés. * Puissance des végétaux. — Tout le monde connaît l'énergie avec laquelle les racines, parfois délicates et ténues, pénètrent dans les roches et finissent par les désagréger. Le long de la rue Bénard, à Gand, on peut voir un mur du Jardin zoologique soulevé sur plusieurs points par les racines de peupliers d'Italie et crevassé de bas en haut. Dans la rue Ledeganck qui sépare les deux jardins de l'École d'horticulture de Gand, les pierres du dallage d'un trottoir ont été soulevées et séparées par les racines d'un tilleul argenté. Nous avons vu à Gliveden, Maidenhead, une branche de figuier qui avait soulevé hors de leur niveau plusieurs couches de briques au-dessous desquelles elle s'était faufilée. Le Gardeners' Chronicle signale en ce moment une branche de lierre de six à sept centimètres de diamètre qui a pénétré sous le socle d'un pilier, dans les ruines de l'abbaye de Cwm Hir, et en a soulevé le fût de manière à en rendre la chute imminente. Constructions en bois. — Notre confrère Garden and Forest écrit que la mode des constructions en bois gagne actuellement du terrain en Angle- terre, suivant en cela non pas l'exemple donné par les Américains, mais bien celui des peuples Scandinaves chez lesquels on trouve des constructions pu- bliques, des églises et des maisons entièrement construites en bois. Plusieurs habitations et pavillons, d'un genre très pittoresque, sont déjà établis dans les propriétés du Prince de Galles à Sandringham; la résidence d'automne de la Duchesse de Fife, à Mar Lodge, est également construite en bois. Le prince est intéressé dans une compagnie anglo-norwégienne créée pour ré- pandre le goût des constructions en bois. Tandis qu'en Amérique ces construc- tions sont à bon marché, elles constituent un luxe en Angleterre. — 201 — Le Camphrier. — Le Lan rus camphora est un arbre élégant dont le port ressemble assez à celui du tilleul d'Europe. Il croît dans les régions les plus reculées de l'Asie orientale et surtout en Chine et au Japon. Le tronc, les branches et les racines sont réduits en copeaux qu'on fait bouillir dans l'eau jusqu'à ce que le camphre vienne se condenser au fond de celle-ci. C'est prin- cipalement des forêts vierges de l'île Formose que provient le camphre qui est consommé en Europe. Le camphre de Bornéo n'arrive pas en Europe, il n'est pas fourni par le camphrier, mais bien par le Dryobalanojps camphora, arbre de la famille des Guttifères qui croît à l'état spontané à Bornéo et à Sumatra. Le camphrier est de la même famille que le laurier, il atteint des dimensions fort considérables. Les voyageurs en citent des exemplaires ayant plus de dix mètres de circonférence à la base et cinquante mètres de hauteur. Un très grand verger est celui d'ELWOOD Cooper, non loin de Santa Barbara en Californie. On assure que ce verger donne à son propriétaire un revenu de 750 dollars par acre soit au-delà de 7,500 francs par hectare. Or, le verger a 1700 acres d'un seul bloc. Il renferme plus de 8000 oliviers en rapport et 2000 plantés il y a un an et demi ; 3000 noyers, 10,000 amandiers et une série d'autres arbres fruitiers. Résédas à Paris. — Il y a des plantes qui jouiront toujours de la faveur publique. Le Béséda est de ce nombre. Que de potées de cette modeste fleur au délicieux parfum sont acquises tous les printemps pour dépérir après la floraison et être jetées avant la fin de l'été ! Mais le printemps venu, il faut les remplacer; aussi, pour certains jardiniers le réséda constitue la source d'un revenu annuel. On assure qu'un seul jardinier des environs de Paris en vend chaque année en moyenne 40,000, évaluées, à raison de 30 centimes pièce, à la somme de 12,000 francs. Société Néerlandaise d'horticulture et de botanique. — Dans les réunions du 11 mai et du 6 juin des certificats de l re classe ont été décernés au Picea excelsa fastigiata, nouveauté exposée par M. F. vander Wissel, à Eepe; à des variétés nouvelles de Tulipes Darwin et de Tulipes flamandes présentées par MM. E. H. Krelage et fils, à Haarlem; à YIncarvillea Delavayi, plante nouvelle exposée par le Jardin botanique de Groningue et par M. C. G. van Tubergen, de Haarlem; à YAbies concolor argentea Wat- teziana, variété nouvelle présentée par M. D. Wattez, de Bussum. Lilium speciosum Schrynmakersi. — Notre confrère The Garden a parlé l'an dernier de cette variété de lis et du nom qu'elle porte. Le nom — 202 — correct est bien celui que nous venons d'écrire et non pas Schrymakersi. Nous avons vu la plante se produire chez mon père, le docteur Rodigas, à Saint- Trond. Elle fut dédiée à un amateur distingué, M. le Chevalier de Schrynma- kers, à Dormael. La fleur n'était pas du tout de couleur foncée, mais bien d'un délicat coloris rose pâle sur fond blanc porcelaine, rappelant plus ou moins le Lilium speciosum punctatum. En ce temps-là, 1846, les variétés du Lïlium lancifolium ou speciosum étaient l'objet d'une grande attention. * * Un grand rosier. — C'est un exemplaire du Rosier Noisette Lamarque, obtenu en 1830 par Maréchal. Il est à fleurs blanches, à centre jaune soufre, bien pleines et odorantes. Ce pied fut planté à Los Angeles en automne 1876. Il s'est toujours développé avec vigueur et a produit dans les dernières quinze années des quantités énormes de fleurs. La tige, immédiatement à la surface du sol, mesure m 83 et les deux branches principales ont chacune plus d'un demi mètre de circuit. On compte que, en moyenne, les cinq dernières saisons ont donné chacune plus de quatorze mille fleurs. Le nombre des fleurs comptées en mars et avril de la présente année s'est élevé à 21,640. Troisième Congrès international d'agriculture. — La session de ce Congrès aura lieu cette année en Belgique. Il se tiendra à Bruxelles du 8 au 16 septembre 1895, sous le patronage du Gouvernement. Le Congrès a un vaste programme. Il s'occupera, entr'autres, de l'enseignement agricole, des sciences agronomiques, des institutions sociales et coopératives, du régime monétaire, de la production animale et végétale, des cultures méridionales et de colonisation, d'aquiculture, d'économie forestière, de la législation et de l'administration et des industries agricoles. Ce troisième Congrès, organisé sur le plan de celui de Paris en 1889 et de celui de la Haye en 1891, est appelé à un succès pratique non moins considérable. Les agronomes et les praticiens les plus distingués du pays et des contrées voisines y participeront en grand nombre. L'Urginea maritima Baker ou Scilla maritima Linn. acquiert parfois des proportions énormes. Il en a été question dans la séance du Verein zur Beforderung der Gartenbaues à Berlin tenue le 25 avril dernier. M. Graef de Steglitz en a montré un exemplaire pesant huit kilogrammes et en a fait don au Jardin botanique, où la plante est en plein développement. M. le D r L. Wittmack observe que ce bulbe est un poison pour tous les rongeurs et plus particulièrement pour les rats. Cette action nocive provient probablement de la formation de masses de fines aiguilles de cristaux de chaux et d'acide oxalique. Èm. Rodigas. L'ILLUSTRATION HORTICOLE PL. XXXVII A. Goossens plnx. CYCLAMEN A GRANDES FLEURS J. Goffart chroin. — 203 — PI. XXX VII CYCLAMEN A GRANDES FLEURS En reproduisant sur la planche de L'Illustration Horticole quelques-unes des fleurs de Cyclamen qu'à bien voulu nous envoyer M. C. Stoldt, de Wandsbeek, Marienthal près de Hambourg, nous avons voulu donner à nos lecteurs une idée de la perfection de formes à laquelle les semis successifs et la sélection des variétés ont conduit une plante qui est partout l'objet de la prédilection des amateurs. Ils verront que ces fleurs peuvent être rangées en quatre séries de couleurs. La première d'un rouge écarlate foncé, la seconde aux segments rose blanchâtre nuancé d'amarante foncé à l'onglet, la troi- sième aux segments blancs avec l'onglet coloré de rouge, la quatrième enfin aux fleurs du blanc le plus pur. Il existe dans les cultures d'autres séries encore dans les fleurs pourprées, violacées, mouchetées ou tigrées, mais les variétés que nous avons représentées suffisent pour donner la mesure des progrès réalisés dans la perfectionnement des Cyclamens. Plusieurs espèces de Cyclamens sont représentées dans les cultures. Au point de vue de l'époque de la floraison, on les classe en deux groupes, les unes à floraison printanière, les autres à fleurs automnales. Au premier appartiennent les Cyclamen europaeum, C. coum, C. persicum, C. vernum; dans le deuxième trouvent place les C. neapolitanum, C. africanum et C. graecum. C'est plus spécialement le Cyclamen persicum qui a donné lieu aux plus beaux produits, réjouissant la vue par des corolles immenses diversement nuancées, striées ou mouchetées. Par le croisement du Cyclamen persicum avec le C. coum, on a obtenu une tribu de plantes remarquablement solides, participant des qualités de ces deux espèces. Les variétés obtenues par M. Stoldt rappellent davantage la forme du C. europaeum dont les fleurs émaillent les prés sur les versants des Alpes et des Carpathes comme de toutes les montagnes du midi de l'Europe. Nous les avons même rencontrées en abondance en automne, sur le Saemmering, un des derniers ressauts des Carpathes si pittoresques et si dignes de l'attention des touristes. — 204 — Le développement des feuilles et des fleurs des Cyclamens dépend surtout du mode de culture. Les semis donnent des plantes plus vigoureuses, des feuilles plus larges et des fleurs plus grandes que celles provenant de bulbes ayant subi un repos. La terre qui leur convient le mieux est un mélange par tiers de terre franche, terreau de feuilles et terre bruyère, avec addition d'un peu de sable blanc. Ém. Rodigas. PLANTES NOUVELLES OU RECOM MAN DABLES Anémone japonica var. — Dans le présent volume de L'Illustration, p. 171, nous avons signalé Y Anémone japonica var. Whirlwind qui date de 1893. Nous y ajoutons la variété Lady Ardilaun, aux fleurs également blanc pur, d'un bel effet. M. Lemoine, de Nancy, s'est occupé de la fécondation artificielle de l'espèce et il a obtenu du type deux formes fort remarquables, l'une à fleurs blanches semi-doubles, bien arrondies, et désignée sous le nom